‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 39 sur 107 · Les branchies et leurs vaisseaux · texte numérisé non relu

Les branchies et leurs vaisseaux

Les branchies floitent sous ce couvercle ; et le cœur, enveloppé de son péricarde, est situé sous la partie antérieure, en avant de la glande dont je viens de parler. Les branchies sont attachées aux deux faces d’une membrane qu’on peut comparer à un croissant coupé par le milieu,.et dont la ligne de section seroit aussi celle d’attache.

Le long du bord concave de ce demi-croissant règne le vaisseau qui apporte le sang du corps aux branchies , et, le long de son bord convexe, celui qui le porte des branchies au cœur.

Les branchies elles-mêmes sont des feuillets placés transversalement sur les deux faces du croissant. Chaque feuillet, après s’être divisé deux ou trois fois dichotomiquement, en a d’autres plus petits, placés de même sur les deux siennes, et ainsi de suite jusqu’à une petitesse que l’œil nu ne peut plus apercevoir. Les subdivisions artérielles et veineuses sont dans le même ordre et le même nombre que ces feuillets.

Lesartères branchiales qui viennent du vaisseau situé lelong du bord concave de la membrane, en croissant, règnent le long du bord superficiel de chaque feuillet. On les enfle aisément en soufflant dans ce grand vaisseau. Les veines règnent au bord de chaque feuillet voisin du bord convexe de la membrane

générale. Leurs embouchures dans la grande veine commune de toutes les branchies se font d’une manière curieuse : pour les voir, il faut fendre le bord convexe du croissant dans toute sa longueur , et poursuivre la fente sur son attache. On ouvre ainsi toute cette grande veine, et on aperçoit les embouchures des veines particulières, disposées en cercles, et faisant comme des fleurons, placés entre chaque paire de grands feuillets latéraux. ( Voyez pl, IT. fie. 2.)

L’artère branchiale, qui sert aussi, si l’on veut, de veinecave, puisqu'il n’y a pas de ventricule droit, est autrement disposée. ( Voyez pl. T, fig. 1.) Sa structure est mème peutêtre le fait le plus extraordinaire que la physiologie des mollusques m’ait encore offert.

Après avoir reçu, ou plutôt avant d’avoir donné les artères particulières des feuillets par plusieurs trous semés sans ordre, elle reste quelque temps lisse et entière; mais une partie se courbe à gauche derrière l’attache de l’opercule, et une autre à droite, vers la base du rebord saillant de ce côté. Ces deux branches se portent ainsi en avant, et prennent subitement une texture bien singulière. Leurs parois se trouvent formées. de rubans musculaires transverses et obliques, qui se croisent en toutes sortes de sens, mais qui laissent entre eux des ouvertures sensibles à l’œil, et encore «plus à toutes les espèces d’injections, et qui établissent une communication libre entre ces vaisseaux et la cavité de l’abdomen; dé manière que les fluides contenus dans celui-ci pénètrent aisément dans ceux-là , et réciproquement. L’extrémité antérieure de ces deux gros vaisseaux ou de ces deux veines-caves se confond même absolument avec la grande cavité générale ; quelques rubans musculaires , éloignés les uns des autres, et

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qui n’interrompent nullement la libre communication , sont les seules limites apparentes qui distinguent ces veines de la grande cavité abdominale. |

Cette communication est si peu d’accord avec ce que nous connoissons dans les animaux vertébrés, que j'ai voulu long-temps en douter; et même, après l’avoir fait connoître à l’Institut il y a quelques années , je n’osai pas d’abord faire imprimer mon Mémoire, tant je craignois de m'être trompé ; enfin je suis obligé de céder à l’évidence ; et dans ce moment, où je peux disposer d'autant de laplysies qu’il me plaît, je viens de m’assurer, par toutes les voies possibles,

1°, Qu'il n’y a point d’autre vaisseau pour porter le sang aux branchies, que ces deux grands conduits musculaires et percés que je viens de décrire ;

2°, Que toutes les veines du corps aboutissent médiatement ou immédiatement dans ces deux grands conduits. .,

Or, comme leur communication avec la cavité abdominale est évidente et palpable, qu’on les appelle veines-caves ; ‘ou cavités analogues au ventricule droit, ou enfin artères brachiales, car on voit qu’ils remplissent les fonctions de ces trois organes, il résulte toujours que les fluides épanchés dans la cavité abdominale peuvent se mêler directement dans la masse du sang, et être portés aux branchies, et que les veines font l’office de vaisseaux absorbans.

Cette vaste communication est sans doute un premier acheminement à celle bien plus vaste encore que la nature a établie dans les insectes où il n’y a pas même de vaisseaux particuliers pour le fluide nourricier; et nous en avons déja un vestige dans les mollusques céphalopodes, où , comme

D'HUL S TOUR EH N ATUREL TE. 304 je lermontre à leur article, certains corps spongieux portent aussi le fluide abdominal dans la veine-cave.

C’est d’après ces faits que j'ai pensé que Le système absorbant cesse entièrement dans les mollusques, et à plus forte raison dans les animaux situés au-dessous d’eux dans l’é chelle

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