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Sur le genre THETHYS el Sur Son anatomie.
Dis rétat d'imperfection où se trouve encore le Systema naturæ , malgré tous les efforts des hommes de mérite qui travaillent depuis cinquante ans à l’enrichir et à le rendre plus correct, j'ai toujours pensé qu'il étoit plus utile à la science de te les idées fausses ou confuses que l’on se fait des CRI anciennes, que d’entasser sans règle et sans choix des espèces nouvelles qui, lorsqu'elles né sont pas décrites avec plus de Dr que les autres, loin de rien éclaircir, ne servent ils augmenter le desate ; et qu'à le DU plis difficile à débrouiller. d
C'est pourquoi dans tous mes travaux je m'efforce de re. connoître d'abord sub ont été ‘les idées de Linnæus, en remontant aux sources où il ayoit puisé ;: et en le Suivant pas à pas dans toutes les variations de sentiméns et d'expréssions auxquelles il se livroit à chaque édition. ATOS
C’est après avoir déterminé ainsi le‘véritable sens de ses
2 THETHYS.
noms et de ses phrases descriptives, que je cherche à les corriger, quand il est nécessaire, en les comparant à la nature: et ce n'est qu'après y être parvenu, que je tâche d’ajouter à ces descriptions des circonstances nouvelles , ou de placer à leur suite ce qui concerne les objeis que Linnæus n'a pu connoître. |
Mais il est telle de ces phrases si obscure, et qui a été si souvent changée, qu'il seroit impossible de déméler ce que l'auteur a voulu dire, si l’on n’avoit un grand nombre d'objets à examiner successivement. Je n’aurois, par exemple, jamais pu mettre dans les mollusques nus l’ordre qui commence à y régner, sans les collections faites par moi-même ou par quelques-uns de mes amis et de mes élèves, dans plusieurs mers très-éloignées; et si.les amateurs de l’histoire. naturelle : trouvent que mes travaux sur cette classe ont été de quelque utilité à la science, c’est un devoir pour moi de leur déclarer qu'on les: doit autant à MM. Homberg , Fleuriau, Bosc, Péron ; Maugé, Savigny, Geoffroy , Humboldt et Duméril qu'à moi-même. ;
Cependant, malgré le zèle et Famitié de ces savans et courageux naturalistes, et malgré les recherches et les demandes que j'avois faites sur les diverses, côtes. de la Méditerranée, je n'avois point encore de fkethys, et ce genre aussi important qu'obscur, seroit encore fort mal connu , sans le voyage que M. de Laroche, jeune naturaliste, fils d'un médecin respectable, vient de, faire aux. Baléares, par ordre du ministre de l'intérieur , avec les astronomes, Line de prolonger la méridienne , afin de recueillir les: observations de physique et d'histoire naturelle. que pouvoient offrir ces iles, peu -fréquentées par des savans. M. de Laroche, à ma prière, a parti-
THETHYS: 3
culièrement recherché des thethys, et:est parvenü à en rassembler plusieurs, en même temps. qu'un grand: nombre d'autres mollusques ou zoophytes et de poissons, qu'il a déposés au Muséum, et dont il se propose de décrire lui-méme les plus intéressans.
C’est ainsi que je me suis vu en état de décrire et de disséquer cet animal, dont la rareté paroit tenir à ce qu'il habite surtout le fond de la pleine mer, et qu'il ne s'élève à la surface , ou nése porte au rivage que dans les tempêtes. C'est du moins ce qui paroit résulter du témoignage dé tous ceux qui l'ont observé.
Aussi est-il plus que douteux que les anciens aicnt connu.
Leur tethyon étoit le mollusque appelé aujourd’hui ascidia. On n’en sauroit douter , quand omlit quelques passages d’Aristote, qui en contiennent une description aussi bonne que celles de bien des modernes, « Lestestacés appelés téthyes (dit-il , lib, » IV,c. 6; hist. an. ),sont lesseuls dont la totalité du corps soit » cachée dans la coquille, qui est d’ane substance moyenne » entre les coquilles ordinaires et le cuir. Onla coupe comme » un cuir sec. Les téthyes s’attachent aux rochers par leurs co- » quilles. Ils ont deux ouvertures éloignées lune de l'autre , pe » tites, pour avaler et rejeter l'eau. On peut regarder l’une de ces » ouvertures comme la bouche, l'autre comme l'anus, etc. etc.»
Rondelet ( de Ins. et Zo0pB 127 ÿ et d’après fai Gesner ( Aquat. 954 ) et Aldrovande( Exs.583), ont appliqué ce nom en partie à de véritables ascidies, en partie, à ce qu'il semble, à de simples a/cyons ; et dans des temps postérieurs, Bohatsch en a plus rigoureusement restreint la signification ( de quibd. an. marin. 128). Linnœus paroît avoir d’abord aussi appliqué aux ascidies le nom défiguré de thethys, dans
4 THETHYS.
sa quatrième édition ; car il donne pour caractère à ce genre, organa duo protensa tubulosa Spirantia , tentacula nulla. Comme ïl n’y cite point de synonyme, on ne peut juger que par ce caractère des espèces qu'il entendoit, y réunir.
Mais dans sa sixième édition , il cite l’holothurie et le troisième Zevre marin de Rondelet, qui est notre thethys d’aujourd’hui ; et c’est de celui-ci qu'il donne , pl. VI, fig. 3, une figure mal copiée de Fabius Columna ( Aquat. obs. p. 26) ; aussi en change-t-il considérablement le caractère, sans le rendre encore applicable à beaucoup près, ni à l’un ni à l’autre de ces animaux. Corpus oblongum bilabiatum : corpusculo medio cartilaginoso oblongo. MAiadtié IV cunetformes. Foramina 2 spirantia.
Dans la dixième édition , le caractère resta le même, excepté que les tentacules furent. réduits à deux; mais les espèces changèrent; il n’y eut plus de’ cité que le premier Lèpre marin de Rondelet, c’est-à-dire une aplysia, sous le nom de thethys leporinai, et .une espèce voisine, originaire de la mer des: Indes , sous celui de limacina ; et ce qui est fort plaisant, toutes les deux ont quatre tentacules, malgré le changement fait dans le caractère; et aucune n’a nicorps à deux lèvres, ni corpuscule cartilagineux, ni deux ouvertures pour la respiration.
Dans cetteimême dixième édition , comme dans toutes les précédentes, lon donne à la plupart ab coquillages bivalves un thethys pour animal, tandis qu'aucun des animaux des bivalves n’a le moindre rapport avec aucune de ces espèces nommées désormais fhethys ; mais: c’est que ce nom étoit
THETHYS. ; 5 resté dans les définitions des bivalves, depuis la quatrième édition, où il désignoit des ascidies, qui sont en effet les analogues des animaux des bivalves.
Dans la douzième édition, nouveau changement déterminé par l’ouvrage de Bohatsch:le thethys limacina ei le premier liévre marin de Rondelet , réunis en une seule espèce, forment le genre laplysia; et le nom de thethys leporina est transporté au troisième lévre marin, qui avoit été oublié depuis la sixième édition : les caractères génériques , tant du Zaplysia
que du thethys, rédigés d’après les observations de Bohatsch, deviennent maintenant conformes à la nature:
Ces variations , ces contradictions mêmes prouvent combien Linnœus connoissoit peu les animaux qu’il a entassés pêle-mêle dans sa classe des vers, et combien quelques naturalistes ont peu de raison de. s’obstiner à le prendre pour guide dans la
‘distribution de cette partie du règne.
Néanmoins, son genre thethys, tel qu'il Pa disposé à la fin, n’a pas besoin de grande réforme, et il a été en effet conservé avec ses caractères par Gmelin et par Bruguiére, qui place cependant le thethys parmi ses vers mollusques sans tentacules, tandis qu’il en a deux très-considérables.
M. de Tata ob M. Bosc et moi, n'avons fait à ces mêmes caracteres qu un léger ATERS qui encore n’est pas heureux, car il ne consiste qu en un seul mot ajouté sans motif : deux ouvertures au côté droit du cou, pour la BÉtTUrro et pour La respiraTioN. Il y a bien deux ouvertures à cet endroit, mais elles sont toutesles deux pour la génération. Les mots anus Sinistrorsum , employés par Linnœus et Gmelin ; ont-été rem-
placés avec raison par ceux de côté droit. Is avoient été pris
ë THETHYS.
apparemment sur des gravures qui n’étoient pâs faites au miroir, ct qui renversoient les objets.
Dans le fait, et Linnœus et nous tous, qui n'avions pas vu l'animal, aurions dù nous en tenir aux termes de ceux qui Pont décrit sur nature, c’est-à-dire des seuls Rondelet, Fabius Columna et Bohatsoh. :
La figure de Rondelet, copiée dans Gesner , dans Aldro+ vandre, dans Jonston, et encore récemment dans l'Encyclopédie méthodique, et dans l’ouvrage de M. Bosc, est reconnoissable , quoique grossière, et la description qui l’accompague assez viaie, mais pen détaillée, comme toutes celles de ce temps-là. |
Bohatsch, en sa qualité d'auteur du dix-huitième siècle, a donné plus de détails; mais n'ayant eu qu’un individu mort et déjà altéré, il n’a pu étre ni aussi exact, ni aussi complet que dans sa description de laplysia, et sa figure est presque aussi grossière que celle de Rondelet. |
Fabius Columna avoit été plus heureux dès le commen: cement du dix-septième siècle. Après avoir fait une mauvaise figure, d’après le mort( 4quat, et terr. obs. p. XXII), il eut le bonheur de voir retirer un thethys vivant dela mer, et il en donna deux excellens dessins ( :b. p. XXVI), accompagnés d’ane.bonne description dans laquelle seulement, pour compléter une prétendue ressemblance avec le calmar, il place des yeux sur les côtés du cou, chose tout-à-fait imaginaire,
L'abius Columna croit que c’est ici le yrai lièvre marin de Dioscoride; mais il n’a d'autre motif que la ressemblance attribuée par Dioscoride à son animal ayec un petit calmar, caractère beaucoup trop vague pour en faire une application fixe. Au reste, la vraie signification de ce nom n'importe
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guère, puisque Dioscoride ne donne à son lièvre marin, comme les autres anciens aux leurs , que des propriétés Abo. leuses, | ”
Après toutes ces remarques, il reste à demander "si Linnœus dans sa douzième édition, ét tous les autres d’ après lui, ont eu raison de faire deux espèces du genre theth y s. Linnœus au moins laissoit encore du doute (vinerur a præcedenti distincta ); mais ses successeurs ont supprimé cette note trèsnécessaire. Le seul caractère assignable est l'absence des franges autour du voile , dans Pindividu décrit par Bohatsch , où thethys fimbria qui est la seconde espèce, tandis que la premiere, nommée leporina , et qui est celle que nous décrivons aujourd'hui, a ces RTE longues et nombreuses; maïs Bohatsch n'ayant décrit qu’un individu altéré, il n’est pas HDI que ces filamens déliés en aient été enlevés avant qu’on le lui
apportat. C’est une question sur laquelle ilétoit bon de rendre les observateurs attentifs.
Description extérieure.
Le premier.coup-d’œil jeté sur lé thethys, prouve que c’est du tritonia et du seyllæa qu'il se rapproche le plus, et non pas de Paplysia'; en effet il appartient à la tribu des gastéropôdes nudibranches, qui portent leurs organes de la respiration à nu sur le dos; mais la forme de ces organes, le nombre de ses tentacules , la forme de sa bouche et de la membrane ou du voile qui l'entourent lui donnent des droits ‘sSuflisans pour constituer dans cettetribu un genre particulier.
Les plus grands individus qui m'ont été rapportés par M. de ‘Laroche, ont de 6 à 8 pouces de longueur, sut trois ou À
8 THETHMS:
de largeur ; mais ces dimensions doivent beaucoup varier dans l'état de vie. |
Cet animal n’a point de manteau proprement dit qui déborde Son pied; les hords de son pied sont tranchans et susceptibles des mêmes contractions, inflexions et festonnemens que dans les auires mollusques; le contour en est ovale, plus étroit et plus pointu en arrière, plus arrondi en avant, où il se porte sous le cou, s’en distinguant par un sillon profond. .… Le dos est peu élevé, plane,. beaucoup plus. étroit que le pied, mais aussi long, pointu en arrière, et bordé des deux côtés par les houppes des branchies. s;:
Les flancs forment deux plans obliques qui descendent de ces deux bords latéraux du dos, pour s'unir aux bords du pied. da a
Le cou est court, formé par la prolongation du dos et des flancs, et se distingue de la partie antérieure du pied sur laquelle il s'avance. D'abord cylindrique, il s’évase prompte. ment pour s'épanouir en une large membrane qui entoure la bouche comme un entonnoir ; mais la partie inférieure de cet entonnoir est plus courte que la supérieure et celle-ci, vue d’en haut, a l'air de former un large voile demi-circulaire.
Au centre et au fond de lentonnoir est une trompe charnue, courte, cylindrique, ouverte au bout , et y prenant tantôt.la forme d’une large ouverture circulaire à bords minces, tantôt celle d'une fente verticale à bords renflés. Cette trompe est la bouche. -
Le voile ou l’entonnoir est charnu et susceptible de toutes sortes de mouvement ; il doit beaucoup servir, à animal pour nager. Tout son bord: est garni d'innombrables filamens charnus irès-minces, dont ceux de la partie inférieure sont du double
THETHYS. 9
plus longs que les autres: Il y a de plus à la face externe ‘du voile; un peu en decà du bord, des espèces de tentacules charnus, coniques, isolés et placés à 2 ou 3 lignes de distance l'un de l'autre.
“Les vrais tentacules de lanimal, au nombre de deux , sont placés sur la base de la mérnbrane ou du voile, tout près du cou et sur le côté supérieur. Ils ont de grands rapports avec ceux de la scyllée; car ce sont aussi deux lames charnues, à
bord tranchant, ondulé, creusées en avant d’une fosse d’où sort un petit cône charnu, strié en travers , qui semble être esséntiellement le siége de ce tact délicat ue les tentacules appliquent aux divers objets. pp
Il n’y a sur les bords du pied ni fr angés ni tentacules.
Les houppes branchiales que Fabius Golumna a fort bien décrites, sont au nombre de quatorze de chaque côté, alternativement petites et grandes. Les grandes sont formées d’un cône charnu dont la pointe allongée se contourne en spirale, et qui porte sur un de ses côtés une suite de petits filamens branchus et déliés qui sont les organes respiratoires.
Les petites ne sont que des protubérances chargées de filamens semblables à ceux que portent les autres.
La première branchie de chaque côté est une petite; mais la position des organes de la génération et de l'anus, repoussant la troisième branchie du côté droit plus en arrière que celle du côté gauche, à compter de la quatrième , une grande branchie du côté droit se trouve placée vis-à-vis d'une petite du côté gauche et réciproquement.
L'anus est un tubercule percé, situé en avant et un peu en dedans de Ja troisième branchie de droite. Sur son bord
‘xo THETHYS.
est percé un autre petil trou qui donne issue à une liqueur excrémentitielle, comme dans les doris et les tritonies. L'organe de la génération se montre au-dessous de la première branchie de droite ; c’estune membrane irrégulièrement festonnée , au centre de laquelle est percé le trou de la vulve, et à côté de ce trou saille la verge comme un petit filament “conique et contourné. | Derrière chaque petite branchie, et par conséquent en avant de chaque grande , est une espèce de stigmate ou endroit circulaire enfoncé, dont les antérieurs sont larges de 2 lignes , et les postérieurs diminuent graduellement. La membrane en est blanche et plus fine que celle du reste du corps, et il sort de son milieu, dans l’état de vie, un petit tentacule mou, jaunâtre, et quelquefois fourchu, dont j'ignore la nature et J'usage. R | Tellessont les formes delanimal quiareculenomdethethys. Sa subsiance.est plus molle et ‘plus transparente que celle de beaucoup d’autres mollusques; sa peau , sans étre rude n’est pas lisse; mais ses petites rides, très-rapprochées, sont plus sensibles à la vue qu’au’ toucher. Sa couleur est un grisâtre demi-transparent, comme seroit du cristal un peu trouble, avec des taches et des lignes d’un blanc pur et opaque. Sur le voile, les taches en partie rondes, en partie allongées, suivent des lignes parallèles au bord. Au dos, ellés ont une direction transversale ; aux flancs, elles se rendent obliquement en avant et en dehors ; il n’y en a pas sous le pied.
Le bord du voile est marqué d’une ligne bleuâtre , et l’on y voit à sa face interne, des deux côtés, un peu en arrière du bord , trois taches d’un pourpre noir.
THETHYS. ft
Description intérieure.
La position dés branchies, semblable à celle des tritonies et des scyllées, ne me laïssoit pas douter que le cœur ne fût aussi comme dans ces deux genres situé sur le milieu du dos. On le trouve en effet imrhédiatement sous la peau. Son oreillette ovale et très-mince recoit de toutes les branchies des veines qui s'y rendent comme des rayons à un centre. Quand on l'ouvré, on voit à son fond sa communication avec le cœur garnie de deux valvules bien sensibles. Le cœur luimême plus charnu et plus opaque que l'oreillette, n’est pas très-robuste. Sa forme est ovale, et 1l est rempli de petits cordons musculaires. Il en part deux principales artères dont l'une se porte en avant, donne dés branches à estomac, à lœsophage ; aux organes de la génération, aux deux côtés du dos et du pied , etse perd enfin dans le voile. L'autre, dirigée en arrière, se distribue principalèment au rectum et au foie.
Des veines très-visibles sortent des intestins et du foie , et se rendent dans les côtés du corps où élles forment , comme dans Ja tritonie, avec les veines provenues de la substance charnue du pied, du dos et du voile, deux grands vaisseaux qui reportent le sang dans les branchies.
Les branchies épanouissent où recoquillent les tiges charnues qui les portent par le moyen des fibres propres de céès tiges.
La cavité de l'abdomen, qui contient les viscères , n’est pas à beaucoup près aussi large, ni surtout aussi longue , que le pied sur lequel elle repose.
Il n’y a aucune sorte de dent, ni même de langue, et c’est Je premier gastéropode où j'aie V4 manquer celle-ci. La trompe
ik
12 | | THETEHYS;
charnue la remplace apparemment ; sa face interne est toute hérissée de petites papilles molles et rondes. L’œsophage est très-court, et ridé longitudimalement, L’estomac est simple : c’est une sorte de gésier charnu, armé en dedans tout autour d'une veloutée cartilagineuse, comme celle des oiseaux. On y trouve des fragmens de; coquilles , des pates ét autres morceaux de petites écrévisses. L’intestin est excessivement court, et se rend sans inflexion notable à droite, pour aboutir à l'anus. Sa première partie est garnie en dédans de nombreuses lames membraneuses et longitudinales en partie très-saillantes ; l'autre moitié est lisse. Lorsque Bohatsch dit a ventriculo intestina in varios gy-
“ros contortà procedunt, quæ hepar viridescens undique con-
comitatur, c'est qu'il a pris le canal hépatique pour lintestin.
Le foie-est üune.masse ovale divisée en. beaucoup de.lobes,, qui occupe toutela moitié postérieure de l'abdomen. Le canal hépatique débouche dans l'estomac par une ouverture située à côté du pylore et presque aussi large que lui. Outre les veines, les artères et le canal de la bile, on trouve encore dans le foie cet autre vaisseau que nous avons observé dans les doris, et Hqui s'ouvre! à côté; de l'anus, |
Les glandes saliväires sont grélés, branchues, et COUR aux deux côtés de l’œsophage.
Le thethys est hermaphrodite, et ses organes de la génération ont. les plus grands rapports avec.ceux desdoris. L’ovaire que Bohatsch a pris pour le testicule est, comme à l'ordinaire, enfermé entre.les lobes du foie. Len sort un oviductus très: tortueux qui se colle en passant au testicule d’une manière intime, et.se rend, delà à; la matrice. - Celle-ci est un boyau assez large dont'le, fond s’élargit en ‘une glande considérable:
THETHYS. 13
La vessie ,. Comme à l'ordinaire , ouvre son cou dans celui de la matrice; et à côté de l'entrée du canal spermatique, dans la base de la verge, est encore une petite bourse longue et étroite,
Le cerveau est considérable, de forme arrondie, d’apparence grenue, lâchement enveloppé dans ses méninges, et donnant ses nerfs en rayons tout autour. Les deux premiers et les plus gros vont se distribuer dans la partie supérieure du voile, Les deux suivans vont aux deux grands tentacules. Les deux derniers, qui sont aussi trés-forts, se rendent dans les côtés: de la masse charnue du corps. Entre eux et les précédenrs, il ÿ ena plusieurs petits pour les côtés du cou , et pour les organes de la génération. Ceux des viscères naissent d’un ganglhion formé au côté droit par le collier nerveux qui embrasse l'œsophage: |
. l'est peu de mollusques où les faisceaux musculaires qui contractent et qui dilatent.les différentes parties du COrps , soient aussi distincts les uns des autres , et aussi faciles à suivre que dans le thethys ; mais je n’ai pas osé les représenter, de crainte de donner irop de peine au graveur. Plongés dans une cellulosité lâche et transparente, ils forment des rubans étroits et soyeux , dirigés dans tous les sens, et que lon aperçoit même au travers de la peau. La couche là plus inférieure qui repose sur le plan du pied, est toute longitudinale; mais elle monte et Se croise sur le cou pour se distribuer: en divergeant dans la partie supérieure du voilé. La couche plus imtérieure , posée sur celle-là , se porte, obliquement en dehors et un peu en avant, et, entourant l'abdomen, va se réunir à sa correspondante sur le milieu du dos. Une troisième, plus interne encore que les précédentes, est aussi obliquement transverse,
EU
14 THETHYS.
mais en se dirigeant plus en arrière; enfin lé voile et les téntacules ont encore leurs faisceaux de fibres propres, dirigées en deux sens opposés.
Il est aisé AL à quel point peut varier lafi igure générale d’un animal qui n’a aucune partie solide, et qui pèut faire agir à son gré chaque faisceau , chaque ordre de faisceau ensemble ou séparément,
Fieure I." Thethys de moyénne grandeur, vu par le dos. a, a, a; Partie supérieure du voilé. b, b, Lés deux tentacules. c, Le cou. d, Les:organes de la génération. e, L’anus et le trou particulier pour une liqueur excrémentitielle. f, f, Quel-: ques-unes des grandes branchies. g, g, Pacs unes des petites. h, h, Les boïds du pied,
Fre. II. Le même; vu en dessous. a. Le pied, b,. La bouche. €, c, La partie supérieure du voile: d, d, La partie inférieure qui est plus grande et où les franges. sont plus longues, | |
Frc. III. Le même dont on a entrouvert le dos, pour faire voir dE cœur et les veines qui lui arrivent des branchies. a, a, L'oreillette du cœur ouverte. b, Les valvules qui garnissent sa communication avec le ventricule situé dessous.
Frc. IV. Le même dont la cavité abdominale est plus ouverte et le cœur enlevé. a, Le cerveau. b, b, Nerfs allant au Voile. c, c, Autres se rendant aux tentacules, d, L'un de ceux qui se distribuent au corps. €, L'œsophage. f, f, Les glandes salivaires. g, L'estomac. h, Le rectum. i, i, Le foie. k, Les organes dé la génération: l; Origine des artères. | ,
Fire. V. Thethys dont le pied:a été nd pour faire voir les viscères par dessous, Les viscères y sont développés. a, La trompe. b, Commencement de l'æsophage. c, L'estomac. d, L'intéstin. e, Le canal hépatique. f, Le foie. g, L'artère hépatique. hk, Artère de l'intestin:5, Artérede l’éstomac. k, Tronc principal de l’artére se dis-: tribuant au voile et au.pied. 1, Collier nerveux sous l’œsophage. m, Ganglion. n; Verge. o, Matrice. p, Sa glande. q, q, Oviductus. r, Testicule. |
Fie. VI. Les intestins ouverts. a, Trompe. b, Œsophage. c, Estomac. d, Intestin! Chat hépätqte. FPE p2 LAtère Ménébquel & | hAGTataES livres
Fre. VII. Organes de la génération développés. a, Verge. b, Vulve. c«, Vessie. d, Matrice. e, Sa glande. f, f; Oyiductus. g, Testicule, h, Canal spermatique. t, Bourse Re à la verge. |
MUSEU M D'HISTOIRE NATURELLE
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Sur la PHYLLIDIE et sur le PLEURO-BRANCHE,
deux nouveaux genres de mollusques de l'ordre des gaste-
ropodes, etvoisins des patelles et des oscabrions ; ont l’un est nu et dont l'autre porte une coquille cachée.
Par G CÜVIER
Les patelles et les oscabrions différent de tous les autres gastéropodes testacés par la position et la forme de leurs branchies , et l’on ne leur connoissoit aucun analogue nu lorsque je publiai les caractères d’un nouveau genre de la mer des Indes, qui leur ressemble presque en tout , à l'exception de la coquille ; je lui donnai le nom de phyllidie, et comme je n’en avois qu’un seul individu mal conservé, je ne pus en faire connoître que les caractères extérieurs , que j'insérai dans le Bulletin des sciences, n° 51 , d’où ils passerent dans le système des animaux sans vertèbres de M. Lamarck, p. 66; et dans
YHistoire des vers de M. Bosc, t. L, p. 84.
J'ai aujourd’hui la satisfaction d'ajouter à ces notions superficielles la connoissance de l'organisation intérieure de la pky£ lidie, et celle de deux autres espèces appartenant au même genre, ainsi que d'y joindre la description d'un nouveau genre qui se rapproche singulièrement de cette petite famille, et que lon pourroit presque nommer demi-phyllidie; car il n’a
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ui " D'HISTOIRE NATURELLE. 565 radicule très-longue, est placétransversalement dans la partie ion pér isperme charnu qui avoisiné lombilic. Ce même ca-
‘ractère se retrouve dans lardisia de Swarts dont P anguillaria
de Gærtner et mon badula sont congénères , qui a, comme le myrsine , la corolle monopétale attachée sous lovaire, les étamines placées au-devant de ses divisions et le fruit rempli par
une seule graine. M. Ventenat trouvant dans cette structure de
la graine un signe qui distingue beaucoup ces genres des sapotées , en a formé une famille nouvelle, sous le nom des ophiospermes , üré de la forme de embryon, dont ila donné les caractères dans son ouvrage sur les plantes du jardin de
M. Cels, n.° 86, et qu'il place à la suite de la précédente. Elle
termine la classe des corolles monopétales insérées au support
du pistil, dont l'examen étoit l'objet de ce second Mémoire.
Re
qu'à demi ce caractère si singulier debranchies placées autour de la base du pied , sous le rebord du manteau; je veux dire qu'au lieu que la phyllidie en a, comme les patelles et les oscabrions, tout autour de son corps, ce genre-ci n'en a que d'un côté seulement, du côté droit. |
Je lui donne, à raison de cette circonstance qui lui est entièrement propre, le nom de pleuro-branche , qui signifie branchies d'un côté ,comme on dit pleuro-nectes pour les poissons qui nagent sur le côté. |
C’est à l'infatigable M. Péron que je dois encore et les nouveaux individus de la phyllidie ordinaire , et les deux nouvelles espèces, et ce genre du pleuro-branche. A a rapporté les uns et les autres de la mer des Indes: les seules phyllidies, dont il a rapporté plusieurs individus, et qui sont de la même espèce que j'avois décrites d’après un échantillon venu de File de Bourbon , sont d’une taille beaucoup moindre que n’étoit celuici; ce qui n'a forcé à étre plus abrégé dans leur anatomie, que dans celles de beaucoup d’autres mollusques dont j'ai parlé jusqu'à présent. Une autre raison nvy force également pour le pleuro-branche , c'est que je n’en ai eu qu'un seul individu , dont l'intérieur étoit ramolli par un esprit de vin trop foible. J'omettrai cependant peu de choses essentielles, et je donnerai toutes celles qui peuvent être caractéristiques.
1° Description de l'extérieur, A.
Le corps de la pyllidie est un ovale allongé : le bouclier
coriace qui en forme toute la partie supérieure .est légèrement bombé, et déborde Le pied de toutes parts. Gelui-ci est plus
étroit à sa par tie supérieure qu’à celle par laquelle il pose sur le sol; et c’est dans ce canal ovale qui règne tout autour entre ui et le manteau, que sont les feuillets minces, transverses et serrés les uns contre Jes autres, qui constituent “orene de Ja respiration.
Ce cordon de feuillets branchiaux est interrompu en avant, à l'endroit de la bouche, où l’on remarque deux petits tentacules coniques , et au côté droit, vers le quart antérieur, pour un tubercule saillant, percé de deux trous et qui sert d’orifice aux organes de la génération. À la superficie du manteau ou du bouchier coriace , on remarque trois trous : deux pairs en avant pour recevoir les tentacules supérieurs , car la phyllidie en a quatre comme les doris ; le troisième en arrière est Panus, placé par conséquent aussi comme dans les doris, maïs non entouré, comme elles l'ont, par un cercle de branchies.
Tels sont les caracteres génétiques communs à toutes les phyllidies : les trois espèces que j'en ai vües se distinguent les unes des autres par la disposition des verrues et des tubercules qui observent à la surface du manteau. Dans la première espèce que j'ai décrite autrefois, que M. Lamarck a nommée ensuite ph. varicosa, et que je crois devoir appeler plutôt érilineata , parce quele nom de varicosa ne la distingue pas assez; dans cette espèce, dis-je ( A , fig. x et 4), lesverrues du milieu sont allongées et forment trois lignes presque continues qui règnent tout le long du dos. Celles des bords sont transversales, et coupent ce bord perpendiculairement de toutes parts. Toutes ces verrues sont jaunes sur un fond noir.
Dans la seconde espèce, que je nomme p# y Uidia pustulosa (A, fig. 8) , les verrues sont plus arrondies qu’allongées, placées gans régularité, d’un jaune päle sur un fond noir , et ressemblant à des pustules de petite vérole.
La troisième espèce, phyllidia ocellata GA: fig-r)s'a le manteau beaucoup. plus:orné ; oùtre les petits tubercules jaunâtres! parsemés sur un fond,gris, il ÿ en a cinq plus grands que les autres , portés .sur autant de petits pédicules.; et entouré chacun d’un large anneau noir dont un. en avant, et deux de chaque côté du corps. Il:y en a de plus cinq autres aussi pédicülés ; mais sans anneau ; et placés transyersalement sur: une seule ligne vers la partie antérieure du corps, derrière le pre-
muer des tubercules entourés danneaux. Enfin les petits tu-
bercules du milieu du dos sont unis les uns aux, autres par une ligne saillante longitudinale qui, s'étend depuis la ligne transverse, dont je viens de parler , jusqu’à l'anus.
Le pleuro-branche ( B, fig!) a le corps moms allongé que la phyllidie, et son pied. est aussi large que son manteau ,
de mamèrequ’il a absolument l'air, d’être .entre deux boucliers
égaux , séparés l’un de l'autre par un. canal qui fait tout le tour du corps. |
La bouche est en avant, en forme de, trompe un peu grosse, et recouverte par un petit voile qui se rejoint par les côtés aux bords du pied. Sur la base de ce. voile'sont les deux :tentacules cylindriques, creux, et fendus longitudinalement à: leur côté externe , forme que je n’ai encore vue dans aucun autre mollusque. Il n’y aque ces deux tentacules, et, à ce que j'ai pu juger par, Fanatomie , l'animal doit pouvoir.en faire sortir un œil.
Fous les autres organes extérieurs sont dans le côté droit du canal. Les branchies en occupent la plus grande partie, Qu'on se représente une lame longitudinale, saillante »Œuiporie
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270 ANNALES DU MUÜUSÉUM:
en dessus et en dessous, des séries transversales serrées, de petits feuillets serrés euxméêmés dans chaque série , et Von aura l'idée de cet appareil pulmonaire: en avant sont les organes extérieurs de la génération , consistant en ün petit trou . et en deux parties saillantes, comme nous en avons déja remarqué dans quelques autres gustéropodes.
L’anus est en arrière des branchies : é’est ün petit tube membraneux légèrement saillant. |
Le manteau est épaiset charnu : sa superficie est légèrement ridée en arrière. Lorsqu'on l’ouvre , ontrouve au-dessous de fui, sur le péritoine, ün peu en avant et vers le côté droit, une petite coquille plate, mince, ‘ovale, oblique, blanche et composée de couches, dont les plus nouvelles sont encore comme membraneuses. Voyez B, fig. 3. Cest donc un mollusque de plus à coquille cachée, et une nouvelle preuve qu'on ne doit point diviser cette ‘classe en mollusques nus et testacés, comme font fait des auteurs très-récens. Il faut encore remarquer que le bord du manteau est ün vs échancré en avant en dessus des tentacules:
Organes de la circulation et de la respiration.
A cet égard, la phyllidie à plus de rapports avec la tritonte; et le pleuro-branche en a davantage avec Taplysie, et ces rapports tiennent uniquement à la position delorgane pulmonaire : placé également des deux côtés dans la phyllidie comme dans la tritonie , il appeloit le cœur au milieu du dos; placé au côté droit dans 4 pléuro-branche, ilattiroit le cœur de ce côté-là.
Le cœur de la phyllidie, À, fig.5 ,a, est donc longitudinal
au milieu du dos; il a son oreillette b derrière lui, est enveloppé de toute part de son péricarde €, et recoit le sang des branch'es par deux veines semblables, d, d, lune à droite et l'autre à gauche. Il n’en sort qu’une arière, e, qui se dirige d'abord en avant, et c’est par des veines situées latéralement que le sang retourne aux branchies. La ressemblance de ce système circulatoire avec celui de la tritonie est complète. Dans le pleuro-branche , le péricarde occupe la partie. antérieure. L’oreillette, B, fig. 4,b, s'élargit. à droite pour sy étendre tout du long dela base des branchies. Le cœur a, dirige sa pointe vers la gauche, et il en sort trois grosses artères ; l'antérieure, c va aux parties de la bouche et de la génération. La postérieure ; d , au foie et à estomac; la mitoyenne e, aux parties, du pied, du moins autant que j'ai pu la suivre.