Erycine elliptique. 7’élin, n° 5r,f
ÆErycina ( elliptica medio depressiuscula ; Strüs transversis sublilissimis ; dentibus cardinalibus binis; foveolà intermedia. n.
EL. n. Essanville , près Ecouen, Petite coquille de la grandeur de l’ongle du petit doigt, elliptique et presque didyme, étant un peu déprimée dans le milieu de son disque. Elle est mince, semble lisse; mais elle a des stries transverses irès-fines qui né sont que les marques de ses divers accroissemens. Sa charnitre offre deux dents cardinales divergentes , dont l’une paroit bifide , et entre lesquelles se trouve une petite fossette, Les crochets sont peu protubérans ; et les dents latérales sont médiocrement apparentes.
Cabinet de M. Defrance:
ï 2 s + D'HISTOIRE NATURELLE . 417 # Seba statuit esse hujus lophu ( tumidt ) pullos uli gyrini # sunt ranarum, quod autoptis in vivis excutiendum relinquo. ( Mus: Adolph. Fred. p.56.)
Osbeck, l'un des premiers disciples de Linnæus, ayant observé cette espèce dans l'océan Atlantique, en 1752, en pu- blia une bonne description dans la Relation de son voyage imprimée en 1797. Il témoigna, comme son maitre, beaucoup
de doute sur ce qu’en avoit dit Seba, et rétablit la vraie position de l'animal, en regardant comme le ventre la partie où règne un sillon , et commele dos, celle qui porte les branchies qu'il nomma nageoires. Il ajouta cependant en note:4 Peutétre aurois-je bien fait de dire au lieu des antennes les ss mains, et au lieu des nageoires les quatre pieds.{ Osbeck, ss » Voy. à la Chine, p. 306 de l'éd. suéd., et 302 dela trad. allem.)
Néanmoins Linnœus introduisant, ae année-là même 1757, notre animal pour la première pe dans sa dixième édition , comme un genre de vers, et sous ce nom de scyllæa qui lui est resté depuis, se nn encore au renversement opéré par Séba, ei lui donna pour caractères le dos creusé d'un silion au moyen duquel il s'attache aux fucus, et trois paires de bras. Ces prétendus bras ne sont autre chose que les tentacules et les branchies. C’est ce qu’on peut appeler décrire un animal absolument à lenvers.
Il n’y eut-aucun changement dans la douzième édition qui est de 17066.
En 1995, il parut dans les descriptions d'animaux faites en Orient, par Forskahl, celle d’une scyllée trouvée dans la mer Rouge, près de Ghomfod. L'auteur ne la croyant pas absolument la même que celle de Linnœus, à cause de quelques
À expressions peu exactes de celui-ci , lui donna un nom spéci-
118 ANNÂLES DU MUSEUM
fique particulier Sc. glomfodensis: Il ne proposa aucun changement dans Îles Enracièrés du genre, et cependant il décrivit. l'animal comme lavoit fait Osbeck, et comme le feront tous ceux qui le verront vivant , je veux dire qu’il rendit les tentacules et les branchies au dos, et qu’il regarda le sillon comme le pied. 4 Abdomen canaliculatum expansile ut limacum. c Îllius ope in fuco repit.s ( Forsk. descr. an. arab. p. 103 }.
Pallas, qui n’en dit qu'un mot, en 1738 ( dans ses Miscellanea, p.73 ,note), y prouva cependant qu'il étoit: du sentiment de Forskahl. x Pes limacum glutinans, cui suc- » cedaneus in scyllæa sulcus.*
ui croiroit, d'apres cela, que Gmelin laisse encore le caractère du genre, comme l'avoit donné £innœus, et qu'après avoir dit, sans témoigner aucun doute, que le Arte pelagica PS par le dos aux fucus, É copie pour le scyllæa sApupdensés la description de F'orskahl où le nom de dos est doriné à la partie opposée? Il a été imité sxeApemEnt par tous les faiseurs d’abrégés.
Forskahl avoit laissé de son scyllæa deux bonnes figures (Ic. pl XXXIV, G c); mais Niebuhr, son éditeur , ne les reconnut pas ,et, dans l’explication des planches de ce voyageur, il les rapporta à une espèce d’alcyon.
Aussi personne depuis ne les a ni reconnues ni citées, et Bruguiéres , qui copie toutes les figures de Forskahl, néglige précisément celles-là. Il ne parle même pomt du tout de la scyllée dans le tableau qui précède le Dictionnaire des vers de l'Encyclopédie méthodique.
J'ai. donc été obligé de donner une nouvelle description de la scyllée faite sur nature, avec une nouvelle figure. L'une et l’autre ont paru en l'an VIE, dans mon T'ableau élémentaire,
D # IUS(TÉOUILR HAN IN,T Ù RE D LE. 419 p. 388, et pl'IX , fig. {;et quoique je n’eusse point vu alors ce qu'avoient dit Osbecket F'orskahl, je n'étois rencontré avec eux dans la manière de considérer l'animal , la seule qui puisse indiquer son véritable ordre et n’en pas faire un monstre. -
Mais nos naturalistes n’ont pas fait grande attention à ce ren-
seignement. M. de la Marck à passé entièrement la scyllée dans son Système des animaux sans vertèbres, parce qu'il'a cru pouvoir la laisser parmi les tritonies, à ce qu'il nva fait Fhonneur de me dire verbalement ; c’est en effet avec ce genre qu’elle a le plus de rapport.
: M. Bosc a changé entièrement le caractère du genre seyllée, dansson Histoire des vers , 1 L,p. 85 ; mais telqu'ii Parrange, ce n’est plus aux animaux de Zinnœus , d Osbeck et de F'orskahl qu'il convient. C’est à un mollusque différent , dont nous parlerons bientôt , qui n’est autre que le glaucus de Forster et de M. Blumenbach, et le doris radiata de Gmelin. Aussi M. Bosc ne range-t-il que ce glaucus sous son genre scyllée , en le nommant scyllée nacrée. I semble avoir pressenti son erreur , puisqu'il dit, p. 88:4 La description ( de cette pré- # tendue scyllée nacrée ) parottra sans doute assez détaillée # pour que les naturalistes qui ont été à portée dé voir la # véritable scyiLée pélasgique de Linnæus , puissent juger # s’il peut lui étre réuni, ou s'il doit faire un genre à part # avec l'espèce de Forskahl. » *
Ce west ni l'un ni l'autre. L'espèce de Forskahl doit rester avec la scyllée pélasgique dont elle ne diffère point, et le glaucus doit rester séparé. ,
Devenu plushardi avec le temps, M. Bosc va bien plus loin encore dans le Dictionnaire de Déterville, t. XX, p. 276: » Aujourd'hui donc , dit-il, on peut rejeter comme incertaine
20 ANNALES DU. MU SE UM | + la styllée pélasgique de Linnœus , et regarder les scyllées # comme bien distinguées des tritonies, puisque leur anus # est latéral, tandis qu'il est dorsal dans ces dernières. * :, Ce passage est vraiment fait pour étonner de la part d'un naturaliste aussi savant et aussi exact que M. Bosc. Premièrement il n’y a rien d'incertain dans un animal décrit par. deux hommes tels que Osbeck et F'orskahl, sans parler de moi. En second lieu, le caractère donné par M. Bosc ne distingue ni les véritables scyllées de Linnæus, ni celles de M. Bosc lui-même, c’est-à-dire les glaucus, du genre des tritonies ; car toutes les tritonies que j'ai examinées ont lanus latéral, comme les deux autres genres ; et comme c’est moi qui ai fait le genre #itonte, on peut bien s’en rappor ter à moi sur les espèces que jy fais-entrer.
Ces éclaircissemens étoient d'autant plus nécessaires, que cette interversion involontaire de nomenclature faite par M. Bosc , si fidèle pour Fordinaire aux principes posés à cet égard par Linnœus , a déjà été suivie par ceux qui ont écrit depuis lui. Le g/aucus reparoït sous le nomde scyllée, dans le Foyage aux îles d'Afrique, de M. Bory-Saint-Vincent, 1iome I, p: 136, et Ail. pl VI, fig. 1, A, B,et dans un ouvrage trèsbon ailleurs, l'Histoire des mollusques de M. de Roissy, tome V, p.195. Ce dernier va même jusqu'à dire, p: 156, que la scyllée pélasgique na point été revue depuis Linnœus, quoiqu'il puisse voir journellement la figure que j'en ait publiée , et que original soit exposé à tous les yeux dans notre Muséum, où je l'ai démontré plus d'une fois dans mes cours publics.
Il n’y a point à douter que si quelque faiseur de système, soit des animaux en général , soit des mollusques en particulier, étoit venu à s’en méler, le mal n’eüt bientôt été sans re-
, D'HISTOIRE NATURELLE. ER mède , et que la trace de ce que Linnœus a entendu par scyl2 lée ne se füt presque entièrement effacée. J'espère du moins ‘qu'après les détails où-je vais entrer , les rédacteurs d'ouvrages généraux deviendront plus attentifs.