‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 4)Chapitre 5 sur 33 · XXI NOTICE · texte numérisé non relu

XXI NOTICE

Appliqué tout à la fois à son journal et aux bonnes.œuvres, M. Picot prit une grande part aux succès de TOEuvre de la Propagation de la Foi , dont il avait appris la naissance avec une consolation profonde. Un conseil central ayant été établi au mois de décembre 1823, il en fit partie à peu près depuis SOU' organisation : il fut même élevé, le 5 juillet 1839, aux fonctions de vice-président, et au mois d'avril 1840, il reçut du Père G-ardien de la Terre-Sainte un brevet de chevalier du Saint-Sépulcre, à l'occasion des services rendus par l'associa-. tion qu'il concourait à diriger. Zèle, assiduité, lumières, telles étaient les ressources que ses collègues trouvaient en lui. Aussi aiment-ik reconnaître sa juste part dans des travaux que Dieu a bénis, et qui ont amené l'état prospère d'une œuvrei moyen si puissant de salut et de civilisation.

Tous les écrits de M. Picot, empreints d'un vif sentiment d'amour pour la religion, ne prouvent pas moins que sa vie tout entière qu'elle était pour lui ce qu'il avait de plus cher. Un coup d'œil rapidesur ses divers ouvrages en fournira la preuve. Indépendamment des OËuvr^s de M. de Boulogne, auxquelles il ajouta un Tableau politique et religieux de la France sous le Di* rectoire^ et un Précis historique sur C Eglise constitutionnelle ^ on a de lui plusieurs ouvrages estimés, tous anonymes. \J Essai historique sur V influence de la religion en France pendant le dix^ huitième siïcle^ en 2 vol. in-8°, publié en 1824, est un livre excellent, mais moins connu qu'il ne mérite de l'être. On peut le regarder comme un supplément aux Mémoires de d'Avrigny sur la même époque : il a laissé aussi des Notices pleines d'intérêt, notamment sur le savant Sainte-Croix ^ 1809, sur M. EmerjTy supérieur du séminaire de Saint-Suipicei 1811, et sur l'abbé Legris Duçcd^ 1819, in-8®.

Mais Touvrage le plus important de M. Picot, et qui semble devoir faire vivre son nom dans la postérité, c'est celui qu'il a publié sous le titre modeste de: Mémoires pour servir à lllis" toire Ecclésiastique pendant le dix'huitihme siècle; Paris, chez Adrien Le Clere, 1806 ; 2« édition ; 1815 et 1816 ; 4 vol. in-8^ Cette seconde édition, continuée jusqu'à Tannée 1815, et fort améliorée dans toutes ses parties, est, au jugement d'un critique compétent, moins />o/e//i{<^{/e et moins théologique que les Mémoires du P. d'Avrigny, dont elle semble faire la continuation et le pendant.

M. Picot ne mit pas son nom à ses Mémoires. «< Ce n'est

HOTIGE. XIII

» point, disait-il arec modestie, dans la Préface de sa première » édition, ce n'est point une histoire ecclésiastique que nous » offrons ici au public ; ce ne* sont que des Mémoires pour » servir à l'histoire ecclésiastique ; ce n'est en quelque sorte » qu'un cannevas que nous présentons à remplir par des mains » plus habiles. »

Cependant, les journaux du temps rendirent un compte fa« yorable des Mémoires, Le Mercure de France leur consacra un article dans son numéro du 24 mai 1806 : il loua les recherches, le style et les connaissances de l'historien. Le Journal de VEm^ pire en fit l'éloge dans sa feuille du 1«' novembre. La Gazette de France n'en parla pas moins avantageusement, et il n'y eut pas jusqu'au Courrier des Spectacles qui loua Tesprit et les principes d'une production si grave (1).

L'année 1815 vit paraître les trois premiers volumes de la seconde édition des Mémoires, Sans changer le plan de son ou- Trage, l'auteur y avait fait des additions importantes. Ses considérations sur l'état de la religion et de l'EglibC, au commencement du dix-huitième siècle, par où il entrait en matière, se trouvaient développées et divisées en trois parties. Au lieu d'une esquisse, M. Picot présentait un tableau. Dans le corps des Mémoires, il donnait cette fois de curieux détails sur les l^lises étrangères, et à l'histoire de la religion il joignait celle des livres philosophiques dont l'inflnence avait provoqué d'horribles catastrophes. Libre enfin de dire la vérité, nonseulement M. Picot rectifia les eri'èurs ou remplit les lacunes qu'il avait été obligé de laisser dans le récit des événements qui se rattachaient aux cinq premières années du siècle actuel, mais il poursuivit son récit jusqu'à la fin de 1815, mettant les hommes et les faits sous leur véritable jour, sans oublier toutefois la juste mesure avec laquelle il convient de parler de personnages récents.

Comme supplément aux trois volumes donnés en 1815, il en publia l'année suivante un quatrième, qui comprenait la liste chronologique des écrivains du dix-huitième siècle, considérés principalement sons le rapport religieux. Ce travail, entièrement neuf, ét^it, à cette époque, d'autant plus nécessaire que, dans la plupart des dictionnaires historiques publiés jus* qu'alors, la partie ecclésiastique était traitée avec beaucoup

(I) LVmi de la Heligiony tome 2. page 338.

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^ «felig^Jicf Pt 4'ip«factim(ï^^ 4il94 Ç«tte ptrtjff dft Vftu=f r^ a été d^n# |a nuit^ presque r^ro^^it^ iqn\ £p|fère daof dÎF^rf^ biograpliiiBs, gfri Y^jc^t prpsqpc çopip l^^^elr

Qa crut ftéanmoia^ qu^ ces Mémoi\vMs f^R}X¥à}a^t fieypnir ua ouvrage plus complet ; et Ton persuada à M. Picû$ qu'il dfsv^iit pppsi|crer ses derniers jouri$ k préparai; une trpisièfiae édition 4^ ses Mpmoires^ où il utiliserait les riches matériaui^ recueillig pendant vingtrcinq années» moin^ encore dans les livr^spu))liéa depuis la f^estaur^tfon» quje dans bs iptimea confidepç^ des pli|# illustres personpages d^ TEgliSe, sur les mobiles secretf ^ei ^ffairesecclésiastiques. A(. Piçotseptait que s^ fin ^pproc^ail^ fit, reppnç^pt à toiit^ ^utre occupation, no^ine en faveur d'upi^ publication à laquelle il avait lié son existence et quj. ^vait été ^ptre se§ ipains Tinstruipept d'ui? grand bien , il s'appliqua tout entier à l'œuvre qpi devait être son testanient littéraire« « Je m'occiipe de n}e§ Mémoires, épriyaitril U 28 juin 1841t à » un ami, et je n'en Crispas un mystère ; ce travail m'intéresse » beaucoup. Ce ne sera point propremient un^ nouvelle édlr N tion, ce sera un nouvel ouvrage. ^

M. Picot était âgé de 71 ans, et chaque matin il assistait A l'autel le prêtre qui, deux fois au moins la seniaine, lui doa-r nait le paip eucharistique. La fréquente communion avail toujours été , dans toutes ses diverses situations^ l'aliment de cette piété aussi profonde que sincère dont toute sa vie avfdt été empreinte. Ledimançho«14 novembre, son action de grâces à laquelle il avait coutume de consacrer un quart d'heure» dura trois fois plus longtemps. Le prêtre » inquiet de son sU lenee, s'approcha ; il vivait ; seulement sa «onvei*sation était daus les cieux; c'était l'a vaut-* goût des joies auxquelles Dieu allait l'admett^re. Le soir, en effet, ^u moment où, pour la der«^ nière fois, il conversait avec ses amis, une légère indisposition se manifesta. Malgré les secours de Tart, mais sans souffrances, et comme s'il entrait dans un paisible sommeil, il remit soi| âme à Dieu, le lundi 15 novembre 1841, â six heures du matin.

fJn nombreux cortège entoura son cercueil, et la présen€4^ de M. l'Internonce apostolique disait assez que la mort d^e M, Picot n'était pas seulement une perte pour TEglise de France, mais pour toute PEglise. Il n'est pas en effet un seul de ses lecteurs, de ses amis, et surtout de ses collaborateurs, qui ne pensât de cet homme vénéré ce qu'écrivait, à ces der-

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