‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 72 sur 107 · De la digestion · texte numérisé non relu

De la digestion

a. La bouche

La bouche ne doit point pouvoir s’alonger beaucoup

en trompe ; cependant elle n’est armée n1 de mâchoires , ni d'aucune dentelure; la langue est, comme dans la plupart des gastéropodes nuds, une lame cartilagineuse sillonnée en travers, et ployée en cornet, dont lés mouvemens lents et onduleux portent les alimens dans l’oœsophage qui a son origine précisément au-dessus de la langue. C’est pour ces mouvemens du cartilage lingual qu'est destinée la grosse masse musculaire que nous avons marquée &, a, a, fig. IV, V'et VI. Les glandes salivaires , D, b, ib. représentent des arbres touffus, parce que les lobules qui les composent sont peu unis, et netiennent guères ensemble que par les branches du vaisseau excréteur. Celui-ci s’insère aux deux cotés de Ha naissance de l’oœsophage. | LES

b. Canal intestinal.

L'osophage, d, d, fig. V et VI, est ridé intérieurement

dans le sens de sa longueur, et sa veloutée est légèrement villeuse. 11 se dilate pour former le cardia, et est percé à cet endroit de deux trous, ‘ fig. V, qui reçoivent Ja bile des deux premiers foies.

Le premier estomac est un vrai gézier , très-semblable à celui des oiseaux ; armé comme lui de deux muscles trèsépais qui l’embrassent et s'unissent à ses côtés par deux tendons rayonnansdans la position de la fig. V; l’un desmuscles est en avant eu jf’, et l’on voit un des tendons en raccourci, en-/. La veloutée de ce gézier est cartilagineuse comme celle des oiseaux. Le second estomac, 8, fig. V, est profondément cannelé à sa face externe et encore plus, en dedans : il a la figure d’un entonnoir. Les rides saillantes de son intérieur ont elles-mêmes vers leur origine une portion arrondie qui saille plus que le reste, et qui doit singulièrement retarder le passage des alimens, du gézier , dans ce second estomac , tant qu’ils ne sont pas fort atténués.

Le troisième estomac, », fig. V, est cylindriqu®, court, ridé longitudinalement en dedans , maisses rides sont beaucoup plus fines que celles du second, et d’une grosseur égale dans toute leur longueur. |

On voit ces trois estomacs ouverts, fig. VIl; ils y sont marqués des mêmes lettres que fig: V;f",f", est la coupe de l’un des muscles du gézier; f", f",les parties de la veloutée qui répondent au muscle coupé ; f, celle qui répond au muscle resté entier.

Le canal intestinal, £,2,h,9,fig. V et VI, est deux fois et demie plus to que ie spé. Sa grosseur est a-peuprès la même par-tout,

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ANNALES DU MUSÉUM e. Les oies.

Ce que l'anatomie de cet onchidium nous a offert de plus extraordinaire, c’est la division de son foie en trois glandes qui ont leurs vaisseaux excréteurs distincts, ets’insérant à des endroits différens. C’est le premier exemple que nous en ayons observé; les cétacés montrent bien plusieurs rates: les oiseaux plusieurs pancréas; ce n’estqu’iciquenousavons vu plusieurs foies , ét il ne faut pas croire qu'il s'agisse

de glandes de nature diflérentes : ce sont trois foies essen-

tiellement identiques, si l’on excepte les circonstances accessoires de la grandeur de la figure, et de la position ; ils

ont la même couleur , la mème consistance, le mème tissu ; leurs lobes et lobulessont divisés de mêmes leurs vaissraux

sanguins et excréteurs ont une distribution pareille ,:et le fluide qu'ils sécrètent est semblablo dans tous. Le plus grand, /, L, fig. Vet V1, est à droite, au milieu de la Jongueur du corps, etembrasse la plus grande partie de l’intestin. Son canal s’ouvre dans l’œsophage prèsle cardia, par le plus gros des deux trous percés en +.

Le second, 72, fig. IV , s'ouvre au même endroit, dans

go, le plus petit des deux trous , est situé à l'arrière du corps

de

sur la gauche ; et le troisième , 7, fig. IV, qui est en même

tempsle plus petit, placé immédiatement derrière le gézier, perce de son vaisseau les parois de celui-ci à l'endroit mince, en arrière des deux gros muscles. Ce trou du gézier’sé voit en 2, fig. V. Le second foie est représenté à part à sa face intérieure, fig. 9. «, est son canal excréteur ; 6, Son aritre, et ce, les petites veines qui en partent pour aller

D'HISTOIRE .NATURELLÉ 47.

aboutir aux deux grands vaisseaux latéraux CC, no VE

L'insertion des deux premiers canaux biliaires au cardia , rappelle la sécrétion abondante qui a lieu dans le jabot des oiseaux, ét: qui humecte les alimens avant qu’ils entrent dans le gézier ; mais il est toujours singulier de voir le suc gastrique suppléé ici par un liquide hépatique. La troisième insertion qui verse directement la bile dans le premier des trois estomacs, ést aussi fort remarquable , et ne se-retrouve guère que dans quelques poissons comme. le diodon mola.

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