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des détnils.issez minutieux. L'auteur repondit, dnns le temps, à cetarlicle, par une lettre que le Mercure ne jn(;ea pas à propos d'insérer. On la trouve dans les Mélanges il' histoire, de pliilosofiliie, de morale et de liltcralure ; chez Le Clere, 1808, tome V, page 504.
Ce fut la seule critique que les Mémoires essuyèrent pendant quelques années. Car nous ne comptons pas les observations verbales et les lettres particulières adressées à l'auteur. La plupart, dictées par l'inléièt et l'amitié, ne portaient que sur des faits détachés, ou n'étaient même destinées qu'à demander des éclaircissements. Ce ne fut qu'au bout de cinq ans, quand les il/e/«oi;"/e.«- av;ùent produit leur elFel, et que l'édition en était presque épuisée, que l'on vit paraître un gros volume sous ce titre imposant: La vérité elT innocence 'oengccs contre les erreurs et les impostures d'un liire anonyme intitulé : Mémoires pour ser~ l'ir à l'Histoire ecclésiastique pendant le xviii* siècle ; par le P. B. L., ancien professeur de tliénlop;ie. Paris, Doublet, l8ll. Ce P B. L. était le P. Lambert, Dominicain, qui était plus d'une fois descendu dans l'aiène pour la défense d'une cause dont il était regardé comme le dernier appui. On connaissait déjà la fécondité et la véhémence de sa plume ; mais il faut avouer qu'd n'avait encore montré nulle part la chaleur et l'énergie qu'il déploya dans son long et terrible plaidoyer contre les Mémoires.
Jadis le docteur Arnauld, ayant à combattre les adversaires de sa doctrine, ne leur épargnait pas les épithètes les plus fortes On sait comment il traita un abbé Mallet, qui avait eu la piésomption d'écrire contre lui. Il l'appela un petit docteur, un docteur sans nom, un esprit mal fait, un cerueau troublé., un étourdi, un impertinent, un ignorant, un fou, un ai>engle, un furieux ; et sur ce que ses amis mêmes s'étonnaient de ce style véhément, Arnauld publia une Dissctolion selon li méthode des géomètres, pour la justification de ceux qui emploient, en écrii^attf dans de certaines rencontres, des termes que le monde estime durs. Le P. Lambert avait lu sans doute celte Dissertation. Il ne pouvaitchoisir un meilleur modèle que l'infatigable Arnauld. ]Mais, comme tout se perfectionne , il a encore surpassé son maître, et nul n'a plus largement usé de ces termes que le monde estime durs. Dès son début, il annonce le ton qui va régner dans son écrit. Il appelle les Mémoires une insipide gazette, un sotlii're, une triste rapsodie. Quant à l'auteur, c'est un
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déclam aleur sans bonne foi, une espèce d'i/luminé, un détracteur obscur, un ennuyeux compilateur, un écrwain lourd , plat, sotte-' jnrnl g'orieux, emporté, ai'cugle, impudent, ignorant, niais, imbécille... Ces dernières qualifications sont luèine vp])étres tièsfrequeniinent quand le P. Lambert se fâdieuii peu plus fort ; ce qui n'est pas rare. Tel est le siyle gracieux, aimable et poli de ce bon rtlijjieux ; telle est la doncenr et rauieiiité de la pliune de ce patron du j;rand précepte de la charité. Les Garasse et les Scioppuis, dont on a tant parlé, n'étaient pas plus véhéments et plus iiascdjles. Chaque page presque de l'écrit du Dominicain est sur le ton de l'arrogance ei de ranieitnine. Il alFecte avec son adversaire les foiiues les plus hautaines, il lui pro. ligne les expressions les pliis mépiisantes, il appelle à son secours tout ce que la langue offie d'épitliètes acres ; il les varie même avec une inconcevable lécondilé , le tout sans doute par charité, comme Arnauld. C'est ainsi que cet hundile et modeste théologien sait défendre sa cause. 11 nous semble qu'il lui a fait p'usde tort par une telle apologie, qu'il n'a nui aux Mcinoir.s. On se défie d'nn avocat qui a lecours aux injures, et nous nous somnres, plus d'une t'ois , senti ému de pitié pour un vieillaid, un prêtre, un religieux, que ni son àpe, ni son caiactère,ni son propre intéiêt, ni le sentiment des convenances, ne pouva.ent préserver de ces empoitements.
Nous nous garderons bien de payer le P. Lambert de la même monnaie C'est une ressource qu'il faut abandonner à ceux qui apparemment n'en ont pas de meilleures. Nous aurions d'ailleurs encore un autre motif de consolation, si c'en était une ; c'est que notre adversaire n'est pas plus modéré et plus poli envers un grand nombre de peisonnes élevées eia dignité. Il s'en va gourmand uit et fiappuil,à droite et à gauche, tous ceux qui ont eu le malheur de ne pas penser connue lui; et comme il y en a beaucoup dans cette catégorie, et qu'il n'en épaigue aucun, il en résulte que son livre est, dans tout son contenu, une suite presque non interionipue de reproches, de gronderies, d'emportements, d'invectives , et que le débonnaire Dominicain a l'air de ne jamais respirer de ses accès de colère. Les Evèqnes surtout oui grande part aux épanchements de sa bile et il les nomme rarement sans joindre à leur nom quelque signe de mépris. Ainsi il dit : Un M. An(elmy, un M. de Mnlissoles, un M. de Bclzuncc, un M. de
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la Motle. Ces Evêques étaient, à la vérité, des prélats édiliants, estimables, zélés ; mais ils n'étaient point favorables aux appelants, et dès lors quel mérite potivaient-ils avoir? Le Cardinal de Bssy et IM. Lanp,net, Arilievéqne de Sens, ont eu le tort d'écrire snr ces disputes. Le P. Landjert ne leur fait point qnaitier. Ce pauvre M. de Bc\sy, dit-il, ce ùrai'e M. I wiguct... D'autres n'en sont pas quittes à si lion marclié. Il assure que le nom seul du !\f. de Tcncin al un opprobre. Il traine dans la boue IM. Lafiiaii, Evéqne de Sisteron. Il fl-trit le Cardinal de IM.dlly, Aicheveqne de Keinis. Le Cardinal de Fleurv était inepte, infilete, hypocrite. Diiis une longue tiride contre Fénclon, on tance verieuient ce giaud Ardievèqne, et ou Iniieprothe avec feu son ignorance rn théologie, sa coupable profanatir.n dans la composition du Télémafjue, sa ridicule miprise à poursuivre le lanlôine du jansénisme. Mais rien n'égale le ton de fardent écrivain à l'égard de Clément XI. Il revient fréquemment sur ce Pape, sur ce perturbateur, ce prn'aricalrur, ce prnfnntcur, sur son orgue l injb xihlc et son opiiiiâiieté scandaleuse. S'il y (ût en un Concile gcncral , ou Clcmenl XI aurait fait, aux pi d> de ce .>ouverain tribu.nal, amende hirtorable des scandales quil at'ail donnes au monde chrétien, ou une irrci^ocitble déposition aurait été la juste peine de son endurcissement. C'est ainsi que ce respectueux enfant de l'Eglise parle de son chef, Ke doit-on pas plutôt s'honorer que rougir des invectives d'un homme capable de s'oublier à ce point?
Si de la forme de son livie nous pa^sons au fond, nous n'y trouverons pas plus de soliililé. Toute la première partie est destinée a prouver que le jansénisme est un fanlôme, et c'est même au fond le but de tout son écrit. Mais il semblerait qu'il a voulu faire voir lui-même le ridicule de cette assertion : Les deux puissances s'enieut'ent, d\t-ï\, et déploient ce qu'elles ont d: plus redoutable. Les Papes assemblent des congrégations, prononcent des jugciiienls ai^ec le plus grand appareil , le roi rend des arrêts dans son conseil^ le clergé de France s'assemble plusieurs foii ^ le Sacerdoce ci V Empire tirent le glaii'e et unissent leurs
forces Diia-t-on, en effet, cjne ces deux autorités fussent
tout à coup devenues aveugles, et que la luniiè e et le sens comuuin se fussent réfugiés chez ceux qu'elles poursuivaient? A qui faut-il s'en rapporter, pour connaître la véiité, ou aux premiers pasteurs, chargés de la conserver et de la défendre, ou à un parti qui prétend l'avoir pour soi? Croira-t-on que ce
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parti n'existe pas, par cela seul qu'il l'assure? Est-ce l'usapjC dans les tribunaux qu'on s'en remette aux accusés pour savoir s'il y a eu ou non un délit ; et leur ténioijjnage est-il recevable pour éluder les arrèis portés contre eux? Depuis cent cinquante ans, lui parti fort animé éciit et se réunie, et quand on veut le réprimer, il se plaint qu'on poursuive un fnilôme. Singulier fantôme, qui, depuis tant de temps, trouble toute l'Ejjlise, fantôme que ceux là seids ne voient pas, qui ont intéièt à le contester ! Quoi! tant d'écrits, de pamphlets, de querelles, de déclamaiions, sonl-ce donc aussi des fantômes? Les soins que ces gens-là prennent pour se déiober an grand jour, attestent seulsleui existence ei leur dessein. Le P. La-ubert lui-mêmeest Li preuve vivante de la réalité de ce fantôme. Il ne loue que ce qui est émané de ce parti, et ne blâme que ce qui lui est contraire. Aurait-il oublié que l'assemblée du Clergé de France de 1700 a condamné cette nièuïe proposition qu'd prend tant de peine à établir? Aurait-il otildié que cette censure fut faite à la réquisition et sur les instances de Bossuet, que le P. Lambert n'osera peut-être pas appeler un ignorant et un aveugle? L'autorité d'un si grand nom sera-t-elle aussi sans force, et le confondra t-on avec tant d'autres sur lesquels on s'est plu à jeter l'opprobre et le mépris?
Nous ne suivrons point le P. Lambert dans une foule de discussions et de raisonnements auxquels il se livre. Il y a une 1 épouse générale à lui faire; c'est que les Mémoires étant un ouvrage historique, c'était par des faits qu'il fallait les réfuter. Oa ne détruit point des faits par des dissertations, par des arguments, par des lonunentaires. On n'anéantit point une longue bistoire par des subtilités et des dénégations hardies. Prouvez que cette suite d'événements rapportés dans les Afémoires est fausse, que ces écrits n'ont pas existé, que ces condamnations sont chimériques, que cette guerre si vive et si opiniâtre est une puie imagination, alors vc>us aurez cause g.ignée. Au lieu de cela, le P. Lunbert disserte sans fin. Il oppose à un fait d'interminables raisonnements. Quand on lui dit qu'il a été condamné, il objecte qu'il Ta été à tort. C'est changer l'état de la question ; c'est substituer des discussions à des récits. Nous lui avons présenté des faits ; qu'il réponde par d'autres faits, s'il le peut. Il nous somme de lui détailler les erreurs des appelants. iMals l'auteur des Mémoires n'a pas prétendu faire un ouvrage de théologie. Il ne dogmatise point; il
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lacoDte. Il n'est point conlioveisiste ; il est liistoileii. Il laisse à d'autres le soin de montrer réquité des jnjjenients de l'Eylise ; son objet se borne à raj>porter l'occasion, les cii constances et les suites de ces juj^enients II peut répondre sinjpleinent au P. Lambert : f^otie cause a etc. jn^éc , mon Père. Ce n est pas à moi à la remrtlre de nouveau en question. F'ous vous plaii^nez iC avoir clé condamne à tort. Adressez-vous au ju^e qui a prononcé l'arrêt. Quant à moi, je suis cl je dois d'ire hors de cause. Je n écris que ciapics des picces aulhenliqucs j je raconte desjails, je marche à la suite de V autorité. C'est le plus sur pour vous comme pour moi.
Je ne sais trop ce que le P. Lambert, malgré sa faconde, aurait pu répondre à cette courte défense. Peiit-èire aurait-il eu recouis au moyen qu'il n'a pris cpie trop souvent. 11 se serait emporté, et aurait fait pleuvoir sur son adversaire une grélede reprocbes amers, d'épitbètes injurieuses et de termes de mépris. Mais ces gentdlesses, qu'il a semées si libéralement dans son volume, sont une triste ressource. La colère est un mauvais conseiller. Elle égare l'écrivain et ne persuade pas le lecteur. Le P. Lambert, avec ses dénégations liaucliantes, mériterait quelquefois les qualifications impolies qu'il prodigue sans retenue. Nous nous bornerons à en donner un exemple. L'auteur des Mémoires avait dit, dans son Introduction, qu'Ar^ nauld, dans sa fameuse Lettre à un duc et pair, lenouvelait la première des cinq propositions condanmées. Là-dessus son débonnaire critique , avec sa modération accoutumée , l'accuse d'ignorance, d'injustice et d'emportement. C'est une preui'e. dit-il, quL l'auteur des Mémoires n entend rien à ces ma'ieresj jamais les censeurs d'Amau/d ne lui ont fait ce reproche. Le P. Lambert s'est tiompé; car nous ne voulons pas lui rendre ses qualifications malhonnêtes. Il n'avait qu'à consulter le rapport fait par le docteur Cbapelas , un des commissaires de la Faculté de théologie pour l'examen de la lettre d'Arnatdd. Il y aurait vu cjue les commissaiies, aussi ignorants apparemment que l'auteur des Mémoires, étaient persuadés également que, relativement à la question qu'on appelle d,' droit, la lettre d'Arnanld contenait l'ei reur de la preiiiière des cinq propositions. Sur qui doivent retomber alors les reproches d'ignorance grossière, de méprise ridicule e\. à' exagération calomnieuse, intentés par le pétulant Dominicain? Lui sied-il bien de prendre des airs de