Description extérieure de le scyllée
La scyllée représentée, fig. 1, par le côté droit ; fig. 3, par le ventre; fig. 4, par le dos, et lig. 7 , suspendue par le pied à un rameau du fucus natans, est un mollusque dont lenveloppe extérieure est gélatineuse et demi-transparente. Son corps est comprimé latéralement , et plus élevé au milieu qu'en avant et en arrière , s'abaïssant de part et d’autre pour former la tête et la queue. Celle-ci est plus comprimée encore que le reste. La face inférieure ou le pied est creusé dans presque ioute sa longueur d’un sillon profond, H, H, fig. 1 et 3, dont les bords sont renilés , et par lequel l'animal embrasse les tiges des fucus auxquels il a coutume de rester ainsi attaché ou suspendu, apparemment pour résister aux vagues, ce qui n'empêche pas qu’il ne puisse aussi les quitter quand il veut; car c'est volontairement qu’il y adhère, et non parce qu’il s'y colle comme les huitres aux rochers. |
Einnæus, trompé sans doute par la position souvent renversée dans laquelle la scyllée se suspend quelquefois, a pris, comme je lai dit, ce pied et son sillon pour le dos de l'animal. Delà ces expressions: «corpus se affigens, dorso caniculatoss ; et ces autres : dorsum longitudinaliter canaliculatum , fossul& crenatà , qué fuco affigitur quiescens % ; par où il vouoit dire seulement qu’elle s'attache ainsi dans le temps du repos
22 ANNALES DU MUSÉUM -(quiescens pour dum si AN non pas qu’elle se fixe pour toujours.
Les autres naturalistes, à commencer par Forskahl, ont pris ces mots dans le dernier sens ; et c’est ce qui a fait méconnoître à ce voyageur la scyllæa pelagica, et ce qui a induit en erreur tous ses successeurs. Gmelin a achevé de rendre la vérité méconnoissable, en donnant au scyllœæa pelagica lépithète
Jixa, eten lopposant à celle de vaga qu'il donne au seyllæa ghomfodensis. Fiat
Osbeck avoit cependant dit positivement : & en dessous est # un sillon par lequel elle peut embrasser le fucus en long # ou en travers, avec sa partie postérieure ou avec l'anté- # rieure.s; Ce qui indiquoit bien qu'il n’entendoit point qu’elle se fixat pour toujours. l
En avant du sillon se voit la bouche, qui est petite, dirigée en bas et entourée par devant d’un bourrelet en forme de fer à cheval. { Voyez G, fig. 3.) La tête est fort peu apparente: elle porte deux tentacules ( À, À , fig. , 3 et 4.) comprimés, en forme de larges feuilles ondulées, ovales, plus étroites à leur racine. L/animal peut les alonger plus ou moins. Leur bord antérieur est double, et dans le fond de la duplicature est un petit tubercule conique qui peut aussi s’alonger un peu.
Ce sont ces tentacules que Linnæus appelle 4 primum par ss brachiorum sub ore, minus rotundius.ss Osbeck les nomme des antennes , et les de très-bien.
Toute la face qui forme le dos est étroite , plate et SH ia des deux faces latérales pâr des arrêtes prononcées. De ce dos partent deux paires d'ailes membraneuses, B, B et C, C, ovales , ondulées, flexibles dans tous les sens, au moyen de leurs fibres propres , comme le sont presque toujours les di-
D'HISTOIRE NATURELLE 433 verses parties des mollusques. La première est un peu plus grande que autre.
Sur la queue est une crète, D, ordinairement simple ,un peu moins élevée que- ces ailes, mäis flexible et onduleuse comme elles. Sa partie antérieure est quelquefois double.
Sur la face interne des quatre ailes, sur le dos lui-même a et sur les côtés de la partie antérieure de la crète caudale, sont les branchies qui ressemblent à de petites houppes touffues , de filamens très-déliés ,quelanimal contracte une fois qu'il est hors de l'eau ,mais qu’il étend dan l'eau ,de manière àles faire ressem. bler à une forét de palmiers , selon l'expression de Forskahl. Du reste, les houppes sont comme semées sans régularité.
Les ailes sont la seconde et la troisième paire de bras dans Linnœus , et les houppes, qu'il n'aura vues que dans l'esprit-de-vin et contractées , sont nommées par lui des papilles. I] n'attribue positivement de ces papilles qu’à là première paire d'ailes, et dit simplement de l'autre: « tertium simile priori; # c’est-à-dire , aux tentacules. F
Ca été là une seconde source d’erreur pour Forskahl;trouvant à sa scyllée de la mer Rouge des houppes aux quatre ailes et point de papilles, il la crut spécifiquement différente, et ce fut d’après son idée que Gmelin construisit ce caractère erroné qui a trompé tout le monde. |
# Sc. PELAGICA , fixa, tentaculis extremis similibus , mediis papillosis. »
Mais la preuve que la scyllæa pelagica ne diffère point non plus à cet égard du ghomfodensis, c’est que Osbeck, dont ani. mal est bien lé scyllæa pelagica, de l'aveu de Linnœus même, n'établit aucune différence entre les quatre ailes ou nageoires comme il les appelle. |
Lol ANNALES DU MUSÉUM
En effet, toutes les scyllées que j'ai vues, non-seulement de la mer Rouge, mais de l'Océan et de la mer des Indes, ont leurs branchies comme je les ai décrites ci-dessus. Je me crois donc autorisé à rejeter l'espèce du scyllæa ghomÿfodensis, ou à dire au moins que son nom ne vaut rien, Car On la trouve partout. |
Les faces latérales de la scyllée sont les plus étendues : on ÿ voit quelques tubercules peu saillans qui paroissent le plus souvent au nombre de cinq, rangés sur une ligne droite. On remarque de plus, au côté droit, Vorifice de l'anus, F, fig. 1 , qui est vers le haut, entre l'aile antérieure et la postérieure , et l'orifice commun de la génération, E, qui est vers le bord imférieur , plus en arrière que les tentacules. |
La longueur de la scyllée va jusqu’à deux pouces. Il y en a de beaucoup plus petites. Vivante , elle est, suivant Forskahl, jaunâtre, pointillée de roùssâtre ; il y a au bord du dos et de la queue une ligne de points bruns, au milieu du dos une de points bleuâtres. Il y en a aussi sur les flancs quelques-uns de cette dernière couleur. Les individus que j'ai observés dans lesprit-de-vin , étoient tous uniformément blanchâtres ou, jaunâtres.
Ce mollusque paroît ae dans beaucoup de mers. Nous avons vu qu'Osbeck Y'a trouvé dans l'Océan Atlantique ,à la hauteur des îles du cap Verd, et Forskahl dans la mer Rouge ; nous pouvons ajouter que Les compagnons de Baudin l'ont vu proche la terre d'Edels , côte sud-ouest de la 2V. ouvelle-Hollande,
D'HISTOIRE NATURELLE. k25
3° Observations anatomiques sur la scyllée.
F'orskahl décrit ainsi les intestins vus aux travers de l’envelôppe : # {ntestina translucent in lateribus ; sub collo Jilum # labyrinthiforme albidum, et globus albus ; deindè globul » tres majores serie longitudinali aurantit coloris.
Ces globules et ce fil se voient en effet: les premiers sont le foie et l'ovaire ; le fil est la verge.
Osbeck a aussi vu ces globules, mais il a cru que c'étoient les parties de la fructification du fucus natans, avalées par l'animal.
Nous représentons les viscères de la scyllée dans leur situation naturelle, fig. 2 , et développés, fig. 5.
a est la masse de la bouche; b, le cerveau ; c, lœæsophage; d, le gésier;e, le canal intestinal; f, f', f!, fes différens lobes du foie;g, le cœur; 2, leitronc commun des veines pulmonaires ;é, ,1,ces veines du côté droit, venant des bran: chies du même côté; ?, 2,1, celles du côté gauche coupées ; k, Vovaire; 2, la vessie; m, la verge; n, le testicule; o., unepetite vessie surnuméraire ; p, loviductus.
La masse de la bouche est comme dans la #ritonte , et contient aussi deux fortes mächoires tranchantes latérales et se croisant comme les deux lames d’une paire de ciseaux. La langue est, comme dans tant d’autres mollusques nus, un tubercule garni de crochets dirigés en arrière. L’æsophage est plissé longitudinalement et capable de se beaucoup dilater. Tous les lobes du foie y versent leur liqueur par trois trous, placés immédiatement avant l'entrée du gésier (r,, fig. 6 }. Celuici est en forme de cylindre court, à parois charnues , et Contient
dans son intérieur douze lames saillantes , disposées longitudinalement, de substance écailleuse, très-dure, de, couleur brune, ettranchantes comme des lames de couteau.
C'est encore un nouveau genre d'armure stomacale à ajouter à ceux que nous offrent tant d’auires mollusques, in+ sectes et crustacés.
L’intestin est gros et court ; à son origine, il montre en de dans une saillie uaitbdinales grosse et ronde, qui en a à ses côtés plusieurs petites transversales qui interceptent de petites loges ou boursouflures analogues à celles du colon.
Les lobes du foie représentent six globules presque séparés. Du reste ce viscère n’a rien de particulier.
L’ovaire, situé au côté droit du foie, et achevant de remplir avec lui l'arrière du. corps, est aussi en forme de globule, L'oviductus se réunit au canal propre de la vessie; celle-ci est ronde et assez grande. Le testicule est situé sous l'œsophage et divisé en lobes comme celui de la tritonie. Il ÿ a une petite vésicule oblongue et repliée sur elle-même , quise joint au canal commun de l’oviductus ‘et de la vessie, comme dans laplysia. La verge est un long cordon plié et entortillé sur lui-même dans l’état de repos.
Le cœur est placé dans son péricarde au milieu du dos, entre les deux branchies antérieures. L’oreillette, ou plutôt & sinus des veines pulmonaires , est dirigé longitudinalement, et recoit séparément les veines par ses côtés,
L’artère de chaque branchie se divise de suite, et se distribue en ayant et en arrière.
Le cerveau, placé sur la naissance de lœsophage, offre quatre ganglions principaux. Îl envoie un nerf de chaque côté aux parties du tour de la bouche, un à chaque tentacule , trois
où quatre à chaque côté du corps, et les deux derniers qui suivent l’œsophage et se rendent au foie et au cœur. Il y en a enfin deux par dessous qui, après avoir entouré l’'œsophage, forment en dessous, comme dans la tritonie, deux petits ganglions d’où partent les nerfs des viscères.
Les fibres de l'enveloppe charnue du corps forment un réseau très-läche dans lequel elles se distribuent en toute sorte de sens.
4° Observations sur le genre Glaucus.
Le charmant animal qui forme ce genre a dû frapper tous les naturalistes navigateurs, par la grâce de ses formes, et par l'éclat et l’agréable assortiment de ses couleurs; et il est bien singulier que Linnæus n’en ait point parlé, quoiqu'il ait été indiqué long-temps avant lui. |
Breynius, médecin de Dantzick, l’avoit décrit, dès 1705, avec quelques insectes et mollusques d'Espagne , dans les Transact. phil. n° 301, p. 253, pl. I, fig. 4. I lavoit trouvé dans la Méditerranée, non loin de l'ile d’Jvice, et le prenoit pour une espèce de sang-sue.
Robert Long en envoya de la Jamaïque , en 1762 ,à André- Pierre Dupont, une autre figure qui fut insérée dans le méme recueil, vol. LH , p.57, pl. IE.
Lamartinière, Yun des compagnons de Lapeyrouse , en adressa une ot au Journal de Physique , NOV. 1787, P. 366, pl. II , fig. 15. Son individu avoit été pris près des iles Baschi , au sud-est de la Chine, entre Formose et Lucon. TI le jugeoit voisin du genre de Clio ; son Mémoire et la figure ont été répétés dans la Relation dn voyage de Lapeyrouse, DAMON TES KO et 10:
Gmelin a fait de l'animal de Dupont son doris radiata , quoiqu'il n’ait aucun des caractères assignés par Gmelin Le même au genre doris; et pour SRE la confusion, il demande ensuite, p. 31 io. si l'animal de Zamartiniére ne seroit pas en effet du genre des clio , ne remarquant pas que celui de Lamartinière et celui de Dupont n’en font qu’un seul. :
L'orster le père en avoit aussi observé un dans son Voyage autour du monde, et ce fut lui qui établit le genre glaucus , s’apercevant bien qu'aucun des genres de vers établis par Zen. nœus ne pouvoit embrasser ce joli mollusque. Son Mémoire à ce sujet a été inséré par M. Blumenbach dans le V. volume du Magasin de F otgt, et ce célebre professeur en a reproduit la ue dans ses Æbbildungen, ainsi que dans la traducüon française de son Manuel, tom. Il, p. 22»
Si cette figure est exacte, l'espèce observée par Forster différeroit de celle qu’ont décrite tous les autres, parce qu’elle auroit quatre paires de branchies, tandis que celles-ci n’en ont que trois.
M. Bosc a encore observé le glaucus dans la partie septen- .trionale du grand Océan, entre la France et les Etats-Unis; et en a fait, comme nous l'avons vu ci-dessus, la scyllée nacrée de son Histoire des vers et deson Dictionnaire d'histoire naturelle ; et M. Bory-Saint- Vincent, l'un des naturalistes de l'expédition de Baudin, qui la retrouvé dans la partie méridionale du même Océan, # à plus de deux cents lieues de toute » terre, à distances à peu pres égales du Cap et de l'ile de s. Tristan d'Acunhass, le nomme comme M. Bosc.
Enfin nous savons que les autres compagnons de Baudin lont encore pris dans le sud du canal de Mosambique; en sorte qu'il paroït exister à peu près dans toutes les mers chaudes et tempérées,
D'HISTOIRE NATURELLE. f29:
© N'ayant point vu nous-même cet anirhal, nous nous bornerons à en communiquer, fig. Il, un nouveau dessin qui nous a élé donné dans le temps par M. Homberg , et à retracer les caractères qui ledistinguent des scyllées et des tritonies dont il se rapproche sans contredit plus que des autres genres.
Son coprs est plus grêle; il se termine par une longue queue, ce qui l'a fait comparer à une salamandre. Son anus et son orifice de la génération sont placés sur le côté, comme dans les scyllées et les tritonies. Il a quatre petits tentacules coniques comme la limace, et non pas deux bränchus comme la tritonie, ou deux comprimés comme la scyllée. Enfin ses branchies ont une forme qui n’est qu’à lui. Elles se composent de lanières étroites, disposées en éventail comme les feuilles de certains palmiers, et servent de nageoires en même temps ‘que de branchies. Leur position est horizontale, tandis que la scyllée et la tritonie ont les leurs redressées, la première en forme de larges feuilles, et la seconde en forme d'arbres ou de RÉ Feu Reinhold Forster à donc été RAP ES
autorisé à l'établissement du genre glaucus, et il n’y a point de raison valable pour changer ce qu'il a fait
Il n’y a même qu'une lettre à ajouter au caractère qu'il a - {ixé; c’est branchiis palmatis , et non brachiis , qu'il faut dire. 11 faut aussi en laisser le nombreindéfini. La plupart des glaucus qu’on a observés n’en avoient que trois paires, et quand même celui de Forster en auroit réellement eu quatre, ce ne seroit pas une différence générique.
Le glaucus a tout le corps du plus beau He céleste, devenant plus foncé aux extrémités des lanières de ses Dot Le milieu du dos est d’un beau blanc nacré et bordé de chaque côté dune raie d’un bleu foncé. On voit en dessous une tache
430 ANNALES DU M ÜSÉU "M brune qui est probablement produite par le foie vu au travers: des enveloppes.
Il paroit que sa grandeur varie depuis un pouce jusqu'à deux. ;
L'espèce la plus commune pourroit se nommer: glaucus: hexapterygius; si celle de Forster a réellement huit branchies , on la nommera octoptery gius, Dans tous les cas, le nom spécifique d’atlanticus ne lui convient pas, puisque l'autre g/aucus. est aussi dans l'Atlantique , et qw'il paroit que le genre est dans toutes les mers.
5;a Son le genre Eolide.
De cette réunion indigeste à laquelle Gmelin avoit , contre toutes les règles d’une nomenclature raisonnable, étendu lenom de doris, nous avons déjà démembré et décrit en détail ,
1.0 Les doris véritables qui ont deux tentacules en dessus, deux en dessous d’un manteau plus ou moins étendu, en forme: de bouclier, etles branchies autour d’un anus placé sur l’arrière du dos. \ ;
2.9 Les tritonies qui ont deux tentaculesen dessus seulement, les branchies en forme d'arbres plantés le long des deux côtés du dos, et l’anus sur le côté droit,
hr Les glaucus qui avec l'anus des tritonies ont des branchies palmées , placées des deux côtés comme des nageoires, et quatre tentacules coniques à la tête, sans manteau distinct,
Les éolides ne méritent pas moins que tous ces mollusques. de former un genre à part : elles ont quatre et quelquefois Six; tentacules coniques à la tête, et manquent de manteau comme. les glaucus; mais leurs branchies ‘ont une forme particulière: Elles représentent des écailles ou des: tuiles, et. sont ainsi cou.
D'HISTOIRE NATURELLE. 2 re
ist sur un ou PHARES rangs , le long des deux. côtés du dos.
J’avois PTE ce dernier caractère dès l'an VI, dans mon Tableau élémentaire, p. 388, où je proposai, pour’ la première fois , de ARE le genre doris.
Néanmoins, MM. Delamarck et de Roissy, qui ont adopté mon genre tritonie , n'ont fait aucune mention des éolides , et M: Bosc laisse les espèces connues de ce dernier geure ins celui des iritontes.
Linnœus paroît être le premier qui ait décrit une éolide , d’après Martin, Yun de ses élèves qui lavoit trouvée dans la mer de Norwège; c’est le 4max papillosus de la fauna suecica, 2° édit. de 1761. I n’en dit autre chose, sinon qu’elle est grande comme un grain de riz toute couverte en dessus de petites papilles aiguës et ea avec quatre grands tentacules. <
Baster en décrivit, l'année d’après, 1762 ( opuscula subcesiwa 1,81, pl. X, f. 1), sous le nom de doris ,une des côtes de Hollande, longue de deux pouces, ayant aussi quatre tentacules ,le milieu du dos nu, et les côtés couverts d’une trèsgrande quantité de petites aie molles; le pied large et plat.
En 1766, Linnœus regarda l'animal de Baster comme le même que le sien,.et les réunit { Syst. nat. ed. XI } sous le nom de Zmax PA ben demandant toutefois si ce ne seroit pas plutôt un doris.
En 1970, Gunnerus, évêque de Drontheim , redonna animal de Baster sous le nom de doris bols ( Mém. de Pac. de Copenhague, tome X , p. 170, pl. sans n°, fig.1—13;cette dermière fig. est copiée, Encycl. vers. pl 82, fig. 12). Cétoit sur les côtes de Norwège qu'il lavoit trouvé.
Grmeélin réunit ces trois Synonymes sous son doris papillosa , et quoique celui de Linnæus paroisse déjà différent des deux autres , il y. en ajoute encore deux ,non moins dilférens, savoir : le max minimus de Forskahl ( AëE anim. Arab.p. 100, n° 5 ,etic. XXVI,Hhreth>2,copié,encycl. pl 82, fig. 10 et 11),trouvé dans la Méditerranée, à quatre tentacules, trèspetit comme celui de Zinnœus, à milieu du dos nu comme celui de Baster et de Gunner, mais à écailles beaucoup moins nombreuses, et à pied en forme de sillon; et la Zmace épineuse de Bommé ( Mém. de Henene; tome IL, fig. 2) des côtes de Hollande, aussi très- AH ee à dos entièrement garni d’écailles peu RoTe euses et à six tentacules.
Au tort de confondre ainsi au moins trois espèces, il ajoute celui de doubler une des trois, celle de Forskahl; car , après en avoir rapporté la figure sous doris papillosa, il en cite la description comme fondant sur elle l'espèce du doris minima.
Outre ces éolides mal distinguées entre elles, les auteurs en ont décrit deux ju nous paroissent Ro déterminées, savoir :
1° Le max marinus, Forsk. ic. XX VI. G retg 2, copié dans l’Encycl. p. 82, fig. 13, doris fasciculata, Gmel. Il à quatre longs tentacules et des écailles minces presque comme des poils. 1
5. La deuxième, /imace de mer épineuse de Bommé, Mém. de Fless. TIT, 6g. 3, doris pennata, Gmel. Il à quatre tentacules, et de chaque côté une seule rangée de neuf écailles. On n’en a vu que de fort petits individus.
On trouve de plus une espèce que je ne rapporte aux éolides qu'avec doute: c’est le Zmax tergipes de Forskahl , descr. an.
p- 99 > n° 4,ic. XXVI,, fig. 4, copié Encycl. br 82 , Hg. 5 et 6; doris lacinulata, Gimel.
DNA NATURELLE, 433
Il a quatre téntacules , et de chaque côté de son dos, ‘cinq
proéminences en forme de massues creusées au bout, et dont il peut se servir pour marcher, comme de son pied ordinaire. Il faudroit un nouvel examen pour assigner la place de ce singulier et très-petit mollusque, qui doitprobablement faire encore un genre à part ,et qu'on pourroit nommer fergipes.
Nous n'avons vu qu'uneseule éolide, des côtes de la Manche,
qui nous a été donnée par feu M. Théodore Hombers. Elle ne ressemble complétement à aucune des précédentes ; mais il est probable que cela tient à limperfection avec laquelle on les a décrites. Voulant éviter ce reproche pour la nôtre, nous allons entrer à son égard- dans tous les détails ob
Nous la représentons, fig. 12, par le dos, et, bg. 13, obliquement par le ventre et le côté droit.
Son corps est oblong et son pied étroit, en forme de sillon, avec deux bords renflés et ondulés ; les flancs relevés verticalement rendent le corps presque quadrangulaire. La tête est peu renflée ; la bouche bordée d'un rebord charnu en forme de fer à cheval. Les deux tentacüles inférieures sont au-dessus de la bouche, entre elle et le commencement du pied , se jotgnant transversalement l’un à l’autre et creusés en dessous d’un sillon dans presque toute leur longueur. Les quatre tentacules supérieures sont alongées, coniques, pointues; deux au bord supérieur de la lèvre; deux un peu plus en arrière. Les lames branchiales commencent peu après ceux-ci : elles sont oblongues et aplaties comme desrubans, et terminées en pointe mousse. Ceux qui les ônt représentées courtes comme des écailles , ne les avoient vues que sur l'animal hors de l’eau. Elles n’adhèrent qu'aux côtés du dos : le milieu est nu, plat, un peu gonflé äu milieu où est la place du cœur. Le RIT e des
454 A NN ALES, D U M US É U M | lames va äquinze ou vingt de chaque côté. Elles paroissent péu
à près disposées sur quatre rangs. Un gros tubercule du côté droit, percé d’un trou, est one commun de l'anus et de
la génération. Mon individu, conservé dans l’esprit-de-vin, na
qu'un pouce de long , et paroïît d’un blanc uniforme,
0. o Supplément au mémoire sur le genre Tritonia et débrouwullement entier de l'ancien genre Doris.
Malgré toute l'attention que nous portons à la recherche de ce qui a été dit avant nous par les naturalistes sur les objets qui nous occupent, il est presque impossible que dans cette foule de mémoires séparés, répandus dans les collections académiques ou dans les journaux, il ne nous: en échappe de temps en temps quelques-uns. Pa
C'est ce qui nous est arrivé par rapport à notre éritoniæ ITombersi. Nous regardions ce mollusque comme à peu pres nouveau, et cependant l’abbé Diquemare en a donné une belle figure (Journal de Physique , octobre 1785, pl. IE ): il la nomme limace de mer palmifere. Son individu , péché pres du Havre, étoit beaucoup plus grand que les nôtres, car ül avoit huit pouces de long. Nous recueillons de sa description que la couleur naturelle de ce mollusque est cuivrée.-
Cette espèce est donc le géant du genre; car toutes celles que l’on trouve dans les autres auteurs sont PURE plus petites.
Nous donnons aujourd’hui, fig. 8, 9 et ro, celle qui en approche le plus pour la taille; elle vient aussi de la Manche , et c’est encore au zèle infatigable de feu M. Théodore Homberg que nous la devons.
: Fi D'HISTOIRE NATURELLE. 435
Sa grandeur naturelle nest que d’un tiers moindre que dans les figures. Son corps est mou, un peu gélatineux , légèrement comprimé latéralement; son pied est en sillon avec des rebords ondulés: L'expansion membraneuse du dessus de la bouche, au lieu de deux lobes crénelés , en forme quatre, divisé en petites lanières comme des arbres. Les tubes d’où sortent les tentacules, ont aussi leurs bords divisés en lanouettes dentelées ; les tentacules eux-mêmes sont coniques et striés transversalement. Les branchies ne forment pas deux série continues , mais cinq touffes de chaque côté ressemblant à de jolis buissons épais. Les premières touffes sont les plus fortes:
les autres vont en diminuant. E/anus et lorilice de la généra-
ton sont placés comme dans la fritonie d'Hombere. L'intérieur lui ressemble également , et surtout les mächoires, en forme de ciseaux de tondeur. :
Toute comparaison faite, je crois que la Zmace de mer, portantcomme des cornes de cerf, de Bommé( Mém. de Fles. singue , tome DE fig. ï ), doris cervina, Gmel., n’en est qu'un
irés-jeune individu , car elle a absolument lés mêmes caractères.
Je pense aussi que le thethys auriculis duabus elcvatis , COT
ribus dorsi ramosis de Stræœm ( Mém. de Fac. de Copenh. X,
pl. V, fig. 5, copié Encyel. pl. 83, fig. 1), doris arborescens de Muller et de Gmelin, laissé mal à propos parmi les vrais doris par M. Bosc. n’en est qu'un individu un peu plus âgé , et mal représenté. à
Je la nommerai donc tritonia arborescens.
Une troisième espèce de tritonte bien déterminée, mais que nous n'avons pas vue, est celle de Bommé, Mém. de Fless. F, pl. IIT, doris coronata, Gmel. Elle à des tentacules filiformes, rentrant dans un étui, une lèvre simple et six arbres branchiaux de chaque côté..
Quant au doris clavisera de Gmelin et de Muller, Tool. dan. T, pl. 17, fig. 1—3., copié, Encycl. pl. 82, 6g.,7 et6,il nous paroît différer des tritonies précédentes par les quatre. petites houppes qu’il a sur le milieu du dos en arrière, àmoms que ce ne soit une inadvertance du dessinateur.
Le doris auriculata, Gmel. et Muller ; thethys auriculis duabus, etc. de Strœm , Mém. de lac. de Copenh. tome X, p. 16, pl. V,fig. 6 , copié dans l'Encyclopédie, pl. 83, fig. 2, diffère encore davantage par ses branchies de deux sortes, et doit très-probablement faire un genre.
Enfin, après tous ces démembremens , il reste Ban le genre doris de Gmelin, le doris quadrilineata , Mull.. Zool. dan. pl. 17, fig. 4—6, copié Encycl. pl 82, fig. 14—15, qui bien certainement doit encore faire un genre particulier. ;
. Il ÿ avoit donc véritablement neuf genres confondus et mélangés dans ce grand Etre a tel que lavoit compilé Gmelin, Savoir :
Les doris, les tritonies, les glaucus, les éolides, les tergipes , les cavolines (1) et les trois que nous venons d'indiquer, sans vouloir encore leur donner de nom, parce que nous les connoissons irop peu,