Ouverture du corps et position des viscères
La figure IE de la pl. 1 représente le D. lacera ouvert, et ses viscères à-peu-près dans leur situation naturelle ; pour les. voir ainsi, il faut enlever un péritoine membraneux assez épais, qui. les enveloppe, et qui se retrouve danstous les autres Doris. | 4
a est la trompe , retirée au dedans du corps, par les deux muscles #, #; D est le cerveau, placé comme à l'ordinaire
D'HISTOIRE NATUREALLE. 455 sur l’origine de l’œsophage; c, est cét osophage et la masse de la bouche d’où il part; e, l'estomac; f, à, », le canal intestinal; 2, 4, £, &, le foie; &, l’orcillétte du cœur; /, le cœur ; #2, la principale artère d’où partent les branches que nous décrirons par la suites 7%) 0, © et LYS est Ie canal excréteur de l'humeur particulière aux Doris, dont z est le réservoir; z et B sont les organes de la génération.
4° Orvanes de la circulation.
Ce qui frappe d’abord danscette disposition; c’est la place qu’occupe le cœur à l'arrière du corps. ;
Elle est la même dans tousles Doris, parce que les branchics y sont toujours en cet endroit, et que dans les mollusqnes comme dans les animaux des classes supérieures } le’ cœur est toujours à portée de l'organe pulmonaire.
Son oreillétte & s’évase beaucoup en arrière, et se termine en deux productions qui font un cercle, lequel correspond. au cercle formé en dehors par les branchies.
On peut voir ces deux productions en #", #", fig. 3. Le cœur /, etson oreillette # y, y sont renversés en arrière pour montrer comment celle-ci fait son cercle. Elle reçoit un vaisseau veineux de chacun des arbres branchiaux, et transmet ainsi au cœur, comme dans tous les autres ga:téropodes, le sang qui a respiré. Ce sang étoit venu aux branchies par des vaisseaux artériels marchant dans les troncs despetitsarbres branchiaux, pAraIlé IP MenEE aux précédens, et dérivant des veines Caves.
La principale de ces dernières est située dans lPépaisseur du foie, et il faut enlever le cœur ct les principalesartères,
et écarter. l’un de l’autre.les deux lobes du foie, pour la bien voir. Elle est marquées, , dans la fig. 5. Après avoir reçu des branches des différentes parties du foie, elle sort de ce viscère , et se divise en trois pour se distribuer aux branchies.. LA
Il y a deux autres veines caves qui viennent de l'é épaisseur des chairs du corps, aux deux côtés du pied. On les voit mieux dans le doris solea où il a été plus facile de les disséquer. Elles sont marquées M, M, dans les fig. 1 et 2 dela pl. IL. La première de ces figures les représente intactes. Dans Pautre, celle d’un côté, M , est fendue pour montrer sa marche jusqu'aux branchies, par derrière l'oreillette, dont il ne reste qu’une portion £..
Celle de l’autre côté , M”, est enlevée jusqu’à son entrée dans l'épaisseur des chairs, afin de montrer le muscle », qui sert à faire retirer en dedans l’un des arbres des branchies, Il y en a un pareil pour chacun de ces arbres.
Celni de ces petits arbresauquel appartient lemnscle-, est fendu dans sa partie artérielle, laquelle est une suite dela veine cave , et l’on y voit en 2, 2, les ouvertures des petits vaisseaux par où le sang pénètre dans les petits rameaux branchiaux.
L'arbre d’à côté n’est fendu que dans sa partie veineuse ; les trous, 5, 5, sont ceux par où le sang revient des rameaux , et se au dans loreillette #.
Le cœur et l'oreillette sont enveloppés dans un péricarde assez épais qui forme une poche distincte de celle du péritoine, à
Le cœur arrondi et aplati n’a du reste rien de partieulier. , L’artère 72, en sortant du cœur se divise de suite en deux branches principales ; la première o, contenue la direci
tion du tronc, » donne dans son chemin, à droite, trois rameaux pour le canal intestinal, #, £, {; à gauche, un pour l'estomac p,et un pour le duodénum ‘. Passant sous lintestin , et s’avançant vers la droite, il se bifurque en g ; la plus petite branche s, va au corps glanduleux d'; la plus grosse, , 7, se partage entre les organes de la BAPE RAR ef la bouche et le pied.
L'autre grosse branche se partage en trois presque dès sa naissance, et tous ses rameaux sont destinés au foie. L’un ‘n alimente la partie antérieure du lobe gauche; le second x est pour la partie postérieure ; le troisième w, se bifurque pour nourrir les deux parties du lobe droit. Le rameau 7,
en donne encore un v, qui se porte en arrière entre les deux lobes ; se tenant cependant plus près du droit.
La distribution des artères est à peu de chose près la même dans les Doris planes, comme on peut en juger par les fig. 1et2 de la pl. IE, où les letires sont placées sur les mêmes parties que dans celles de la pl. EL.
° Organes des dns Se
Le système nerveux des Doris est aussi simple que celui des tritonies; il consiste, comme je l’ai déjà annoncé, en un cerveau unique et sans ganglions épars, comme il y en a dans l’aplysie, le colimaçon, etc.
On peut faire la mème remarque que dans Paplysie, à l'égard de l'ampleur des enveloppes de ce système, Le vrai cerveau n’occupe pas la moitié de l’espace que lui fournit la dure mère, ainsi qu’on peut le voir, pl. T, fig. 5 en b.
Dans le doris lacera , le cerveau ne forme qu'une masse
ovale, de petits globules brunâtres, mais dans le doris solea, il est divisé en quatre lobes.
Le premier nerf, 1, 1,pl 1, fig. 2et3, va au tentacule supérieur; le second, 2,2, passe sous le premier et sous le muscle transverse de la trompe, pour se rendre à toutes les parties antérieures du museau, et probablement aux tentacules inférieurs. Les suivans , 3—10, se rendent en général dans les parties latérales , pour se distribuer aux muscles. |
Les deux dernières paires 11 et 12, serrent de près l’œsophage , et passent dessous, 11, pour y former par sa réunion deux petits ganglions , d’où naissentles nerfs de l’osophage et de l’estomac, et 12, pour compléter le colliernerveux qui entoure ce canal. be
Cette disposition est absolument la même que j'ai décrite et représentée à l’article du #/z/onia. (Voyez cet article, pl. IL, fig. 1 et 2.)
Les tentacules supérieurs des Dorisse logent dans deux gaines cylindriques et courtes qui lui sont fournies par une saillie circulaire ‘de la peau. Ils ressemblent en eela à ceux des {ritonies , maisils en diffèrent beaucoup pour la forme.
Ceux des fritonies sont souvent branchus; ceux des dors sont toujours composés de petits feuillets extraordinairement minces, empilés les uns sur les autres, et comme enfilés dans un pédicule commun. Je les ai trouvés tels dans toutes les espèces que j'ai observées tant mortes que vivantes. [l est vrai que Bohatsch décrit autrement ceux de son argus. Ils sont, dit-il, semblables à une morille dont la tête seroit garnie de petits tubercules ou points noirs:son dessin les représente en effet comme deux petites grapes; il
D'HISTOIRE NATURELLE. 459 regarde ces points comme autant d’yeux , et c’est même de cette multiplicité d’yeux qu'il a tire le nom Ware qu'il donne à cet animal.
J'avoue que l’analogie si constante des autres espèces; me force de soupçonner cet auteur estimable: d’avoir été induit en erreur, et aucun autre exemple dans la nature ne: me rend vraisemblable une différence aussi grande , dans un organe si important, entredes animaux qui se ressemblent tant d’ailleurs. |
: Les tentacules inférieurs ne sont pas aussi constamment semblables. - |
Le doris lacera lesa comme la tritonie, en forme de deux larges lèvres ou feuillets charnus et crénelés. Dans le doris solea et dans les doris planes en général, ce sont deux petites pointes ou cornes coniques, placées aux deux côtés de la base de la trompe. Bohatsch les a bien exprimées dans sa figure de l’argus.
- On ne dohabéene donc pas trop pourquoi Linnæus dans sa XIL.° édition, ne donne que deux tentacules aux dorts ; ni pourquoi Gmelin , en leur en attribuant quelquefois quatre, les place tous au-dessus du corps; /entacula 2 ad #, suprû COrpuS QAnéÉrorsunr, intrà foramina retractilia.
6° Organes de la digestion.
a. Bouche.
Les doris diffèrent éminemment des ért{onies par la bouche en trompe et sans dents dansles premières, courte et armée de mâchoires tranchantes dens les secondes,
Il me semble que c’est une règle générale que lés'gas et ropodes à trompe sont dépourvues de mâchoires. È
On voit la trompe du doris lacera en a, pLE, fig. 2'et 3, dans son état de rétraction. |
Cet état est produit parles A tan ‘,quiforment
autour d’elle une tunique conique, et dont lattache à len-
veloppe du corps est en arrière. Ceux marqués 44, produisent l’effet contraire; leur attache est immédiatement derrière les précédens, et ils s’insèrent en arrière sous la masse de la bouchec, c , qu'ils portent en avant, et qui pousse la trompe devant ds: Celle-ci est en outre pourvue de fibres propres, pour s ’allonger et se raccourcir. Sa tunique intérieure ou veloutée est extrèmement ridée lors de la contraction.
Au fond de la trompe est une fente verticale, étroite, dont les parois sont revèêtues d’une veloutée un peu cartilagineuse ; derrière est la langue qui ressemble à celle de la tritonie et de l’aplysie. |
L’osophage y, est assez long et replié sur lui-même ; son intérieur est extrêmement ridé ; les glandes salivaires du doris lacera d\, d', sont longues et minces; elles s’insèrent dans DOUTE près de sa naissance; leur extrémité posiérieure s’y rattache près de son insertion à l’estomac.
Celles du dorts solea sont d’abord assez grosses, et en pas-
sant au travers du collier nerveux qui entoure l’œsophage, elles deviennent si minces qu’on est tenté de les prendre pour des nerfs qui iroient à l’estomac. ’
Outre les vraies glandes salivaires, il ÿ asur la naissance de Pœsophage un grand corps san due que j'ai longtemps pris pour elles. Il recouvre en partie le cerveau et
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“la masse de la bouche, et se trouve généralement dans
tous les Doris. Je Vai. ‘marqué d'; sa couleur est brunâtre ;
il reçoit une forte branche Miele et doit par conséquent-produire quelque sécrétion abondante, mais je n’ai pu encore découvrir où se porte l'humeur qu’il sépare.
b. Canal intestinal.
“ L’estomac des doris est membraneux et mince; il n’a rien qui ressemble à un gézier ; sa surface interne n’a d’iné-
galités que vers le cardia où les rides de l’œsophage se
HAHIAREUNT et se divisent en papilles. Le pylore est près du
cardia , à gauche, et le duodénum croise l’oœsophage en- TT
dessus, pour se porter vers la droite. Le fond du cul-de-sae stomachal est percé de beaucoup de grands trous qui sont les orifices des vaisseaux biliaires. On conçoit à peine comment les alimens ne pénètrent point dans ces vaisseaux et ne les engorgent pas.
On peut voir les orifices de ceux du doris lacera en ec, fig. 5, pl. I. Ceux du doris solea, e , "pl. IE, fig. 2, sont moins nombreux.
Outre les vaisseaux biliaires, il y a dans les deux espèces une vésicule, © , fig. 3,pl. I, et fig. 1 et 2, pl. IT, qui verse une liqueur quelconque dans l'estomac. Sa surface intérieure est toute hérissée de papilles coniques, mais elle n’apoint de communication directe avec le parenchyme du foie. Il faut que sa sécrétion soit assez abondante, car elle reçoit un fort rameau artériel, de l’une des artères hépatiques.
Le canal intestinal est court à proportion. Il va assezdirec-
&. Go
at
Le foie, ainsi qu’on a.pu le voir, est trés-volamineux, *et reçoit un nombre considérable d’artères ; il se divise lon gitudinalement en deux lobes; sa substante est grenue ; jusque là il ne diffère pas beaucoup de ceux dess autres mob, lusques; mais une circonstance l'en distingue éminemment.
C'est ce canal qui aboutit à l'ouverture située près de l'anus; il est marqué, pl L, Bg. 5, et pl I, Hg. 2. [n’y a nul doute que c’est de la substance du foie qu'il tire ses branches; c’est un fait vérifié autant qu il est possible par. l'inspection anatomique ; il faut donc que ce viscère, outre la bile qui se rend dans l'estomac, sépare RULES e liqueur excrémentielle. En voilà le premier exemple danst là nature , et la chose étoit assez singulière pour me faire douter long-temps, et pour me faire mettre dans cet: examên toutes les précautions passibles. Il n’y a qu’une seule supposition à faire qui soit contraire à mon idée ; c’est que les lobules de deux glandes différentes seroient tellement: éntrelacés, qu’on ne pourroit les distinguer à la vue; ühe partie de ceslobules seroit hépatique, et produiroit Ja bile; l'autre donneroit la liqueur que le canal en question transmet
au dehors.
Je sais que Monro , dans son anatomie du calmar qui est à la suite de sa physiologie des poissons, regarde : aussi l'encre que cet animal rejette commeuné production éxcrémentielle du foie , mais son opinion se réfute aisément; car si dans‘lé calmar et dans le poulpe, la glande qui produit
Fe ki + " * ” . ” Mg * % F Fe. à es À à 465 +. MTS DNS DU MUSÉUM “ & tement à l'an en ‘restantlog sé ans. un sillôn TE du foie. | do FR 4 ARTE | ; rs Glandes® st AVS ” à es ” S P* à » É arr 1 # ; ÿ #; | Ë a T4
l'encre est rapprochée du foie, si elle en est même enveloppée, dans la seiche elle est située dans une partie du corps fort opposée ; et dans la poulpe même où le foie l’enveloppe, il estaisé de l'en séparer, car elle en est distinguée par une double membrane.
Il y a une différence pour ce canal , entre le doris solea et le dorts lacera; dans la première, il remonte plushaut, et secontourne autour dela partie antérieure du foie , avant de s’enfoncer entièrement dans sa substance; dans l’autre, il se perd dès le milieu de la face supérieure du viscère. Celui du dorts solea cache entièrement à la vue la veine hépatique; mais celui du doris lacera marche simplement à ‘côté, et ne la couvre point. |
Un peu avant de sortir du corps, ce canal communique par. un petit conduit, avec une vésicule marquée z, dans “les figures des deux espèces; elle est fort plissée intérieurement sans l’être à l'extérieur, et paroït un peu musculeuse. Il est probable qu’elle sert de réservoir à la liqueur sécrétée, pour que l'animal puisse ne la faire sortir que quand il le juge à propos.
J’ai trouvé ce canal dans tous les doris, et cependant le dortis limbata que j'ai vu vivant, n’a rien fait sortir devant moi, que j'aye pu remarquer. M. Péron croit se rappeler qu’il a vu répandre à quelques-unes de ces grandes espèces des liqueurs colorées, M. de Bellevue ne parle de rien de semblable , et je n’en trouve rien non.plus dans les auteurs qui m'ont précédé; ce sera un sujet de remarque pour les observateurs.
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