‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 3)Chapitre 9 sur 54 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

Tel est l'aspect généial sous lequel s'offre le dixliuitième siècle; telles sont les trois grandes divisions sous lesquelles on peut présenter son histoire. JNous avions d'abord formé le projet de classer ainsi les faits, sauf à reléguer dans une quatrième section ceux qui n'auraient appartenu à aucune des trois précédentes. Mais en y réfléchissant, cette disposition nous a paru sujette à l)eaucoup d'inconvénients. Elle nous eût obligé à intervertir trop souvent l'ordre chronologique. JNous avons donc préféré nous en tenir, pour cette édition, comme pour la première, à la division par année. INous plaçons chaque événement sous une date principale, et nous présentons de suite tout ce qui y a rapport. Plusieurs écrivains nous ont donné l'exemple de cette méthode, qui délasse l'attention du lecteur par la variété des faits, et qui marque d'une manière plus tranchante les dates dont la connaissance est si importante pour classer les événements dans la mémoire. C'est la niaiche qu'a suivie entre autres d'Avrigny dans ses Mémoires dironoloi^iques et dogmatiques pour servir à Vhisloire ecclésiastique depuis \Q00 jusquen 1710. IN os Mémoires peuvent être regardés comme la suite des siens, quoiqu'ils ne soient pas tout-à-fait dans le même genre. Cet auteur, justenjent estimé sous plus d'un rapport, a cependant des défauts dans lesquels nous avons tâché de ne pas tomber. Il avait de l'esprit et de la finesse assaisonnés d'un peu de malignité. Fort attaché à son corps, il ne voit d'important que ce qui s'y rapporte. Il raconte fort longuen)ent toutes les (juerelles où les Jésuites ont pris part, et omet de parler de faits majeurs et d'événements d'un intérêt plus général. Il n'y a pas, dans son hisluire, un seul mol sur les grandes attaques portées de

PHEFACE. XXI

son temps à la révélation, rien sur Hohbes, rien sur Spinosa, rien snr le socinianisnie, cjui devait particulièreuieiit exciter son attention par l'éclat (pi'il avait eu dans le dix-septième siècle, par les troubles qu'il avait excités en Pologne, et par le noml)re et le zèle des écrivains qui l'ont défendu. Nous lui avons leproché aussi que dans le récit qu'il fait des disputes sur les cérémonies chinoises, il s'attachât à soutenir des confrèies inexcusables^ et qu'il s'écartât de l'obéissance au Saint-Siège qu'il recommandait si fort pour d'autres points , et dont il eût dii donner l'exemple sur celui-ci. Quelques personnes ont essayé de le justifier; mais leurs observations ne nous ont pas fait changer d'avis, parce que nous avions parlé d'après l'examen des pièces. Jinicus Vlalo, magis arnica veiitas.

Un dernier défaut des Mémoires du même historien, c'est de ne pas donner assez de détails sur les églises étrangères ; c'est aussi ce qu'on avait lepioché à notre première édition. Nous ne nous étions pas dissimulé combien il existait, à cet égard, de lacunes dans notre ouvrage, et nous en étions alors convenu franchement dans la préface. Nous n'avons rien négligé, depuis dix ans, pour nous procurer les renseignements dont nous manquions. Les recherches que nous avons faites, les communications que nous avons reçues, nous ont mis en état de suppléer à beaucoup d'omissions. Nous croyons qu'il est peu d'événements importants dans l'histoire des églises étrangères, dont nous n'ayons fait mention. La difficulté des communications, la différence des langues ont pu cependant nous priver encore de quelques détails. 11 faut bien s'attendre d'ailleurs que l'histoire de l'église de France dominera toujours dans ces

Page 1