‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 4 sur 107 · ET SUR LEUR ANATOMIE · texte numérisé non relu

ET SUR LEUR ANATOMIE

Die en grandeur tous les autres mollusques de nos mers , frappant les yeux par des formes bizarres , compliquées , et qui n’ont point leurs pareilles dans le reste du règne animal, fournissant un aliment, sinon agréable, du moins abondant; se fesant remarquer enfin par cette liqueur noire que la nature leur a donnée, comme principal moyen de défense , les seiches , les calmars, et les poulpes ont dû de bonne heure être observés par les pêcheurs et attirer l'attention des PASS. : aussi Aristote per -il avoir connu leur histoire * et même leur anatomie , à un degré vraiment étonnant ; les modernes n’ont Ra rien ajouté à ce qu'il a dit de la première, et l’ont peu trouvé en défaut sur la seconde.

Pendant près de deux siècles aprés la renaissance des lettres, onse borna à-peu-près à copier Aristote, et Swammerdam fut un des premiers qui s’occupèrent de compléter ce qu’ilavait dit. On trouve vers la fin du Biblia Naturæ, une lettre de ce grand anatomiste sur la seiche, adressée au cé-

lèbre Redi, où ilen décrit, avec beaucoup de soin, les parties

* De Hist, An. Liv, ce, retc.8; 1. v,c. 6et18; Lwr,c.r3; L vur;c.2et30; : # 1x, c: 36. De Part. An. Liv, c. 9.

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extérieures et la langue , un peu moins exactement les viscères et les nerfs, et d’une manière tout-à-fait fausse les organes de. la NE HN M

Plusieurs années après, Alexandre Monro, LRU sa Phÿ- ‘

siologie des Poissons, donna l'anatomie du Ho où il rectifia ce que Swÿammerdam avait dit d’erroné sur les cœurs à et où il ajouta encore plusieurs faits importans à ceux qu'avait fait connaître l'observateur hollandais ; nommément l’absence de chambre antérieure dans l'œil, celle dela veine porte, la présence des pierres de orale etc. 1] y proposa cependant aussi quelques hypothèses He rdées.

Plus récemment encore, M. Scarpa, dans son Traité des Organes de l'ouie et de l’'odorat, publia, sur l’oreilleet sur les nerfs de la seiche, des détails précieux et dignes de cet excellent anatomiste, sauf de légères erreurs surle cours des nerfs.

M. Tilesius, CHAN. a donné depuis peu, dans le Magasin anatomique d ps , deux longs Mémoires, ee sur les céphalopodes en général , et sur leurs parties dures, notamment sur la structure de l’os dé la seiche ; l’autre sur le système nerveux de la seiche en particulier, où il s’est aussi glissé plus d’une erreur.

Mais personne que je sache n’a disséqué le poulpe, ou du moins personne n’en a fait l’objet d’un traité spécial ; c'est pourquoi je le prends pour type de cette classe de mollusques , et pour objet principal de mon travail.

Chacun sait que Linnæus avait réuni tous les céphalopodes nus , en un seul genre , nommé sepia , et que Scopoli et M. de Lamark ont rétabli la division , anciennement indiquée par Aristote, en poulpes, seiches et calmars. Ges

mollusques forment, en effet, trois groupes, auxquels

le poulpe commun (sep. octopodia L.), la seiche (s, offici-

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deux derniers ont, AS huit pieds, deux organes de mouvemens beaucoup plus longs, munis de ventouses à leur extrémité seulement, qui paraissent leur servir d’ancres pour se maintenir pendant les’tempètes , et d’instrumens pour accrocher au loin leur proie. Leur corps est bordé de nageoires , et dans la chair de son dos est enchassée une partie dure, calcaire dans les seiches et cornée dans les calmars. Le premier groupe, celui des poulpes, n’a point les longs tentacules , ni les nageoires ; et son dos ne contient que deux petites pièces cartilagineuses, qui sont loin d’en garnir toute la longueur. Ces différences dans l'organisation, en nécessitent dans le genre de vie. Les

poulpes , qui ont de longs pieds et le corps rond et petit,

marchent aisément. Il viennent souvent à sec, cherchent les endroits rocailleux et inégaux; cependant ils sont aussi

d’excellens nageurs, et en redressant et rapprochant su-

bitement leurs pieds , ils se meuvent dans l’eau avec ra- P ;

pidité , portant toujours leur sac en avant et leur tête en

arrière. Les seiches et calmars, dont le corps est long et pesant à cause de l'os, et les pieds très-courts, préfèrent le fond ‘de la mer, etne vont guère qu’à la nage , pour laquelle ils n’ont même que des organes médiocrement appropriés ; ils perdent à terre la force et le mouvement. C’est la briéveté des pieds qui leur a rendu un autre organe

nécessaire , et qui a exigé ces longs tentacules , nommés

bras , dont les poulpes n’avaïent pas besoin, à cause de la longueur de leurs pieds. À

Tous les céphalopodes se nourrissent de coquillages , d’écrevisses, de crabes, etc. ; ils les enveloppent de leurs longs bras, semblables à des serpents; les serrent avec leurs

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ou À MÉMOLTRE NN dl le ventouses ; leur Gtentytout mouvement et se rendent ainsi maîtres d'individus souvent plus grands qu'eux; les cui-

rasses si dures, et souvent épineuses des crustacés, ne ré-

sistent point à leur bec tranchant, etils ne s’effrayent guère

des serres si fortes , et si bien garnies de dents, de ces animaux. Le poulpe, sur-tout, est en horreur sur nos côtes de la Manche, à cause de la destruction qu'il fait, pendant l'été, des crustacés les plus recherchés; à peine les pêcheurs peuvent-ils alors trouver des homards ou des crevettes dans les lieux rocailleux; et presque tout ce qui échappe au poulpe, reste plus ou moins mutilé.

. Ce céphalopode n’est pas sans danger pour les nageurs; il est trés-vrai qu'il entortille quelquefois leurs jambes, et les fait périr en empêchant leurs mouvemens ; mais nous croyons devoir ranger parmi les fables tout ce que l’on a dit de poulpes , assez grands pour dévorer les hommes; à plus forte raison les récits extravagans renouvelés des auteurs du moyen âge, où il est question de poulpes grands comme des îles ou des montagnes.

Une particularité remarquable des céphalopodes , est cette encre dont ils obscurcissent l’eau qui les entoure, à la moindre apparence de danger, ou même simplement pour se cacher aux yeux des animaux dont ils veulent faire leur proie. Cette liqueur, dont je décrirai les organes, est du même genre que la véritable encre de la Chine, et peut en tenir lieu. Swammerdam l'avait déjà soupçconnée pour l'encre de la seiche ; et, en effet, chacun sait qu’on la prépare aujourd’hui en Italie, de sorte qu’elle ne diffère de celle de la Chine, que parce qu’elle est un peu moins noire. M. Bosc assure avoir oui dire que les Chinois font la leur avec l'encre du sepia rugosa ; j'ai vérifié, par l’ex-

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périence, que celle du poulpe et du calmar en approche plus que celle de la seiche. On l’exprime du tissu cellulaire qui la contient dans un état de bouillie un peu épaisse ; mais elle se délaie dans l’eau, et en teint, enuninstant, un volume très-considérable. ARGU dans un vase, elle s’y he. sèche en peu d'heures, et s’en détache en écailles, semblables à celles de l’encre de la Chine ; je m'en suis servi pour dessiner les planches de ce Mémoire. Il serait facile d’en faire une petite branche d'industrie, sur-tout: sur les côtes où ces animaux sont très - abondans. Comme la bonne encre de la Chine est assez chère, et que son usage augmenterait si le prix venait à en baisser, on pourrait espérer quelque profit de ce genre de travail.

Les céphalopodes ont tous les sexes séparés , mais on ne leur a point reconnu d’organes propres à l’intromission; et si, comme quelques-uns l’ont avancé, la ponte est précédée d’embrassemens , et d'approghes entre les males et les femelles , ce ne.sont, à coup sür, que des moyens eritans ; comme V EP des grenouilles ; d'autant qu'on sait que le mâle asperge de sa laiteles œufs déjà pondus.

Ces œufs ont des formes singulièr es,.et différentes selon les espèces ; ils sont ordinairement réunis en grappes, par un enduit commun, gélatineux et transparent dans les calmars; opaque et corné dans les seiches, oùles grains, ronds et séparés, ressemblent tellement à ceux du raisin, que les pêcheurs leur ont presque par-tout donné le nom de raisin de mer. | set |

Quant aux êtres singuliers qui se trouvent, à certaines

‘époques, dans la laite, et que les observations de Needham

ont rendus si célèbres . nous y reviendrons en traitant des organes de la génér MH

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… pu Pourpre.

$-L.— Des parties extérieures, et. de leurs différences selon les espèces. »

Le corps du poulpe a la forme d’une bourse ovale, ou

“arrondie, ouverte par devant, Comme une gibecière , et

continue par la partié postérièure ou dorsale, au cou et à la tête; en sorte que, par derrière , la tête n’a pas l'air de

‘sortir du sac, comme dans la seiche et le calmar.

Cette tête n’est pas plus grosse que le cou, et de substance assez molle. Lies yeux sont à sa partie postérieure; leur iris est doré ; l'ouverture de la BARRE AA en rectangle tédBitäidinal.

Le sommet de la tête s’évase en cône renversé, obtus, et se divise en huit pieds presque égaux et fort longs; dus l'individu que j'ai décrit, ïls avaient un pied et demi de longueur, etdix-buit lignes dediamètré à leurbase. Ces bases sontréunies parune mémbhrane quis’étendä quelquespouces, et fait le même effet que celle d’entre les doigts des canards. Les pieds se terminent en pointe très-déliée, et sont susceptibles de toutes sortes de mouvemens et d’inflexions. Leur face supérieure ‘est garnie de deux rangs de sucoirs, qui vont én diminuant ét se rapprochant ee de la LUE à la pointe. Auprès de la bouche, il n’y en a qu’un seul rang de trois ou quatré sur chaque pied. On compte en tout environ deux ‘cent ‘quarante sucoirs sur chacun.

Ce sont ‘des disques orbiculaires, plats, sillonnés en rayons , à surface grenue et rude au toucher, percés dans

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leur milieu d’une petite osverture; les disques sont immeé- diatement appliqués sur la peau, et non portés sur des éminences ou des pédicules, comme dans le calmar et la seiche. Nous verrons plus bas leur organisation interne.

Au centre des pieds est la bouche, ouverture circulaire de quelques lignes de diamètre , entourée d’une lèvre charnue, sous laquelle on aperçoit le bec.

À l’orifice de la bourse , en, avant du cou “et sous la paire antérieure des bras est l’'entonnoir ; organe charnu j conique , et ouvert aux deux: bouts ; il sert de bassin ou de cloaque ; et comme l’animal marche toujours le corps en haut, l’encre, les excrémens, et la laite, sont transmis au-dehors par l’entonnoir, sans salir aucune partie exiérieure. | |

Toutes ces parties sont revêtues d’uné peau très-lâche, épaisse, pointillée de brun. Un lacis de vaisseaux y forme par-tout des aréoles de diverses grandeurs; une liqueur rousse épanchée dessous, y produit des taches de même Couleur , qui changent de situation à chaque instant ; le dos ,-et la face externe des pieds sont plus constamment roux que les parties opposées. |

Tel est le poulpe le plus commun le long de nos côtes; mais il en existe quelques autres qui ontété bien distingués par M. de Lamark : le premier, le poulpe granuleux , a le corps plus grenu ; les bras moins longs à proportion, et garnis seulement de quatre-vingt-dix paires de suçoirs. Les deux autres n’ont qu’une seule rangée de suçoirs sur chaque pied; caractère qu'Aristote avait déjà parfaitement saisi , distinguant , par le nom d’élédons, les espèces qui en étaient pourvues.

8 k MÉMOIRE.

. IT. — /ntérieur de la bourse.

Si l’on fend longitudinalement la bourse par un côté, on voit que la peau se réfléchit en s’amincissant , pour en tapisser l’intérieur, jusque vers son milieu , où elle revient sur la masëe des viscères , et jusqu’à l’entonnoir; on apercoit, des deux côtés de la base de l’entonnoir, une calotte (kk. fig. x, pl. L. ) qui ferme cette partie de la bourse, et empêche que rien ne puisse sortir ni entrer que par l’entonnoir. On observe que la masse des viscères, ainsi enveloppée de la peau, adhère à la bourse, 1°. par le fond; 2°. à son bord postérieur derrière le cou; 3°. par une bride longitudinale charnue 6. :b., sous le bord antérieur ; 4°. par deux brides latérales également charnues f. f. tb. On est frappé par les deux branchies mn.m.1b., en forme d'arbres pyramidaux; situées de chaque côté entre la bourse et les viscères, adhérentes par les troncs de leurs gros vaisseaux à la masse des viscères, et par un de.leurs côtés à une bande charnue 71. n. 1b:, qui , elle-même, est suspendue à la bourse parson bord postérieur. Un petit faisceau charnu part de la base du gros vaisseau antérieur, et s’épanouit sur l'enveloppe des viscères 0.0. On distingue deux piliers charnus et saillans e. e., qui partent des côtés de la base de l’entonnoir, et vont se terminer dans l’angle entre chaque branchie et la masse des viscères.

L’enveloppe générale de la masse des:viscères est percée dans la femelle de cinq, etdans le mâle de quatre ouvertures, qui donnent dans la cavité de la bourse. La plus élevée donne méme dans l’entonnoir; c’est l’anus p. Lesdeuxsuivantes gq.,

placées aux côtés de la bride charnue antérieure, sont pro< pres à la femelle, et servent d’orifices aux oviductus. Chacun d'eux est:muni d’un faisceau charnu s*5., qui s'étend sur l’enveloppe générale des viscères , comme, celui du gros tronc branchial antérieur. Au lieu de ces deux orifices , on voit dans‘le mäle une proéminence conique charnue , percée à son extrémité, et située plus profondément du côté gauche près de Ja AUS charnue antérieure. Les deux dernières ouvertures r'. r., placées à la base des. pédicules ou gros troncs antérieurs des branchies,: donnent chacune dans une cavité séparée, qui contient les principaux troncs veineux, et sur laquelle nous reviendrons; mais avant d’en parler, ainsi que de ce qui concerne les viscères en général , il est nécessaire.-que nous décrivions l’ensemble du système musculaire, qui forme en quelque sorte la charpente de tout le corps..

(. IL — Système muscularre.

On doit distinguer dans les organes musculaires du poulpe, 1°. les pieds; 20. la bourse; 3°, la tunique charnue qui envsleppe le foie et l’œsophage; 4°. les muscles qui joignent à la bourse, la tête et les pieds; 59. l’entonnoir et ses muscles; 6°. quelques petits muscles des organes par tuculiers.

1°. Chaque pied doit être considéré comme un long cône, dont la base, au lieu d’être un cercle plan, s’alonge en une sorte de bec de flûte, pour $unir avec les bases des pieds voisins. Les pointes de tous ces becs de flûtes se réunissent autour de l’œsophage, et sy fixent au petit

To * MÉMOIRE

cérele de Farneau cartilagineux qui renferme le cerveart et les oreilles. Ils s’élargissent én restant serrés l’un contre Pautre ét entrelacant mutuellement leurs fibres en rubans évoisés} et entourent ainsi ung cavité presque sphérique, dans laquelle est logée la masse charnue de la bouche; pärvérius autour de louverture extérieure dé la bouche, leurs masses s’écartent pour former les pieds; mais la partie distincte du pied, sur laquelle portent les ventouses , est continue de substance ‘avec cetté base én bec dé flûte ; qui s’anit.à ses pareilles pour entourer la bouche.

Chaque pied a son axe percé d’un long 6éanal pour de Jogement du nerf et de l'artère; si on le coupe transversalement, on distingue sur sa tranche, au milieu, un espace rhomboïdal de substance presque homogène, dont on remarque cependant que les fibres sont raÿonnantes, au centre duquel passe le canal ; et à la circonférence quatre segmens rentrans de cercle, striés fortement en rayons; mais quand on coupe ce même pied longitudinalement, on s’apercoit que ces stries ne sont que des coupes de plans longitudinaux de fibres : le tout est enveloppé d’une double tunique mince, l’intériéuré à fibres longitudinales, l'extérieure à fibres annulaires.

Tels sont les muscles intrinsèques de chaque pied. Il est aisé de voir que, pareils à ceux d’üne langue de mammifère , ils doivent pouvoir l’allonger, le raccourcir, le courber et le fléchir dans tous les sens imaginables. Les pieds ont en outre plusieurs sortes de muscles extrinsèques:

Nous ne parlerons, pour le moment, que de ceux de la membrane qui réunit leurs bases. Il y en a deux couches transverses. L’externe naît d’une ligne blanche le long du dos de chaque pied ; l'intérné des côtés des mêmes pieds, entre

les attaches des muscles des ventouses, Ces deux couches arrivées au milieu de l’espace d’entre les. deux pieds, y “eroisent une partie de leurs fibres, en sorte que celles qui viennent du Hdi se terminent en dedans , et réciproque ment.

fl y à en outre une couche de fibres longitudinales un peu oblique; elle est toute extérieure et vient aussi de la ligne blanche du milieu de chaque pied. On voit les couches ébliques en xx, fig. ret2, pl. I, et phiaie des transverses en ÿY; fig. 2 ét3!

Ces trois couches, en rétrécissant la membrane de la base des pieds, les iSpéochent l’un de l'autre ou les réunissent tous en un faisceau. Elles sont très-utiles à la natation. ,

Les faces supérieures où internes des pieds portent les ventouses. Chaque ventouse est en forme de petite demisphère creuse; sa substance est composée des fibres qui vont de sa facé concave à sa face convexe. Elle est munie en outre d’un appareil de fibres extrinsèques, qui, après en avoir embrassé la gorge, s'écartent en cinq ou six faisceaux pour se fixer à la surface du pied, en s’entrelacant soit avec les faisceaux des ventouses voisines, soit avec les fibres ee la couche interne de la membrane d’entre les pieds. | La bourse a pris son nom de sa : confoimatton qui est exactement celle d’une bourse ou d’un sac peu allongé. Sa substance est charnue et si homogène, qu'on a peine à distinguer ses: fibres; °cependant, à l'extérieur, elles sont sensiblement longitudinales; à l'intérieur transversales, et il paraît que dans l'épaisseur de sa substance, il y en à qui vont d’une face à l’autre.

12 ï MÉMOIRE

On doit sur-tout remarquer dans la substance de la bourse, les deux cartilages en forme de stilets, qui occupent la moitié inférieure de chaque côté du dos, et & sont, dans cetanimal , la seule représentation de l'épée du calmar et de l’os de la seiche. C’est des parois des cavités membraneuses qui les renferment , que les fibres dela bourse semblent plus particulièment prendre leur origine. Leur place est marquée pl. IV, f.1,.h. h.

La tunique charnue qui enveloppe le foie et l'œsophage (a. a. fig. 2, pl. TL; et fig. 1 , pl. Il; z, f. 1, pl.IletIV), naît de toute la face inférieure de l'anneau cartilagineux de la tête, et occupe tout l’espace situé derrière l’entonnoir et même plus bas, où elle forme un anneau étroit que tra-

verse le cardia 2’ 2”, pl. IV, f. 1. Sa partie la plus épaisse.

vient de derrière la tête entre les yeux; mais elle est renforcée en divers endroits par plusieurs piliers charnus qui lui arrivent soit des pieds ; soit de la bourse, et qui servent à unir la bourse, et ce qu’elle contient, avec la masse de la tête et des pieds. 7

Nous allons indiquer:séparément chacun de ces fais- CEaux.

10, Îl part au-devant de chaque œil, et de la base externe du pied voisin, c’est-à-dire de l’antérieur-externe, un gros der: dont une partie s’épanouit sur la tunique, tandis que l’autre se porte en avant, traverse-sous la base postérieure de l’entonnoir, s’unit à son congénère après avoir entouré avec lui l'ouverture de l’anus, et ils forment ensemble la bride antérieure qui die la bourse à la masse viscérale. Voyez bb, fis. 1 et2,pl. EL:

2°, Ce grand pilier est lui-même renforcé, à quelque distance de son origine, par un autre.pilier qui vient du pied

antérieur mitoyen, et se bifurque avant de s’y réunir. co | Ji 2.

3°. La tunique charnue recoit directement de ce même pied antérieur mitoyen, sous le gros pilier dont nous avons parlé d’abord, un doble faisceau. dd, pl. IE, f. 7.

4°. Entre ces derniers, elle en recoit encore de chaque côté un petit qui vient de l’anneau cartilagineux de la tête. ee, 1b. |

bo. Le gros pilier latéral de l’entonnoir est formé par un muscle qui part du stilet cartilagineux de chaque côté de la bourse, et qui, avant de se rendre à l’entonnoir, épanouit une partie de ses fibres sur le bas de la tunique charnue des viscères. ee, pl. I, f. x et 2.

6°. Un autre pilier, de chaque côté, part de la pointe supérieure du stilet cartilagineux , marche le long du bord interne du ganglion latéral, et va former la bride latérale qui joint la bourse à la masse viscérale. IL se perd sur le côté et vers le haut de la tunique charnue. ff, fig. 1 et 2, pl. 1; kk, fig. x4 pl. IV:

Eu: bord postérieur de louverture de la ed sous les muscles qui l’unissent à la tête, donne trois petits faisceaux, dont un impair (7°.) monte vers le haut de la tunique entre les yeux, et les deux latéraux (80.) y aboutissent directement en travers; enfin, en dehors de ces derniers , il y en a encore un de chaque côté (9°.) qui se porte vers la partie de la tunique située en avant de chaque œil, près du gros pilier, n°. 134,1, k, fig. 3, pl. I.

Outre ces muscles qui joignent la tête ou les pieds à la bourse, par l'intermédiaire de cette tunique charnue des -viscères , il en est un grand qui unit immédiatement la.

bourse aux pieds; il naît de tout le dos de la bourse, enveloppe toute la partie postérieure et latérale de ce qu’on pourrait appeler le col, laisse de chaque côté une ouverture pour l'œil, et se partage dans le haut en cinq faisceaux, eux-mêmes subdivisés chacun en deux, et s’insérant aux faces latérales des six pieds latéraux et postérieurs, sous la couche transverse externe des fibres de la membrane interpédale.

Le faisceau le plus externe est attaché moins profondément et plus à la face dorsale du pied que les autres. gg, fig. ret2, pl. L

On comprend aisément, et sans que nous l’expliquions en détail, comment ces divers faisceaux peuvent changer dans toutes sortes de sens , par leurs contractions, les rapports de position de la bourse avec la tête, et par conséquent avec les pieds, considérés en masse.

Il ne nous reste à parler que des museles de l’entonnoir.

L’entonnoir lui-même est musculaire; sa substance est semblable à celle de la bourse. Des côtés de sa base partent deux grands piliers charnus qui descendent en arrière, et aprés avoir contracté une union intime avec le pilier n°, 1, vont s’insérer à la bourse le long de la partie inférieure du stilet cartilagineux. À ces mêmes côtés de la base de l’entonnoir, s’insèrent deux muscles venant du bord postérieur de la bourse sous le grand muscle qui attache ce bord aux pieds; ils forment ces calottes concaves vers la bourse, et qui la bouchent aux côtés de l’entonnoir. kk, fig. .x et2, pl. TI. |

Deux autres paires de muscles s’insèrent à la base posiérieure de l’entonnoir , et rapprochent cet organe de la

SUR LÉ POULPE. 15 tête. La paire mitoyenne est grêle et vient de l’anneau cartilagineux de la tête, dans la partie moyenne antérieure. m.f.2; pl. L.

La paire latérale naît de chaque côté sous l’ œil, par des fibres Re . à la tunique charnue. n, 16.

(. IV. — Grandes cavités veineuses, et péritoine.

Les ouvertures de l’enveloppe générale des viscères, situées le plus près des branchies, rr, fig. 1, pl. L, donnent chacune, comme nous l'avons dit, Do une Sud cavité qui s'étend sur toute la moitié du devant de la masse viscérale, depuis la bride charnue antérieure jusqu’au fond de la bourse. Une cloison membraneuse sépare la cavité droite de la gauche; l’une et l’autre est tapissée par une membrane muqueuse qui est une production rentrante de la peau, et c’est dans l’intérieur de ces deux cavités que sont situés tous ces corps spongieux adhérens à la veine cave , et communiquant dans son intérieur, que nous décrirons par la suite; en sorte que ces corps spongieux com- . muniquent avec l’élément ambiant, et que l'on peut être porté à croire qu’ils forment des espèces de poumons.

Nous donnerons aux deux grandes cavités qui les contiennent, le nom de cavités veineuses.

C'est derrière ces deux grandes cavités qu'est situé le péritoine qui comprend tous les viscères ; il esi cependant divisé en plusieurs loges; l’une qui commence sous la tête et s'étend jusqu’à la hauteur du milieu des branchies, contient l’œsophage , les glandes salivairés inférieures, le jabot et toute l'aorte supérieure.

Au-devant d’elle, mais commençant un peu plus bas; en est une autre qui contient le foie et la bourse du noir. Ces deux poches sont enveloppées en commun par la tunique charnue que nous avons décrite, laquelle, en se refermant vers le bas, y forme une espèce de diaphragme percé d’un trou pour le jabot, d’un autre pour l’aorte, et de deux pour les canaux biliaires. Voyez pl, IV, f ty

ue

en £ 2.

On pourrait donner à ces deux poches le nom de thorachiques.

Plus profondément viennent les ROËRES abdominales ; savoir, une immédiatement sous la première, pour le gé- Zier; une seconde siluée derrière la cavité veineuse gauche pour l'estomac spiral; une troisième derrière la cavité veineuse droite, eten arrière plus profondément, contenant la plus grande partie du canal intestinal; et une quatniéme dans le fond de la bourse réservée à or gane de la génération ; enfin chaque cœur a sa poche particulière.

Il US quelques débris de la poche du gézier et de celle de l'estomac spiral en mm, fig. 1, pl. I,

$. V. — Des organes de la circulation et de la respiralion.

°, Des Veines,

Autour de la tête, au-dessus des yeux, règne un cercle veineux irrégulier, vvv, fig. 3, pl. I, qui recoit des branches ww des intervalles de tous les pieds, sous la

SUR'LE POULPE: 17 couche musculaire éxterne de la membrane qui les unit: Les deux côtés du cercle se réunissent sur lé devant de la tête, derrière l’entonnoir, en un tronc commun z, fig. 1, pl. IL, qui descend au-devant de la tunique charnue du foie, et au côté gauche du rectum, et se loge dans la bride antérieure de la bourse, et dans la cloison qui sépare les deux cavités veineuses jusqu'aux déux tiers de la profondeur de la bourse où il se bifurque en @, pl. IE, f. r.

Les deux branches du Getele veineux de la tête entrent dans le tronc commun d’une manière oblique, et leur orifice y est accompagné d’une forte valvule semi-lunaire. aa, fig. 2, pl. A.

Derrière l’entonnoir le tronc recoit les veines de l’entonnoir même, 1, 1, fg. 1, pl. Il; un peu plus bas il lui en vient de la face antérieure du foie, 2,3, 1b.; plus bas encore il en recoit une de la bourse au travers de la bride musculaire antérieure, 4, 1.

Immédiatement après la bifurcation, chaque branche en reçoit une presque de même force qu’elle, qui a cela de remarquable qu’elle s’y rend sous un angle entièrement contraire à la direction du sang. |

La branche accessoire du côté droit, 5, b., qui s’enfonce promptement en arrière, lire ses rameaux du bas du foie de ce côté, et des circonvolutions voisines de lintestm; il lui en vient aussi un du testicule ou de l'ovaire; celle du côté gauche, 6, ib., et fig. 3, pl. IL, qui monte un peu plus,» et resie plus en avant, tire ses rameaux du côté gauche du foie, de l’estomac, et des parties voisines de’ l'œsophage.

La branche principale, de chaque côté, descend encore un peu, se recourbe en dehors, et remonte pour se ter-

16 + MÉMOERE:

miner dans le cœur latéral ou branchial de chaque côté.

Outre cette grosse branche , Poreillette de chaque cœur latéral reçoit une autre veine, 7, 7, fig. 1, pl. ILE, et fig. 3, pl. IE, qui a deux branches, et quiamène le sang des parties latérales de la bourse, et du ligament charnu qui porte la branchie. Cette oreillette est même plutôt le sinus de ces deux veines , qu’une oreillette véritable ; il faut dire, cependant, que sa partie, qui recoit les veines de la bourse et du ligament , est bien garnie de petites colonnes charnues.

Ainsi, tout le sang veineux des diverses parties du corps aboutit à ces deux cœurs latéraux , qui le transmet tent aux branchies.

2°. Des Corps spongieux adhérens aux quatre grosses: veines.

Les deux branches principales dans lesquelles le tronc: veineux se divise, et les deux branches accessoires qui aboutissent à celles-là, traversent les deux cavités que nous avons appelées veineuses , ou plutôt. font saillies dans leur intérieur, en restant cependant couvertes par leur tunique muqueuse. Dans tout cet intervalle, elles sont garnies de corps de Fespèce la plus singulière, marqués xx, fig. x et 3, pl. Il, et fig. 1, pl. IE, d'apparence spongieuse., de couleur jaune, répandant , quand on les presse, une mucosité opaque et jaunâtre ; et, ce qu'il y a de plus extrordinaire et peut-être d’unique , communiquant par des trous fort ouverts dans l’intérieur des veines auxquelles ils adhèrent. Voyezu,u,uw, fig.3, pl. W. Les canaux courts où ces trous donnent, sont eux-mêmes percés d’autres

trous fort nombreux , et ainsi de suite ; en sorte que chaque corps spongieux est creusé intérieurement d’une infinité de vaisseaux courts, donnant tous les uns dans les autres, et définitivement dans la veine. Commeil est impossible que ces vaisseaux ne soient pas aussi remplis de sang, on peut, si on le juge à propos, les considérer comme des veines ; mais leur étendue, comparée aux très -pelites artères des corps spongieux, ne permet pas de croire qu'ils n'ayent autre chose à faire que de rapporter dans le torrent veineux le sang fourni par cesartères. Il est donc beaucoup plus probable que ce sont ou des diverticules dans lesquels le sang veineux aurait à se subdiviser, pour éprouver, au travers des parois du corps spongieux, l'influence de l'élément ambiant; ou, ce qui reviendrait au fond à-peuprès au même, des canaux excréteurs, par lesquels le Corps spongieux verserait dans la veine quelque substance qu'il n’aurait guère pu lui-même extraire que de cet élément ambiant ; ou, enfin, des émonctoires , par le moyen desquels le sang se débarrasserait de quelque principe qu'il verserait au-dehors par les pores et les replis extérieurs des corps spongieux. Cette dernière idée prend assez de vraisemblance , par cette abondante mucosité jaunaätre que les corps Spongieux répandent si tôt qu’on les presse. Quoi qu'il en soit, il est certain que la communication, entre l'intérieur de ces corps et le dehors, ést très-ouverte; car, en soufflant ou en injéctant la veine, l'air ou l'injection passe très-aisément dans la cavité veineuse que cette Veiné traverse ; et, réciproquenient , en souflatit dans la cavité,

par son HT extérieur, il'arrive assez souvent que la veine se remplit d’air. :

20 IMEMOTRE:

ED t: Des Cœurs latéraux.

Chaque cœur latéral 9,0, fig. ret2,pl.I, fig.1et3, pl. A1, et fig. 1, pl. TIT, est situé à la base de la dl chie son côté ; sa forme est à-peu-près celle d’une poire arrondie versé. Pestrée de la veine, rétrécie à la sortie de l'artère; sa Substance est assez épaisse et d’une couleur noirâtre , qui lui est particulière ; sa solidité est médiocre; et son tissu semble plutôt cellulaire que charnu. Sa surface interne est creusée de beaucoup de petités cavités rentrant les unes dans les autres, 10, 10, fig. 3, pl. IL. L’orifice par où il recoit lesang veineux est garni de deuxlarges valvules 12,:0., à qui leur fonction et leur figure peuvent valoir, à juste titre, le nom de mitralés; mais il n’y a aucune valvule ni rien qui puisse en tenir lieu à l’origine de l'artère branchiale 13, 48.

4°. Des Branchies.

Elles se voient en place m fig. 1,pl. I, et fig. 1, pl. IT; détachées m, fig. 2, pl. 1, et fig. 1, pl. LI; les détails en sont exprimés dans cette dernière figure, et sur-tout dans la troisième de la pl. IL. Chaque branchie est suspendue à un large et épais ruban charnu À, qui lui-même tient à la bourse, par la peau qui les revêt l’un et l’autre, et par de la cellulosité. Elle se compose de deux rangs de feuillets branchiaux, tenant d’une part au ruban charnu par des pédicules a, a, et s’unissant de l’autreavec les feuillets du rang opposé; et comme les feuillets d’un rang ne sont pas opposés, mais alternes avec ceux de l’autre rang, chacun d’eux s’unit

SUR LE POULPE. ôt

toujours à deux feuillets de l’autre rang, et ils sont par conséquent tous unis ensemble par le bord de la branchie opposé au ruban charnu ; et le long duquel marche la veine branchiale #6. Chaque feuillet est lui-même garni transversalement de feuillets plus petits ce, et ceux-ci le sont encore, en sorte que la branchie totale est ce que les botanistes appellent tripinnatifide ; mais les feuillets particuliers ne laissent pas entre eux les mêmes vides que les feuillets généraux qui les portent. Je n’ai pas besoin de dire que tout cet appareil compliqué est recouvert par la peau générale qui pénètre dans les plus petites subdivisions. |

Entre le ruban et les pédicules charnus, qui portent les feuillets, marchent l'artère branchiale, qui portele sang qui doit respirer, 13, d.; l'artère qu'on peut appeler bronchique, et quifournitle sangqui doitnourrir, 14;laveine bronchique, quirapporte ce sang dans la veine cave, 7;enfin, le nerf branchial 8 , qui dérive lui-même du grand nerf des viscères. L’artère branchiale donne une branche à chaque feuillet qui marche le long du bord par lequel les feuillets regardent ceux de la face opposée , et qui se subdivise aux feuillets du deuxième et du troisième ordre. Ilenest demême du nerf branchial, mais la veine et l'artère bronchiques, outre les ramuscules qu’elles donnent aux feuillets, en fournissent aussi au ruban charnu qui les supporte tous.

Les veines branchiales naissent et se réunissent dans Vordre inverse des artères; mais la veine de chaque feuillet en sort par l'extrémité opposée ; et toutes ces veines particulières donnent dans la veine branchiale générale, 15, qui rampe entre les lobes extrêmes de tous les feuillets, le long du bord de la bränchie opposé au ruban charnu, et

9 MÉMOIRE après avoir traversé la cavité, aboutit au cœur du milieu: À cette veine branchiale adhère un ruban musculaire mince, 16, qui s’'épanouit sous la peau qui recouvre l’ensemble des viscères. Nous l’avons déjà vu eno0, 0, fig. 1, pl. L bo. Du Cœur du milieu.

On le voit en place, pl. IT, fig. x, pl. III, fig. x, pl. IV, fig. 1, toujours marqué 18; il est ouvert, fig. 4, pl. Il. Sa substance est charnue et blanche, etnon pas noirâtreet molle comme celle des cœurs latéraux. Sa forme est en demi-cercle, et sa convexité regarde le fond de la bourse. Il reçoit le sang des veines branchiales, 16, 15, à ses angles supérieurs, par deux ouvertures garnies chacune de deux valvules, dont le côté libre est tourné vers l’intérieur du cœur. Ses parois sont revêtues de cordons charnus, plus nombreux et plus minces, mais plus robustes que dans les cœurs latéraux,

et qui laissent entr’eux de légères cannelures plutôt que de vraies cavités,

Ge. Des Aritres.

Le sang sort du cœur mitoyen pour se rendre à toutes les parties, par üne grande artère que j'appellerai l'aorte, 19, et par deux petites.

L'une de celles-ci, 20, part de sa face inférieure, et se rend au testicule ou à l'ovaire, qui en sont très-voisins.

L'autre, 21, part de la face antérieure; elle donne de chaque côté de sa base un rameau mince et long , qui suit la grande veine branchiale du même côté ; ensuite elle se

partage en deux branches, dont l’une, 22, monte au-devant de la grande veine cave, et passe au travers de la bride antérieure , pour se distribuer à la substance de la bourse ; l'autre, 23, aboutit à l’un des replis de l'intestin , y donne l’une des principales artères intestinales, et fournit aussi quelques rameaux aux parties voisines du péritoine.

La grande aorte sort du cœur par la face postérieure à l’extrémité de son côté droit. Il y a à son origine deux valvules semi -lunaires. Elle se glisse d’abord en arrière et à droite dans la paroi péritonéale qui sépare la poche des intestins de celle de l’estomac spiral et de celle du gézier , monte le long du gézier , pénètre à droite du cardia, et par un trou particulier du diaphragme , dans la cavité qui est derrière le foie, et dans sa tunique charnue, et y monte le long du côté droit du jabot et de l’œsophage, jusque sous l’anneau cartilagineux de la tête.

Dès sa base, elle donne un rameau péritonéal ; un peu plus haut, elle en donne un autre qui se partage en deux branches, 24, 24, pour les deux côtés de la bourse , lesquelles s’y insèrent derrière les brides latérales inférieures. Elle fournit ensuite au gézier quelques rameaux , puis vers le cardia, une branche, 25, pour le haut de l'intestin et Les estomacs , et deux pour le foie, 26; elle en donne ensuite plusieurs petites au. renflement. du haut du jabot; enfin, étant sortie tout en haut de la poche de derrière le foie , elle se partage en deux branches, 27, fig. 2, 3et 4, pl. UE, qui forment un cercle entier autour de lœsophage , d’où les parties environnantes recoivent leurs artères, savoir, à partir de la bifurcation, deux petites, 28, 28 , qui traver+ sent l’anneau cartilagineux , et se rendent à la masse de la bouche et aux glandes salivaires supérieures; puis deux

grandes, 29, 29, qui, après être rentrées dans la poche de derrière le foie, aboutissent aux glandes salivaires inférieures, et après leur avoir donné des branches, s’unissent entr'elles par un rameau transverse qui fournit encore quelques ramuscules au jabot.

Les deux principales branches qui ont formé le cercle, s’étant rapprochées en avant , traversent ensemble un canal particulier de l’anneau cartilagineux de la tête, et étant arrivées entre les’ bases des pieds, pl. I, fig. 4, 30, et montées à quelque hauteur, chacune de son côté, prennent une direction transverse et rétrograde , 31, 31 , d’où elles donnent chacune quatre branches pour les quatre pieds du même côté: ces artères des pieds pénètrent avec leurs nerfs dans le canal dont l’axe de chaque pied est percé, et arrivent ainsi jusqu'à l’extrémité, donnant sur toute leur longueur une infinité de petits ramusculés qui pénètrent iransversalement dans la chair du pied.

Ainsi, chaque pied a une artère et deux veines principales. L’artère marche dans son intérieur ; les veines sont à la surface. La veine d’un côté d’un pied s’unit à la veine du côté contigu du pied voisin, et les huit troncs aboutissent dans un cercle qui entoure la tête et se termine dans la grande veine du devant du corps; les quatre artères de chaque côté viennent au contraire d’un tronc intérieur , qui lui-même est une branche de la grande artère aorte, situé dans la cavité la plus centrale du corps,

Le tissu des artères et des veines est analogue à ce qu’on voit dans les animaux vertébrés. Les premières sont fortes, musculeuses , opaques ; les autres minces et transparentes.

$. VI. — Des Organes de if digestion.

fi For Bouche.

Au centre des pieds est un petit trou, circulaire, entouré d’un repli légèrement dentelé de la peau, qui tient lieu de lèvres , pl. IL, fig. 3,4 et 5, a. Sous ce repli est le bec, formé de deux robustes mandibules cornées et d’un brun noir, dont la forme ne ressemble pas mal à celle d’un bec : de perroquet, b,.fig.4; mais, ici la position est inverse ; c’est-à-dire que la mandibule la plus crochue, celle qui déborde.et enveloppe l’autre, est l’inférieure, ou, en d’autres termes; qu'elle est située. du côté du ventre. En fendant le cercle que les pieds forment par leur réunion ; l'on trouve entr'eux une masse charnue » d, fig.3 et 4 , à-peuprès globuleuse, {dans, laquelle les mandibules sont. enchâssées. Cet organe, que j'appeller ai dorénavant la massé charnue de la bouche, existe plus où moins volumineux dans presque tous les mollusques céphalopodes et gastéropodes, et se compose de fibres diversement entrelacées, dont l’objet est de produire les mouvemens des mâchoires et de la langue. Les mâchoires doivent simplement s’écarier et se rapprocher ;. mais Ja langue a besoin d’exécuter un léger mouvement péristaltique au-moyen duquel les épines dont elle est armée poussent, successivement les alimens dans l’ æsophage.

Une couche rayonnée de ffhres : partant ke bords des. lèvres , et se fixant aux parois internes de la cavité que les bases des pieds laissent entr'elles, cc ) fig.8. À et, peut faire énfoncer cette masse de Fi bouche; mais pour res-.

(ie 4

26 | TIMÉMOTRE sortir et saillir elle a besoin que les bases des pieds se contractent.

Ses fibres intrinsèques sont difhciles à suivre. Les mandibules ayant chacune une double lame cornée, éprouvent un double sertissement , parce qu'une portion de la substance charnue s’introduit entre les lames. ({ Voyez fig.6, pour les mandibules, et fig. 5, pour les chairs dans lesquelles elles étaient enchässées. ) On voit à la partie inférieure, dés fibres , 2, fig 5, dont Pobjet est nécessairement d’écarter. un peu la mandibule extérne ou ‘antérieure, del’autre. Quant à la langue, elle se meut par le propre tissu de sa partie charnue, comme la langue humaine. Sa surface, hérissée d’épmes, regarde, 4, fig. 5, la mandibulé antérieure. De Ia partie la plus élevée de cette surface , les alimens tombent dans l’ouverture de l’œsophage, Qui est immédiatement derrière, et de là ils traversent la partie de ce canal qui est enfermée dans lx massé charnue, et qui rampe le long de la face interne de la mandibule postérieure, h, fig. 5. | |

Les épines de la langue sont disposées en quinconce', et attachées sur des lames cartilagineuses, transverses, qui revêtent cet organe. Elles forment, par leur ensemble, une plaque triangulaire très-flexible dans le sens longitudinal, dont les bords Fatéraux s'unissent en arrière, et donnent naissance à un: long cornet, qui semble être à la plaque ce que le manche est à une pelle. Lorsque ce cornet est allongé et tiré en arrière, la plaque devient plane et presque concave; si le cornet, au contraire , se raccourcit, la plaque est poussée en avant, dévient convexe, et saïlle contre la mandibule antérieure. Cette alternative de mouvemens ondulatoires se communiquant aux épines, leurs

pointes saisissent successivement le bol alimentaire, et le poussent vers l’œsophage.

20, Glandes salivaires.

Aux deux côtés de la masse charnue de la bouche, toujours dans cette cavité entre les bases des pieds, sont situées les glandes salivaires supérieures , pl. TT, fig. 3, e, petites, diversement lobées, et donnant chacune un canal excréteur e, fig. 5, qui pénètre dans la masse charnue,, et va verser sa liqueur dans le haut de l’œsophage A.

Les glandes salivaires inférieures, beaucoup plus grandes et moins divisées (pl. LL, fig. rt et2, aa; fig. 3, ff. et pl. IV, fig. 1, aa), sont situées au-dessous de l’anneau cartilagineux de la tête , dans la poche de derrière le foie, et aux deux côtés. du haut du jabot. Elles donnent chacune un canal excréteur , et les deux canaux s’unissent en un tuyau commun mn, fig. 3,4,5, dans le trajet de l'anneau cartilagineux; ce conduit pénètre sous la partie antérieure de la masse charnue , la traverse en dedans de la mandibule antérieure , et va s'ouvrir vers le bas de la face épineuse de la langue, de façon à humecter les alimens au moment où ils viennent d’être divisés par les mandibules, et où ils vont être saisis par les épines.

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