‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 71 sur 107 · Description extérieure · texte numérisé non relu

Description extérieure

Cet individu avoit 5 pouces et demi de longueur sur 2 pouces ‘et quelques lignes de largeur, le tout mesuré dans l’état de contraction de l'animal mort. Il est proba@te qu'il s’allonge beaucoup plus lorsqu'il rampe.

Un autre individu plus petit de quelques lignes, mais du reste absolument semblable , a été rapporté par M. Péron de l'ile de Timor, lune des Moluques; cette espèce s’est donc trouvée aux deux extrémités de la mer des Indes, ét il est fort probable qu’elle en habite toute Pétendue.

L’onchidium contracté ne montre À sa partie dorsale qu'un manteau coriace , en forme de boucler elliptique bombé, tout recouvert de petites verrues qui se subdivisent elles-mêmes en verrues encore plus petites. Ce manteau déborde le pied de toute part, et le déborde d'autant plus, qu’il est moins contracté et moins bombé.

Dans le sillon qui sépare le pied du manteau ,on remarque en avant la tête, en arrière Panus et le trou de la respiration , et sur le côté droit un sillon qui a rapport à la génération. La tête est aplatie; son bord antérieur se dilate en deux larges ailes charnues : la bouche est dessous, en forme de trou ovale , entouré d’un bourrelet charnu. Dessus, on voit deux tentacules rétractiles comme ceux de la limace, et entre les deux, un peu plus près du droit, l'ouverture pour la verge. Celle des organes féminins, est au côté droit près de l'anus. Il en part un sillon ou rainure qui marche tout le long du côté droit du pied, et va se terminer près de l'aile droite de la tête : il n’aboutit point jusqu’au trou par où sort la verge.

L'ouverture de la respiration est au-dessus de anus, et entourée d’un bourrelet charnu. L’anus est simplement membraneux.

Les deux individus étoient dans la liqueur dan brun noirâtre assez uniforme.

40 “ANNALES DU MUSÉUM 3.° Ouverture du corps et position naturelle des viscères.

À l'ouverture du corps, on est d’abord frappé de lépaisseur du manteau, beaucoup plus forte que dans la plupart des mollusques. |

La figure IV représente les viscères en situation. a est la masse de la bouche; d, b, les glandes salivaires placées obliquement sur ses côtés; c , la bourse de la génération dont j’expliquerai plus loin la structure; d, 1e corps principal de la verge, et e, e, son appendice vasculaire ; f, est le gézier;g, ,1,k , le canalintestinal ; /, /, le premier foie ; m, le sécond; », le troisième ; o , est le testicule;p, l'oreillette du cœur ; 4, le cœur lui-même; 7, la principale artère ; s, un lambeau resté du péricarde lorsqu'on l’a enlevé pour montrer le cœur; 46, le poumon paroïssant au travers d’un reste de là tunique chärnue-du corps, dans épaisseur de laquelle il est situé ; z , la principale veine qui porte le sang du poumon dans l'oreillette du cœur ; #P, sont les muscles propres aux tentacules supérieurs. Maïs ce n’est qu'en développant ces viscères, comme ils le sont dans les fig. V et VI, qu’on apprend à les connoître ainsi pour ce qu'ils sont, R |

Nous allons nous occuper de les décrire successivement. 4° Organes de la respiration.

. L’organe, respiratoire ,.par lequel: 1l faut: toujours com-

mencer la description intérieure d’un: mollusque,. parce que c’est sa forme et sa position qui déterminent en grande

partie l’arrangement des viscères, l’organe respiratoire n’est point extérieur comme dans le plus grand nombre des gastéropodes nuds aquatiques; il n’est point composé dé panaches , de feuillets ou de telle autre structure saillante: mais il ressemble pour le fond. à celui de la Zmace terrestreet du colimaçon des jardins. {l consiste en une cavité creusée dans l'épaisseur charnue du manteau, et sur les parois de laquelle rampent les vaisseaux; seulement , dans les deux mollusques que je viens de citer, c’est à la partie antérieure de l’animal qu’il est situé; dans lozchidiun , c’està sa partie postérieure;etquoiqu’on n’aperçoive pasnettement quelle liaison si nécessaire 1l doit y avoir entre l'anus et l’orifice de la respiration, la nature l’a conservée ici comme dans presque tousles mollusques , et notamment dans la limace et le colimaçon; anus s’est donc porté à V'arrière du corps, au lieu de rester en avant vers la droite, comme dans ces deux derniers.

Les parois latérales et supérieures de la cavité pulmonaire, sont seules garnies de ce lacis de vaisseaux, qui leur donne une apparence toût-à-fait spongieuse. Le plancher ou la paroi inférieure est simplement membraneuse. C’est dans ce plancher, en arrière, qu’est percé le trou qui établit une communication entre celte chambre pulmonaire et l'élément ambiant.

D'après cette ressemblance du poumon avec celui des mollusques terrestres de notre pays, d’après la nature mème de son organisation beaucoup plus analogue à celle des vrais poumons de quadrupèdes ou sur-tout de reptiles, qu’à celles des branchiesde poissons , j’aurois cru que l’on chidie étoit aussi un mollusque terrestre, et il a fallu: pour

Gui (

42 RE CAIN ENST DEU Lui À S É © m'en dissuader la certitude qu'a M. Péron de‘lavoir tot jours trouvé dans l’eau. Je pense du moins qu'il vient à la surface ouvrir son orifice ,et.prendre pour respirer de Pair en nature, comme le font nos bulimes et nos planorbes qui, quoique aquatiques, ne-réspirent cependant que de l'air. ‘ile poumon est représenté ouvert , fig. V4, 4, sont les lambeaux de la paroi supérieure et vasculaire , rejetés sur les côtés; w, est la pes inférieure ; membraneuse ; * est Lonifonue 129 9.140.224 LERTER NE) : 5. Orgänes de là rhone:

Le sang vient dans cé pouinon par deux grands vaisseaux dé sur/les’ côtés du. Corps , absolument comme dans :

Vaplysie, éest-ä-dire , qu ils sont creusés dans l'épaisseur és chairs; et enveloppés par des rubans musculaires qui se continuént ét se'perdent dans les autres muscles du pied. Ils sont revètus par dedans d'uné membrane fine que je “wai pu apercevoir dans laplysie, et qui les : ‘empêche de vormmiüniquer aussi directéemént'avec la cavité du véntre. 2 La fig. Vlnous moñtre ces vaisseaux:lés parties du poumon y: sont désignées par les mêmes lettres que dans la fig. V. Le vaisseau du côté gauche est ouvert dans toute sa longueur ; AA, est sa partie qui récevant lesang du corps, fait l’office de veine cave et d’oreillette droite; BB, celle qui distribuant (ce sang dans le poumon; ‘répond au ventricule droïtet à l'artère pulinonaire. Nous avons représenté en CC une portion du vaisseau du côté droit qui passe sous le péricarde , et. qui dans cet endr oit. n’est es revêlue de rubans musculaires. :

Ces deux vaisseaux, cutieles petites veines'qui leur ar=

D'HISTOIRE NATURELLE 43 rivent de l’épaisseur des chairs, en reçoivent ‘beaucoup d’autres des viscères; j’en ai représenté une partie de celles qui vicnnent du foie et de l'intestin ; fig. IV, en #: 2 Ces petites veines passent entre les rubans musculaires pour aboutir à chaque grosse veine latérale.

+ L'oreillette p, et le cœur g, fig. IV'et V, ne font donc, comme dans tous les gastéropodes,: que les. fonctions des cavités gauches, Le sang qui a respiré leur vient du poumon par une veine qui rampe dans l'épaisseur du parenchyme de ce Viscère , plus près de la peau, et par conséquent plus profondément par rapport à la surface interne de la cavité pulmonaire, que ne le fait.le vaisseau qui lui avoit apporté le sang du corps. On voit cette veine “pulmonaire en &, fig. IV. L’oreillette est très-grande; ses parois sont minces, transparentes , et son intérieur est renforcé par un grand nombre de cordes téndineuses, dont laspect est durée ä l'œil. J'ai tâché d'en exprimer.une partie, fig. V. Il y en a sur-tout deux, marquées #, qui prennent naissance dès l'in: térieur de la veine pulmonaire, et qui se bifurquent pour embrasser par quatre points l'ouverture de communication entre l'oreillette et le ventricule. Il ya ici ; comme à l’ordinaire, deux valvules qu’on peut-à tous les titres nommer mitrales ; et.dont le côté libre est tourné vers le ventricule, Celui-ci est charnu et garni-de colonnes nombreuses. i

L’artère principale 7, £.IV;W et Vl,seporte en avant et un peu en dedans; elle donne d’abord une grosse branche, r;1, quige distribue aux foies et à quelques autres viscères de la digestion. La seconde, 2, 2, se portérentarrière, et donne des rameaux aux parties femelles de la génération; elle se termine au reclum,

44 ANNALES DU MUSÉU M

Le tronc principalse portant toujours en avant, passe sous le cerveau, et donne deux branches qui, se jetant de côté à angle droit, pénètrent dans l'épaisseur des chairs où elles marchent parallèlement aux deux grandes veines caves que nous avons décrites d’abord.

Avant d’entrer dans les chairs, la branche droite donne un rameau , 4, pour les parties mâles de la génération, lequel en donne lui-même un , 5, pour la glande salivaire de ce côté-là, La branche gauche n’emploie son rameau, 6, qu'à la seule glande salivaire. Enfin , letronc principal, 7 ;, se termine presque entièrement à la masse de la bouche;

Page 1