XXII PREFACE
Mémoires. Au fond, c'est celle qui intéresse le plus la majorité de nos lecteurs, et nous nous flattons que cette partie de notre travail a été rendue, à force de soins, moins indigne des suffrages du public chrétien.
Nous débutons dans celte édition par un TalAeau historique de Cctui de la religion el de l'Eglise à V ouverture du dix-huitième siècle. Ce Tableau historique ne ressemble plus à l'esquisse courte et lapide de notre première édition. C'est aujourd'hui un tableau d'une assez grande étendue, el qui pourrait piesque former à lui seul un ouvrage à part. Il est divisé en trois parties, dont la premièie traite de l'état de la religion en général à la fin du dix-septième siècle; la seconde offre la situation de l'iiirlise dans les différentes paities de la chiélienté, et la troisième rappelle quelqu s faits de rhistoire ecclésiastique du siècle précédent, nécessaires pour bien entendie l'histoire du dix-huitième. Celle-ci est la seule qui ne soit pas changée (1). La seconde partie est entièrement neuve. Mous y parcourons les différents Etats de l'Europe, et nous en montrons la situation religieuse. On remarquera que nous avons insisté surtout sur la Erance et sur l'Angleterre. Il nous a semblé que ce travail faisait bien connaître le siècle de Louis XIV sous les rapports religieux, et ouvrait d'une manière convenable l'hisloiie que nous entreprenions d'écrire.
Une autre augmentation importante est celle qui concerne l'origine et les progrès de la philosophie. Nous avons eu pour but de la suivie dans sa naissance et dans ses développements. Nous avons parlé
(1) M. Picot n'avait iiréparr, dans la nouvelle édition, aucun changement pour celte partie, qui est tout entière relative au Jansénisme ; nous avons cru qu'il était utile de la compléter par des additions qui nu.us ont paru nécessaires. Editeur.
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successivement des écrivains et des ouvrages de cette école. L'histoire des livres pliilosopliicjues se lie avec riiistoire de la religion par des points de contact nombreux et évidents. Elle forme à elle seule une portion notable des annales de l'Eglise dans le dixiiuilième siècle. Nous avons pris à tàcbe de ne rien omettre de ce qui regardait ces livres, le caiactère de chacun, les condamnations qu'ils ont essuyées, et toutes les particularités de cette gueire si vive, de celte guerre à inort^ comme l'appelait un des historiens de Voltaire, lequel a été propbète cette fois. Nous serions étonnés qu'on put nous reprocher d'avoir laissé passer en ce genre quelque chose d'essentiel.
Mais une addition plus volumineuse encore est une Liste c/ir()ii()Ioi>^irjue des écrivains du dix-huitième siècle, considérés sous le rapport religieux. Nous en avions formé le projet dès notre première édition. Il nous fut suggéré par la légèreté et la partialité avec laquelle sont jugés en généial, dans les dictionnaires historiques, les écrivains qui ont traité de la religion. 11 nous semblait que cette liste était en quelque sorte un supplément nécessaiie à nos Mémoires. Elle devait comprendre les hommes et les faits qui n'auraient pu trouver place dans le coips de notre ouvrage. Nous y passons en effet en revue les éciivains de toutes les classes qui ont travaillé sur des matières de religion, catholiques et prolestants, défenseurs et ennemis de la révélation, théologiens, conlioversistes, moralistes, orateurs, bistoiiens. érudits. Nous nous sommes arrêtés un peu plus, comme cela devait être, sur ceux de ces auteurs qui aj)pelaient davantage l'attention par leur mérite et leur réputation, ou par leur influence et la nature de leurs écrits.