‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 5 sur 107 · Œsophage et Jabot · texte numérisé non relu

Œsophage et Jabot

L’œsophage X, pl. 1, fig. 4, plAT fie. 2, 8,4 et 5, est assez mince. Né derrière la langue , traversant la masse charnue de la bouche en dedans de la mâchoire postérieure, il descend par l’anneau cartilagineux de la tête , et par l’an-

38 | MÉMOIRE neau artériel qui termine l'aorte dans la chambre ou poche de derrière le foie, et après quelque trajet , il s’y dilate subitement pour former le jabot, pl, fig. 4 ,b, pl. IIT, figraet 2,6, fig 8e pl, AV: fig 1oet 2, bb. Celurer parcourt toute la longueur de cette chambre parallèlement à l'aorte, dontil recoit beaucoup de petits vaisseaux, et en sort enlb, fig. x; pl. IV, par un trou du diaphragme pour donner dans le gézier.

Nous représentons l'intérieur de ce long jabot en fig. 2, pl. IV ,.bb. Sa veloutée est ridée longitudinalement.

Dans plusieurs individus, j'ai trouvé le haut du jabot dilaté en une grande poche comparable à celle du jabot des gallinacés ; ses parois sont parsemées, à cet endroit, de grains glanduleux assez sensibles.

4°. Le Gézier et l'Estomac spirel.

Immédiatement après avoir traversé le diaphragme, le ca: nal alimentaire se transforme en un-gézier encore épais partout, de forme ovale, renforcé encore dans son milieu d’une couche musculaire ; aussi forte que dans aucun oiseau; ilest profondément sillonné dans sonintérieur, et revêtu, encore comme le :gézier. des oiseaux ,. d’une membrane cartilagineuse d, fig. 3 , qui se détache sans nul effort de la veloutée.

Ce gézier est contenu dans une poche particulière du péritoine, dans le fond de laquelle il reçoit quelques rameaux de l’aorte qui:marche däns la paroi de cette poche du côté droit; lepyloree, fig. 3, estprès du cardia, pl. IV, f. 1, I et 3, cc, etimmédiatement de lui, presque dans lacontinuation du jabot, naissent le cæcum ou estomac/ffspiral, pl. IV,

red

f.1,2et 3,etpl.IIL, f. 1, etle duodenum ou grand intestin, gg, 1b., en sorte que le jabot conduit presque aussi aisément dans l’une que dans l’autre de ces trois parties du canal alimentaire.

Le cœcum ou estomac spiral est logé dans une poche particulière du péritoine, à gauche et un peu plus bas que celle qui contient le gézier. Sa spirale fait un tour et demi. En dedans, il est garni d’une lame saillante , aussi en spirale, comme celle de l'intestin des raies et des squales, mais dont les tours sont infiniment plus nombreux. C’est dans la columelle de cet intestin que rampent les canaux hépatiques nn, pour s'ouvrir enfin vers sa pointe , en sorte que c’est parmi les replis infinis de sa valvule spirale intérieure que le magma alimentaire éprouve l’action de la bile. Le premier tour de ce cœcum a en outre beaucoup de follicules reconnoissables à de petits points blancs qui séparent une humeur épaisse et jaunätre. ,

bo, L'Intestin, gg, fig. + et2, pl. IV, p, fig. x, pl. I.

En quittant le pylore, il traverse sous le foie, et va se loger dans une poche péritonéale située à droite , et versle fond de la bourse, derrière la cavité veineuse de ce côté ; il y fait deux replis , retenus par un repli du péritoine, qui peut être appelé mésentère, puis il se reporte en haut sous le foie , se dirige alors en avant, et monte au-devyant de la tunique charnue du foie , à côté de la principale veine cave déscendante entre les deux lames de la bride musculaire antérieure, pour se terminer à l'anus q, fig. 1, pl. HE, qui s'ouvre dans la base de l’entonnoir, à sa face postérieure interne. Le diamètre de l'intestin varie peu. Ses parois son

assez minces, peu musculeuses, mais sensiblement glanduleuses, sur-tout dans le voisinage du pylore. Les matières alimentaires y sont sous forme de bouillie très-liquide, de couleur orangée et d’odeur fétide.

6°. Le Foie, t, fig. 1, pl. WU, est une masse considérable , de couleur orangée , de forme ovale , applatie antérieurement ; il est contenu avec l’œsophage, les glandes salivaires inférieures ; et la grande artère ascendante, dans la tunique charnue, que nous avons décrite au paragraphell; mais il a en outre une tunique membraneuse; qui ne lui est commune qu'avec la bourse du noir, #4, fig. 4, pl. LV; elle se détache aisément, et m’a paru dériver du péritoine.

La membrane propre de la glande uu, est si ténue, qu'on peut la regarder seulement comme la fin du tissu cellulaire qui réunit les lobules de son parenchyme, yy. On y remarque une légère fissure longitudinale , et en son milieu une cavité, 7, exactement remplie par la bourse du noir. La substance propre du foie est très-molle , et d’apparence spongieuse. Deux canaux biliaires, remplis d’une humeur orangée, partent du bas de cet organe, nn, embrassent le duodénum à son origine, se collent l’un à l’autre au-dessous, et se déchargent dans le cœcum par une ouverture commune très-apparente, située vers le bout du canal de la paroi interne. En ouvrant les canaux, et en les suivant dans l’intérieur de la glande, x, on voit leurs parois percées par-tout, des orifices de canaux plus petits, qui, en se subdivisant ainsi jusqu'aux derniers lobules, donnent au foie l'apparence spongieuse qu’il présente, quand la liqueur qu'il contient a été bien exprimée.

SUR LE POULPE. 3r

(. VII. — Bourse du noir.

Le corps qui produit et contient l'encre, est comme enchâssé dans le foie. Les membranes propres de ces deux viscères sont collées l’une à l'autre par une cellulosité rare et courte. L'intérieur de la bourse du noir n’est pas une simple cavité, mais un tissu Cellulaire ou spongieux assez rare, rempli par-tout d’une sorte de bouillie noire. Son canal excréteur #, pl. LIL, f. r, après être sorti du foie, aboutit à la même ouverture que l'anus. On voit en 7, f. 4, pl. IV, h cavité creusée à la surface du foie, et dans laquelle cette bourse du noir était enchässée. On sait que ce rapprochement de la bourse du noir et du foie avait fait croire à Mouro que le noir n’était que la bile; il a sufh, pour détruire cette idée, de savoir que dans la seiche, l'organe du noir est à une toute autre place.

. VIIL. — Les Orsanes de la génération.

Ils occupent , dans les deux sexes, le même lieu , c’est-àdire tout le fond de la bourse, dans une poche péritonéale qui leur est réservée. On voit ceux de la femelle en place, pl. TL, fig. t, etpl. LT, fig. x , savoir l'ovaire ÀR,, et les oviductus rr. La fig. 6, pl. IV, les représente détachés, l’ovaire et un oviductus ouverts.

L’ovaire a est un sac assez considérable à parois épaisses. Les grappes d'œufs bb y tiennent toutes par des pédicules à un seul point, le même par où les vaisseaux y pénètrent. Quand elles se détachent, elles sortent par un large orifice d, qui donne d’abord dans un canal commun assez

32 | MÉMOIRE court f: celui-ci se partage bientôten deux oviductus. Ds l'état ordinaire, ce sont de simples-canaux membraneux, qui n’ont d’ inégalité qu’un renflement glanduleux g » fig. 6

pl. IV, au tiers peu près de leur longueur; mais (re Vanimal se dispose à pondre, ils’se renflent beaucoup, prennent de P épaisseur et de la consistance ; leur membrane propre ‘est: touté ridée intérieurement, et la membrane muqueuse qui double leur intérieur suit tés inégalités de ces rides. Voyez celui qui est représenté ouvert en hh, fig. 6

pl. IV:

Les renflemens glanduleux ont à l’intérieur une structure

. lamelleuse; fort petits dans le poulpe, nous verrons qu'ils deviennent énormes dans les seiches et les calmars. Il ne nous paraît pas douteux qu’ils ne servent, comme les organes analogues de l’oviductus des raies et des squales , à fournir la matière qui doit envelopper les œufs et leur servir de coquille.

TIlfaut que les poulpes mâles soient moins nombreux que les femelles; car dans le grand nombre de ceux que j'ai disséqués, à peine un cinquième s'est-il trouvé du premier sèêxe.

Leurs organes sont représentés déiéobpée fig. 5, pL IV. Ils consistent dans le testicule &, le canal déférent b, une sorte de vésicule séminale c, une sorte de prostate d, la bourse qui contient les fameuses anguilles de Needhame, enfin la vergef. :

Le testicule a de singuliers rapports de structure avec l'ovaire : c’est de même un grand sac, à l’un des points intérieurs duquel adhèrent des rubans branchus, ou des espèces de grappes de glandules #, qui ont probablement pour usage de secréter la semence. Ce fluide s’épanche entre cet.

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amas de glandes , et le sac qui le renferme et sort de celui-ci par un orifice À, qui donne naissance au canal déférent b; canal mince, infiniment replié et entortillé sur lui-même; il aboutit à un autre canal plus gros cc, que J'ai appelé vésicule séminale, dont l’intérieur est divisé par des rides et des demi-cloisons saillantes , et dont la texture paraît musculaire; en sorte qu’il pourrait, par ses contractions, faire jaillir l’humeur qu'y aurait amenée le canal déférent. En sortant de la vésicule séminale, le sperme traverse l’extrémité d’une glande d oblongue, de structure compacte, grenue , à laquelle je donne le nom de prostate, parce que je ne lui vois d’autre usage que de secréter quelque liqueur accessoire aux fonctions génératives.

Vient enfin la bourse musculaire ee, qui contient les fameux filamens, machines ou animalcules découverts par Needham, et que les uns regardent comme des êtres parasites, les autres comme des organes appartenant essentiellement à l’économie naturelle des céphalopodes. Leur première apparence est celle de filamens blanes, longs de six à huit lignes, serrés parallèlement les uns aux autres, et fort régulièrement. Il y en a trois ou quatre rangs les uns sur les autres, depuis le fond de la bourse jusqu’à son entrée , et ils sont maintenus dans cette disposition par un repli spiral de la membrane de la bourse, mais sans aucunement adhérer à ses parois. Long-temps après la mort ils jouissent encore de la faculté d'éclater et de se mouvoir en différens sens, sitôt qn’on les humecte.

Chacun sait que les œufs des céphalopodes sont disposés en grappes de différentes formes, selon les espèces. Je n'ai malheureusement pu me procurer ceux du poulpe;

34 MÉMOIRE ainsi je renvoie à ce que je dirai plus bas de ceux de la seiche et du calmar.

$. IX. — Système nerveux.

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