‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 4)Chapitre 31 sur 33 · ART. I. AUTEURS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

ART. I. AUTEURS CATHOLIQUES

17 avril. — Martin Stetaert ; voyez le Tableau historique, page

28jutn. — Pierre Champion, jésuite, est connu pnr plusieurs biographies estimées, comme la Vie du P. Rigoleuc, — la Vie du P. Lalle-

mant, recueil (rès-esiiiné, réimprimé de nos jours, sous le titre de Doctrine spirituelle du P, Lcdlemant; — la Vie des Fondateurs de retraite (le P. Huby et M*'* de Francheville).

b juillet. — Pierre-Mathieu Petrucci, cardinal, évéque d'Iési, était né en 163^. Il se distingua comme théologien, et fut fait cardinal par Innocent XI en 1686. H est auteur de quelques ouvrages où Ton crut voir les erreurs du quiéiisme : Lettres et traités spirituels et mystiques; — Énigmes mystiques révélées; — Contemplation mystique ; — le Rien de la création et le tout de Dieu; — Courtes lettres spirituelles, etc. — Ils furent notés par décret du 5 février 1688. Si Petrucci avait donné lieu à quelques reproches, il répara abondamment ses loris par la vie pieuse et même austère qu'il mena jusqu'à la fin de ses jours.

31 juillet. — Eiienne Agard des Champs, jésuite, né à Bourges en 1613, et mort à la Flèche, se fit estimer par ses connaissances et son caractère. Ses principaux ouvrages sont ; du Libre Arbitre, — de l'Hérésie jansénienne, et quelques autres sur les mêmes matières. Us sont en latin. L'auieur fut accueilli avec faveur par le Pape et les cardinaux. Le grand Condé Thonorait d'une estime particulière; et, dan%sa vieillesse, il le choisit pour son confesseur.

6 ao%U. — Ulric Obrecht, professeur en droit et préteur royal à Strasbourg, naquit dans celle ville en 1646. Il était protestant, et se fit caiholique. Il traduisit le livre de saint Âugusiin, du Mariage des adultères^ ainsi qu'un traité de controverse (du P. Dez, jéëuite, qui paraît avoir coniribué à sa conversion. Il avait des relations étroites avec Bossuet, entre les mains duquel il avait fait abjuration; et il lui fut utile pour son Histoire des Variations:

1*' octobre, — Jean db Fonseca, jésuite portugais, religieux d'une piété solide, composa des livres ascétiques, tels que \''ÉeoU de la doe* trine chrétienne, des Instructions pour la communion, etc., etc.

27 mar<.^ Dominique Bouhours, jésuite, né à Paris en 1628| pro* fessa longtemps la rhétorique, et fut chargé ensuite de l'éducation des jeunes princes de Longuevilie et de Jules de Colbert. Outre plusieurs ouvrages de littérature profane qui essuyèrent beaucoup de critiques, tels que les Entretiens d'Ariste et d'Eugène ; — Manière de bien penser dans les ouvrages d'esprit; — Doutes et remarques sur la langue française (1), il publia les Pensées ingénieuses des Pères de

(1) YolUire dans le Temple du Goût, représente Bouhouri derrière Bourdaloue et Pascal, marquant sur des tablettes toutu l€S fautes de langage et

l'Église, 1700 , compilation bien légère pour un semblable sujet, et peu propre à désarmer les censures ; •— V Histoire de Pierre d'Aubus-^ ton, grand-maître de Rhodes^ ouvrage écrit avec pureté et beaucoup d^intérét ; — la Vie de saint Ignace, 1670 ;— la Vie de saint François^ Xavier^ 1682 (ces deux Vies, malgré quelques défauts, ont joui d'une grande réputation, et sont dignes de h belle époque à laquelle ils ont paru) ; ^^ la Vie de madame de Belle fonds ; — une traduction du Nouveau Testament, 1697 et 1703. (Celte traduction, à laquelle avait aussi concouru le P. le Tellier, a été depuis reproduite par Lallemant dans ses Réflexions morales, ouvrage fort recommandé par Féneloo et d'autres évéques très- opposés au jansénisme). Le P. Boubours était en rapport avec les beaux esprits de son temps, et il passait pour être lui-même très-versé dans la liiiéraiure.

i«' avril, — Jean-Baptisie Thiers, bachelier de Sorbonne, curé de Cbamprond, puis de Vibraie, naquit à Cbarires en 1636. C'était un critique instruit, mais singulier, et même paradoxal. Son Traité des superstitions est plein de recherches; mais on y pourrait reprendre quelque exagération. L'auteur n'est pas plus réservé dans le Traité de ("eitposition du seulement de l'autel. Ses autres ouvrages sont : V Avocat des pauvres, — Dissertations sur les porches des églises, — Traité de la clôture des Religieuses,-^ Traité des jeux^^^HiUoire des perruques, ^* Traité des cloches, — Critique du livre des flagellants, de l'abbé Boileau, quelques autres dissertations et factumi^. L'abbé Tbiers était vif, affectait l'originalité, et ne haïssait pas les disputes. Il descendait quelquefois jusqu'à la satire.

7 avril, — François Porter, de l'étroite observance de Saint- François, était du comté de Meath, en Irlande. Il professa longtemps la théologie dans le couvent de Saint-Isidore à Rome. On a de lui deux écrits de controverse contre les protestants, un abrégé des An^ noies ecclésiastiques d'Irlande, — le Système des décrets dogmatiques, et un opuscule contre les prophéties attribuées à saint Malachie; le tout en latin.

31 oott^ — Henri-Marie Boudon, grand-archidiacre d'Evreux, était né à la Fèie en 1724, et eut pour marraine au baptême madame Henriette, fille de Henri IV, et depuis reine d'Angleterre. Ce fut un

toutes les négligences qui leur échappent ; et illui fait adreiser cet avis par le cardinal de Polignac :

Quittez d'un censeur pointilleux

La pédantcsque diligence ;

Aimons jusqu'aux défauts heureux

De leur mêle et libre éloquence.

J'aime mieux errer avec eux

Que d'aller, censeur scrupuleux

Peser des mots dans ma balancei

des plus vertueux ecclésiasliques de son siècle. Livré aux fonctions du ministère, il prêchait et catéchisait dans son archidiaroné, et fai» sait même des mis<>ions au dehors. Aussi pieux que zélé, le soin de là sanciification des autres ne Tempéchait pas de travailler à la sienne propre. On lui doit quelques livres de piéié, où quelques-uns ont cru trouver des propositions qui se rapprochaient du quiétisme. Mais Tabbé Boudon avait écrit avant la condamnation de celte erreur. Du reste personne n'était plus humble ni plus soumis que lui à Tautorité. Sa grande maxime était Dieu seul. 11 jouissait de Testime et du respect de tous ceux qui le connaissaient. Sa vie, écrite par Collet, présente de grands exemples de vertu, de zèle et de ferveur; et on lui attribue même des miracles.

17 octobre. — François Genêt, évéque de Vaison, dans le Comtat, naquit à Avi^^non en 1640, et fut d'abord chanoine de cette ville. 11 fut fait évêque en 1686. Ayant été impliqué dans Taffaire des Filles de l'enfance^ il fut exilé pendant plusieurs années. On dit que ce fut à la prière du Pape que Louis XIV le laissa retourner à son diocèse. Ce prélat se noya en passant un torrent entre Avignon et Vaison. Il est connu par un cours de théologie, qui porte le nom de Morale de Grenoble, parce qu'elle fut adoptée par le cardinal le Camus, évéque de cette ville. Elle a essuyé quelques critiques, et a même été censurée par plusieurs évêques et par Funiversité de Louvain. Cependant on ne voit point qu'elle ait été réprouvée à Rome. Elle a été traduite en latin par Tabbé Genêt, prieur de Sainte-Gemme, et frère de Tévêque. C'est le même à qui l'on doit des Cas de conscience sur les sacrements. Celui-ci mourut en 1716.

— Gommare Hutgens, théologien de Louvain, était né dans le Brabant en 1631. Il était ami d'Arnauld et de Quesnel, et il écrivit dans leur sens. Ses ouvrages sont : Méthode de remettre les pécfiéSf

— Conférence de théologie, — Thèses sur la Grâce , mises à V Index,

— et un Cours de théologie en quinze volumes, sous le titre de Courtes observations; le tout en latin.

8 mat. — Innocent Le Masson, chartreux, était né à Noyon, en 1628, et devint général de son ordre en 1675. Il est auteur d'une Théologie morale, — de V Introduction à la vie religieuse, — d'une collection des statuts de son ordre, — et d'une Vie de M* d'Âranthon, évétiue de Genève. Il était fort déclaré contre le jansénisme.

25jMm. — Jean-Pierre Pinamonti, jésuite, compagnon des travaux du pieux et zélé Segneri , naquit à Pisioie, en Toscane, en 1642, et (it beaucoup de missions en Italie. Pieux, humble, austère,

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il fut, comme Segneri , puissant en œuvres et infatigable dans ses prédications. Le grand-duc Cosme HI le prit pour son directeur. Piiiamonti a composé un grand nombre d'opuscules italiens sur des sujeis de religion et de piété : Considérations sur les souffrances^ — la Synagogue détrompée, — V Exorciste bien instruit, eic. On les a réunis en un volume in-4° avec sa Vie ; Venise, 1742.

16 novembre, — Jules Mascaron, évêque de Tulle en 1671, puis d^Agen en 1679, né à Marseille en 1634, avait été d'abord oraiorien. Il se distingua dans la chaire, et prêcha plusieurs stations devant Louis XIV. Ses Oraisons funèbres surtout eurent beaucoup de succès dans le temps. On loue sa conduite envers les protestants, et Ton dit qu'éloigné des mesures de rigueur, et se bornant aux moyens de persuasion qui convenaient à son ministère, il ramena par ses prédi* cations, sa douceur et ses vertus, un grand nombre de calvinistes de son diocèse. Son diocèse lui doit la fondation d'un séminaire et d'ua hôpital.

Vers ce temps, — Edouard Meredith, Anglais, né vers 1638, fut élevé à Oxford , et alla en Espagne, comme secrétaire d'ambassade, avec sir Guillaume Godolphin. Ils y embrassèrent tous les deux la religion catholique. De retour en Angleterre , Meredith se montra zélé pour sa croyance. Il publia des Remarques sur le Julien Vapostat de Johnson ; — le Récit de la conférence entre le docteur Stillingfleet et le docteur Godden, catholique, 1687; — des Remarquas sur la con^ férence entre le docteur Tenison et le jésuite Pulton, suivies de nou-velles remarques. Meredith quitta l'Angleterre à la révolution de 1688, et mourut en Italie.

28 jant?tcr. — Noël d'Argonnb, chartreux, né à Paris, en 1640, et morte Gaillon, publia un Traité de la lecture des Pères de l'Église, dont Mabiflon faisait cas, et qui a eu plusieurs éditions.

23 février, — Henri Noris, cardinal, né à Vérone, en 1631, d'une famille qu'on dit avoir été originaire d'Irlande, était entré dans l'or^ dre des Augustins, et professa la théologie avec distinction. Innocent XII, instruit de son mérite, l'appela à Rome, et le fil, en 1695, cardinal et bibliothécaire du Vatican. Le cardinal Noris était à la fois théologien, érudil, antiquaire et critique. Ses ouvrages sont : VHis^ toire pélagienne, déférée plusieurs fois au Saint-Siège, et qui n'a jamais été censurée h Rome ; — Dissertation historique sur le cinquième concile général; — Défenses augusliniennes; — Dissertation sur Un de la Trinité qui a souffert dans La chair; — Apologie des moines de Scythie; — Réponses à quelques écrits publiés contre lui. Il eut principalement les Jésuites pour adversaires, et releva les folies du père Hardouin.

On a aussi de lai des ouvrages sur des matières d^érudilion et d^antiquité profanes dans lesquelles il était très- versé; tous ses écrits sont en la lin. En 1747, te grand inquisiteur d^Espagne, D. François Ferez de Prado, évèque de Terruel , fil meUre au nombre des livres prohibés V Histoire pélagienne et la Diêsertation sur le cinquième concile, Benoît XIV écrivit, le 30 janvier 1748, au grand inquisiteur pour Fen blâmer. Le Pape lui dit dans sa lettre que les thomistes, les augnstiniens et les molinistes peuvent souienir librement leurs systèmes. Le grand inquisiteur fit des observations au Pape, et ne rétracta point sa note. Ce ne fut que sous son succes^^enr, D. Manuel Quinlano Bonifaz, archevêque de Pharsale, qu'une ordonnance du Î8 janvier i758, porta suppression et radiation de Tarticle de V Index de i747.

12 avril, — Jacques-Bénigne Bossust, évéque de Meaux^ naquit ï Dijon, en i627, d'une ancienne famille de robe. Après ses premières études, il vint à Paris en i64â, et prit le bonnet de docteur dans la maison de Navarre, en 1652. 11 fut fait chanoine de Metz, puis archidiacre, puis doyen du chapitre. Ce fut dans cette ville qu'il commença à montrer son talent pour la controverse. Il réfuta le Catéchisme de Paul Ferri, ministre protestant, et fit à Metz des missions et des conférences ecclésiastiques.

Étant venu à Paris en 1659, il commença h prêcher dans les chaires de la capitale, et ensuite à la cour. Il y parut plusieurs fois, et avec éclat, de 1661 à 1669.

L'attention do clergé et de la cour parai<:sait se porter principalement vers la conversion des protestants. Bos^^uet, qui avait étudié avec tant de succès la controverse, eut la gloire de rendre le maréchal de Turenne à la foi de ses pères.

En 1669, il fut nommé à Tévêché de Condom , et l'année suivante le Roi le choisit pour être le précepteur du Dauphin. Le nouveau prélat ne crut point que tes fonctions de cette place importante fussent compatibles avec le soin de son diocèse, et il donna sa démission de son évéché. Dès lors il partagea son temps entre les soins de réducation du Dauphin et des travaux utiles ^ toute l'Église. 11 tenait chez lui des conférences sur TEcriture sainte. Il contribua à la retraite et à l'éclatante pénitence de madame de La Vallièrey et parvint i rompre quelque temps les liaisons de Louis XIV avec madame de Montespan.

En 1671 parut V Exposition de la doctrine de VÈglise catholique, ouvrage qui avait été composé dès 1668 en faveur de l'abbé de Dangeau, qui avait produit sa conversion et celle du maréchal de Turenne, et qui, rédigé avec simplicité, clarté et modération, reviUu des approbations les plus imposantes, devint comme un bouclier contre lequel les protestants épuisèrent vainement leurs traits. Le talent de Bossuel ne iitnit pas moins dans la célèbre conférence qu'il eut avec le mi-

nlstre Claude, en 1678, chez la comtesse de Roye; conférence qui fut suivie de la conversation de mademoiselle de Duras.

L*é(lucation du Dauphin étant finie, l'ancien évéque de Gondom fut nommé évéque de Meaux en 1681, et il garda ce siège jusqu'à sa mort. Chaque année de son épiscopat fui marquée par de grands tra^ vaux, de savants traités publiés, des instructions, des services im* portants rendus à TEglise.

On sait Pinfluence qu'il eut dans rassemblée du clergé de 4682. Il rédigea les quatre articles arrêtés dans cette assemblée^ et les défendit depuis par un ouvrage savant et étendu. Dans ce traité, divisé en trois parties. Fauteur établit Tindépendance de la puissance temporelle et la supériorité des conciles sur le Pape. Il examine les motifs sur lesquels est appuyée Topinion de rinfailiibililé et de la supériorité du Pape. Il rassemble toutes les autorités et toutes les raisons qui militent en faveur des articles dressés par rassemblée du clergé. Au surplus, il peut être à propos de remarquer ici une chose à laquelle on n'a pas toujours fait assez d'attention; c'est que l'assemblée de 1682 et son défenseur étaient bien éloignés de prétendre que les quatre articles fussent de foi ou touchassent la foi. « Les évéques de » France, dit Bosmet lui-même ^ témoignent clairement n'avoir pas » eu intention de faire un décret sur la foi, mais de choisir cette opio nion comme meilleure et comme préférable. C'est donc une opi- » nion, et non , comme l'objectait le cardinal d'Aguirre, une formule p de doctrine catholique faite pour lier les consciences. Ainsi, ils s^abstiennent de toute censure, ils ne nomment jamais la foi, ils D ne croient pas pouvoir menacer personne d'excommunication« » Qu'on lise la Déclaration, qu'on pèse les parole» ; il ne s'y trouvera » rien qui ressemble à une formule de foi. A la vérité, on lit en tète : » Décrets de l'Eglise gallicane. Mais sont-ce des décrets de foi aux- » quels on soit astreint sous péril de salut? Il n'y en a pas un mot. i> Ces décrets n^ont fait qu'énoncer en termes très-clairs un sentiment « ancien et suivi dans ce pays, et non une doctrine qui obligeât tout s le monde. » Ce passage, si précis, aurait dû arrêter des gens qui veulent en savoir plus que Bossuet sur nos libertés, et qui ont imaginé de faire des quatre articles des points de foi, sans s'embarrasser si par-là ils mettaient dans la voie de l'erreur la plus grande partie du monde catholique, et eu particulier l'Ëglise de Rome. Vers 1696, Bossuet revit son ouvrage, et en commença une autre rédaction qu1l n'eut pas le temps d'achever. C'est alors qu'il composa celte Dissertation préliminaire ^ où il dit : a Que la déclarai ion devienne » ce qu'elle voudra : nous ne nous proposons point de défendre cette » déclaration elle-même, mais de prouver que le sentiment soutenu » depuis longtemps dans la Faculté de Paris , est à l'abri de toute » censure. » Il est bon d'ailleurs de faire observer que ce sage évéque composa son livre en latin, qu'il ne le publia point, qu'il n*ea laissa

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prendre qu'une ou deux copies , et qu'il parait avoir désiré que son ouvrage ne vît pas le jour (1).

En 1682, Bossuet publia le Traité de la communion sous les deux espèces; en 1688, VHistoire des Variations des églises protestantes; en 1689, YEocpUcation de l* Apocalypse ; puis t»uccessivemeni les Avertissements aux protestants, contre les réponses de Jurieu a {'Histoire des Variations. Cette bisloire, où la solidiié et l'éloquence marchent de pair, peut être regardée comme le triomphe de Part de raisonner. Jamais la controverse ne fut plus victorieuse. L'auteur manie son sujet avec une vigueur et une supériorité qui mettent dans le plus grand jour la bonté de sa cause. Il parut suscité pour montrer le vice de la réforme et pour dessil'er les yeuii de ses p^irtisans. Ses écrits devaient faire d'autant plus d'impression sur eux, qu'en même temps qu'il les réfutait avec tant de force , il en agissait envers eui avec indulgence et douceur. Ceux de son diocèse éprouvèrent sa protection. Il les garantit dps exécuiions militaires. On atiribue à ,son influence et à ses conseils des Insiruciions envoyées par la Cour aux inietidant^, en 1698, lesquelles modiOaient en plu>ieurs points les ordonnances antérieures, et défendaient toute contrainte; et M. de Baiisset a cité dans son Histoire une lettre d'un ministre protestant, Bourdieu, qui rend hommage à la modération et à la sagessis du savant prélat envers ceux de sa comofiunion.

Bossuet eut même quelque temps l'espérance de réunir à l'Eglise unepoition très-notable du troupeau égaré par les hérésiarques du seizième siècle. L'évêqne de Neustadt, eu Allemagne^ avait commencé les négociations, et le docteur Molanus, théologien luthérien, ne s'y montrait pas opposé. Bossuet lia une correspondance avec ce dernier, qui paraissait y mettre de la droiture et de la bonne foi. Le célèbre Leibnitz entra aussi dans cette négociation. Voyez le Tableau historique y p. 158.

Les travaux de Bossuet contre le quiélisme furent plus heureux. Il triompha de son illustre adversaire, et publia dans celte dispute un grand nombre d'écrits où l'on trouve cette sagacité , cette force et cette exactitude de doctrine qui font le caractère de son génie. Les détails de cette éclatante controverse appartiennent au dix-septième siècle.

Bossuet fut membre de l'af^semblée du clergé de 1700. Il contribua plus que personne à faire condanmer un grand nombre de proposi-

(1^ VHistoire de Bossuet^ par M. de Bausset, t. ii, p. 418, rapporte dans les pièces justificatives un Mémoire très-curieux de l'abbé Bossuet, oii on lit CCS paroles. « L'abbé Bossuet se sent obligé de dire ici que ce sage évêque, tou- » ché uniquement de la gloire du roi, du bien de l'Etat, et de la crainle de » voir altérer les prières des églises , répéta plusieurs fois qu'il ne pouvait y » avoir qu'une utilité évidente, une nécessité absolue, qui ddt obliger sa » Majesté a consentir qu*on publiât un ouvrage de cette nature.

DE ÉCRIVAINS 1704, 3i)5

lions de morale relâchée^ et de plus quatre autres propositions qui tendaient à favoriser et à renouveler le jansénisme. Il avait écrit autrefois aux religieuses de Port-Royal contre la distinction du fait et du droit. Dans sa lettre au maréchal de Beilefonds, qui a été imprimée, il dit que les cinq propositions sont dans Jansénius, et que « tout ce qu'on a dit au contraire est une pure chicane, inventée B pour éluder le jugement de TEglise. » Dans la Défense de la décla^ ration, il parle du jiinsénisme comme d'une chose jugf'e (1).

Bosstiet fut auteur de la partie dogmatique de Pordonhance du cardinal de Noailles, du 20 août 1696, contre VEœposition de la foi, de Tabbé de Barcos, neveu de Saint-Cyran. Celte ordonnance ayant été attaquée par D. Thierri de Viaixnes dans le Pro6/éme ecclésiastique, Bossuet se trouva engagé à en prendre la défense. Il fit un éctit pour montrer la différence qu1l y avait entre ta doctrine du livre de VEx^ position et celle du livre des Réflexions morales, que le cardinal de Noailles avait approuvé. Il abandonna cet écrit à son ami pour là justification duquel il était fait ; et il se plaignit, dit Tabbé Ledieu, son secrétaire , qu'en le publiant a on eût omis le meilleur de son y> écrit, c'est-à-dire des corrections importantes et nécessaires au

V livre de Quesnel. v> Il fit dans les mêmes vues un Avertissement qui devait être joint à une nouvelle édition des Réflexions morales. tt II y répondait, suivant le même secrétaire, aux écrits des jésuites 9 et des jansénistes; et il se proposait de débrouiller ces matières, » à cause des jansénistes qui les ont embrouillées par leurs chicanes. » Ce travail e^t certainement dirigé conire tous les excès des janséyt nistes. d Bossuet voulait qu'on mît un grand nombre de cartons à Fouvrage de Quesnel. Il en indiqua le nombre et l'objet dans un mémoire que Déforis eut entre les mains, ainsi qu'il parait par une note de lui qui s'est trouvée dans les manuscrits de Bossuet. Ce mémoire a disparu, ainsi qu'un écrit sur le formulaire, un Panégyrique de saint Ignace, et peut-être encore d'autres pièces contraires aux préjugés des éditeurs. Bossuet retira son Avertissement, parce que l'on ne voulut pas se soumettre à ses corrections. C'est l'écrit qu'on a publié après sa mort, sous le titre de Justification des Ré^ flexions morales, en supprimant la demande des cartons.

Dans sa Défense de la tradition, Bossuet censure « l'excès insou^ T> tenable avec lequel Jansénius s'est permis d'écrire que saint » Augustin est le premier qui ait fait entendre aux fidè es le mystère » de la grâce. » Sur la fin de ses jours, il commença un ouvrage sur

Y Autorité des jugements ecclésiastiques et sur la soumission qui leur est due. Il n'a pu le terminer. Il disait « qu'Ârnauid était inexcusable 1» de n'avoir employé ses grands talents qu'à s'efforcer de faire illu- » sion au public. » Il écrivit aussi contre Dupin , et surtout contre

(1) Nous croyons sur ce point délicat devoir renvoyer le lecteur à la dissertation, insérée dans la Correspondance de Fénelon, t. viii, p. 573, sur

39e LISTE CHRONOLOGIQUE

R. Simbn et eontre sa yeràion da Nouveau Testament. V(^ez bé que ibûs en alYons dit SdiiS Tannée 1702.

Nous avons parlé, sodé Pandéé 1704, de la mdrt dé fiossuet : mais t qui sbn Histoire écrite pair la plume élégahtè du cardiiial dé Bàiis lët n'est-elle pas fatnilière t

Léd papiers du grand évéque dé Heàiix passèrent, après sa mort, èttthë lëS maluà de Tabbé Bossuet, soii nèveii, depuis évéque de Troyes, qui ai t)iibli,é plusieurs des ouvrages de son oncle. En 4743, lès mainuscrttà de Tévéque de Meaux passèrent à M. de Ctîazol, ^téstdent ab pârlëiiiehl de Meiz, et iievêu de révêqiie de Troyés. Ce ibâgisifat lès donna aux Bénédictins. lU ont servi à it. de Bâùssèl bdUr ia côniposilidn de son Ûistoiré.

L édition de ses œuvres donnée k Versailles, chez Lebel, de ISli» i 18^9, due àui soins de M. Tabbé taron. dé Saint-Sulpice, ééi uu âës plds beaux uibnumënts de là typographie moderne.

4 mol. — Charles Boilbau, abbé de Beaulieu, prédicateur da toU

k véritables Sentiments de Sossuet relativement aujansémstne. Le MTflni iteur, après avoir rapporté qu<: pendant quelque temps, surtout à l'époque dé la controverse sUr le quiétifime, il s'était élevé des bruits peuj^avorable^ i Èossïletf qu'on inculpait à^ attachement au jansénisme, èxplidué cfc qui tlirait t^U dontieir lieti à ces soupçons , et s^attâclie k préveiiir les coîîséqtkenbeS fâcheuse^ qu'on en poùfraii tirer cDtttrë là ^btliliissibil de Tévê^uè it Meàuï auk décisions dtt Saint-Stéj^e.

Beautottp d'ehdèoits des écrits de Bossnet prôiiteiit ciairéniéht qdèj ttbnfeulement il était très-éloigné des sentiments des Jansénistes sur la grâce} vais qu'il était très-convaincu sur le fait de l'attribution des propoaitions à Jansènius. Cependant l'auteur que nous citons est porté à croire que, pendant quelque temps, Bossnet ne s'était pas expliqué avec assea de netteté sur l'infaillibilité surnalureile de l'Eglise en ce qui cohcerne \ies faits dogmatiques^ libn qu'il eut lui-ihême aucun doute sur celte question, mais parce qu'il re- (^àrdâit celle sorlë d'infaillibililé comme une opinion théologique^ sur laquelle tfn pbkvàll absolttttifelit disputer. Il paraît, en e&'et, très bien proiivé que, &èifae iltt biortimënbémënt du xviii« sièble, tel était le sètitihaënt dé ptuâiéiiH théologiens^ tàniveHellemettt regardés comme orthodoxe^. Ôti petit vbi^ daiii letome xir, dfes OEuvres deFéneton^ une lettre curieuse de M .aè^issi|r* évéïjue de Meaux à Féhelon, dans laquelle ce prélat, d'aiUeurs si prononieë eontre le jâuféBÎsme, soutient que l'infaillibiljté surnaturelle de VÉglise,t$l mn prin* cipe contesté. On trouvera à la suite la solide réponse de Fénelon.

Mais ce qui est certain, c'est que Boisuet, dans son dernier éeni sur l'{Uf toi' dbi

éntîire

C'est èHcOte "qtie, Hhns ^luslfeufrs autres ciJctjHstàhbes, il ft ti-ès-feUitfemtnt reconnu cette obligation rigoureuse; c'est que, dès l'année 1663, dans la célèbre lettre aux religieuses de Port'-Boyal, il leur inculquait que «ur \»faU de Janséaiu$\ on exigeait d'elles fui^eiuière soumi^ion de hur jugement, Fqyei tVegmer De ^cclesid, t. 11^ p. 93 et suiv. Editeur,

DES ÉCRIVAINS 170* SfllT

membre de l'Acadéiiiie française, esl aulenr A'BoméUti et de Ser^ tubtu, publies pat' Hiutiard, en 17l2. li iie faut pas lé Confoiulre aféè JdGques Boileau, le frâré du èaiyrique, qiii sera c\U sous HiQ.

15 mai. — Louis Bourdaloue, jésuite, né i Bourges en 1032, se consacra de bonne heuie à ia chaire. Il parut pour la première fois ill^coiir, en 16T0, et prédia l'Avent devant Louis \IV. Il fui fort

S' alité, et pf^cb» depuis, devant le roi, les Carêmes de I ei% de 1871, èi875,de IBSO et de 1682, ailes AventsdeiôS^, deJG8G,del&8a, de iHSi tl ié 16!l3. Il ne fut pas moins recherché el admiré dans las chaires de Paris et dans celles des provinces. En 1681», on l'envoya à Montpellier pour y travailler à la conversion des protestants. Sa douceur le rendait irèti-fimpre à ce ibinistère de persuasion.

Sur la lin de sa vie, Bourdaloue se consaora aux assemblées de cbarité et aux prisons, assistant les malades, consolant les pauvret; et il réussissait dans ces sbins pénibles et teucbauls comme dans Ici Tanelions les plus relevées drsa carrière évangélique: Sa coanaiMance parfaiie de l'Eerimre ci de la théologie, la solidité de ses raisonnements, ei le genre noble et précis de son élocution, l'bouoreot encore moins que sa piété profonde^ei son zèle pour le salut des âmeS. tl élait aimé et estîmé Ses grands. On a, siir sa vie ei sta venus, une notice par madame de Priagy, une lettre du président de Lamoignon, qui l'avait beaucoup connu, e\ une autre du P. Atarlîaeau. son confrère.

Le P.Bretonneau a publié les sermons de Bourdaloue, qu'il a k;ço)a* pagnes d'excellentes analyses. On a dit avec raison que la conduite dû P. Bdurdaloue était la nieilleUré réponse ddt th'Ovînciotet. Ildiiâ n'essàlèrDôs point d'a|)préc!et' lË genre de eUn Ëldiiuétii^ Dioble, ibrlé et solide. On l'a souvent cohipa^é h Itasslllttii qu'il dë- Ydhfjà ddne \i carrière. CbacUn (leUt, Slilvant soil ^ollt tiartibiilltf, dithheh là nféféreiicé à l'on Oli à l'alilre. Tdtis deux peuvent Stre rëgal-iiés iminit Ie4 plus parfalis màâHvè ieh prfdicatebrs. BdUKdJ- Ibue s'allabhii plaS ^ coiiVaihbre : Il Est plUs logicléh El pliis théologien.

2 octobre. — Jean Coter, missionnaire catholique anglais, était né dans le comté de Soulhampton, et il fut élevé dans la religion anglicane. Uais s'éiabt fait catholique, il alla étiiijlei^ ai) cbjlége anglais dé LUbohné, et revint exercer les fonctions de inisSiouhalré dans sa pétrie- Sa résidence ordinaire était ï LôiiilrçB, et oii le vil h la \éU des ConiroVersîsiés soiislê règne dé Jacques IL II mourut èh se rêiidan't à Lisbonne pour quelques atfaircs du clergé. Il avait été question do le faire évéque en 170â, et il méritait cette distinction par son zèle, ses talents et ses vertus. Il élait humble, retiré et laborieux. Ses écnts, qui sont nombreux, se partagent en deux classes, ceux de con- Ifoverse et ceux de morale et de piété. Ces livres sont encore goûtés des catholique* anglais. Les anglicans C|acgetli, ,Wake, Stralford^ V^iiliarae, écrivirent ponire Goier. ¥09.^ Dodd, Hittoirt da t$^M aAit^ttTTt, tome 111, pages 482 et âs. -

308 LISTE. CUROiNULOGlQUE

46 octobre, -r- Pierre Goustel, de Port-Royal, né à Beauvaisen 1621 , resta laïque et travailla sous Nicole et de Sacy. On cite de lui des Règles pour Véducation des enfants, 1687, 2 volumes, — et les Sentiments de l'Eglise et des saints Pères sur la comédie^ Paris, 4694. Ce dernier écrit est dirigé contré la lettre du P. Caffaro.

Vers ce même temps» — François Courtot, Cordelier, né à Vezelîn, devint définiteur général de son ordre, et mourut à Âuxerre. Ses écrits sont : Ft> de François SolanOy 4677 ; — Récit du martyre des onzê religieux de Gorkum ; ^-'Abrégé de la Vie deJ. Pascal Baylon; Vie de saint Pierre d^Alcantara, etc.

29 avril ^ Claude-Hugues Màhtoub, Bénédictin de Saint-Maur, né à Màcon en 4622, et mort à Châlons-sur- Saône, se rendit éditeur des OEuvres du cardinal Robert PtUlus et de Pierre de Poitiers, Il donna aussi deux écrits sur rbistoire ecclésiastique de Sens.

14 octobre. — Tbyrse Gonzàlës, général des Jésuites, né en Espagne, est auteur d*un traité contre les quatre articles du clergé de France de 1682, et d'un autre contre Toplnion de la probabilité, en 4687. Il la réfuta très-fortement. On a de plus de lui la Vérité de la Religion chrétienne démontrée, et Conduite {manuductio) pour la conversion des mahométans; ces écrits sont en latin.

— Marcel Gàyàlieri, évéque de Gravina, au royaume de Naples, était recommandable par son zèle et sa piété. Il forma avec soin son clergé, rebâtit son séminaire et coni^truisit des églises. On lui doit entre autres ouvrages un Traité sur la Messe^ publié à Naples en 4686.

Son frère Jean-Micbel^ aussi Dominicain, et théologien du cardinal Orsini, est auteur d'une Histoire des Papes et des Evêques de son ordre. — Enfin un autre Jean-Michel Gavalieri, Augustin, mort le 6 janvier 1757, a donné un Commentaire sur les décrets de la congrégation des rits.

— Nicolas DU MÉLiCQUB DE Saint-Georges, laïque, né en 1640, est auteur du Caractère des vrais chrétiens, souvent réimprimé; — d'une Nouvelle traduction des Psaumes, — et d'une traduction des Méditations de Savonarole, sur V Oraison dominicale et sur le Psaume L

5 janvier. — Nicolas Thoynard, simple laïque, né à Orléans en 1629, était lié avec tous les savants de son temps. Il eut pan aux Epoques Syro-Macédoniennes de Noris. Son principal ouvrage est son Harmonie des quatre Evangélistes, en grec et en latin. On a, de plus,

de lui un écrit sur la Tersion du Nouveau-Testamn/U de Bouhours, et sur celle de Mons, des Notes sur la version du Nouveau-Testament, de Richard Simon^ et une Harmonie des livres des Machabées,

2i janvier. — Adrien Baillet, critique, né près Beauvais en 1649, fut successivement professeur dans un collège, curé, puis bibliothécaire de M. de Lamoignon. Son principal ouvrage est les Vies des Saints^ 4 vol. in-foL, où l'on trouva, dans le temps, une critique exagérée, et où elle n*est pas aussi sage que dans la collection de Builer, traduite par Godescard. Le livre De la Dévotion à la sainte Vierge^ et du culte qui lui est dit, donna aussi lieu à quelques plaintes contre Baillet. Les autres écrits, dont nous ferons mention, sont VHistùire des démêlés de Boni face VI H et de Philippe4e'Bel^ — la Vie de saint Etienne de Grammont, — celle de Richer et celle de Godefroi Hermant; — Jugement des savants sur les ouvrages , etc., neuf volumes in-iS. Cet écrivain était instruit et fécond, mais pas toujours exact.

22 janvier, — Antonin Massoulié, Dominicain, né à Toulouse en 1632, refusa un évéché qui lui fut offert par le grand duc de Toscane, et mourut à Rome, où il étaît assistant du général de son ordre. Son principal ouvrage, Saint Thomas interprète de lui^mémey qu'il composa en latin en faveur du thomisme, fut déféré à Rome et ne fut pas condamné.

15 mai. — Jean-Baptiste de Benedigtis, Jésuite, né à Ostuni en 162i, professeur de théologie à N»ples, se déclara contre la phi* lo9opbie de Descaries et contre le jansénisme, ei fut obligé, par suite de ces disputes, de quitter Naples ; il se retira en Sicile, puis à Rome en 1703. Ses Lettres apologétiques pour la défense de la théologie seholastique sous le nom de BenoU Alatin, firent beaucoup de bruit.

16 mai. — Antoine Verjus, Jésuite, frère du comte de Crécy, naquit à Joigny, en 1632, et fut procureur des missions du Levant. Ayant eu occasion d'aller chez les protestants d'Allemagne, il se fit estimer d'eux. Il procura beaucoup d'avantages aux missions, et les étendit. Ses écrits sont : Vie de M. Le Nobletz, missionnaire en Bretagne; Vie de saint François de Borgia; Catéchisme pour les nouveaux Convertis, traduit de Canisius. Le P. Verjus avait un autre frère, François, mort évéquede Grasse en 1710.

6 ootU. — Jean-Baptiste Duhamel, d'abord Oratorien, curé de Neuilly-sur-Marne, puis chancelier de l'église de Bayeux, était né à Vire en 1624. Secrétaire de l'Académie des Sciences, à Paris, il cultiva les sciences, et principalement la physique, et fut lié avec tous les savants de son temps. Ces études ne l'empêchaient pas d'être un théologien pieux et habile. Ses ouvrages en ce genre sont : Théologie spéculative et pratique, 7 vol., 1691 ; — un Abrégé de la même; Insti^ tutions bibliques, avec des notes, 1698; — et une grande Bible qu'il donna en 1705. Il était généralement estimé pour son caractère et ses

40a LISTE GHHQN^ftiOeiQUE

connaissance. Vmt spn ^loge, par Fontanelle. H f re^4 hoiniiiagi atii: v^rms, k h pieté et au désintéressement de ce mn\ prêtre.

8 octobre. -^ Joseph Agnelu, Jésuite napolitain, né en 1621, mort à Rqpn^, o\\ il résidait depuis trente ans. Il était çongulteur de Tinqmsitian et pfédicaleur, et composa plusieurs livres de piété en italien, te plus connu est Vlnstruct^ur |)firpi«ml.

iO octobre. — • Paul Pezron, Bernardin, docteur de Sorbonne, naquit àHennebon en 1639. 11 remplit diverses places dans hùuordre^ et fut nommé, en 1697, à Tabbaye de la Gharmoy, dont il se démit en 1703. Il se livra à Pétude, et se distingua dans le genre de Pénidi* tion. Son Antiquité des temps rétablie est destinée à soutenir la chro* nologie des Septante contre celle du teite hébreu. Depuis, il donna une Véfense de cet ouvrage contre les pères Martianay et Le Quiaii, qui avaient écrit en faveur du texte hébreu. VBssai d*Mn Oûtnmm^ mentaire sur les Prophètes fut plus généralement approuvé ; mais si production ta plus estimée e^t VHistoire évang^Hque cwfitmée par lajudçtïqtM et la romaine; 1696, deux volumes. Il y a beaucoup d^ recliercbes dans cette espèce de démonstration historique du pbrIsT nanisme. Le P. fiolonia, Lardner, en Angleterre, et l'abbé ^uil^l, Qn( depuis traité ce sujet. Dans ces derniers temps, le barqi) (je Sainte-Croix préparait, lorsqu'il mourut, une nouvelle édition de YHistç^ire évangéliaue du P. Pezron. Il la regardait, avec raisQp, comme très-importante contre les incrédules.

19 Qctobrç. — Jean-9apiiste Langlois, Jésuite, publia divers écrits contre l-éditioq de Saint-Augustin donnée par les Bénédictins, et une S[i^(9iTC d^ Crmaf^es contre Içs 4l^igeois, qui est estimée. On Ini doit aus^l le recueil connu souç le nom de Jomnée du Chrétien.

8 déçev^bret. Abraham-Nicolas Am^i^Ot dp la HoqssATB, laïque, né à Orléans en \Ç^, e^t auteur d'une traduction de vm$toire du cqncita de Trmte, de Fra-Paolo; — du ÏYa»(^ des tlénéfices, du ipéme; -rr des ^omélies de Palafqx;7rdes Mémoirçs historiqMçs. Getapteuréiail plqs fépQud qu'exact, pt est en général peu favorable au Saint-Siège.

— François Ducassb, canoniale estimé, né au diocèse de Lee* toure^ fut grand*vicaire de Garcassonne, puis archidiacre de Condon. On a de lui la Pratique de la Juridiction ecclésiastique, .^^ et un TvQité ^s çhçpi(n$*

S i(f»vf?r: — Cji^rleç-prégqjre RosaiGNpLi, Jésuite, ^Wip^T ^^' tique, ué pn IgSl, es( connu par leif JtfefVfUlçfi ^ ftm 4v^ ff ^m^'!?mm^h et p^r quinze autfPS ^crit§ dp piélé rq^ijejUls i y^t

PBS ËCRIVAIMS n07, 4ftt

Dise, 17i3, 3 vol. 'm-4t. — Grégpire Rossignali, iw frire, Bamabitt,mortls fijainlTSS, écrivit sur la droit waoaique, HirltsHcnmaBll, lea contrau, les ceuBurea, etc.

26 février. Louis Cousm, président & la conr dfs Monnaiea, était, quoique laïque, fprt versé dans'ta conriais^ance des Pères et de ]'t>U^t loire ecclësUsiiqje. Né i, Paris en 16S7, il ^vaJt été de»||né d'abord' à l'étal ecclésiastique, fll sa théologie, et fui même reçu bachelier en celle bciflté. Il cunserra (oujaurs du goût pour la scîgnce qui l'à?ài( occupé dans sa Jeunesse. I| publia, efi {67^, ta traduction de VJ^Îi' loin eecUfiattigue tBtuèbe ^e Charée,-^ pu|s celle de koçr^e' ctf Soumette et de Th/odoret, — celle des piscquu de saint Çlément^A~ Ipxqndrft jmur fxhorUT Us paîeni 'à embraser fe cbfiilianiimè, eip, Il fonda sii bourses ii Paris pour de Jeunes plercs. et donh^Ea'b|b|i<^ ihïque b Tabbayede Saini-Victpr, avec vingt' njlllg ^jyrés poi)r j'^ n* treiênirl

12 Itfttmhrt. — Etienne Le Civus, {lardioat, évéqus de Gieqfiblft, éuif Pé à paris en 16^3. 11 fut docieiir de Sorboque, et remplit Ifi plaiM d'amndnier du Roi pendant plusieurs années. Ajanl été nofnnw à l'âiécbé de Grenoble, en 1671, ii n'aEcepta «m'avec peine ce bri deau, st monlra qu'il était digne de le porter. Dès \ùfi il ent))raM4 U vie pénitente qu'il a toujours menée depuis. Il se lavait i deut bêurw dq rf\mia, raisajt maigre tpute l'anqée, ^ I partageait gpp teRjps entre la prière et U% sojng de son diqcèsf . La pré[licaiioii, ips visite^ p^s|q^ ra|és, la réfnrme des abus, le soin de iqai^iteiiir la r^sulafité d^nq le clergé, raitacbement aux règles de ia di^pipjîne et dfiU morale, dis-^ ■influèrent son gouvernemeni. Cr^é cardinal par Iqnqcent XI, en 1BS6, il ne changea rien k ^n gepr^ <ie fie, et nq rabattit j)eD ft6 son zèle. Il failul que Clément XI \\t\ écrivit pour l'engager & re|jkctipr quelque cliose de ges austérités, tl fonda deux eéqiinaireS) et Iqstilqf les pauvres se; f Ériliers. On dit que c'est par ses ordres que fql rér digée la Tkiidogie tnorale, dite de Grenoble. Lui-même composa Qoel-r qnea oufrag^s : une Défente de {a virsinité perpétuelle de la miff <fe liieM, $eloinyperit^re filet Pires, \,yai>, 1680;— un Renieil f<frdon-, naneeti}ptodaieif--ei un Trahit de l'Eucharistie. Lalouelle a publia ua^^égédelaViede cp préùl. et Gras-DuviUard a fait pqptirf; sprle même sujet, en 174^, un Ditcours dont le fpnd e»t, dit-on, dl| F. IJolinier, de Tpratoire; seuleinent l'^iieiir a forvigi ce qgt tafiz peliiii irqp les préventions de TPratorien. Dan; i'Sistoire eççtfsiàitique de l'abbé Racine, on peint le cardinal Le Camus comqie pp-; posé aux Jésuites, et mécontent de leur dwtrine et de leur conduite. Il est permis de croire que cet IfistQrien a été partial et ineiact sur ce point, comme sur tant d'autres.

il décembre. — Jean Habillon, Bénédictin de Saint-Hanr, naqnit près Houion en 1653. Associé par D. d'Àchéri à son SpicUégt, il pfit de bonne heure le goAt de la critique el de réradition, et riwbitnda

402 USÏE CHRONOLOGIQUE

da travail et des recherches. Il voyagea en Allemagne et en Italie, y découvrit plusieurs pièces importantes et plusieurs manuscrits curieux, et publia le journal de Tun et de l'autre voyages. Ses recherches et sa sagacité lui firent une réputation étendue. Ses ouvrages dans le genre qi}i nous occupe, sont : les Actes des saints de V ordre de saint Benoit (ouvrage rempli des plus curieuses recherches, et très-im> portant pour Phisioire ecclésiastique générale et pour celle de cliaque province) ; — Liturgie gallicane ; — Dissertation sur l'usage du pain Œfyme ; — Lettre sous le nom d^Eusèbe, Romain, sur le Culte des saints inconnus ;'-^ Annales de V ordre de saint Benoît y ouvrage digne des mêmes éloges que les Actes des Saints ; — Traité des Etudes mo^ nastiques, etc. Le P. Mabillon eut, sur ce dernier livre, une controverse avec Tabbé de Rancé, qui croyait que des religieux devaient se livrer à la vie méditative et aux exercices de piété, et non aux études littéraires. Mabillon soutint la thè>e contraire ; et son exemple même servait à justifier son sentiment : car il n^était pas moins pieux que savant. Doux, modeste, sage dans sa critique, il fut un des ornements de sa congrégation ; il entretenait, au dehors et au dedans, des relations avec beaucoup de savants. On doit encore à D. Mabillon trois éditions de saint Bernard. La seconde est la plus estimée. Il eut un grand nombre de disciples, qu'il forma au goût des bonnes études. Voyez sa Vie, par D. Ruinart.

— Jean Sergeànt, prêtre catholique, naquit en Angleterre, en 162i, de parents protestants, étudia à Cambridge, et fut d'abord secrétaire d'un évéque anglican. S'étant fait catholique, il alla étudier au collège anglais, à Lisbonne, et y fut ordonné Prêtre. En 1652, il retourna dans sa patrie, et y exerça les fonctions de missionnaire sous les noms de Sergeant, de Smith et de Holland. Car la persécution obligeait les prêtres à se déguiser ainsi. Ses confrères, peu après son arrivée, le firent chanoine et secrétaire de leur chapitre. Il eut un long différend avec Talbot, archevêque catholique de Dublin, qui l'accusa d'hétérodoxie. On trouve les détails très-circonstanciés de cetie controverse dans [^Histoire de l'Eglise d* Angleterre , de Dood. Il donne tout l'avantage à Sergeant, et il parait en effet que le clergé catholique anglais était pour lui^ ainsi qu'on le voit par les pièces que produit Dood. Sergeant écrivit aussi contre les protestants Casaubon^ Taylor^ Tenison^ Stillingfleet et Whitby. Il composa un assez grand nombre d'ouvrages de controverse connus en Angleterre^ et il travaillait encore dans un âge très-avancé pour le soutien de la foi catholique.

5 mars. — Charles Le Gobien^ Jésuite^ né à Saint-Malo^ et mort à Paris à l'âge de 55 ans^ publia V Histoire des Ues Mariannes, et une

très-grande partie du recneîl utile connu sons le nom de Lettres édifiantes et curieuses des Missionnaires de la Société de Jésus, Il entra au>si dans les querelles concernant les cérémonies chinoises.

9 avril. — François de Maucroix, chanoine de Reims, prêtre estimable et littérateur instruit, né à Noyon en 1619, traduisit V Histoire du Schisme d'Angleterre, deS:mderus; — les Homélies de sainl Jean% Chrysostôme au peuple d'Antioche^ — et le traité de la Mort des perseculeurs, de Lactance. I) donna la Vie des cardinaux Poius et Campége.

i*' mat. — Claude de Vert, religieux Clunisle, naquit à Paris en i645. Il s'appliqua à la liturgie, et justifia les cérémonies de TEglise contre Jurieu. Son plus grand ouvrage est VExplication simple, littérale et historique des Cérémonies de l'Eglise, en 4 vol. in-8°. M. Languet: depuis archevêque de Sens, et d'autres théologiens, ont attaqué le système de cet ouvrage ; et Baudoin, chanoine de Laval, en a donné une apologie, où il prétend qu'il faut dire la messe tout haut, et que les fidèles doivent répondre amen à la consécration et à la communion. C'est un faux système que des théologiens plus modernes ont essayé de faire revivre. D. de Vert travailla au Bréviaire de Cluni, qui a servi de modèle à beaucoup d'autres. 11 joignit une préface et des notes à la Règle de saint Benoît, et eut, à ce sujet, une controverse avec Mabillon.

Z juillet. — Jean Phelipeaux, chanoine et grand-vicaire de Meaux, éiait né à Angers. Bossuet, qui lui trouva du talent, le mit auprès de l'abbé Bossuet, son neveu, pour le diriger dans ses études tbéologiques. Ils étaient ensemble à Rome lors de l'affaire du quiétisme, et révéque deMeaux les chargea de la suivre. L'abbé Phelipeaux eut sans doute part aux lettres un peu acres de Tabbé Bossuet. Il compoba une RekUion du Quiétisme, qui ne fut publiée qu'en 1732, l'auteur ayant recommandé de ne la faire paraître que vingt ans après sa mort. Il eût mieux fait de la supprimer entièrement. Elle montre une extrême partialité et même de raciiarnement contre Fénelon. Elle fut flétrie, en 1732, et condamnée au feu. L'abbé de la Bletterie a réfuté Phelipeaux sur l'article des mœurs de madame Guyon, que celui-ci calomniait. Phelipeaux a de plus laissé des Méditations. V Histoire de Fénelon, par M. de Bausset, ne donne pas une idée favorable de la délicatesse et de la modération de ce chanoine.

iQaoût. — Antoine Be\ugbndre, Bénédictin de Saint-Maur, bibliothécaire de Saint-Germain-des-Prés, naquit à Paris en 1628. Il fut éditeur des OEuvres d'Hildehert, évêque du Mans, puis archevêque de Tours, et il y joignit les Opuscules de Marbode, évéque de Rennes. D. Massuet a revu cet ouvrage. Il est aussi auteur de la Vie de M. Joly, chanoine et instituteur des Hospitalières de Dijon.

tSêeptembre. — Claude Ambune, Oratorien, archidiacre de Paris^

404 LISTE CHHONOLOGIQUfi

jQuissgi^ d^ la répuUlion iTun prêtre vertueux. Il composa un TfinUi de h VoIqï^i^^ e( un de l-Amour dtf souverçtin bien m^re le Qhî^t tisme, 11 élait apoi de Malebrancbe.

Vers ce temps, — Pierre Attabp|, de TOra^oire, né à Girgenti en i645, fut professeur de théologie, prévôt de sa congrégation et grand-vicaire du diocèse. Il a composé les Constitulions du synode de Vévéque Ramirez*^ Gir%eniu i704, în-4'; — Leçons et ^nliennes des Offices des ES, Grégoire et Gerland, évéques d'Agrigente; r- Lettres spirituelles de la sœur Marie Crucifiée de la Conception,

il y a aussi de ce nom Bonavenlure Âtiardi, religieux augusl'in, né en Sicile, qui publia quelques œuvres, mises à Tindex p^r décret du 14 janvier i737,

4 5 janvier, — Girard de Villkthierry, prêtre, ijé k farls, y mourut h rage de soixante-huit aqs. 1| est auteur a'un grand nombre délivres de morale et de piété, comme le Véritable pénitent ; — Chemin du ciel; — les Vies des Vierges, des Biches^ des Pauvres, elc.^ etc. U passait ponr être attaché à Port-Royal.

âO janvier, — François DB la Chaise, Jésuite, et confesseur da Louis XIY, naquit dans le Forez en 1624. Il était, dit-on, neveu du père Coiton, et devint confesseur de Louis XIV en 1675. Le doc de Saint-Simon, qu'on n*aecusera pas d'avoir ménagé les Jésuites, ne doit point être suspect dans le bien qu'il dit du P. la Chaise. C'était, selon lui-même « un homme juste, droit, sensé, doux, sage, modéré, fort B ennemi de la délation, de la violence et des éclats, affable, poli, mo- 9 deste, respectueux même, et désintéressé. Il était soigneux de boog » chpix pour l'épiscopat, facile à revenir quand il avait été trompé, et » ardent à réparer le mal que sou erreur lui avait fait faire« d'ailleurs » judicieux et précautionné. Il ne voulut jamais pousser Port-Royal » jusqu'à la destruction. Le Cas de conscience, et tout ce qui se fit alors, x) fut sans sa participation. Il ne voulut point non plus entrer trop avaut » dans l'affaire de là Chine, et favorisa, tant qu'il put, Fénelon et le car^ )) dinal de Bouillon. Vers l'&ge de quatre-vingts ans, il voulut se retirer, » et ne put l'obtenir du roi. Il fut généralenfient regretté. Les ennemis X mêmes des jésuites furent forcés de lui rendre justice, et d'avouer que » p;é^3it qn homme de bien, honnêtement né, et iQut-à-faii prqpre pftpr » reqfpijr sa place. » M. d'Agues&eau hi repd la niêmp jpstipe ^m^ sfi§ J^^moires, a Le P. de la Chaise, dU-:i!, éfait up bP« gepiiîhftfPWIî » qpi ^jpnaii à vivre en pai^ (st à y laiçper vivre le^ autres. ^ Ç^ éloges put quelque poid$. L^ malignité de S^int-Siinon eç( ponpue, et ce témoignage de deux contemporains non suspects sert de rér ponse à tant de portraits tracés depuis par l'ignorance et la calomnie. Le Moréri lui-même nous a conservé on trait qui preuve U iBpdéra-

DES ^CRIVAIIHS 1708. 406

tipn ^u p. la Chaise. Lorsque Tabbé Billard eu( publié son libelUi ifi )a ttéte à sept têtes, où il décbirait la société, le P. la Chaise se plut k faire afloucir la punition qu'il avait méritée par ses emporte? U)eqts, et il lui écrivit, en i699, une lettre fort polie pour lui annon-> cer pel adoucissement. Of) ne nous dit point que cette modération ^it touché le farouche auteur ; maïs elle n'en fait pas moins d'honneus au bon ccBur du Jésuite. On sait que le P. la Chaise avait la feuille des bénéfices, et Saint-Simon vient de nous dire qu'il était soigneux de bons choix.

i9 janvier. — Wîchel Mauduit, Oratorien, né à Vire, et inort à P^r. rfs, se livra au ininisière de la chaire ; mais il se fit pltis cQnnaitrei par les ouvrages suivants : Traité de la religion çontfe les mhées^ Içs déistes et les nouveaux pyrrhoniens ; Méditalions pour un^ re(raiie ; Analyses des Evangiles ^ en pâtre volumes ; t^es Actes des Ap<^lre^^ eri deux ; é{ des Èpitres^ en "Cfix, avec lies Disseflat\o,^s^ C^s A^a?, lysej^^QTii faites avep beauc<)|ip de méthode et de i^ifi. ]pl)le^ éclaircissejoit plusieurs passades obscurs, ^t développent ^v^c Sfag^pi^é \^ sens du texte.

^ janvier. — Nicolas Fontaitoï, de Port-Royal, ami d'ArnanId et de Nicole, mourut à Melun à Tâge de quatre-vingt-quatre ans. Se$ ouvrages sont : les Vies des saints de V Ancien Testament, en 4 volumes; —les Vies des saints, aussi en 4 volumes ; — ^les Mémoires sur les soliKsires de Port-Royal, panégyrique minutieux et partial; — la traduoiipn des Homélies de saint Jean-Chrysostôme sur lès Epitres de saint Paul. Fontaine fut accusé de nestorianime pour ce dernier ouvrage, que M. de Harlay, archevêque de Paris, condamna. L*auteur se rétracta, sans changer, dit-on, pour cela de sentiment. On lui doit quelques autres livres de piété. On lui attribue la Bibje dite de Royàumont, à laquelle on croit que le Maislre de Sacy eut aussi part.

^Sjf^nmer* — Alexandre Pint, Dominicain, né ei^ Dauphiné, était qn religieux édifiHpt et un directeur estimé. Il a composé un Abrégé 4« ^ S<^m^ df |(?ïiu Thomas,— \^ Clef du "pw ampvf , — l'Oration dn^ c(pf*f,— |a| Vie ççiché^, — la Vie de la mère JUagdelçine de lu Sainteffiniti» Ùnelque^runs put cru découvrir dans sefi écrits des tracei^ de quiétisme. Tout ce que nous pouvons dire, p'eçt que le p. Piny q'pf^it paç un bon éprivain.

9 juin. -^ Gilles de la Yaluère, évéque de Nantes, en 1668, donna sa démission de ce siège dix ans aprèis, et se retira à Périgueux, puis à Tulles. Il se fit jésuite en 1707. Ses oiivrages sont : Lumièrf du ehrétien,-^ Statuts synodaux y — Catéchisme pour la Confirmatior^^ '^Propre des saints du diocèse de Nantes.

4^im>)*--rU9acPAPiN, néàBlols en 1657, de parents protestants, préehsi ^-abord avec succès dans sa communion» Il croyait dès lor»

qu'on pouvait se sauver dans TEglise romaine. Ce gentiment lui ayant fait des ennemis parmi les protestants, il revint en France, abjura le calvinisme entre les mains de Bossuet, et montra, par plusieurs écriis de controverse, que celte démarche était sincère de sa part. f\ est auteur de la Foi réduite à ses justes bornes, de la Tolérance des protestants et de l'autorité de l'Eglise, et de la Cause des hérétiques disputée et condamnée par la méthode du droit. Henri Pajon, prèire de rOraloire, son cousin publia ses ouvrages, 3 vol. in*12.

26 septembre. — Paul Godet des Marais, évéque de Chartres, né en 1647, étudia à Paris, et y fut reçu docteur en théologie eu 4677. Ce fui un des plus dignes élèves du séminaire de Sainl-Sulpice, où il fut le disciple et Tami du pieux Tionson. Il devint supérieur du séminaire des Trente-Trois, et il occupait celte place lorsque madame de Maiiiienon le choisit pour son directeur. Elle avait reconnu en lui, outre les vertus de son état, un désintéressement et une prudence rares. Le 11 février i690, Fabbé des Marais fut nommé à Tévéché de Chartres. Les différends entre Rome et la France n^étaient pas encore apaisés. On a lieu de croire que Tabbé des Marais fut un de ceux qui administrèrent à cette époque avec les pouvoirs du chapitre. 11 ne fui sacré que le 51 août 1692. L^année suivante, il abandonna tous les revenus de son évéché au\ pauvres qui souffraient beaucoup d'une disette. Quoique fort appliqué à ses devoirs, ou plutôt par cela même qu'il en connaissait retendue, il fut le premier de TaviS que Ton partageât son diocèse en deux, et que Ton érigeât Tévéihé de Blois, ce qui eut lieu en 1697. On sait la part qu'il prit aux disputes sur le quiéiisme. Il désapprouvait la doctrine de madame Guyon, et publia une Ordonnance contre ses écrits. Il s'efforça d'amener Féiielon à un désaveu ,' et condamna son Explication des maximes des saints. Mais Thistorien de Féiielon a reconnu que, dans cette controverse, l'évéque de Chartres montra le désir de la paix et la modération qui étaient dans son caractère. 11 fit, après la conclusion, des démarches pour recouvrer Taniiiié de Fénelon. A un zèle sincère pour TEglise, ce prélat joignait un esprit de douceur et de conriliaiion. Il était irès-déclaré contre le junseiiisme, et il condamna le Cas de conscience, 11 avait été fort lié avec le cardinal de Noailles, et s'affligeait de la faiblesse de ce prélat.

On lui doit la fondation de quatre séminaires et d'écoles pour l'instruction de la jeunesse. Simple, modeste, ami du bien, ne voyant que ses devoirs, plein de sagesse, de discrétion et de mesure, il refusa, dit-on, une place de conseiller d'Etat , et la nomination au chapeau de cardinal. Ses fonctions auprès de madame de Maintenon lui donnaient un crédit dont il n'abusa jamais. Toujours renfermé dans les travaux de son ministère, il n'excita ni plaintes, ni jalousie. 11 eut beaucoup de part à la fondation de Saint-Cyr, et mourut dans son diocèse à l'âge dS soixante-deux ans. Saint-Simon, quelque dif-

DBS ÉCRIVAINS 1709. • 407

ficile qu'il fût, lui a néanmoins rendu en général assez de justice dans ses Mémoires, a Ses mœurs, dit-il , sa doctrine, sa piété, ses » devoirs épiscopaux, tout était irréprochable, li ne faisait à Paris » que des voyages courts et rares, logeait à Saint-Sulpice, et he mon- » trait encore plus rarement à la cour. Il était fort savant, avait de » de Pesprit et de la douceur, de la fermeté, de la finesse dont il ne T» se servait guère. Son désintéressement, sa rare probité étaient son )» seul lustre. »

29 septembre. — Thierri Ruinart, Bénédictin de Saint-Maur, né à Reims en 1657, futVélève, le collaborateur et Tami du savant Mabillon. Il fut formé par lui aux travaux de Térudition. Ses Actes sincères des Martyrs, en latin^ virent le jour en 1689. Dans la Préface, il réfute l'anglais Dodwell, qui, outrant les règles d'une sage critique, diminuait extrêmement le nombre des martyrs. Ruinart restitue au christianisme le plus beau de ses trophées et la plus éclatante de ses preuves. On doit encore à ce critique les éditions de VHistoire de la persécution des Vandales, et des OEuvres de saint Grégoire de Tours, V Abrégé de la Vie de D. Mabillon, et la Vie du Pape Urbain IL

31 décembre. — Pierre Gallt^ curé de Sainl-Marlin de Gaen, Voyez les Mémoires, sous 1701.

— Alexis DuBCc, Théatin, né à Sens^ donna longtemps dans Téglise des Théalins de Paris des conférences sur les matières de controverse. De 1672 à 1697, il reçut Fabjuration de deux cents protestants. Le clergé de France lui taisait une pension. 11 publia en 1696 une traduction du Combat spirituel en français. Etant allé à Rome en 1698 pour assister au chapitre général de son ordre, le Pape Ty retint et le chargea de donner des conférences dans le collège de la Propagande. Il mourut au couvent de Saint-André délia Voile. On trouve une petite Notice sur lui dans les Scrittori teatini de Vezzosi, t. V^y p. 1681. Le Père Dubuc est encore auteur ({'Elévations sur le temps de VAvent, 168.

— Pierre Faydit, Oratorien, était né a Rioro. Il quitta ensuite cette congrégation. C'était à la fois un esprit bizarre et tin mauvais écrivain. Il fut mis à Saint-Laz.tre pour un livre sur ou plutôt contre la Trinité. Il l'avait intitulé : Altération du dogme théologique par ta philosophie d*Arislote. Ses autres ouvrages ne valent guère mieux. Ce sont des mémoires contre ceux de Tillemont, et im pamphlet contre le Télémaque et son illustre auteur.

— Bernardin de Picquignt, religieux Capucin, né en 1655, mourut à Paris, après avoir composé un Commentaire sur les Evangiles, et une Triple exposition des Epitres de saint Paul, qui lui valut des éloges de la part de Clément XI. Son neveu a donné en français un abrégé estimé du dernier ouvrage.

408 LISTE CHRONOLOGlOUte

^lijanmer. — André SBMfeHii Jésuite, né à Reims^ en 1630. Nous ne cileronB de lui que sa Courte défense de In wàie religioHy cbnire Jacques Piceninl, ministre calviniste en Suisse. Celui-ci répondit^ en 1712, au P. Semeri, qui mourut à Rotne dans le collège rdniaiti.

13 février, — Thomas Blampin , Bénédictin de Saint-Maur, né à Noyon, en 1740, donna ses soins à Tédilion des OEuvres de àaint AugusiiH, et l'exécuta d'une manière digne de la réputation de ce docteur. Cette édition est estimée surtout par rapport à la correction du texte. D. Blampin fut secondé dans cette entreprise par DD. Delfau, doutant et Guesiiié. Il mourut k Saint- Denôit-sur-Loire. ((Nous ne pouvons néanmoins dissimuler qu*on adressa à cette édition le reproche de favoriser le jansénisme en plusieurs endroits^ dans les sommaireH, litres, etc. ; Fénelon, en particulrer, en était fort mécontent ; il attaqua avec énergie la Préface des Bénédictins^ dont Mabilloit avait été le rédacteur principal ; comme on peut le vdir dans un opuscule latin, qui se trouve dans les OEuvres de Fénelon^ t, XY, il voulait qii'on publiât nitë noiivellc édition , et il ocrait d^y travailler. Correspondances, t. YIII, c. i, p. 385.))

16 février, —Esprit Fléchibr^ évêque de Ntniéâ, ëtdt hé près Carpentras, en 4652. Il entra dans H coherëgation deâ prétre^de là doctrine chrétienne, dont son diicle, le P. ÂùtlitTrét, étsiit général; mais il la quitta k la mort de ce dernier. H éis tii lihe rëpUtatidn dan§ 1b chnire, et surtout dans le genre de roraièotl fhnëkré. Ses talentâ lui procurèrent,* en 1688, Tévôché de Lavâill', d'Où il fut trarisfëré à celtii de Nfmes. Il se fit estimer par sa cotiduite et éës Vertus, et les pi*6tostants eux-mêmes ont loué sa moHératioh à tëdr égard.

Ses ouvrages sont : Planégyriques dès saints;— SeHnùns; — Orât- Sbn» fUnèbreSj dont la plus célèbre est celle de Turenné : — Histbire de Théodose; — Vie du cardinal Ximénès; ouvrage curieux traduit dé Gx'^\Àm\\^MandeïïUints et Lettres pastorales (1); — Lettres qui renferraent des particularités curieuses sur les troubles des Cévennes. Flécbier donna alors un asile à beaucoup de fugitifs. L'abbé Ducreux a publié ses CCuvres en 10 volumes.

5 mat. — Nicolas-Joseph Poisson, Oratorîën, Wttft è Lydtl, dbBtii «ne nouvelle Somrne des coficiles, en 2 volumes in-fdlid.

b août, — Jean Gisbert, Jésiiîte, hé 5 taliors, en J658, mourut à Toulouse, où il professa la théologie pendant dix-huit ans. On cite de lui un Traité sur la Somme de saint Thomas; — YIdétf d» la tMohffie

(1) Voyez surtout celles des 25 mars et G septembre 1703 .: ^let ffeiplrtat la sagesse et la charité. Comparez le Tableau hisiorique, p. 210.

DÈS ÊCftlVAtiMS 1711. 409

ùiiçciéè àvVc fhislàirè eccitésiàiitqûe ; — des bifseiriations théoîogiques ; — VAnti-ProbàbilUme^ ou il combat ia doctrine des opinions probables que l'on a tant reprochée à son corps, etc. Dupin loue beaucoup ce dernier ouvrage.

9 décembre, — Jean lb Lorrain , prâtre de Rouen « était un lilur*gisle instruit. 11 est connu par deux ouvrages, V Abrégé historique des eérémonies anciennes et modernes y -^ elles Conciles f/énéraux et par^ ticuliers, et leur histoire.

— Pierre Lombert, atocat à Paris, était attaché à Pdrt-Royal. Il publia des traductions de quelques outragés des Pères ^ ti entre antres de la Cité de Dieu de saint Àugmiin.

an.

Si janvier. ^ Eustache Le noble; de Saint-Georgb, magistrat, iië à Troyes^ en 1045, est auteur de ï'Èipril de David, -^ d'une iraduciion des Psaumes en vers; — d'une autre en prose avec des réflexions^ inS'*; — d'une Dissertation chronologique sur lanaismnce du Sauveur ^ 1693, in-l!2 ; — du Dégoût du monde el d'un poème iniitulé ï Hérésie détruite. On lui attribue Touvrage iiititulé V Esprit de Gerson^ et quelquefois le Bouclier de la Prance ou les sentiments de Gerson et des casuistes touchant les différends des rois de France et des Papes, Cet écrivain tomba dans la misère par ses dérèglements, il fut banni par jugement et n'obtint de revenir qu'à condition de n'exercer aucun emploi.

26 février. — Claude Frâssen, religieux Cordelier, docteur de Sorbonne, gardien dé la maison de Paris> et définiteur-généraj de son Ordre, était né à Pérpnne en 1620. Ses écrits sont une Théologie, eu 4 volumes in-folio; — Recherches bibliques, en latin. On l'accusa d'avo r beaucoup pris dans la Démonstration évangéîique, de Huet. C'était un religieux estimé; on lui doit quelques livres de piété.

29 mars, — Gabriel Ger6bron, Bénédictin de Saint-Maur, né à Salni-Calais eh 1628, retiré en Hollande en 1(382, arrêté avec Qiies* nël en 1703, renfermé quelque temps, rétracta, le 18 avril 17lu, sa doctrine et ses livres, et mourut à Saint-Germain -^des-Prés. C'était uti homnie ardent et iin écrivain fécond, 11 avait commencé par des éditions d'ouvrages utiles. Mais daiis la suite il ne consacra sa plume qu'au soutien du parti qu'il avait embrassé. StJtl Hiroir de la piété chrétienne fut censuré par les cardinaut Grimàldi et le Camus, et par Le Tellier, archevêque de Reims. La Vérité catholique victorieuse; — Avis s^Uutaire de la bienheureuse Vierge Marie à ses dévots indiserets;— Histoire générale du jansénisme, et d'autres écrits de ce genre n'indiquent que trop quel était son tèle. Le Moréri lui-même avoue qu'il s'expliquait avec trop de chaleur.

H avril, — François Làmi, Bénédictin de Saint-Maur, né d*une famille noble au diocèse de Chartres, en i656, fui quelque temps dans le service, et le quitta pour la vie religieuse. Il mourut à saint-Denis, où il éiait retiré depuis vingt-un ans, ayant renoncé aux charges de son ordre. Nous ne citerons de lui.que le Traité de la connaissance de soi-même; — Le Nouvel athéisme renversé, contre Spinosa; — VIncrédule amené à la religion par la raison, ou Entretien sur l'accord de la raison et de la foi; — De la connaissance et de V amour de Dieu ; — Lettres théologiques et morales ;— Réfutation du Système de la grâce universelle, de Nicole ; — Réflexions sur le Traité de la prière publique, de Duguei. Il était estimé pour ses connaissances, aimé pour ses belles qualités, et lié avec les gens de lettres les plus distingués de son temps. Il était entre autres ami de Fénelon.

P' wat. — André-Chrysoslôme Zaluski , évéque de Warmie, naquit en Pologne vers 1650. Après avoir voyagé en Europe pour solliciter des secours dans la guerre contre les Turcs, il se fit ecclésiastique, et fut fait abbé de Wacbo. Il devint évéque de Kiew, en 1685, de Ploscho, en 1691, puis de Warmie, et grand-chancelier. Dans le temps de la guerre contre les Suédois, on le soupçonna de trahison, et on renvoya en Italie en 1706. Il en revint Tannée suivante. Il se relira dans son diocèse, et ne reparut à la cour qn*après le retour d'Auguste. On a de lui deux ouvrages, un recueil de discours en polonais et un de lettres latines. Les deux sont curieux. Ce prélat est célèbre par son zèle pour les lettres, sa belle bibliothèque, ses libéralités et son h.ibileié dans les affaires. Il eut part à tout ce qui se passa de plus important de son temps en Pologne.

31 ootlt.— Jean Le Pelletier, laïque, né à Rouen en 1653, se rendit irès-habile dans la connaissance des langues anciennes et modernes. Il s'en servit pour éclaircir divers endroits de l'Ecriture, et il donna des dissertations, dont la plus curieuse et la plus utile est celle sur l'arche de Noé, où il explique la possibilité du déluge; et la manière dont tous les animaux ont pu tenir dans l'arche.

27 d^cerfifrre.— David GiLU, ministre protestant à Baugé, avait fait abjuration le jour de la Pentecôte, 1683, entre les mains de l'évéque d'Angers, avec Courdil, ministre de Chàteau-du-Loir, qu'il avait attiré à la foi catholique. Clément, ancien du consistoire de Sorges, et quatre autres protestants. Il prouva la sincérité de ce changement dans un livre intitulé Conversion de Gilles.

—Jean De là Roche, Oratorien, né au diocèse de Nantes, se distingua dans la prédication. On a ses Sermons, en 8 volumes.

— Fauste NAmoN, savant maronite, né au Mont- Liban, professeur au collège de la Sapience à Rome, publia deux ouvrages sur la religion et l'histoire de son pays. Il y prouve que ses compatriotes ont toujours conservé la foi. Il mourut à Rome dans on âge avancé.

r~ Edouard Cary, d'abord oflicier dans les troupes anglaises du parti du roi, se fit ecciésiaslique sur le conlinenl, vint en Angleterre comme missionnaire, et fut estimé de ses collègues. Jacques H le fit chapelain de son armée pour les catholiques. Cary avait publié, en 1682, le Catéchiste, relativement au serment d'allégeance.

20 mars. — Claude Chàstblain, chanoine de Paris, né dans celte ville, était un liturgiste instruit. Il voyagea en France, en Italie et en Allemagne, pour y étudier la discipline des différentes églises. Il était lié avec le P. Papebroch, successeur de Bolland. On lui doit le Dictionnaire hagiologique et le Martyrologe universel, Chaslelaîn était critique et érudit. 11 travailla à plusieurs bréviaires.

11 avril. — Richard Simon, prêtre de l'Oratoire, né à Dieppe en 165S, quitta sa congrégation en 1678, et fut quelque temps curé de Bolleville, en Caux. Ce fut un critique instruit, mais h:<rdi, singulier ; esprit inquiet, controversisie ardent, écrivain caustique. Il travailla particulièrement sur TEcriture sainte, et donna des Histoires du texte, des verrions, et des commentateurs de TAncien et du Nouveau Testament. Satraductionfrançaisedu Nouveau Testament futcondamnée vers 1702, par le cardinal de Noailles ei par Bossuet.Nous citerons encore de lui. Cérémonies et coutumes des Juifs, ouvrage dont Bossuet avait accepté la dédicace; — Réponse aux sentiments de quelques théologiens de Hollande; — Inspiration des livres sacrés; — Créance de Véglise orientale sur la transsubstantiation. Il se signala par d'autres écrits. Simon eut des disputes vives avec Dupin, Le Clerc, Spanbeim et Jurieu. Bossuet le regardait comme favorable aux Sociniens, et le combattit avec ardeur.

12 septembre.—- JeSiU Dez, Jésuite, né près Sainte-Ménéhould en 1645, travailla à la conversion des calvinistes à Sedan, puis à Strasbourg. II écrivit aussi sur les cérémonies chinoises, en faveur du livre de Fénelon, et contre le jansénisme. Il mourut à Strasbourg, où il avait été envoyé par Louis XI Y. Ceux de ses écrits qui méritent d'être cités ici sont, la Réunion des protestants de Strasbourg à l'Eglise romaine nécessaire, — et la Foi des chrétiens justifiée, etc.

22 septembre, — Catien de Càuczon, évéque d'Agaibople, né en Anjou, fut longtemps chanoine de Tours, et s'y livra à l'élude de FEcriture et des Pères. Il publia, en 1694, un recueil latin de quelques lettres des papes. U seconda Tabbé Cervaisc dans la correction de sa Vie de Saint-Martin de Tours, En i 708, il fut sacré coadjuteur de l'évêque de Babylone, et partit pour la Perse, où il obtint plusieurs avantages en faveur des missionnaires. Il mourut ^ Ispahan.

iiotjf.— Arraand-Loais Bonnin de Chalucet, évêque de Toulon, konor^ répiscopat par son zèle, ses connaissances et S9 piété. Avant if être évéque, il avait eu ^e fréquentes conférences avec des protestants, et avait été employé dans les missions du Poitou. Il fit, en 1682, une réponse à récrit de Claude, sur la présence réelle. On en loue la clarté et la précision. Le ministre Bossalran ayant voulu tourner à son avantage, dans un écrit public, ce qui s'était passé entre lui et Tabbé de Chalucet, dans une conférence tenue à Niort devant plusieurs personnes^ celui-ci y fit, en 1684, une réponse; in-12. Il fut pomo)^, U même année, à révéc|)é dp Tonjon, m^is ne fqt sacré qu^n 46192. Il rendis de grands service^ à pette ville, Iprsqu'elle fi|t assiégée par le duc de Savoie, ep I7O7, rfsfus^ des'éloigner, encouragea Ifshabii^Qts, et distribua de Target)^ (i\de^ vivres. 11 publiai en 1704, 4es ofdoqnaiiçes sypod^lds, foQda qn «énilnf^lre e|. divers ^^ablisser ments de charité, e^ donna tout son biep ^ui^ paiivres.

— Prosper BQTTmi, de Lucques, çh^qpine dw V^^lican, ayoc^t du Qsç, promoteur delà foi, re^i^pUt sticcessivemenl' d'aqtre^ cbarjies ioipprlantes. Oq cpnqaU de lui un discours si|p sajut François de Sal^$ ; un autre sur saint Françpis de Borgia ; IJHnsert^don sur le culte de saint Job et autres maints de l'4nçieri Te^tamçnt; Vifux dff^ns /a cau^e de PalafQjç. Fajirp s'eq est servi dans sop SHPplément (fHfR rmçrques de Zampierf.

i*f janvier, --Le B. Jean-Marie Tommasi, cardinal. Nous le ferons eonnaftre plus spécialement dans la notice que nous donnerons sur les principaux cardinaux promus par Clément XL (Voyez Mémoires, année 1721 .) Ses écrits sont, Codices sacramenforum nongentis amis vetustiorfs;'-Psalt€riumexplicatiQnedilucidaium;^Àntiqui libri Uissar^m; -r- Institutiones theologiew antiquorum Patrum, Z vol. ;—Pivi A^gustini spéculum, et d'autres encore sur des matières lie théologie, de discipline, de liturgie et de piété.

Antpine-Frtjnçois Vezieu , Théatin, donna, en 1764, une édition ^e^ œuvres de Tommasi eg 7 vol. in-^", et en 1769 une nouvelle édiiipn en il vol. in-4^,

8 janvier. — François Chaucbbhsb, Dominicain, préeha ^nsîetirs fois à la coqr. Il a laissé ie% Sermons sur les Mystères, et un traité de piété sur les Avantages de la mort chrétienne.

1* mars. — Pierre-Jean-Frjinçois de PSitCfN de Montgailubd, évéque de Saint-Pons, né en 1633, composa un livre du ferait et du devoir des étéques de régler les offices. Il eut des disnutes avec l'évêque de Teulen-, an sujet du «fw^i d'jl/«t; avec Féilélon, sur îe

silence respectueux, et avec des religieux de son diocèse. Ses Lettres à Fénelon farent censurées à Rome par un bref du 18 janvier 1740. Ce prélat était vif, et aimait assez les disputes. Ses écrits contre les protestants, son livre Sur les devoirs et les droits des évéques, et d'autres ouvrages fureMi mis à Pind^x ps^r décrets des 27 avril 1705 et 17 JMilletl7Q9 ; sa lettre ^u pape, enl713. On l'accusait de favoriser lejansénisme. Il avait écrit, et\ 1667, en faveur des quatre évoques* Son Afan|^emenl, (Ju 31 optobre 17p6, poup la jusMiication ()q SU^çç fp«peciueux, fit d\\ bruit , et fut cqniiî^inné à I^pn^e ; i| fut pi^nfo aiipslipn de souine|,lre Tauleyràun jq^epienf canonique. On trpqyer^ dans les QFwpre^ flç Fénelon, tQrqe 'X(f, pqge 579 et sujvanfe», )ps écrits pgp lesquels Tarçlievêqup qe Cam|)raî rpfu^p Tévêque de Sajpf- Pppsî. V Avertissemçnt ^e Ip^it^Mr P'^P^ à la t^le dq tonie x, é^iiian de Versailles, page 56, présente un prépi§sqçciQc^ (je celle opotrovf rse.

<3iw. - Paq) SpGNEfti, (lit |e ^pupp, poqr le dist.ipg(ief de son Qiiçie, Ip péjèbre mis&ionnairp pi^ort en ip84, en spivjt les px^piples ^^ se distingua comme lui par son ^ciee^sa piété. Né ^ Bonip en ÎQTSi il se fil Jésuite en 1689 p( sp poqsacr^ aux naissions. La Tp^ cane, Vétf|t de Gènes, le dqçhp de Modène, t^qpqp^s, furent le théâtre de sps tr^r vaux. Il mpurpt an milieu de ses cpqrses à Sinigaglia, n étan( âgé qpa de 40 ans. Mpratorj a^ écri( |a yie de p^ missioqnairp, e\ pql)l|é §e|i| Exercices spirituels, 1720^ 2 yojqmes. £p 1795, op ppbli^ h Vepisa se^ OEuvrçs eqSvpluq^ps iqr8% Ë||psrcnfermpp^ep(reautrei$ çgletipe médite k Muratori §ur la ()pvpt|pn ^ la s^jn^p Vierge. Ç-est ime réfqr tatipn de la Dévqtion rfglé^ au j^ib||otbpc|)if e de Mp()ène.

à ooiil.—Edme P1E07, doeteor et professeur de Sqrbonne, ehaBoine et cbaucelier de TEglise de Paris, était né ài Auxerreen 17^1. Il paa^ sait pour un tbcp|ogiep sage et jiabilp, (§tai^ sppvep^ pqnsqlté (et se trouve mêlé dans presque toutps les ajfaires ecplésiastiqqeg de spi) temps. 11 est question de lui dans les bistoires de Bossuet et de Fénelon, par M. de Bausset. Il n a rien fait imprimer, mais on connaît de lui en manuscrit une Relation des dert^iers moments de la Brinvilliers (célèbre empoisonneuse, exécutée à Paris, en 1676.) ; — une Censure de r Eooplication des maximes saintes de Fénelon ; — un Mémoire sur l'au'^ torité du Concile de Trente, etc.

7 oBtQhre. -r François Ledibu, secrétaire et aumônier de Bossuet^ puis chanoine de Meaux, était né à Péronne. Il doit être principale^ ment cité pour on Juarnal dans lequel il rapporte nne foule de foiu de la vie deBossuet, auqael il fut attaché vingt ans. Ilfaitbien oonoaltre ce prélfit, pour lequel il paraU avoir eu uqe religieuse vénén^Uon. M. de Baussel en a cité beaucoup de fragpaeot^. Ledieu travailla sur riiistoire et les antiquités de Meaux. En 1709, il pa))lia le Missel de cette égiise, où il se permit d'ajouter des 4vMn pour le peuple, non-seulement 9ux oraisons de Tordinaire de la Messe, n^is encore aux paroles de la consécration et de la communion du prêtre. Le car*

414 LlSTii CHliOiNOLOGlQUE

dînai de Bissy, alors évéque de Meaux, condamna ces additions par un Mandement du 22 janvier 1710. On dit que Ledieu en mourut de cbagrin. Son Journal m<>nuscrit est conservé avec les manuscrits de Bossuet, et déposé à la bibliothèque du Roi.

24 octobre. — Jacques Hommet, religieux Augustin, né h S(^ez, mort à Angers à soixante-neuf ans, est auteur du Milleloquium êoncti Gregorii, — et du Supplementum Patrum.

14 décembre, — Pierre Le-Nain, religieux Trappiste, né à Paris en 1640, était frère de Le-Nain de Tillemont, Tbistorien. Il fut sousprieur de son abbaye, et y donna Texemple de la pénitence et de Thumilité. Ses ouvrages sont, un Essai de rHistoire de Vordre de Citeaux ; — Homélies sur le prophète Jérémie ; — Vie de M, de Rancé ; — Relation de la vie et de la mort de plusieurs religieux de la Trappe; et plusieurs petits traités de piété.

16 décembre, — Gdispurd Juénin, Oraiorien, né en Bresse en 1650, professeur de théologie à Saint-Magtoire, est auteur d^ Institutions théologiques à Tusage des séminaires, écrites en latin. Elles furent condamnées à Rome, et en France par plusieurs évéques, et même par le cardinal de Noailles. L'auteur fui mandé par ce prélat, et donna, dit-on, des explications satisfaisantes, il répondit au cardinal de Bissy et à M. des Marais, évéque de Chartres, qui avaient publié des Mandements contre son livre. Il composa de plus un Commentaire historique et dogmatique sur les sacrements^ un Abrégé de ses institutions, une Théologie morale, en 6 volumes, et des Résolutions des cas de conscience sur la vertu de justice. Cet auteur passait pour être attaché au parti janséniste; ce qui fut cause qu'on examina sa théologie avec plus de sévérité.

— Jacques Thorentier, Oratorien, exerça le ministère de la chaire avec succès à Paris, et publia des Sermons, etc.

Février» — Guillaume Bonjour, religieux Augustin, né à Toulouse en 1670, fut attiré à Rome par le cardinal Noris, employé par Clément XI, et envoyé ensuite comme missionnaire en Chine où il mourut. C'était un orientaliste et un érudit. Ses Dissertationes in Scripturam sacram, 1706, in-folio, renferment beaucoup d'érudition.

29 juin. — Daniel Pàpebroch, Jésuite, né à Anvers en 1628, fot associé par Rolland et Henschen à leur travail des Acta sanctorum. Il s'y livra dès 1660, et y consacra son temps jusqu'à sa mort, arrivée à Anvers. Il eut part aux mois de mars, d'avril, de mai et de juin. C'était un critique sage et exercé. Il eut une dispute avec les Carmes

sur Tancienneté de leur ordre, et publia quelques écrits sur ce sujet. Voyez les Mémoires du P. d'Avrigny, sur le 14 novembre 1695.

29 juin. — Joachim Trotti de la Chêtàrdie, curé de Sainl-Siilpîce de Paris en 1696, né près Angoulême en 1636, refusa en 1702 Tévêché de Poitiers. Il a laissé Homélies pour les dimanches et fêtes; — Catéchisme de Bourges; — Entretiens ecclésiastiques; — Explication de l'Apocalypse, il suit dans cet ouvrage un système nouveau, fondé sur les sept âges de TEgiise. C'était un prêtre pieux et zélé, qui jouis* sait de Te^time et de la confiance générale.

20 novembre, — Fabio Brulàrt de Sillery, évéque de Soissons en 1689, né en 1655, étudia les langues, TEcrilureet les Pères, et se fit un nom par son amour pour les lettres, et par ses libéralités. Il a laissé en manuscrits, des Tmités de morale, des traductions des plus beaux endroits des Pères, des commentaires sur différents livres de l'Ecriture, des sermons et des homélies. Il établit dans son diocèse des écoles, des séminaires et des hôpitaux, et employa plus de la moitié de son revenu à secourir les pauvres.

— Gabriel de Henao, Jésuite espagnol, jouit de beaucoup de considération pour sa sagesse et ses lumières. Ses ouvrages sont en onze volumes in-folio^ tous en latin, dont un sur TEucharislie, trois sur le Sacritice de la Messe, trois sur la science moyenne. [[ Feiler place sa mon en 1704. En effet il avait alors 93 ans. ]]

Vers ce temps, — François Nepvèu, Jésuite, né à Saint- Malo en 1639, mort à Rennes, publia beaucoup de livres de piété^ dont plusieurs sont encore lus avec grand fruit : Delà connaissance et de V amour de Jésus-Christ; — Méthode d'oraison; — Exercices intérieurs; — Retraite; — Manière de se préparer à la mort; — Pensées chré^ tiennes pour tous les jours; — Esprit du christianisme»

7 janvier, — François de Salignac de la Mothe-Fénelon, archevêque de Cambrai, naquit en 1651, au château de Fénelon, en Pértgord. il fut envoyé de bonne heure à Paris, et placé au collège du Plessis, puis au séminaire Sainl-Sulpîce où il prit, sous le respectable Tronson, le goût delà piété. Il fut attaché quelque temps à la paroisse de Saint-Sulpice où il exerça le ministère. Il parait qu'il eut le des* sein de se consacrer aux missions, mais il ne Texécuta pas. On le nomma supérieur d'une communauté àe Nouvelles-Catholiques, fonc* tion modeste qu'il remplit avec zèle. En 1685, on l'envoya dans le Poitou pour y seconder les vues du gouvernement, qui avait fort à cœtir la conversion des protestants. Les ecclésiastiques les phisrecommandables de ce temps-là se faisaient un devoir de concourir aux

vues du prince, et d'aller prêcher contre Terreur. Fénelon alla dene dans le poiteui accompagné des abbés de Langerons Fleury, deBer»thier et Milon, qui se consacrèrent, comme lui, à cet honorable miliislèré. 11 s'attacha à dissiper les préjugés des prètestaiils par sa douceui^^ par des instriiciions mises à la portée de tous, par de bons exémpies, par des insinuations paternelles ; et le peii de détails qui nous sont restés sur sa conduite, comme missionnaire, réj ônd à hdéé qiié notis avons dé son cài'aclère, et de l'esprit qui raiilitia toujours. Sa mission dnie, il revint à Paris, et reprit eiicorê seô foriciions de supérieur des Nouvelles-Catholiques.

Eil lé89, Féhëldh fhi hbHlmé prët;e[)tëiir du dUc de Bourgogne. On 6ait quel flit le sticcèd dé ses soins. Il fit de son élètë un pHriee ve^-^ luétjx, sJt^tjliqtié, Modeste, pieux ; et il en fit àtissi son ami.

L'ëducâiiori du prince finie, Féneion fut ndtnmé à rârchevêthé dé Cntlibrai, et fidèle autlols dé ihodératioh et dé désiniéressetaient qu'il s'était prescrites, il se détnit de sbh abbaye dé Suint-Valëry. C'est alor*s qilé Commença raffaii-e dii ({hiélisme. Il nëpf'uè cobvenii* à notl-ë plan de nous étendre sur celte querellé si tive, où Fénelbri il'entM d'abord qu'incidemment) et où il joua ensuite le principal rô'e. Il composa sur ces matières un très-grand nombre d'écrits, et lorsque son livre de VEœplication des maximes des saints eût été condamné à Rome, il se soumit à ce jugement qui termina laconli'oyerse. L'histoire de ces détails appartient aU siècle précédent.

Au commencement du dix-huitième siècle Fénelon se trouva engagé dans une controverse à laquelle bien blus de gens prenaient part, qui produisit iin bien plus grand nombre d'écrits, et qui eut des ^uites plus graves, plus durables et plus étendues. L^archeyéque de Cambrai donna plusieurs ouvrages sur le jansénisme, depuis i7D4 jusqu'en 1714, tantôt sur \e Cas de conscience, — tantôt sur le Formulaire, -^ — sur V Infaillibilité de V Eglise dans les jugements qu'elle porte des textes des livres y — %\xv\t Silence respectueux, etc. 11 traita ces diverses matières avec étendue. Il n'aimait point, disait-il, ces Mandements secs et arides qui exigent une croyance intérieure sans rien raoliver; et ses Instructions pastorales étaient de véritables traités, où il posait lés pt'èuTK^Si réfutait les objections, et Cherchait à éclairer et à con- Valhcrt^. Un tel adversaire ihcommedalt les partisans de l'erreur. Ils se véhgèl'eilt pat* des injures, et un malheureux étîrivaln osa impri^ mëf* dans son délire^ ({uo Fënelbn étûit un auimr sans conséquence^ à (fM il était permis de tout écrire sans ique pietsonniB se mit en devoir de lUi répùndre. Un tel jugement n'a hetiredseméht pas fait fortune. Un siècle écoulé a encore accru la réputation de rarchevéc|ue de Cambrai.

Féneloh fit, pëhdant vlHgt ahs^ le bhhbeur d*ii(i grand diôeèse; 11 réalli^a dartssbd é^lscopat ces maximes de vertu et d'équité qu'il avait niiiréfois ti*acééd pdur IcSjitinces. Uh méltlhge hëureut de fërnieiéet dé dbtibëUi*, une t>révbyance a^sldde^ uri e^tlt il iiui satâit ëtoibriister

Ie8 plus pelils délails sans minutie, et se porter aux plus grands çbjets sans effort^ une tendre compassion pour les malheureux, une libéralité tdut à fait chrétienne et épiscopale, une piéié exemplaite, une conduite soutenue, noble, prudente, telles sont les qualités queFéne- Ion déploya à Ciimbrai. Il faisait lui-même des instructions à ses se* minai i^tes, confessait dans sa métropole, y disait la jnesse tous les samedis, visitait exactement son diocèse, même au înilieu des armées ennemies, prêchait régulièrement le carême dans quelque église de sa ville épiscopale^ et remplissait lotis les devoirs d'iin. pasteur vigilant et zélé. Pendant la guerre, sa ville et son palais devinrent Tàsilô dei généraux, des officiers et des soldats malades el blessés, il àbàrïdotinait ses magasins pour la subsistance de Tarmée, il apaisait iinc sédition en payant de ses deniers la solde du soldat. Il eut la doiiléiir (lé voir périr avant lui le prince qu'il avait formé pour té borihéiii* de la France, et il perdit successivement ses vertueux amis. Il mourut, dit le Motéri, sans argertt et sani dèttiss. Nous avorta donné, sous Tannée 1715, quelques détails sur sa moH. Onsait que quelques modernèt ont voulu faire de lui tin partisan secret de leur système d'indififérence sur là ireligion. Voltaire Ta insinlif^^ et d'autres Tont répété après luit La conduite, la vie et tous les écrits de Féneldn réclament corltre une aussi odieuse imputation.

Les ouvirages de Fénelon sont troji ndtnbreux pour que nonà en fassions ici rénuriiér-ation. Chacun Conhait la belle édition des Œti^ vres et de la Correspondance de Fénelon, donnée chez Lebel, éteH- Hchië par un s.ivant éditeur de tant de doctes aYerllssements et remarques littéraires (1).

18 jawmVr.— Clément PisELLi, dès Clercs -Régullers-Mineurs, professeur de morale à la Sapience, publia {'Abrégé de làv{e du P. François dé Caraccioli, fondateur des Clercs AégUlier s- Mineurs ; — ded Mémoires historiques sur cet ofdre, îii-folio ; — Somme de tMolo^ié morale, Roine, 1710, ouvrage qui tnérite d*étre plus connu.

29 jant?t>r.— Bernard Lami, Oratorien, né au Mans enl64S, mort à Rouen, fut partisan zélé de la philosophie de Deseartes. Il se consacra particulièrement à Tétnde de TEcriture et de la théologie. On a de lui, Démonstration de la sainteté et de la vérité de la morale chri' tienne; — Introduction à V Ecriture sainte; — Du tabernacle y de Jérun

(1) Nous ne passerons pas sous silence V Histoire de Fénelon , par le ctr-" dinal de Bausset, publiée pour la première fois en 1808, en 3 vol. ; utie Seconde édition fut donnée par ràutcUl^ en 1819, 4 vol. Cet ouvrage, qui fait parfaitement connaître Fénelbn , est Un des plus beaux monuments qu'ait produits de nos jours la littérature historique. La nouvelle édition donnéfe en 1 850, par Téditeur des OEuures de Fénelon, a été enrichie d'un grand nombre iradditionset d'observations, qui ont obtenu les suffrages de tous les hommes éclairés. Éditeur,

talemet du temple ; Harmonie ou Concorde évangéliqw, en latin, ainsi que le précèdent. Diins ce dernier ouvrage, il avançai, sur quelques points de Flii^toire de TEvangile, dessenliinenis particuliers qui eicitèrent contre lui les critiques des savants. Ses Entretiens sur let êcienees, Lyon 1684^ — et VArt de parler, Paris 1675, Font placé an rang des philosophes distingués. Cet auteur était en même temps estimé pour son caractère.

28 /î^nfr.— Jérôme de Goni<îelieu, Jésuite, né à Soissons en 1640, composa beaucoup de livres de piété, comme les Exercices de la vie intérieure ; De la présence de Dieu; Méthode de bien prier ; Pratiques de la vie intérieure ; Inttruction sur la confession et la cornmunion. Ou prétend qu'il n'est point Tauieur de la traduction de rimitation publiée sons son nom, et qu'elle est de Jean Cusson, avocat.

22 juillet. — Louis-Pierre Du Yaucel, ami d'Arnauld, naquit à Evreux. Il fut secrétaire de Nicolas Pavillon, évéque d'Alet. Depuis, il fut envoyé à Rome comme agent du parti janséniste, et il y pa^sa plus de dix ans en cette qualité, s'y cachant sous le nom de Valloui. Du Yaucel était ami de Cliarlas, et se déclara en faveur du Pape lors des disputes sur la régale. 11 écrivit contre les cérémonies chinoises, contre le Nodus de Sfondrate, et contre Mulinos. Son zèle pour sa cause lui lit entreprendre beaucoup de voyages. Il mourut à Maestricht.

13oc^o6re.— Nicolas Màlebrànchb, métaphysicien, naquit à Paris^ en 1638, d'une famille honorable. Après ses premières études, il se destina à l'état ecclésiastique, et entra dans l'Oratoire en 1660. Il eut d'abord pour guides les PP. le Cointe et Simon, qui voulurent l'initier dans les recherches d'érudition et de critique ; mais ayant eu occasion de lire le Traité de l*komme, de Descartes, il en fut si cbarmé, qu'il abandonna toute autre étude pour celle de la philosophie. Dix années de méditations et de travaux le mirent en état de composer sa Recherche de la vérité, où régnent beaucoup d'art, de méthode et de clarté. Son système- y est noble en lui-même, et intéressant par la manière dont il est exposé. L'auteur y voit Dieu partout. Dieu est le seul agent comme cause, et dans le sens le plus étroit. Les causes secondes ne sont que des occasions. C'est ce qu'on a appelé le système des causes occasionnelles. De plus, Malebranche prouve ou explique quelques points de la religion, comme le péché originel.

Il acheva de développer la manière dont il accordait la religion avec sa philosophie, dans ses Conversations chrétiennes, en 1677, auxquelles il joignit depuis des Elévations à Dieu. Le fond du système de Malebranche est que Dieu agit sur les esprits, comme sur les corps, par des lois générales, et il se flattait de répondre par là aux plus grjindes objections qui se font contre la Providence. Ce principe avait mené le sage Oratorien à des conséquences un peu différentes de

celles qui commençaient à prévaloir dans son corps. Quesnel était encore dans l'Oratoire. Arnauld et lui y avaient beaucoup de partisans, et il leur parut nécessaire «faitirer un homme dont l'influence pouvait accréditer leurs opinions. On indiqua donc, en 1679, une conférence chez le marquis de Roucy. Arnauld, Quesnel et le comte de Tréville s'y trouvèrent avec Malebranche et Le Yasser. Il paraît que Malebranch(3 put à peine s'y faire entendre. Doux et modeste, il n'était pas né pour la dispute, tandis qu'au contraire, Arnauld, vif, impétueux, disert, y avait tout l'avantage. Il fut convenu que Malebranche mettrait ses sentiments par écrit, et qu'Arnauld lui répondrait. C'est ce qui produisit le Traité de la nature et de la grâce, que Malebranche envoya à Arnauld en manuscrit. Celui-ci ne lui ayant pas répondu, l'Oratoiien se décida à faire imprimer son livre, et Arnauld voulut en vain arrêter l'impression. Il s'en vengea par son ouvrage Des vraies et des fausses idées, où il attaquait bien plus la Recherche de la vérité que le Traité de la nature et de la grâce. Il se moquait de l'opinion de M.ilebranche, que nous voyons tout en Dieu, et finissait par les accusations graves et invraisemblables (1).

En 1683 et 1684, le philosophe cartésien donna les Méditations chrétiennes et métaphysiques et le Traité de morale, Arnauld, de son côté, lit paraître, l'année suivante, ses Réflexions philosophiques et théologiques sur le Traité de la nature et de la grâce, où il prétendit renverser tout à-fait la nouvelle philosophie ou théologie du P. Malebranthe. Il avait un parti nombreux qui se chargea de chanter victoire pour lui. L'Or^torien, étranger à toute cabale, ne se défendit qu'avec ce calme et cette modération qui étaient dans son caractère. 11 répondait à son pétulant adversaire qu'il n'avait pas le mérite de

(1) La question sur la nature des idées, objet du débat entre Arnauld et Malebranche, est de Tordre le plus élevé en métaphysique. L'un et l'autre reconnaissaient ce grand principe proclamé par saint Augustin, que par Fidcc nous peicevons en Dieu tes vérités étemelles et immuables, comme dans le principe de toute vérité, qui se manifeste lui-même à nous. Mais Malebranche, disant de plus que nous voyons en Dieu les idées de ces vérités^ semblait dire que nous voyons en Dieu les objets sensibles, et généralement toutes les choses que nous connaissons par nos idées. Bossuet, dans la lettre àl'évéque deCastorie, du 23 juin 1683(Oi?£4v';'«5 de Rossuet, édit. de Versailles, xxxvii, p. 2S3\ trouvait que le livre d'Arnauld sur les vraies et fausses idées réfutait parfaitement les paralogismes de Malebranche sur la nature des idées; et il s'en réjouissait parce qu'il trouvait que cette première réfutation out;;'m7 ^^ voie à une autre dispute à laquelle il attachait bien plus d*importance , sur la nature de la grâce chrétienne ^ point sur lequel il trouvait le système de Malebranche entièrement faux, nouveau et dangereux.

Une autre partie de la dispute purement philosophique entre Arnauld et Malebranche roulait sur cette proposition opposée au système des stoïciens: que le plaisir rend l'homme heureux et la douleur malheureux. Arnauld reprochait à Malebranche d'étendre cette proposition même aux plaisirs des sens. Editeur,

i2G LISTE CHROiNOLOGIQUï:

lés De l'Amour de Dieu et du prochain, et de quelques autres écrils coDlre Jurieu et Bayle.

— Charles Le Cène, ministre protestant, né à Caen, en 1647, fut ministre en France, puis en Angleterre, où il passa après la révocation de redit de Nantes. Il mourut à Londres. C'était un théologien instruit, qui ]>oussait, dit-on, la tolérance assez loin. Il était lié avec le fameux Jean le Clerc et partageait ses opinions latitudinaires. Ses écrits sont : De l'Etat de r homme après le péché, et de la Prédestination au salut, — Entretiens sur les questions de la grâce. — Du Libre arbitre et du péché originel (la deuxième partie est de le Clerc). — Conversation sur la tolérance, La Cène entreprit une nouvelle version française de la Bible, qui ne parut qu'après sa mort, et où on Tac* cuse de s'être donné tant de licences.

24 octobre, — Philippe- Jacques Spener, théologien protestant, né à Rizbeauville, en Alsace, en itÎ3o, est regarté comme le principal fondateur du Piétisme, Nou*^ avons fait connaître le but et les principes de cette branche de luthéranisme, dans le Tableau historique, p. J42. Parmi les ouvrages de Spener, nous signalerons surtout ses Pia desideria, et Science générale de Dieu,

^0 janvier, — Humphrey Hody, théologien anglican, professeur à Oxford, écrivit contre les non-juros Dodwell et Col'ier, et eut part à quelques autres controverses de son église. En 1704, il publia Des textes originaux des livres saints, en latin. On a an^si de lui la Résurrection dans le même corps prouvée,

19 juin. — Guillaume Sherlock, théologien anglican, écrivit contre les non-ronformistes, et surtout contre les catholiques. A la révolotron de 1688, il refusa les nouveaux serments, puis surmonta ses scrupules, ce qui IVxposa à quelques reproches et à des plaisanterie. Eq 1691, il donna sa Défense de la doctrine de la sainte Trinité, où on Taccuita d'expliquer ce mystère d'une manière nouvelle et qui favorisait le trithéisme. On écrivit contre lui, et Tunixersité d'Oxford conf^amna son système en 1695. Sherlock combattit le système de Locke fur les idées innées. Il fut père de Thomas Sherlock, évéque anglican de Londres> dont il sera parlé sous 1761.

23 juin, — Jean Mill, minisire anglican, né vers 1645, est célèbre par ses co^nai^sances bibliques et par sa belle édition du Nouveau Testament grec, dans laquelle il a recueilli toutes les variantes qu'il a

pn trouver. La meilleure édition est celle d'Arosterdam , en 1710. Whithy reprocha à Mill d'avoir inuliiplié les variâmes outre mesure, et d'avoir ainsi affaibli Tautorité de TEcriture. Wliiston elBenllei répondirent à ce reproche. Un autre protestant du même nom a donné une bonne édition des LXX, A vol. in-1â; Amsterdam, 1725.

* \^^ janvier, — Esdras Edzardi , ministre luthérien, et habile bébraisant, né à Hambourg en 1629, s'attacha principalement à ramener \eyi Juifs au chri>tianisine par ses discours et par ses écrits, et Ton dit qu'il parvint à en gagner plusieurs. Il eut trois fils : Jean-Esdras, Georges-Eléazar et Sébastien, tous trois connus par leu'S écrits. Le dernier s'occup», comme son père, de guérir les Juifs de leurs préventions contre la révélation chrétienne. Il fut ministre à Wittemberg, travailla sur l'Ecriture, et mourut le 10 juin 1736. L'aîné fut ministre à Londres, et il a écrit sur l'histoire ecclésiastique d'Angleterre.

5 mars, — Guillaume Beveridge, évéque angMcan de Saint-Asaph, né en 1658, fut un savant orieiitiiliste, qui travailla sur le> langues anciennes et les antiquités ecclésiastiques. Il établit l'auihenticiié des canons, et fn donna une col'eciion. Il a de plus laissé beaucoup de sermon*^. S^'S Pensées sur la Religion aniaieiit eu besoin d'être retouchées. C'est le fruit de la jeunesse de Beveridge , qui ne les publia pas lui-même. On les a traduites en français sous le titre de Pensées secrètes ou libres sur la Religion; Amsterdam, 2 vol., 1731, 1744, 1756. Elles ne s'accordent guère avec ces éloges que la Biographie britannique, et après elle la Biographie universelle, de MM. Michaud, doiint nt au zèle et à la piété de Beveridge.

15 octobre, — Isaac Jaquelot, ministre protestant, né à Vassy en 1647, se retira, lors de la révocation de l'édit de Nantes, d'abord à Heidelberg, puis à La H;«ye, et enfin à Berlin. C'était un homme habile et instrnit. 11 eut de vifs démêlés avec Bayle, dont il releva les erreurs dans quelques écrits. Ses antres ouvrages sont * des Dissertations sur l' existence de Dieu, contre Epicure et Spino^^a; — des Disserta^' lions sur le Messie , — un Traité de V Inspiration des livres sacrés, — des Sermons, — et un Avis sur le Tableau du Socinianisme, de Jurieu. Ce dernier écrit attira des chagrins à Jaquelot, qui était do parti des remontrants.

17 février, — Eric Benzélius, archevêque luthérien d'Upsal, était ne en Suède en 1642. Il fut professeur de théologie, et devint arche-.

428 USÏË CHKONOLOGIQUE

yèque en 1700* Il donna, en 4703, une édition de la Bible en auédois. Oo a au^ de lui un ÀMfi dt V Histoire tcdàiaêtique ei qneUiues oovrafes sur rEcritiire sainte et la théologie. Une particularilé remarquabloi c*est que trois de ses fils, Eric, Jacob ei Henri, devin*^ rent successivement archevêques d'Upsal. Le second est auteur d*on Abrégé de théologie.

3i décembre, — Jean Bràun, professeur de théologie et de langues orientales à Groningue, était né à Kayserslauiern en 1628. Ce calviniste est connu par des ouvrages pleins de recherches sur TE* rituro, et par un Traité de la ^ritaMe religioi^ hollandai$e, en itnS, qui Fa* Mt accuser de sabelHani^me et de coccéianisine, et qui fut réfuté par •on collègue Jean Mark. (On appelle Goccélens ceux qni, à la suite é% GoocéluS) expliquent toute FEcriture d'après un figurism exaféré.)

17 février. — Georges Bull, évéqne anglican de Saint-David^ naquit en 1634. Son Harmonie apostolique, où il s'éluigriait des sentinems reçus dans son église sur le prix des œuvres, fut attaquée par un grand nombre de zélés protestants ; mais il leur répondit , et il a eu le mérite d^avoir changé sur ce point la doctrine anglicane; tant on y est pen i'ikt de son fait. Sa Défense de la foi de Nicée et son Jugement de l'Eglise catholique , en laiin, qui sont dirigés contre les ariens, lui ont mérité les éloges du clergé de France. Bossnet le cite atec honneur. Il lui avait adressé quelques questions, et mourut avant d'avoir reçu sa réponse. Bull passait, dans sa communion, pour un prélat pieux, et il était certainement très-savant.

7 avril. — Thomas Ittigius, luthérien, fut professeur de théologie à Leipsick. Il écrivit en latin, et ses ouvrages sont esiimés dans sa communion, Ge sont principalement : une Dissertation sur les hirisiarques des temps apostoliques ; — une Histoire des synodes nationaux tenus en France par les protestants; — une Histoire ecclésiastique des deux première siècles, et des Œuvres théologiques.

nu.

7 jfifîn. •<*- Henri Dodwell , théologien anglican^ naquit à Dublin en 1641 ; il s'est fait un nom par son érudition et fiar ses écrits. Après quelques productions de peu d'importance , il publia, en 1682, ses Dissertations sur saint Cyprien, qui étaient destinées à être jointes à la belle édition^ des Œuvres de ce père , par Fell , évéque anglican d*Oxford. C'est dans là onzième de ces Dism'teaitms qu'il prétend prouver que le Bonbre des martyra était peu considérable dans les

Des écrivains» 1712. Aï»

premiôri^ft peraéciitions, et qu'il a été augmenté par les mirtyrologes. H parluit mal, à ce sujet, des cathoii<)ue6. Dom Ruinart, et métnfb Tévéque Burnet, lui répondirent, et Yolialre s>at depuis servi de sei arguments^. Après quelque^ écrits, Dodweli donna six Dinertatim^ 9urêaint Irénét. En 1688 , il fut élu professeur d'histoire à Oxford; mais il fut privé de cette phce pour avoir refusé les serments è Ouit^ Jauroe* Il se joignit aux évêques anglicans dépossédés par ce prince, et fut un des plus ardents défenseurs de ce qu'on appela le schisme des non-jureur«. Cependant , sur la fin, il se réunit aux nouveaux évéques. Dans un Discours épistolaire, publié en 1706, il s'efforça de prouver que Tâme était mortelle de sa nature, et que l'immortalité était une sorte de baptême conférée l'âme par un don de Dieu, et par le ministère des évoques de lEglise véritable. Il croyait relever ainsi les pouvoirs du sacerdoce, dans celle église privilégiée, dont il se croyait membre. Il joignit ime Dissertation pour montrer que Pab^oluiion saceidoiale est nécessaire pour la rémission des péchés, même à ceux qui sont vraiment pénitents. Ces différentes assertions soulevèrent contre loi plusieurs docteurs anglicans. Le célèbre Clarine, entre autres, écrivit contre lui. Dodwell, dans ses défenses, alla plus loin encore. 11 prétendit que la col'ection des quatre Evangiles avait été faite du temps de Trajan, et que cela n'ôtall rien à leur autorité. Il montra, dans ces disputes, beaucoup d'érudition, mais de l'attrait pour le paradoxe. C'était un homme très-savant, laborieux, frugal, désintéressé, modeste; malheureUi»ement ardtnt et i>ingulier. Il a beaucoup écrit, tant sur des matières d'antiquité profane, que sur des sujets d'érudition ecclésiastique. On a pu remarquer que, bien qu*il fût très-opposé aux catholiques , il s'était néanmoins rapproché de leur doctrine sur le point de l'absolution. Il eut deux fils, Guillaume et Henri, dont nous parlerons sous 1785.

27 décembre. *^ Jean Nfoltitts, théologien anglican, né en 16S7, se fit coimattre par son goût pour la métaphysique , et môme pour la mysticité. Il eut quelque différend avec le quaker Yickeris, et avec Locke, qui le totima en ridicule. Il répondit au ChrUtiantiiM itm mystère, de Toland. Mais son grand ouvrage est YSsêut sur la théù^ rie du monde idéat, où U adopta la métaphysique de Maleforanehe.

-«-Gabriel Fabri, ministre protestant, né en 106Ô, fût pasteur à Genève, et^auteur de deux volumes de Sermons et d'un Recueil de tous les miracles de l'Ëcriture.

SO mfrU. ^ Philippe de LiMBoaca , théologien ealvinistOi du parti des remootrantti naquit à Amsterdam en 1635. Ses princiifaux écriU

80Dt : Conférence pacifique (Arnica collatio) avec un Juif sur la vérité de la religion chrétienne ; — Corps complet de théologie; — Hintoire de rinquisition. Ce livre a eu beaucoup de vogue < hez les protestai! is>qui Ke persuadent que Limborch ii*a rien dit i\ne de vrai dans cet ouvrage. Il est permis de croire que ses préjugés ont un peu influé sur ses récits. On a de plus de lui des commentaires et des sermons. Limborch était tolérant, et passait pour incliner vers les opinions sociniennes.

i^novembre, — Jean-Ernest Gràbe, ministre anglican, né Kœnigsberg, en Prusse, en i66H, mort à Londres, est éditeur d'un Spicilegium Patrum, de TApologie de saint Justin, des ouvr;tges de saint Irenée, et de ceux de Bull. Il donna aussi Tédiiion de ta Version des Septante, diaprés le manuscrit alexandrin qui se conserve dans le palais de Saint-J.«mes. Wliiston ayant prétendu que Crabe était de son avis sur les Constitutions apostoliques, celui-ci fit iaiprimer, à Oxford, un démenti formel.

29 décembre, — Daniel-Sé vérin Schultet, théologien luthérien, né à Hambourg en 1645, écrivit des traités de controverse contre Bassuet^ Jurieu, contre Pictet de Genève , et autres. Il attaqua à la fois les catholiques, les réformés, les sociniens et les anabaptistes.

U janvier. — Pierre Jcrieu, ministre protestant, né à Mer en t637, professeur à Sedan, puis à Roterdam, est fameux par ses disputes et ses emportements. Ses écrits sont nombreux. Les principaux sont : Apologie de la morale des réformés, contre Arnauld ; — Préservatif contre le changement de religion; — Politique du clergé de France; — Préjuges légitimes contre le papisme, et beaucoup d'antres écrits où il ch rchait à communiquer à ses co-religionnaires l'ardeur de son faux zèle. 11 donna une Explication de l* Apocalypse, tm on Taccusa d'avoir fait ses efibrts pour sou ever les peuples, et mettre TEurope en feu. « C'était, dit un écrivain protestant, im enthousiaste qui ajoutait foi D à une foule de présages ridicules. Il se brouilla avec ses meilleurs » amis, eut des querelles avec tout le monde, et eut le chagrin de D voir que partout on se moquait de ses prédictions, d II annonça, à plusieurs reprises, la chute de l'Eglise romaine, reculant toujours l'époque à mesure que l'événement démentiit sa prédiction. Il eut surtout des démêlés irès-vifs avec Bayle^ Ba<^nage et Saurin. Ses excès ont déplu à ceux même de sa communion.

I" mars, — Thomas Ellwood, quaker anglais , né en 1659 , composa un grand nombre d'écrits pour sa secte. Nous ne parlerons que de son Histoire sacrée, ({wi est de ce siècle. C'éuit un homme habile.

4 août, — Guillaume Cave, ihéologîen anglican, né en 1637, mort à Windsor, élail irès-énidil. Il connaissait à fond les Pères ol Tanliquiié ecclésiasiiquf». Sps ouvrages sont savants et eslimés : Histoire littéraire des auteur» ecclésiastiques ; — Christianisme primitif; — Antiquités apostoliques; — Tables ecclésiastiques: — Vies des saints contemporains des apôtres ; — Vies des Pères de l'Eglise du iv« siècle; — Dissertations sur les évéques; les métropolitains et les patriarches. Ces écrits supposent beaucoup de recherches et d*érudilion.

[[ Cave fut arcusé de socinianisme : mais il paraît que ce fut sans raison. On doit le louer au contraire d'avoir témoigné dans tous ses écrits plus de respect pour les grands monuments de la tradition que n'en ont communément les Protestants. Au surplus, il faut conven-r que cet éloge lui est commun avec beaucoup d'auteurs anglicans, qui s<$ sont toujours par->à distingués des autres réformés. (Voyez plus haut Bull, Bevétidge, etc.) C'est ce qui a servi plus d'une fois à en ramener quelques-uns à TËglise. Cave, donne d'excellentes règles pour apprendre à discerner les vrais ouvrages des Pères de ceux qui sont supposés. Cependant ses préventions lui ont fait avancer que les Catholiques avaient altéré plusieurs éditions des Pères ; reproche enlièment destitué de fondement, et auquel répondent péremptoirement les travaux de nos Bénédictins. (Biographie universelle, art. Cave.)

6 août. — Jean Olearius, théo'ogien luthérien, né à Hall en 1639, professeur de théologie à Leipsick, fut un des plus savants et plus féconds écrivains de son temp<. Ses ouvrages de théologie sont nombreux, et estimés chez les siens. Son fils, G'idefroi Olearius, aussi professeur de théologie, né en 1672, et mon le 10 novembre 171 S, est connu également par beaucoup^d'ouvrages, et entre autres par une Dissertation théologique, où il léfute les socinieus.

30 septembre, — Claude Grostête, ministre protestant, frère de l'ablié Desmaliis, qui avait été ministre à Bionne, et qui abjura en 1681, se retira à Londres, en 1685, et devint ministre de la Savoie. Il a laissé des Sermons ; — Traité contre les sociniens; — le Devoir du chrétien convalescent, etc.

31 octobre. — Salomon Van-Til, théologien protestant, né près Amsterdam, en 1644, fut ami de Coccéius, et partisan de sa doctrine. V devint professeur de théologie à Leyde, et y mourut. Nous nous bornerons à citer dans ses écrits, les suivants : Explication littérale et morale des Psaumes ; — Démonstration évidente de la di' vinité de. la loi de Moïse; — Commentaire sur Moïse; — Habacuc et Malachie; — Introduction sur VEcriture^Sainle; — Abrégé de théologie; — Commentaires sur les Prophètes, les Actes des Apôtres et les Epitres de saint Paul, Ces écrits sont dans le sens des coccéiens, c'est-à-dire qu'ils donnent dans un figurisme outré.

26 a&ûÈ. •- Edouard FowLEa, évèque anglican dn Glonceal«r, né en 465i, de parents presbylérit^ns, ae fit anglican, maia fut lonjoura opposé K la doctrine rigide des premier» réforinaieurs. Il écrivit en laveur det théologiens iatiiudinairea pour la défense de la Trinité, et contre les catholiques.

Ven ce temps, — Humpbrey Ditton, ministre anglican, ami de Whision, est auteur de te ReHgion chrétienne démontrée par la riiwrection de Jéeus-Christ, 1712^ qu'Armand de la Diapelle a traduit en fhinçals. Son livre eut beaucoup de réputation et de succès en Angleterre.

16 i«nm'#r. «-^ Robert Nblso;v, Anglais, né en i6d6, était un laïque qui K*oocupa toute sa vie d'objets de religion. Il écrivit contre la transsubstantiation, refusa de prêter les serments k Guillaume, et se joignit aux noH^jurewrs. Il fit revivre parmi les protestants le sentiment que TEucharitiiie était un sacrifice. Il était de toutes les sociétés établies en Angleterre, pour la propagation deTEvangite, pour la réformation des mœurs, pour la construction des églises, pour la fondai tion d'écoles: et à sa mort, il laissa tout son bien pour cette dernière œuvre. En 1709. il se réunit à Téglise établie. On a de lui la Vie de lévéque Bull, son ami, où il examine quelques passages de récrit de Glarke sur ta Trinité. Il a aussi composé quelques ouvrages de morale. C'était un homme estimable et fort attaché au « bristianisme. Sa femme était catholique, et résista k toutes ses instances pour changer do religion. Nelson fut en relation de lettres avec Bossuot.

47iiiarf. Gilbert Bornst, évèque anglican de Salisbury, était né à Edimbourg en 1645. Il s'attacha au prince d^Orange en faveur duquel il écrivit; il fût un des instigateurs les plus actifis de la révolo-^ tion de 1680, et il accoinpagi»a en qualité de chapelain Guillaume iU, lors de sou invasion en Angleterre. Il en fut récompensé par Tévédbé de Salisbury. Son grand ouvrage est son Histoire dfi la reformations 11 y a moins cherché Texactiiude que les intérêts de sa commui>iQQ, dont il colore, le mieux qu'il lui est possible, le vice originel. [[ U. Gui* zot en a porté ce jugement remarquable : « Cet ouvrage abonde en K) rerbercbes savantes ; mais ce n'en est pas moins un livre de paru*, plein de vues étroitea, de réticencea, de jugements passionnés, et » qui, malgré son prodigieux succès, ne mérite aujourd'hui l'estitae » ni du philosophe, ni de l'hifitorlen. » M. Guizol, Aoiiw mr Purnet, dans la Collection des Mémoires relatifs à la révolution d^ Angleterre. ]] Burnet éprouva des démêlés au sujet d'une Explication des trente-

quatre artielei, qyi foraient la contlilulion de TEgliad anglicane. Il Kavait publiée h la sollicitation de la reine Marie et de rarcbevéqot Tiiiotson^ pour servir à la réunion des anglicans et des presbyiériens. 11 reléguait dans la classe des opinions théologiques, tout ce qui n*e»i pas compris dans le Symbole des Apôires. La chambre basse de la convocation voulut le censurer; mais il ftil soutenu par la chambre haute. Cet évéque était tolérant, tant pour les non^ureun que pour les diisenten. Son caractère politique n^a pas été moins censuré que ses écrits. L'historien Smoleit le traite fort mal. Burnel était ardent ennemi de la France.

S7 septembre, — Thomas Burnbt, ministre anglican, né en Ecosse en i65Si, fut accusé de scepiicisme par ses confrères. Sa ThéovU sa^ crée de la terre, où il prétend faire Thistoire des révolutions passéejSf et futures du globe, est un roman aujourd'hui oublié. Son Traflé de la foi et des devoirs des chrétiens, et plus encore celui De l'état det morts et des ressuscites, sont remplis ûe choses singulières. 11 attaque Bellement dans ce dernier Téternité des peines, et veut qirà la fin tout le genre humain soit sauvé. VArçhéolçgiê philosophique n*est pas moins hardie. Burnet y transforme en allé^oriea beaucoup de fails de Tancien Testament.

i5 décembre,, — Georges fTiQKES^ prêtre aPgUcan, pé en 164?, refusa les serments à la révolution de )688, perdit ses b^péQces, e| devint un des chefs des non-jureurs. Il vint k Paris, ep 1695, pour voir le roi Jacques dont il soutenait le$ droits. De rotour en Anfle-^ terre, il se iit sacrer évéque par les pré ats dépossédés, Cçtait un (lomme instruit, qui a beaucoup écrit en faveur dea non-jure^tf^ contie Sherlock, Burnet, Tillptson, contre les ç^ibpljques> e( sur dh verses matières ecclésiastiques. I( iaiçsa 4^8 sefiQOQS,

9 juillet, w Robert Sowtii, pré|f« angilean, ni en 16H, i^rtebi d'abord contre les indépandants, et ee^vite contre les ppesbytériemi. Il écrivit contre Guillaume Sherlock en faveur de la Trinité, et pril part aux autres eontrovtraes de aon église. Il était partisan de %t^ cbeverell, C^était un ibéoiogien iesMrnlt, waUi ardent daqa la diapuUi. Ses écrits sont asaest nombreux. -

ART. m, -^ PUILOSOPPÇS.

7 novembre. •-«• JeanLooKS> philosophe anglais^ né en i65i, forma» en 1670^ le plan de son Buai sur Venttndew^nt humain* fitaBi paaié

43 i LISTE CHRONOLOGIQUE

en Hollande, il 8*y \h avec Limborch et Le Clerc, et d^antres théol(v giens arminiens ou sociniens, dont les opinions inflnèrent sur les siennes. H publia , en 4689, sa première Lettre sur la tolérance , et retourna en Angleterre sur la floue qui mena la princesse d'Orange, femme de Guillaume HI. En 4690, il publia VEssai, et peu après le Christianisme raisonnable, pour répondre aux vues de la cour, qui souhaitait une réunion des dssidents avec Téglise établie. Le docteur Edwards Pat laqua, en 469G, dans son Socinien démasqué, Locke se défendit. Il eut une dispute plus vive avec StillingQeet sur VEssai, Â sa mort, il reçut les sacrements chez lui , suivant le rite de Téglise anglicane, et dit au ministre qu*il était «dans les sentiments d'une cha- » rite parfaite envers tous les hommes , et d'une union sincère avec 1^ rËglise de Jésu— Ch'ist. sous quelque nom quMIe fût. » Cette décbiralion, dit la Biographie britannique, est conforme à toute la condiritede Locke, qui n'avait pas piusd'aitachement pour Téglise anglicane que pour les antres communions protestantes. Il regardait rËcriture comme la seule règle de foi. Il croyait en Dieu, en la; Providence, en une vie future. Il parle de ces deux dogmes dans une lettre à Collins, datée du 25 a<>ùl 1704. Il ne parMÎt pas qu'il admit la divinité de Jésus-Chri^'t; il ne le considérait que comme le Messie. Les Anglais font cas de ses Paraphrases et notes sur les Epitres de saint Paul. Les déistes anglais modernes le regardent comme un de leurs précurseurs. Il a cependant trouvé quelques défenseurs parmi les ao>is de la révélation. CVst m grand p'éjugé contre lui d'avoir eu pour ami^et pour disciples les écrivains de cette époque les moins favorables au christi misme. L. P. Tab.iraud , dans son Histoire du philosophisme anglais, présente un examen sévère, m«is bien fait, de la philosophie de Loike. Voyez au^^si le Traité de la nature de Vàme et de l'origine de ses connaissances , contre le système de Locke ; 4759 , â volume^. L'auteur est Antoine-Martin Roche, précédemment confrère de l'Oratoire, mort à Paris ^ le S2 janvier 1755.

[[Ce qui a donné lep-us de célébrité à Lorke, c'est surtout le système qu'il cherche à établir sur Torigine des idées dans ses Essais sur Ventendement humain. Le but principal de l'auteur était de réfuter le système cartésien, sur les idées innées. Il chercha donc à établir que nous naissons sans aucune idée quelle qu'elle soit; mais que l'âme les acquiert, en recevant les impressions sensibles, et en réfléchissant sur ses propres opérations. C'était une application plus ou moins légitime des principes de Bacon, qui avait pris l'expérience pour base de la philosophie. Il est aisé de comprendre pourquoi les vues de Locke ont eu de nombreux partisans dans un siècle où le matérialisme fit tant d'adeptes. Le temps n'était pas loin où Conditlac et son école devaient venir enseigner que toute idée, quelle qu'elle fut, n'était qu'une sensation tranformée, Locke était encore loin de cette exagération : il reconnaît formellement dans Tesprit des idées qui n'ont pas une origine sensible, et que Tâme doit à la réflexion qu'elle fait sur

DES ÉCRIVAINS n06. 438

ses propres opérations ; mais la manière défecluense dont il traita un sujet si <1élical prépara in voie à des pcns^^urs bien plus hardis et dangereux. Yovez d'autres observaiious que nous avons faites sur Locke dans le Tableau historique, p. 16. ]]

28 décembre, — Pierre Bayle, né à Cariai, an comté de Fois, en 1647, fut é:evé dans le calvinisme, se fit catho'ique à Tâge d'environ vingt ans, et relourna, ppu lie temps après, à son ancienne communion. Obligé de sortir de France, à cause de ce changement, il se rétira à Copet, près Genève, puis à Sedan, cù il fut professeur de philophie en 1675. Sa chaire ayant été supprimée, en 1681, il passa en Hollande; on érigea pour lui, à Roterdam, une chaire de philosophie et d'histoire. Il en fut destitué, en 1696, par les efforts de Jurien, ministre protestant, son adversaire déclaré, aux plaintes duquel Bayle donnait assez lieu par sa hardiesse. Comme on le soupçonnait de n'être pas plus atiaché dans le fond à la cause protestante qu^à la croyance catholique, il eut de vifs démêlés avec plusieurs théologiens de sa communion, et suriout avec Jurieu et Jaquelot.

Ceux des ouvrages de Bayle dont nous ferons mention sont : Pen-r sées diverses sur la comète de 1680; — Commentaire philosophique sur ces paroles de l'Evangile : Contrains-les d'entrer, ouvrage publié à l'occasion de la révocation de l'édit de Nantes; — Critique générale de VHiiitoire du Calvinisme, du P. Mainibourg ; — et surtout le Dietionaire histoiiqtie et critique. Nous sommes dispensés de parler au long de ces diverses productions , en ayant déjà fait mention dans le Tableau historique, p. 13, et dans le corps des Mémoires, sous le 12 décembre», année 1714. On en connaît l'esprit et le but. Elles tendent à iniirnier les grands principes du christianisme. Bayle se plai*»ait à répéter sur toutes les matières des objections anciennes et à en inventer des nouvelles. Il a été réfuté par un grand nombre d'écrivains des deux communions, et a passé ses dernières années dans des disputes et (les traverses qu'il avait provoquées par son imprudence et par son scepticisme. On lui aitrit>ue VAvis aux réfugiés, qu'il désavoua toujours. Les prolestants y sont p^ u m^nattés. On cite encore de lui qu**lques autres écrits : Ce que c'est que la France toute catholique sous Louis 'le-Gr and; — La porte des deux ouverte à toutes les reà-» gions par Jurieu, ouvrage dirigé ciMitre ce ministre, etc.

Paimiles réfutati«ms de Bayle, mm^ ne ferons mention que de y Examen critique des ouvraqes de Bayle, par le P. Le Fèvre,' jésuite. La philosophie de ce critique y est assez bien appréciée.

 février, — Antoine Ashley-Cooper, comte de Shaftesbury, né à Londres en 1671, éiail peiit-fils du grandn hancelier Ashley, ami intime de Locke. Le jeune Sliafiesbiirv reçut quelques leçons de ce philosophe, voyagea, et connut en Hollande Baylc, Le Clerc, Limbork, Le Cène, yan-Dale,et les autres littérateurs de ce temps-là qui ne se piquaient pas de trop de crédulité, et qui, s'ils n'attaquaient pas le corps de la religion, comme les déistes anglais, Tébranlaient au moing par leurs opinions b'^rdies et sociniepnes. Sbafiesbury Uldetix voyages dans ce pays^ et y séjourna assez longteinpa pour prendre Tesprit dea théologiens dont qou$ venons de parler. Il pub||a ensuite plqsieurg écrils, qui ont été réunis en 3 volumes, sous le titre de ÇmactéfUti-

S M* Sa Lettre ^r l'enthousiasme , dirigée contre les faQ^tiqu^ç de^ vennes, contient une critique ^ur des objets plus respectables. On Ten reprit, rt il prétendit se ju>tili<T par le Sens commun, pu Essai sur lu liberté ie l'esprit Çt sur l'usage 4e la raillerie. \\ y donne 1$ ri'iioule compe la pierre de touche «tç la véuté. Lç moins réprébensible de i^es ouvrages est intitulé : Recherches sur le mHit^ et la^ vertu^ que Diderot a traduit, ou p|ut<!^t arrangé à sa manière. Sbatteçbury y soutient 1 optimisme. i\ n'admettait ni le péché origineU ni Fétçrnité des peinent Ce dernier dogme le revotait surtout^ et il épyUe« pour le oombatlre, les raisonnements, Padresso etTironie, {l adinel Tiodifjf^renCQ ent<àre <>n Tait de religion.

Quelques Anglais ont cherché à jusiilier Sbafte&bory dtl reproche de déi^e ; maU Balguy^ Brown , Warburton pnt bien m^\ le oaraot^ro do ses principes, et en ont montré lea con^quonceç, («oland, qpi n*a pas mi^ dans la lisie de^ écrivains déifies dO 600 payç |ou9 çeyi qui avaient droit d*y être inscrits, n*4 pu n^s^omoin» «o di^p^nser 4'y ««signer un€ p*ace h Shaft^sbury, çt ^on ^mpigoago n doutant plus de force, qu*outre les pronvçç siir lesqqellos U 091 appujf^ UTé* umo^ avao la modéraUon qui lui est propre,

14 fmemhre. — Godefrol-Gulllaupie pn ^bibi^itz, célèbre philosophe, naquit à Leipslck, en Saxe, en 1049. Après s^étre distingué par une éducation brillante, 11 s*aitacha aux princeç de Brunswick» qui le destinèrent à écrire Thistoire de lenr maison. Pour cela, il parcourut TAllemagne et Tlialle, et fit de ^ndes recherches dans les archives des villes et des abhayes. Quoique appliqué par les devoirs de sa place à des recherches historiques, il ne négligeait aucune

DES &GRIVAINS 1716. 437

branche des connaissances humaines, et on ne comprend pas commeni sa prodigieuse activité suffisait à tant de travaux, qui sopposenl des recherches et des méditations profondes. Le droit naturel, la jurisprudence positive, les mathématiques, la poésie même, Poccupèrent ton r*à- tour, et il a laissé é»m chacun de ces genres des preuves de son génie. On connaît sa dispute avec Newton sur le système des fluxions .* ils prétendaient Pun et Pautre avoir inventé le calcul infini* té^imal ou différentiel, et un grand nomhre de savants auteurs ont adopté de prérérencé les termes et les démonstrations du philosophe allemand. Leibnitz n*usait pas seulement de sa langue maternelle : Il écrivait en latin et en français avec une égale facitiié ; il est mdmê remarquable qu'il a préféré notre langue pour un très-grand nombre de ses ouvrages. C'est surtout comme métaphysicien qu'il nous parotl avoir jeté un plus grand éclat ; et sa philosophie a dominé en Ailemagne jusqu'à cette sorte de révolution qui s'est opérée du temps de Kant. Mais, de plus, on peut le considérer comme thélogien dans l'acception rigoureuse de ce mot. Il avait étudié les Pères et les doo* leurs, et il eonnaissait tous les monuments de la tradition ecclésiastique. Sa philosophie est tellement mêlée k sa théologie, que, selon l'observation du sage et savant Emery^ il e&t impossible d'entendr« l'une sans avoir une idée de l'autre (i),

[[Nous nous bornerons à rappeler quelques points de sa philosophie. Ses vues sur la logique et la méthode se trouvent principalement exposés dans ses Méditations sur la connaissance, ta vérité et les idées, et dans un Discours sur la méthode de la certitude. Les principes de toute scienee sont, selon lui, le principe de contradiction, et celui de la raiêùn suffisante^ en vertu duquel rien n'arrive, sans qu'il ne soil possible, ï oelui qui ennnatt bien les choses, de rendre raison potirquoi il en est ainsi, et non autrement. Leibnitz a spécialement développé ce serond principe ; et l'application exagérée qu'il en a fiiite, Ta conduit à admettre l'optimisme dans la création.

Sur l'origine des idées, il a combattu le système de Locke dans ses Nfmveauâo essais sur l'entendement humain, qu'on doit regarder comme un des fruits les plus mûrs de son esprit. A cet axiome dti sensualisme : Bien n'est dans Inintelligence qui n*ail été éTabord demi les sens, il oppose cette vive réplique : Rien, en effet, si ce n*est Vin^» telligenee elle-^méme avec sa nature et ses propres fbnctions.

Une des parties les plus curieuses de son système sur la nature des choses est la Mtmadologie, Au lieu que, selon les Cartésiens, la divisibilité à l'infini et l'étendue étaient les attributs de la matière, pour Leibnitz il n'y a pas de substances divisibles à l'infini ; il n'y a que des sub^tanc**s individuelles, simples et sans étendue, et douées d'ao* tivité et de propriétés diverses. Les corps eux-mêmes ne sont que des

(1) Pensées de Leibnitt, Discours préliminttirei, p. txv.

agrégations de monades : Vespace nVst que Tordre entre les co-existants ; comme le temps nVst que Vordre des succe.ss>ifs. Ce qui spécîûe spéciaiemenl les monades, c'est Tet^t dans lequel elles se trouvent, les unes ayant la conscience de leurs opérations, les autres en étant privées; c'est ce qui distingue principalement les âmes des corps.

L'harmonie préétablie est une conséquence du système sur les monades. Chaque mona><e ayant en elle-même sim principe d'aciion, et ne pouvant agir sur les autres, il fallait trouver le moyen ci*ex'pliquer les phcneniènes qui naissent des relations entre les âmes et les corps auxque's elles sont unies : c'est ce qu'il a cherché à expliquer par la volonté du Créateur, qui a réglé d'avance les opérations des âmes et des corps, de manière à ce qu'il y eût entre les unes et les autres raccord le plus parfait, ce qui s'explique par la comparaison de deux horloges, qui, en vertu du mécanisme préétabli par l'ouvrier, seraient toujours d'accord (1). ]]

Le principal ouvrage de Leibnitz est la Théodicée, ou Essais sur la honte de Dieu, la liberté de V homme, et Vorigine du mal, 2 vol. in-52, (1710) Cet ouvrage est précédé d'un Discours sur la confor* mité de la raison avec la foi. Ce seul litre indique qu'il ne s'y borne pas à la pure métaphysique, mais qu'il s'applique aussi à défendre la religion révélée. Dans le corps de l'ouvrage, il s'attache particulièrement à réfuter Bayle;qui avait cherché, comme on le sait, à renouveler les arguments des Manichéens sur l'origine du mal ; et il glorifia la Providence.

Précédemment, en 1671, il avait défendu le dogme de la Trinité CAnire le| socinien Wissovals, par un écrit intitulé : Sacro-Sancta Trinitasper nova inventa logica defensa; et il s'attache à y prouver que tonte** les suhlibilités, par lesquelles on attaque cet art>cle fondamental, ne viennent que d'une logique défectueuse. Ce qui est plus étoniiaiil encore, ce sont ses vues sur l'Eucliaristie. On sait que les luthériens n'admellenl pas la transsubstantiation; mais Leibnitz, au contraire, s'est appliqué à justilier ce dogme de l'Eglise catholique; et il prétendait en prouver la possibilité d'après les principes même de la philosophie, comme le prouve une correspondance suivie pendant les sept «lernières années qui précédèrent sa mort, avec le P. Desbrosses, Jé>uiie. Il éiaii aussi fort favorable à l'autorité des Papes, et même il voulut qu'ils eussent un certain pouvoir sur le temporel; idée assez remarquable de la part d'un protestant.

Plusieurs se flattaient que Leibuiiz n'était pas éloigné d'embrasser la relij;ion catholique. C'était Tespcrance de Pélisson, qui eut avec lui une correspondance suivie sur la réunion des catholiques et des protestants ; c'était aussi celle du docteur Pirot, d'Arnauld, qui éiail

(1) Nous n'avons pas à apprécier ces systèmes, dont le seul énoncé indique cependant des vues élevées et profondes.

en relation de lettres avec le philosophe. Nous avons parié dans le Tableau historiqiie de sa correspondance avec Bossuet sur la réunion. Elle monire un homme exercé dans la controverse. Il est difficile, en examinant les détails de celte affaire^ de ne p:is reconnaître que Leibnilz en empêcha le succès par des considérations politiques bien peu dignes d'un ami de la vérîié. Quelques-uns n'ont vu en lui qu'un rigide sectateur de la loi naturelle; mais celte imputation vient sans doute des ministres luthériens, mécontents de l'orthodoxie de Leibnitz, et qui le voyaient avec chagrin pencher vers le catholicisme. Dans tous ses écrits, et même sans ses lettres familières, il n'y a pas un mot qui puisse autoriser le plus léger soupçon contre le christianisme de ce grand homme. Il ne p-^rle jamais de la religion qu'en homme qui lu révérait. S'il était tolérant, c'était dans le sens qu'il croyait que la persuasion était le seul moyen dont on devait se servir pour amener les hommes à la croyance de la religion. Du moins iF pensait, quoique protestant, qu'on pouvait faire son salut dans l'Eglise romaine.

On apprendra à connaître les sentiments de Leibni'z' par ses Pen^ sées sur la religion et la morale, publiées pî»r M. Emery en 1803. L'éditeur y a rassemblé un grand nombre de passages du philosophe, qui montrent en lui un esprit judicieux et un défenseur zélé des grands principes de la religion. On voit combien il avait l'athéisme en horreur. Il s'exprime en général comme le lhéolo$(ieri le plus orthodoxe ; et il propose de nouvelles démonstrations de la vérité de la religion. On trouvera, dans les volumes de ses Pensées, des morceaux précieux sur l'histoire, sur la discipline, sur des reproches faits aux catholiques, et sur des questions de critique. Ces morceaux annoncent un controversiste exercé, et son langage sur le clergé, sur les p^tpes, sur les ordres religieux, ferait honte à plus d'un catholique.

Depuis la publication de ces Pensées, M. Emery avait découvert un auire écrit fort curieux de Leibnilz, qui était déposé dans la bibliothèque publique de Hanover. M. Emery s'étaut procuré, quoique avec peine, cette pièce importante, se proposait de la publier avec qu^'lques autres dans un supplément qu'il devait donner aux Pensées de Leibnitz. Il avait passé l'hiver qui précéda sa mort à déchiffter le manuscrit, qui est entièrement de la main de Leibnitz, et chargé d'additions et de corrections toutes de lui. Il se flattait de compléter ses Pensées par un morceau qu'il regardait à la fois comme honoiable pour Leibnitz et comme impôt tant pour la cause de la religion. La mon n'ayant pas permis au vénérable supérieur de publier ce livre, les Su piciens achevèrent cette œuvre en 1818, sous le titre de Sys^ tema theologicum. On peut voir ce que nous avons dit de cet ouvrage dans le Tableau histo'ique, page 159. Quelles qu'aient été les vues de Leibnitz dans la rédaction de cet écrit, qu'il a laissé incomplet, on ne

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