‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 88 sur 107 · GRAND BUCCIN · texte numérisé non relu

GRAND BUCCIN

d'autre et dans ses différens points, se tenant réciproquenent lieu d’antagonistes pour cet office. |

Les figures 8, o et 10 expliquent à l'œil ce mécanisme intéressant. En figure 8 , la trompe est à demi-retirée en dedans. Le cylindre externe & enveloppe la moitié de l’interne D, dont le bout c est le bout de la trompe. ?

Les muscles qui l'ont retiré en dedans, d, d , sont dans l’état de contraction. En e, se voit le grand muscle annulaire qui sert à pousser le cylindre interne en avant, et à allonger la trompe.

En figure 9,ce muscle et toutes les fibres annulaires ont exercé une grande partie de leur action. La trompe est fort allongée, et ses muscles rétracteurs d, d sont étendus et à découvert: le cylindre extérieur a est fort court , et l'intérieur b fort long. |

En figure 10, on a fendu les deux cylindres sur toute leur longueur , pour montrer ce que l’interne contient ,et de quelle manière les muscles rétracieurs se distribuent sur ses parois internes.

Le corps y est un peu plus entr'ouvert, afin de montrer les attaches que ces mêmes muscles ÿ prennent.

Dans le cylindre intérieur sont renfermés la langue avec tout son appareil e, e, les canaux salivaires f, f, et la plus grande partie de l’œsophage g, g ; le but principal de Pallongement de la trompe est de porter l’extrémité de la langue sur les corps que le buccin veut entamer et sucer.

La langue est comme à lordinaire une membrane cartilagineuse , armée d’épines très-crochues et très-aiguës ; mais elle n’a pas ici, comme dans les turbo et dans d’autres gastéropodes, une grande longueur. Elle est tendue sur deux

GRAND BUCCIN. s cartilages allongés qui peuvent écarter où rapprocher succes- Sivement leurs deux extrémités, et se mouvoir eux-mêmes dans leur totalité, en avant ou en arrière.

: Cette langue, ces cartilages et leurs muscles occupent la moitié de la longueur de la trompe, comme on les voit en e,;e,; figure 10.

Nous les représentons, figure 11, où le bout actif de la langue, tendu sur les deux pointes de ses cartilages , est marqué a; les muscles qui tirent les cartilages en arrière b; ceux. qui y retirent la membrane linguale c, c; ceux qui la ramènent en avant, et qui en même temps rappfôchent l’une de l'autre les extrémités antérieures des cartilages d, d; ceux qui produisent deux effets précisément contraires e, e ; l’'œsophage £,g; les canaux salivaires f, f.: | Ainsi quand les cartilages se resserrent en avant , la langue étale ou abaisse ses épines en se portant en avant, et quand ils s'écartent, elle redresse ces mêmes épines en se reculant. Cest la répétition de ce mouvement , aidée peut-être de la vertu corrosive.de la salive, qui entame les coquilles les plus dures.

Les canaux salivaires s'ouvrent aux deux côtés de ces épines antérieures de la langue, et l’œsophage commence au-dessus. Comme les glandes salivaires sont dans le tronc de l'animal ; leurs canaux sont aussi longs que la trompe. L’œsophage suit l'axe de la trompe; par conséquent, lorsque celle-ci est dans une grande extension, l’œsophage est à-peu-près droit; quand elle se retire en arrière, l'œsophage est plié en deux, une portion dans la trompe, et l’autre qui se fléchit sous elle, pour retourner en avant vers la tête où ce canal'est retenu par la bride que forme sur lui le cerveau. Il se replie alors

w GRAND BUCCIN.

une seconde fois, et va en arrière déboucher dans l'estomac qui $e trouve immédiatement derrière le cœur. On le voit de profil dans cette position, en figure 7.

Un peu en avant de l'estomac est un très-petit jabot ou espèce de cœcum 2, figures 6, 7 et 16; l'estomac lui-même à, figures 6 et 16, est médiocre, à-peu-près rond; sa membrane interne est ridée irrégulièrement. L'intestin #, figures 6 et 16, est fort court et se termine promptement dans un gros rectum h, figure 3, et p, figure 6 et 16, qui a dans son intérieur des côtes longitudinales fort saillantes, et qui occupe, comme à l'ordinaire et comifiétnous l'avons dit, le bord ‘droit de la voûle de la cavité branchiale, n'ayant plus à droite dans le mâle que le ‘seul canal déférent X, figure 3. Les parois du rectum sont épaissies par une substance blanchâtre, grasse et un peu grenue, que j'ai retrouvée dans divers autres animaux de cette famille , sans en connoitre l'usage. Dans la femelle la place du canal déférent est occupée par l'utérus, qui y faitune saillie marquée, à cause de son épaisseur ; ses parois sont en effet formées de deux substances glanduleuses, une jaunatre et une autre blanchâtre, et ne laissent entre elles qu'un intervalle comprimé qu'il faut que les: œufs traversent.

L'ovaire partage avec le foie, comme le testicule dans Je mäle , la plus grande partie des tours de la spire.

Le cerveau est placé sous la trompe et sur la ‘partie antérieure du pied: c’est sa position ordinaire; mais dans cette éspèce, la grandeur de la trompe et deson appareil muscnlaire le fait paroïître plus éloigné de ce que l'on nommecommunément la tête dans les mollusques gastéropodes. Nous Pavons marqué s, figure 7. Il enveloppe, comme à lordinaire , l'œsophage g, d’un cordon nerveux dans lequel passe

GRAND BUCCIN. it

aussi l’artère de la téte et de la trompe r, r, et il envoie des nerfs partout le corps, tels que v, qui se rend dans la spire etaux viscères; v, v, v, qui vont à la trompe et à ses muscles; w, au lentacule; x, x, x, dans l'épaisseur de la masse charnue du pied.

Cette figure 7 a en général l'avantage d'assez bien expliquer les rapports des parties situées dans le thorax ou dans toute cette portion du corps placée sous la cavité branchiale. On y a fendu la peau suivant la ligne 55, et on l’a rejetée sur le . côté droit.

Le disque du pied 1, 1, et sa masse charnue ont été coupés Suivant un plan vertical, pour montrer de quelle manière le muscle 2, qui fixe l'animal à la spire de sa coquille, se distribue en divergeant 2', 2”, dansla masse charnue; 3 est le rebord postérieur du manteau; 4, l’opercule.

La téte a été ouverte pour faire voir, par son côté interne, le trou qui laisse sortir la partie antérieure de la trompe b; les muscles da côté droit, qui attachoïient la trompe aux côtés du corps 6,6 , ont été détachés , et le corps de la trompe luimême rejeté sur le côté droit pour laisser à découvert l’œsophage et son repli g,g; le cerveau s; ses nerfs VU, u,w, æ æ x; les glandes salivaires z, z; le canal excréteur de celle da côté gauche y, y; l'artère principale de la tête et de la trompe r r'; enfin les muscles rétracteurs de la trompe du côté droit encore attachés aux parois du corps:

En 10, 10, se voient les restes des attaches de ceux du côté gauche 66.

IN. B. Cette figure a été mal placée dans la planche:le pied 1, 1 , devroit être horizontal, au lieu d’être dirigé verticalement,

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BUCCINUM UNDATUM.

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Sur l'Harrorine, où OREILLE DE MER; sur le SIGARET ; sur le genre PATELLE et ses démem:bremens, savoir : la Fissurezze, l'EmArcr- NULE , la CREPIDULE, la N'A4YICELLE et le CABOCHON ; enfin sur l OscAsRION el la PTÉROTRACHÉE.

Cisin avoir donné dans mes anatomies des #wrbo et des Buccins des notions suflisantes sur les pectinibranches ordi-naires ou à coquilles turbinées, je vais terminer l’histoire des gastéropodes par ceux des pectinibranches qui s ‘éloignent un peu de cette forme commune.

J'ai réuni tous ces genres afin de mieux prouver qu'il ne faut pas toujours se hâter dé conclure de la forme de la co: quille à celle de l'animal; la coquille du sigaret considérée sous certains rapports ressemble à celle de l’haliotide , sous d’autres à celle des hélices; celle de l’haliotide, comme la sienne, ressémble à beaucoup a égards à celle de Helites espèces qu'on a rangées parmi les patelles; et cependant les deux genres dont nous parlons n’ont point des animaux analogues. Celui du sigaret ne ressemble ni à ceux des haliotides, ni à ceux des hélices, ni à ceux des patelles, mais bien à ceux des buccins. |

Les fissurelles et les emarginules ; que leur coquille avait

fait ranger avec les patelles par tous ceux qui ont précédé Bruguières et M. de Lamarck se trouvent cependant avoir des rapports beaucoup plus marqués avec l’haliotide.

On voit enfin par l'exemple de la patelle que les branchies elles-mêmes, leur figure extérieure et leur situation ne sont pas toujours un indice infaillible de l’organisation intérieure, car elle diffère beaucoup à cet égard, des phyllidies, et même des oscabrions, quoique ses branchies ressemblent absolument aux leurs. :

Ce que les haliotides, les patelles , les fissurelles, les emarginules, les oscabrions et leurs démembremens ont de plus remarquable, ce qui fait de tous cesanimaux une famille trèsparticulière dans l’ordre des gastéropodes, c’est qu’il est impossible d'y apercevoir cette séparation des sexes, générale dans les autres pectinibranches, ni même ces sexes réunis, mais avec un appareil développé, et propre à un accouplement réciproque qui distingue si éminemment dans tout le règne animal les gastéropodes que j'ai appellés pulmonés, nudibranches-et tectibranches. Aucun individu des genres que je. viens de nommer ne m'a offert autre chose qu’un ovaire plus ou moins développé , mais dans la composition duquel entrent quelques parties glanduleuses qui pourraient être regardées comme servant à la secrétion du sperme, en sorte que je suis assez porté à croire que ces animaux sont des hermaphrodites qui peuventse suffire à eux-mêmes comme les acéphales.

DT SIGARET.

Le Sicarer s'éloigne d’eux encore en ce point ; il a comme les pectimibranches ordinaires les sexes séparés, et la verge

SUR LE /SIGARET. 3

du mäle ressemble nommément beaucoup à celle des buccins. |

Toutefois, il s’en faut que sa ressemblance avec les buccins ne soit complète, et l'énorme ampleur aussi-bien que l'épaisseur charnue de son manteau qui cache entièrement sa coquille aux yeux, le distingueront toujours suffisamment de tous les autres coquillages.

C’est ce manteau qui tient vraiment lieu de coquille , et qui en fait les fonctions, ayant à lui seul une échancrure et un canal qui représentent à la fois le syphon pierreux et le syphon membraneux des autres mollusques de la famille des buccins ,, des murex, etc.

La véritable coquille que ce manteau renferme a l'air de n'être destinée qu'à le soutenir et à lui donner un peu de consistance ; elle-a son bord bien entier, ‘en sorte qu’à elle seule elle ferait placer le sigaret parmi les turbinées à ouverture ronde, tandis que la configuration de son manteau lui donne réellement le genre de vie et.les fonctions des turbinées à ouverture échancrée. | Je crois être le premier qui ait fait connaître cet animal ( Bulletin des Sc. ) d’après quelques individus apportés du Sénégal, que M. de Lamarck avait bien voulu confier à mon examen. |

Adanson, qui en avait trouvé fréquemment la coquille dans les sables de l'embouchure de ce fleuve , dit expressément qu'iln'en a point vu l'animal. ( Sénég. p. 24.)

Il est vrai que Müller représente sous le nom de #wlla velutina, Lool: Dan. LIL pl. rot. g: 1— 4, un animal que son éditeur Abzldgaardt regarde, n°. 2900, ainsi que Fabrictus, Faun. Groënl. n°. 387, p. 390, comme identique avec

Bi MÉMOIRE

lHeurx Harroromea de Linnœus, que nous considérons ici comme le szgaret. Mais cette coquille de Müller est toute différente de la nôtre, ayant des côtes longitudinales , etune ouverture presque circulaire; c’est d’elle que Chermnitz fait son turbo neritoides ( Conch. X, p. 306, t. 165, f. 1598—09); et Martini son catinus lactis (Conch. I, p. 194—197, t. XVI, f. 151—154). Elle avait été expressément distinguée de l’helix haliotoides par Müller lui-même dans son Prodromus , n°, 2900 et 2022.

Je ne crois pas en effet que l’on puisse douter que Linnæus n'ait entendu par Lex haliotoidea , notre sigaret. Et la coquille de Müller, si ce n’est pas une espèce particulière , répondrait plutôt à l'ex neritoïdea de Liinæus encore très-jeune. \

Il suit, pour s’en convaincre, de jeter un coùp-d’œil sur les phrases caractéristiques et sur les figures cibées dans la XIlme, édition Gualtieri, 64, 1, pour le rerifoidea, et 79, F, pour l’Aalotoïdea: toutes les autres figures citées sous cette dernière espèce, conviennent aussi au szgaret ; excepté Bonamt : Mus Kircher, n°. 40%, qui estle nerifoidea.

Gmelin, comme à son ordinaire, n’a rien débrouillé ; au. contraire, il a supprimé la citation de Gualtieri, qui seule expliquait le zerifoidea (1).

J'ai eu depuis de nouveaux individus de sigarets , rapportés

() N. B, L’hel. neritoidea de Lin: n’a rien de commun avec l’Ae/: neritoïdes de Chemnitz, He. naticoides | Drap. Moll. de Fr. pl. V, f 25—27, qui est un hélice terrestre.

SUR LE SIGARET. re)

de l'Isle de France par M. Mathieu, et mieux conservés que les premiers. Leur manteau fongueux est ovale; sa face supérieure est bombée, et irrégulièrement creusée de quelques sillons. Elle doit avoir dans l’état de vie uneteinte fort brune. Sur le bord antérieur, un peu vers la gauche, se montre l'échancrure que continue en dessous un demi canal, qui conduit àla cavité branchiale. Celle-ci est située au dessus du col, comme elle le serait dans un buccin ou tout autre pecünibranche à grande coquille. Le pied est sous le manteau, et de même forme, mais beaucoup plus étroit en tout sens. La tête a la même forme que celle du buccin; déprimée, et portant à chaque angle un tentacule aplati, qui a œil au côté interne de sa base. La bouche forme une petite trompe; l'anus est à gauche vis-à-vis le demi canal; et à droite dans le mâle, est la verge, aussi grande à proportion que celle du buccin, et terminée par un petit filet pointu. Dans l’état de repos elle se replie et se cache dans la cavité branchiale.

Quand on fend la peau supérieure ou l’épiderme fongueux du manteau, on découvre la coquille, dont l'existence n’était nullement manifeste à la vue. On l’enlève aisément, car elle he tient au corps que par un petit muscle inséré près de la columelle. On distingue alorsaisément (#2. 5), au travers dela peau inférieure, les principaux viscères; les branchies, qui occupent obliquement en écharpe le plafond de la cavité branchiale, par deux bandes de petites lames transverses; le cœur et son oreillette situés en arrière vers là gauche; le foie et l’organe de la génération.

On peut alors fendre le plafond de la cavité branchiale, pour voir immédiatement les branchies comme en fig. 6. Et en ouvrant la peau du cou et celle de l'abdomen, comme

en fig. 7, on peut, par une dissection aisée, développer les viscères plus intérieurs. La masse charnue de la bouche et les glandes salivaires sont assez considérables; la langue armée d’épines comme à l’ordinaire se prolonge: beaucoup et se roule en spirale. L’oœsophage donne par le côté dans un sac stomachal simple placé au côté droit; le pylore est près du cardia ; l'intestin assez court proportionnellement ne fait que deux replis avant de se rendre à l’anus. Le foie et l’ovaire dans la femelle ou le ‘testicule dans le mâle remplissent le reste de l'abdomen. Celui-ci a un long canal déférent trèsreplié, qui se termine dans'la verge. En un mot, pour faire du sigaret un buccin il'suflirait que les tours de sa coquille, moins inégaux, se prolongeassent en une spirale plus aiguë.

DE L'HALIOTIDE.

Venons maintenant à ces gastéropodes. hermaphrodites sans accouplement que nous avons annoncé devoir faire une famille particulière. | |

Quoique l’alotis tuberculata ou l'oreille de mer ordinaire, soit fort commune sur nos côtes, on n’a encore que des figures imparfaites de son animal, et l’anatomie n’en a point été publiée.

Il serait diflicile de se représenter toute la beauté de ce mollusque d’après les dessins de d’Argenville, et même d’après. ceux d'Adanson; c’est pourquoi j'ai cru devoir en donner, fig. 9, un nouveau portrait que j'ai fait à Marseille sur l’animal vivant. , . 7

Ce qui y frappe davantage, c’est la double rangée de festons découpés en feuilles d’acanthe, etavec bien plus de dé-

SUR L'HALIOTIDE. Ne licatesse que je n’ai pu le rendre, qui entoure la base du pied , et forme tout autour de la coquille une riche garniture. Le vert de pré, et:le blanc s’y märient agréablement; des filamens déliés d’un vert foncé alternent avec les festons , et des tubercules verdâtres couvrent l’espace assez large qui sépare les deux franges. Cet ornement magnifique m'est pas aussi complet dans toutesiles espèces.

L’Aalotrs iris et quelques autres n’ont qu'une seule rangée de festons et de filamens sans tubercules ; mais quelle que soit la garniture des côtés, il n’y a toujours sous la tête qu’une membrane festonnée simple, divisée en deux lobes par une échancrure. Deux longs tentacules verts sont placés sur ces lobes qui les enveloppent quelquefois, et un. pen.en arrière et en dehors sont deux petites productions cilindriques qui portent les yeux. C'est ce qui a fait dire que les haliotides , par une exception particulière parmi les gastéropodes aqua tiques, avaient quatre tentacules ; mais.cela n'est pas plus vrai pour elles, que pour beaucoup d’autres genres marins qui ont aussi les yeux placés sur une proéminence : on peut surtout en voir une bien marquée dans la phasianelle.

Entre les deux grands tentacules et les deux lobes dont nous venons de parler, est une courte trompe charnue.

L'animal porte sa coquille de manière que la spire est sur sa queue , et l’échancrure que forme à l'extrémité opposée le trou non encore fermé, sur son col. Ainsi le bord columellaire est sur sa droite, et le Rom le long duquel règnent les trous sur sa gauche.

Le manteau est court.et ne déborde point la coquille, à laquelle l'animal est attaché par un seul large muscle ovale , qui se fixe à peu près aumilieu de la concavité du dernier tour

8 MÉMOIRE un peu plus vers la droite, c’est-à-dire vers le côté columellaire. l

La cavité branchiale est située au côté gauche de ce muscle, et la masse des viscères contourne le même côté, et le bord postérieur, en passant sous la cavité branchiale.

Le manteau à l'endroit où il couvre la cavité branchiale a une longue fente, sur laquelle règnent les derniers trous de la coquille. Trois ou quatre filamens qui garnissent les : bords de cette fente passent par ces trous et il n’est pas impossible que l’eau entre et sorte aussi par ces ouvertures quand l'animal ne veut ou ne peut pas l'introduire par la voie ordinaire de l’échancrure.

Le lobe du! manteau, qui est séparé du reste par cette fente, est placé contre la columelle, et en déborde quelquefois l'extrémité, quand l'animal se contracte dans sa coquille; mais du reste le manteau de lhaliotide ne se prolonge point en tube, ni en syphon, comme dans les buccins, volutes etc. Cette fente qu’il a sur la cavité branchiale est une disposition toute contraire, et dont je ne connais pas d'autre exemple parmi les turbinées. Les emarginules de Lamarck sont même les seuls gastéropodes où l’on observe une pareille fente , mais elle est établie sur le milieu du devant dû corps, et non, comme ici, sur le côté gauche.

Quand , après avoir détaché l'animal de sa coquille, on écarte un peu les bords de la fente, comme en #g. 11, on voit que le rectum répond à son fond, en sorte qu'il ne serait pas impossible que le trou de la coquille le plus voisin servit à l’animal pour se débarrasser de ses excrémens. On remarque aussi que la cavité branchiale à tout son plancher occupé par deux longs peignes prismatiques à 6 , composés

de

SUR L'HALIOTIDE, g

de feuillets branchiaux , et une partie de son plafond et de son côté gauche, par cet organe dela viscosité cc, que nous trouvons constamment de la même forme dans tous les pectinibranches, et que je suppose toujours avoir pour fonction de fournir une enveloppe aux œufs quand l’animal les dépose au dehors. En continuant l'examen de l’animal enlevé à sa coquille, on observe derrière la cavité branchiale une poched que l’on soupçonne aisément être le péricarde et qui l’est en effet. En l’ouvrant comme eng. 12; on aperçoit d’abord üne oreillette e longue, demi-transparente, toute frangée surses bords, qui reçoit un vaisseau de la branchie droite 3. Plus sur la gauche, et vers le fond, on trouve ce que -je m’aipoint encore vu parmi les gastéropodes , une deuxième oreillette f, qui recoit le sang de la branchie :gauche b; mais ce qui est plus curieux ‘encore et non mois inoul parmi les gastéropodes , le cœur g est un cilindre charnu au travers duquel passe le rectum , absolument: comme «dans 4es bivalves. ar n 2OS | GET

J'avais été long-temps sans pouvoir aide de dérishble ‘cœur , quand j'imaginai de fendre avec: précaution la première tunique du rectum qui me semblait un peu enflée et à laquelle je voyais adhérer les deux oreillettes; je reconnus aussitôt que cette première tunique était vraiment le cœur. Elle a intérieurement dans sa partie postérieure des colonnes charnues très-marquées , et chaque oreillette ÿ communique de son côté par un orifice muni de deux pêtites valvules.

On a représenté plus en grand, le ‘cœur , les’ oreillettes et l date de la petite circulation, /g. 13.

Je n’ai pas besoin de dire que le grand vaisseau X, fig: if qui va de chaque branchie à l'oreillette, est la veine bran-

30 MÉMOIRÉ

chiale, A la face opposée de la branchie est l'artère branchiale 7, z, fig. 12 et 13, qui tire comme à l'ordinaire son origine du tronc commun auquel aboutissent les veines du corps. |

Pour découvrir Paorte, ik faut disséquer lanimal par dessous, et enlever son pied, comme en, fig. 16 et 117. Quand on a écarté l’œsophage et l'estomac, et: ouvert le péricarde et la cavité branchiale, on retrouve dans ui autre sens tous les organes dont nous venons de faire mention, et que la fig. 17. désigne par les mêmes lettres que la Zg. 12. Et l’on voit de plus l'aorte £, qui sort du cœur par la même extrémité où le rectum y entre, marche transversalemert, et après avoir. donné des branches 7, m», 7, aux intestins. et aux parties voisines , se rend en © dans le muscle principal À; d’où elle ressort par le devant pour se rendre à la masse charnue de la bouche en p, fig. 16.

Cette masse gg, fig. 14, 16, 17, donne naïssance au canal intestinal comme dans tous les gastéropodes et les céphalopodes. En louvrant, on y observe deux plaques latérales cornées, minces, sans dentelures 7 r, fg. 15, seuls vestiges. de mâchoires ; et entre ces plaques une langue armée d’aiguillons s, qui se prolonge: en dessous et en dehors de la masse, en un long cône #, fig. 16, garni aussi d’aiguillons en dedans et terminé par une double pointe.

Les glandes salivaires ww, sont fort petites.

Le pharynx naît de la face supérieure de la bouche; il est fort dilatable et divisé par des plis, én trois côtes longitudinales, finement ridées en travers. À sa suite vient un petit œsophage w, puis un premier estomac de forme oblongue qui se termine dans l'épaisseur du foie en x'. Ses parois pré-

SUR L'! *HALIOTIDE. IX

sentent à l’extérieur un tissu glanduleux, et à Pintéres un grand nombre de petites stries longitudinales. Vers son fond est un orifice y, où plusieurs vaisseaux hépatiques aboutissent -èt versent leur bile. Une forte valvule semi-lunaire 3, le sépare d’un deuxième estomac F, qui est plus petit, a des stries transversales , et deux orifices G G, pour les vaisseaux biliaires. Dans son fond est une double arête longitudinale, et à la partie opposée une proéminencé pointue H, qui en retrécissent la cavité en cet endroit.

Une petite valvule L, le sépare du duodénum M, qui après être sorti du foie remonte parallèlement au premier estomac et à l'œsophage, se courbe un peu vers la droite au devant du muscle principal, se replie sur lui-même en N, retourne en arrière parallèlement à son premier chemin, arrivé vis-à-vis le péricarde en Q se replie pour y pénétrer, est alors enveloppé par le cœur g , et en ressort pour former le rectum À, qui est suspendu au plancher de là cavité branchiale, et se termine à l’anus vis-à-vis la fente de cette cavité, comme nous l’avons dit en commençant.

Le système nerveux ressemble assez à celui de la phasianelle et d’autres pectinibranches. La partie supérieure du collier œsophagien au lieu d’être renflée au milieu pour former une sorte de cervéau, ést un simple cordon, renflé seulement aux deux extrémités en deux ganglions «,/13. 10, 14 et 16. Cependant ce cordon transverse donne quatre filets nerveux, 88, fig. 14, aux parties antérieures de la tête et surtout à la trompe. Les nerfs des tentacules et des yeux partent des ganglions latéraux #4, qui donnent aussi chacun deux cordons y}, /fg. 10, pour formerle collier autour de l'œsophage, et ces quatre cordons s'unissent en un

ganglion d', fig. 10 et 16, un peu enfoncé dans là face antérieure du muscle principal A De ce ganglionnaissent en avant. les nerfs «6 qui vont aux viscères et aux parties latérales de l'enveloppe, et en arrière quatre cordons ,: deux de chaque côté ; S ©, qui traversent le muscle À et règnent jusque vêrs v extrémité postérieure du pied , èn donnant des filets de chaque côté. fi | |

Sur plus de vingt (idikidus d Hate que j'ai examinés, aucun ne m'a rien présenté qui ressemblät à une verge, n1 à aucun autre tu d'accouplement. Je n’ai jamais trouvé qu'un orifice situé à côté de l'anus, comme l'organe femelle des baccins et des murex, £, fg. 12,14 et 17; un ovaire caché en partie dans l'épaisseur du foie , y aboutit. J’ai observé dans cet ovaire des parties glanduleuses que je crois être les organes mâles ; mais comme je n’ai disséqué que des individus conservés dans l'esprit de vin, je désirerais que les naturalistes des bords de la mer pussent développer plus nettement: cette partie de l’organisation des haliotides.

Ds 14 FIssurEzre.

Sr l’on excepte les différences qui résultent de la parfaite symétrie de la coquille, et de celle des branchies et des organes correspondans qui en est la suite, on pourrait presque dire. que la Fissurezce est une baliotide qui n’a qu’un trou; mais ce trou est placé au sommet d’un cône équilatéral formé par la coquille; il: perce la coquille et, le: manteau qui la double en dedans , et qui se réfléchit tout autour de ses

bords. Le pied. a la même forme ovale que le manteau et en est peu débordé : ; il s’échancre un peu en avant pour

SUR LA! FISSURELLE. *3

la place de'la tête et de la courte trompe qui (la termine.

Ses côtés sont légèrement rugueux , mais dépourvus de tentacules ‘ét d’autres ornèémens ; on ne voit que les deux ven tacules ‘de la'tèté ; à Ta basé externe desquels : sont placés lés yeux, qui ne Ko portés sur aucun tubercule sensible. "Quand on a enlevé la coquille et fendu ou soulevé la portion du manteau qui recouvre la cavité branchiale, on voit deux pyramides égales de Branchies, ‘üne de chaque côté, et entre elles dans le fond de la cavité un petit” tube sprint et percé au bout, qui est l'anus.’ Son extrémité est un peu en arrière du trou du sommet de la coquille et il est probable que l’animal peut l’avancer jusques-là quand il doit se débarrasser de :se$ ‘excrém'ens. 41 est possible encore que ce trouserve, comme ceux des haliotides, à faire pénétrer l’eau dans la cavité branchiale, où à l en faire sortir quand 1 la fissurelle ne veut pas se servir pour cela de la large ouverture. qu "elle. a sur le cou, comme les autres En branches, ie ou ne Li | | “. | Cest aussi en Ron PT jar le dos, que lon voit le mieux, le cœur et ses oreillettes. | . Chaque branchie donne de son bord externe une veine qui aboutit dans l'oreillette de son côté. Le cœur, comme dans l'haliotide, entoure le rectum, et reçoit le, sang de ces deux ch égales entre lesquelles. il est situé. Le rectum traverse le péricarde et le cœur, avant de sortir de l'abdomen entre les deux branchies. fs cœur m'a paru donner une artère de chaque côté qui se dirige en arrière, . et il m'a semblé que les veines caves $e portent en avant sur le rectum pour aboutir aux vaisseaux du bord interné des branchies qui sont les artères branchiales. La bouche, les glandes salivaires,

14 MÉMOIRE la langue, le pharynx, ses replis, sont les mêmes que dans l’haliotide. L’œsophage après s'être porté en arrière, revient.en avant en s’élargissant en une sorte d’estomac qui fait un repli, se reporte en arrière, contourne une partie du foie, revient en avant et y fait encore deux petits replis avant de donner le rectum et d’entrer dans le péricarde et de là dans la cavité branchiale.

Le système nerveux a aussi la plus sage ressemblance avec celui des haliotides.

Enfin il n’y a pour tout organe de la genération qu'un ovaire placé au dessous du foie,

DE L'LMARGINULE.

Ce que j'ai dit des rapports de la fissurelle avec lhaliotide est également vrai de l’émarginule ; elle a même un rapport de plus dans une rangée de petits tentacules d’inégale grandeur qui entoure son pied, et qui rappelle un peu la riche parure de l’haliotide ; mais au lieu d'un trou, l’émarginule n’a qu'une échancrure au bord antérieur de sa coquille et de son manteau. Du reste le nombre des branchies, leur position symétrique, celle de l’anus entre elles, les deux oreillettes, le cœur et le rectum qui le traverse, tous les organes, de la digestion, le système nerveux enfin sont les mêmes que dans la fissurelle, ainsi qu’on peut les voir dans les figures que j’en donne. J'ai même représenté séparément le système nerveux et l’intérieur de la bouche, afin qu'on puisse mieux juger de la ressemblance de ces organes dans ces deux genres, avec ceux qui leur correspondent dans

Thaliotide.

SUR L’ÉMARGINULE. 15

À extérieur, oùtre la coquille et les oinemens de son

pied , l'émarginule diffère encore dela fissurellé parce tue

ses Yeux sont portés chacun sur un gros tübercule! situé à

la base extérieure du tentacule comme dans lhaliotide. K

m'a parü aussi que les tentacules de l’émarginule doivent être plus courts que ceux de la fissurelle.

De 14 PATELLE.

La Parezre diffère essentiellement des genres précédents par la position et la conformation de ses branchies. Pour les bien voir il suffit dé renverser la coquille, ét de rapprocher là tête du pied, comme en #g. 8, pl. TE.

La tête, D, se termine en üne trompe charüeé lirge ‘et courte. Ses tentacules pointus ont châeun à léur base interne un tubercule peu saillant sur lequel est l'œil. Le pied forme un large disque ovale. Lie manteau déborde de tous côtés le pied et la tête, et'a tout autour, à sa face interne , un cordon de petites larñes triangulaires, minces et serrées, qui sont les branchies. Le nombre. en ést très-considérable. Dans certaines espèces , comme celle qui est représentée #2. 13, la série de ces lames est interrompue en avant sur un assez large espace ; dans d’autres, et nommément dans celles de la fig. 8 , elles se continuent sans interruption.

Dans l’enfoncement situé au dessas de la tête on aperçoit du côté gauche le péricarde dans lequel, quand lanimal vit, il est aisé de voir battre le cœur, et du côté droit deux petits tubercules percés chacun d’un orifice. Le plus gros des deux est l'anus. |

En dehors de la série des lamelles branchiales on aperçoit

un vaisseau qui fait le tour entier. C’est la veine branchiale, qui recoit le sang des branchies et qui le porte au cœur par un seul‘tronc: dans les espèces où la série branchiale n’est pas pee, par deux dans: celles où elle l’est.

‘L’artère branchiale est en dedans de la série des branchies et en suit le bord interne, de la même manière que la veine suit l’externe. Si vous ajoutez un bourrelet légèrement renflé qui renforce tout le bord du manteau, et une infinité de petits filamens charnus qui le garnissent, vous connaitrez tout ce que l’on voit à l’extérieur de la patelle, .

Pour pénétrer plus avant dans sa structure, il faut la détacher de sa coquille à laquelle elle adhère par un muscle presque circulaire et interrompu seulement au devant de la tête. Ses fibres péashent: tout autour dans l'épaisseur du disque du pied, et s’entrecroisent avec les fibres propres de ce disque, comme dans l'émarginule.et dans la fissurelle. da

un “ar entouré par ce muscle..est-revêétu d’une mern- Far fine qui n’est qué la païtie supérieure. du manteau. En l’ouvrant comme en /g. 14, on découvre le cœur dans son péricarde , et la masse du foie, dans l'épaisseur de laquelle l'intestin a l’air de faire ses .nombreuses circonvolutions s tant il est étroitement rétenu entre $es lobes. Si l’on fend de plus la peau supérieure de la tête: on epercpit la masse charnue de la bouche et le cerveau. :

Pour voir l'ovaire, il faut prendre l'animal PDU et enlever le disque du pied, comme ën fig. 11 et 13. Alors on observe encore la langue qui se contourne vers le côté droit, et lorsque l'ovaire n est pas trop gonflé, comme en

SUR LA PATELLE. 17 fig. 13, on distingue quelques-unes des circonvolutions inférieures de l'intestin. AR CAHLT E

On peut aussi avec un peu de soin! enlever, comme en fig. 15, l'intestin et le foie, et laisser l'ovaire, la masse charnue de la bouche et la langué reposantsur le disque du pied.

L'opération la plus difficile est de dégager, comme en /8-12, les circonvolutions de l'intestin, des parties du foié qui les ‘ enveloppent et les serrent de toute part; quand on y est parvenu, l’on connait à peu près tous les organes intérieurs de la patelle. :

La masse charnue de la bouche n’est pas très-grande, Quand on l'a dépouillée de ses muscles, on y trouve de chaque côté une branche cartilagineuse composée de deux pièces; la langue est tendue sur leur extrémité antérieure , et ce sont leurs mouvemens qui font. agir les petites dents dont elle est armée, en les fesant se redresser et s’abaisser.

Au dessus est placée une lame osseuse demi- circulaire, fig. 17, tenant lieu de mâchoire supérieure. C’est en triturant les alimens entre les dents de sa langue et cette plaque, que l'animal les divise; c’est ainsi qu'il entame les corps les

- plus durs. Il a de quoi fournir long-temps à la détrition qui s’opère sur sa langue même, et de quoi la réparer promptement, car cette langue se prolonge en arrièré, en se repliant cur elle-même et en se roulant en spirale, de sorte qu'elle est trois fois plus longue que le corps. Voyez en le développement #g. 19. É | fe)

Elle est armée de trois séries de rangées transversales d'épines recourbées en arrière. Les rangées de la série mitoyenne ont chacune quatre épines, celles des séries latérales

chacune deux; la partie antérieure de la langue et ses épines

ont seules pris leur accroissement.et leur dureté: En arrière l'organe est de plus en plus grêle et mou; mais à mesure que le devant s’use, les parties postérieures se développent , se durcissent, et avancent pour succéder à celles qui se détruisent ; mécanisme analogue à celui du palais des scares, et qui se retrouve plus ou moins dans tous les gastéropodes.

Les glandes SAR sont si petites ch on a peine à les apercevoir.

Le pharynx comme à l’ordinaire s’ouvre sur le devant de la masse charnue de la bouche: Ilest dilaté, et ses parois, comme dans lhaliotide, ont trois replis saillans et finement plissés en travers, de manière à pouvoir se dilater dans tous les sens (20y. fig. 7). L’œsophage se. rétrécit ét se porte en arrière et sur le côté droit , où il se dilate en une espèce d'estomac, f. fig. 12, qui occupe transversalement le derrière de l'abdomen. L’intestin se replie six ou sept. fois sur lui-même dans des directions assez inutiles à décrire, et finit par se terminer à l'anus, situé comme. nous l'avons dit sur le côté droit du cou.

L’ovaire est placé sous le et plus vers le côté ot Dans les individus qui ne sont pas prêts à pondre, il n’occupe que moitié de la largeur du disque, et sa structure intime offre à l’œil des différences qui rendent assez probable l'existence des organes des deux sexes. Tel est celui que représente la #g. 15. Mais lorsque les œufs ont grossi et sont prêts à sortir, il devient plus gros que la masse du foie et des viscères, qu’il couvre entièrement quand on regarde l’animal par dessous. C’est ainsi qu’on le voit /£g. 11. L'oviductus s'ouvre à côté de l’anus.

Le système nerveux est fort semblable à celui de l’halio=

SUR LA PATELLE. 19

ide. Un cordon transverse sur: la bouche, se renfle aussi de chaque côté en un ganglion qui donne des nerfs aux yeux, aux tentacules et aux parties voisines. Deux cordons de chaque côté se rendent en dessous pour former un ganglion transversal d’où naissent les nerfs du‘pied, ceux du muscle circulaire et ceux des viscères. Il y a de plus un cordon transversal qui unit les deux extrémités de ce ganglion mais sans embrasser lœsophage ni former par conséquent un deuxième collier. |

Du CA4B0CHON.

Le Casocuon (capulus Montf. patella hungarica Jan. ) porte comme la patelle une coquille conique et non turbinée; néanmoins le sommet en est un peu recourbé en arrière, ce qui l'a fait comparer aux bonnets que portaient anciennement quelques peuples de lorient de l’Europe. On doit aussi remarquer que dans le cabochon le diamètre transverse de la base du cône est le plus grand. L'animal est attaché à sa coquille comme celui des patelles par un muscle circulaire, interrompu seulement en avant, pour le passage de la tête, et pour l'entrée de la cavité branchiale. En effet le cabochon n’a point ses branchies le long des côtés de son pied, comme la patelle, mais dans une cavité au dessus de sa tête, comme le grand nombre des pectinibranches; mais ce qui le distingue des autres, C'est que ces branchies, composées de beaucoup de lames étroites et longitudinales, adhèrent par une seule rangée transversale au plafond de leur cavité; le cœur, auquel elles envoyent le sang qui à respiré, est en arrière sur l'extrémité gauche de cette rangée ,

déni MÉMOIRE

et le fond du cône de la coquille est rempli par l'abdomen et par les viscères qu il contient ordinairement et dont je mai pas pu faire un examen particulier.

Le cabochon se distingue encore des genres voisins par les ornemens de sa tête. Sa bouche est une trompe susceptible d’un certain prolongement, et creusée en dessus d’un - sillon: profond. Ses tentacules portent les yeux à leur face extérieure vers leur base, et sur une partie’ renflée. Sous la gorge, et en avant du bord antérieur du pied, est une ‘sorte de fraise formée des nombreux replis d’une double membrane, qui dans l’état d’extension, sert peut-être à prolonger le pied en avant et à faciliter la reptation de l’animal.

L’'anus est vers le côté droit de la cavité branchiale. L’individu unique dont j’ai pu disposer ne m'a point fait voir d’organe du sexe mâle; mais je n’oserais prononcer que ce genre n’en ait point, car je lui trouve dans son ensemble de lorganisation, au moins autant de rapport avec les sigarets et les buccins, qu'avec les patelles, fissurelles, etc.

DE LA CRÉPIDULE.

Je porte un jugement semblable sur les CréPuzes Lam. [patella fornicata ; — CHRAUENS ; — solea; — crepidula, etc. L.)

Leur coquille à base Athena ovale, à pointe obliquement dirigée en arrière et sur le côté droit, est à moitié fermée en dessous et en arrière par une lame horizontale.

Cette lame sert à loger et à soutenir la portion saillante du sac abdominal, qui est appuyé dessus. Le manteau passe

SUR.LA CRÉPIDULE, it

dessous. Il garnit comme à l’ordinaire tout le pourtour de la coquille. Sous le manteau, lou voit en arrière un pied demiovale, et en avant la tête. Les yeux re à à la tête même, sous la base des tentacules.

Les branchies forment une rangée transversale de longs filamens adhérens au plafond de leur cavité, et dont les extrémités peuvent flotter au dehors. L’anus est à droite dans la même cavité, et j’ai cru apercevoir dans quelques individus une proéminence au côté droit du col que j'ai prise pour la verge.

Il n’est pas difficile de suivre de l'œil les intestins au travers de la peau transparente qui revêt le sac abdominal. L’estomac est vers la droite; l'intestin ne fait qu’un repli avant de se rendre à l’anus; le reste du sac est rempli par le foie et par les organes de la génération.

Je dois les crépidules que j'ai examinées aux attentions de M. Beudant, qui les a recueillies sur les bords de la Méditerranée, aux environs de Toulon.

DE 14 NATICELLE.

Les Navicezres de Lamark, Seprammes de Ferussac, et Cuser de Montfort, (patella neritoidea Gm. et pat. borbonica Bory St. Vincent ) ressemblent par la coquille aux crépidules, excepté que le sommet est symétriquement couché sur le bord postérieur , et que la lame horizontale est moins large ou saille moins en avant.

Le caractère le plus marqué de ce genre consiste dans une plaque testacée, mobile, irrégulièrement, anguleuse, cachée dans le sac abdominal. Comme je n’ai eu qu’un animal desséché de navicelle, je ne puis décrire avec précision

les connexions de cette pièce singulière, dont ; je ne connais aucun autre exemple parmi les coquilles. J’ai pu juger néanmoins que cet animal est assez semblable à celui des crépidules.

Je suis moins instruit sur les Cazvprrées Lam. (patella equestris — p. sinensis — p. {rochiformus —p. auricula, etc. L. ), car je n’ai pu encore m’en procurer l'animal; mais la forme demi-turbinée de sa coquille doit faire croire qu’il s'approche encore plus des buccins que les genres précédens.

Dr r'Oscagrron.( Cxrron.L. )

M. Pozr nous a donné l'anatomie de l’oscasrion (Cui- Ton L.) dans son magnifique ouvrage sur les testacés des deux. Siciles, et il est à ma connaissance le seul auteur qui s’en soit occupé. Son travail est aussi exact qu'il était possible de le faire sur les petites espèces qu’il a eues à sa disposition; mais comme j'ai pu en disséquer de beaucoup plus grandes, je crois avoir observé quelques points avec plus de détails.

Celle qui a fait le principal sujet de mes recherches, est représentée de grandeur naturelle, pl. IT, 7. 8 en dessus, et /?g. o en dessous.

On sait que les oscabrions ont le dos garni d’un manteau ovale, de substance très-coriace, qui déborde de toute part le pied et la tête, et sur le grand axe duquel est implantée la série longitudinale des valves testacées qui caractérise ce genre. Elles sont ordinairement au nombre de huit ; le bord postérieur de chacune recouvre l’antérieur de la suivante, et celui-ci est enfoncé dans un repli rentrant du manteau, d'où on l’arrache aisément, surtout quand l’animal a séjourné

SUR L'OSGABRION. 23 quelque temps dans l’esprit-de-vin. La portion moyenne de ‘ce manteau, celle où sont enchassées les valves coquillières , n'est que membraneuse, et c’est en dehors des valves seulement qu’il prend sa grande épaisseur et sa dureté comparable à celle d’an cuir mouillé. Les bords épais ne renferment rien, et tous les viscères sont placés sous la partie menbraneuse et protégés par les valves.

Quand on examine l'animal en dessous, l’on aperçoit son pied, beaucoup plus étroit que le manteau , et semblable à celui des doris et des phyllidies. S }

Les branchies sont placées des deux côtés, dans l'enfoncement qui est entre la base du pied et le bord saillant du manteau, ce en quoi l’oscabrion ressemble encore aux phyllidies; mais il en diffère beaucoup par son anus, placé symétriquement en arrière de l'extrémité postérieure du pied, et par sa bouche, qui n’est entourée que d’un petit ‘voile circulaire et plissé comme une fraise, mais auprès de laquelle on n’aperçoit, non plus qu'à la partie supérieure du manteau, nuls vestiges de tentacules. L’oscabrion diffère en cela de tous les autres gastéropodes , puisque les AcÈREs mêmes n’ont mérité leur nom, ainsi que nous l'avons dit , que parce que leurs quatre tentacules sont réunis en une sorte de bouclier quadrangulaire. La bouche est assez renflée, et ridée , et l’on juge aisément que dans l’état de vie, l’animal doit pouvoir la faire saillir comme une petite trompe.

Chaque Pranchie est en forme de petite lame triangulaire, adhérente par le côté le plus étroit, finement striée en travers ‘sur les deux faces, et ayant à chaque bord un vaisseau principal. L'anatomie fait connaître que le vaisseau du côté exté-

IA } (MÉMOIRE rieur est la veine et celui du côté intérieur l’artère. Les stries transversales sont les petits vaisseaux qui se rendent de l'une à l’autre, et où le sang est exposé par sa grande division à l’action pleine de l'élément ambiant.

Pour observer commodément l’intérieur, il faut enlever les valves, et ouvrir la partie membraneuse du manteau où elles étaient enchâssées, fg. 10, 13, 14.

La plus grande partie des intestins est recouverte par l'ovaire &, fig. 10,eten arrière eil a encore sur Jui le péricarde et le cœur à , 1b. |

L'ovaire est conique, oblong, incisé sur ses bords en lobes irréguliers et arrondis ; sa texture est celle d’une grappe de petits lobules, où les œufs se développent à l'époque de la fécondation.

M. Poli ne parait pas avoir connu les oviductus, quoiqu'il les ait décrits comme deux vaisseaux rouges. Je leur trouve en effet cette couleur même dans mes individus macérés. Ils sont au nombre de deux ce, f. 10 ; partent d’un point commun vers le quart postérieur de l'ovaire, à sa face supérieure, et se rendent chacun de son côté, un peu obliquement en arrière, pour percer le manteau, un peu en avant del’extrémité antérieure de l'oreillette 2. Je crois que leur orifice rieur est sous l’avant-dernière valve, mais ils se rétrécissent tellement avant d’y arriver que j'avoue qu’il me reste quelque doute à cet égard.

Je n’ai aperçu aucun organe mâle dans huit individus d'espèces différentes que j'ai examinés. M. Poli n’en fait point mention non plus, ce qui me fait juger que les oscabrions, comme les patelles et les genres voisins, sont des hermaphrodites pouvant se féconder eux-mêmes.

Le

SUR L'OSCABRION. 25

Le péricarde occupe l'espace renfermé entre l’oviductus et le bord postérieur de la cavité des viscères. Il renferme le cœur et les oreillettes.

Le cœur, à, fig. 10, est symétrique, en forme d’ellipse allongée. En avant il donne une artère, 6, qui se porte sur l'ovaire auquel elle fournit des branches, et jusqu'à la bouche, sur laquelle elle se termine.

À chacun de ses côtés le cœur reçoit une communication de l'oreillette correspondante, 4, et en arrière après s'être rétréci un peu il se dilate, pour en recevoir une seconde, 7, fig. 14; car je crois m'être bien assuré que chaque

oreillette donne dans le cœur par deux orifices distincts, dis-

position dont je n'ai point aperçu d’autre exemple dans le règne animal.

On distingue bien à l’intérieur les colonnes charnues du principal ventricule et de son prolongement postérieur, ainsi que les valvules de ses quatre orifices. Les oreillettes sont minces, de forme oblongue, fixées aux parois de l'abdomen par tout leur bord extérieur, et pénétrant dans l'épaisseur de ces parois pour y recevoir la veine branchiale.

Celle-ci marche tout le long de chaque côté du corps, au dessus du bord extérieur de la série des branchies. En l’ouvrant on y voit la suite très-régulière des trous par où les veines particulières des branchies communiquent dans ce tronc général, &, fig. 14.

L’artère branchiale marche au côté interne de la veine du même nom, dans une partie où la base du pied rend la paroi de l'abdomen plus épaisse et plus charnue. On voit des colonnes charnues transverses assez fortes, surtout dans la

partie antérieure de ce tronc artériel, qui montre au reste comme le tronc veineux la série des petits trous qui versent le sang dans les artères particulières des branchies, z, 9. 14.

Ce sang arrive dans l'artère branchiale par deux veines principales de chaque côté, lesquelles sortent du foie et amènent le sang des intestins. Celle qui va le plus en arrière rampe sous la paroi inférieure du péricarde, et arrivée sous loreillette de son côté, elle se recourbe en avant pour pénétrer dans l’épaisseur de la base du pied et s’y changer en artère. Il est possible que d’autres veines plus petites pénètrent directement dans le tronc de l'artère , surtout celles qui y portent le sang du pied.

Ainsi le système circulatoire de l'oscabrion, n’a rien qui diffère essentiellement de celui des autres ADD dES

Son système digestif n’est pas moins semblable © à celui de cette classe de mollusques.

La bouche donne comme à l’ordinaire dans une cavité revêtue de muscles très-compliquée , et attachée par d’autres muscles aux parties environnantes , ou dans ce que j'appelle la masse charnue de la bouche.

Comme à l’ordinaire encore les alimens y sont recus sur l'extrémité d'une langue armée de fortes épines cornées, et qui se prolonge ensuite fort en arrière, enveloppée dans un sac particulier; ses épines devenant de plus en plus molles vérs le fond du sac, mais durcissant à mesure qu’elles sont poussées en avant pour remplacer celles que la mastication détruit.

M. Poli à parfaitement représenté l’armure de la langue de l'oscabrion et la masse musculaire qui lui procure ses mouvemens.

SUR ‘LE OSCABRION. 27

‘Après un court pharynx et un œsophage qui l’est encore plus , le canal alimentaire se dilate en un estomac replié sur lui-même, sa partie antérieure se portant transversalement de gauche à. droite, la moyenne descendant le long du. côté droit, et la postérieure, se reportant en travers sur la gauche. La petite courbure de cet estomac à ses parois fixées. l'une à l’autre et au foie, en sorte qu'on ne peut le déplier sans | le rompre. Il wa ni armure intérieure, ni üssu musculaire : remarquable. On y voit seulement en dedans quelques rides transverses et une villosité assez apparente.

Le canal intestinal est tout d’une venue, étroit, à parois minces, mais sa longueur est extrême. Elle surpasse plus de quatre fois celle du corps, ce qui exige de nombreux replis, qui sont maintenus par les lobes du foie, et par les vaisseaux qui les unissent entre eux et à l'intestin.

Le foie est assez volumineux, ses lobes sont très-nombreux et ses lobules, fort détachés les uns des autres, en sorte qu'il représente des arbuseules, plutôt qu’une glande conglomérée. Il se logé dans tous les intervalles , dans tous Îles replis de l’éstomac et de l'intestin. Voy. fig. 11, 12, 19.

M. Poli n’a point parlé du système nerveux, qui en effet dans l’oscabrion n’est pas facile à voir. Le cerveau est serré étroitement entre la: masse charnue et la peau vers la base du voile qui entoure la bouche. Il a la forme d’un. ruban transverse plus étroit aux deux bouts. De son bord antérieur il donne plusieurs filets au voile. Chaque extrémité se partage et va former en arrière deux ganglions; un interne. qui &unit à son correspondant en dessous de la masse de la bouche par.un cordon mince et qui donne des filets aux

viscères; un externe d’où partent deux branches principales qui pénètrent sur-le-champ dans l'épaisseur du pied. Voyez fig aq; dde. ‘

Ces filets nerveux sont tellement entrelacés dans les fibres musculaires de la masse de la bouche , que je pourrais bien ne les avoir pas tous vus.

Je n’ai rien à ajouter à l'excellente description que M. Pol a donnée du système musculaire de l’oscabrion.

Qu'il nous suffise de pouvoir conclure des observations de M. Poli et des miennes, que l’oscabrion quoique différent à quelques égards des autres gastéropodes, s’y rapporte néanmoins par tous les caractères de classe; mais que tant que l’on n’aura pas découvert ses organes du sexe masculin on ne pourra le laisser dans l’ordre des inférobranches avec la phyllidie, mais qu’il faudra plutôt le rapprocher , aussibien que la patelle, des pectinibranches hermaphrodites, et se suffisant à eux-mêmes, dont ce mémoire offre l'histoire anatomique. ”

DE 14 PTÉROTRACHÉZE.

Je n'ai qu'un mot à dire sur ce singulier animal dont je n’ai eu à ma disposition qu'un individu mutilé, et j'ai tout lieu de croire que le premier descripteur du genre, Forskahl, n’a pas été plus heureux que moi, car un coup-d’œil jeté sur ses figures (Forsk. Icon.pl. XX XIV A—D, et XLIIT, A copiées Encycl. Méth. Vers. pl: 88), fait voir que les animaux qu'il représente avaient tous éprouvé quelques ruptures à l'endroit où devait adhérer leur coquille.

SUR LA PTÉROTRACHÉE. - 29

Personne depuis lui, jusqu'aux naturalistes de l'expédition

de Baudin, n’avait revu de ces animaux, et c’est uniquement sur ce qu'il en a dit, et par conséquent un peu au hasard que Bruguières, Gmélin, MM. Lamarek, Bosc, Latreille, de Roissy, et Dumeril ont essayé de les classer. Feu Péron avait fait espérer ( Annales du Muséum, tome XV, p. 76) de faire bientôt cesser cet état problématique; mais le dépérissement de sa santé et sa mort prématurée l'ont empêché de remplir sa promesse ; il ne m'a même remis aucun des nombreux individus dont il parle et qu'il devait m'inviter à disséquer, et n'a laissé au public que deux figures, dont il nomme l’une /irole ( 16. pl. IE, fg. 8.) et l’autre carinarre, (pl. HE, fig. 15), mais qui, selon mes conjectures , appartiennent à un seul et même genre. C’est apparemment dans la Méditerranée, lors de son séjour à Nice, qu'il avait recueilli ces individus, car dès les premiers momens de son retour de la Nouvelle-Hollande, il m'avait communiqué le seul qu'il possédät alors, et qui a servi aux observations que je publie aujourd’hui, en attendant qu’on ait celles de Péron, ou que quelque autre naturaliste en donne de nouvelles et de plus complètes.

Cet animal que je représente pl. TT, 7g. 5, avait la peau d’une mollesse extrème ; il y avait une rupture manifeste en e. Quand j'eus ouvert la peau je trouvai dessous une couche musculaire extrêmement forte, /g. 16, et à l'intérieuriln’y avait plus de viscères; on en trouvait seulement un reste près de la rupture.

11 me fut facile de juger qu'il était arrivé là ce que j'avais observé moi-même sur certaines holothuries, qui lorsqu'on les tire de l’eau $e contractent avec tant de force qu'elles

déchirent et font sortir leurs intestins soit par la bouche soit par quelque rupture de leurs tégumens. Je m’expliquai ce phénomène dans la ptérotrachée par le défaut d'équilibre entre sa forte couche de muscles et la mollesse de sa peau extérieure. |

ps

Néanmoins ce qui me restait et principalement la forme de la tête et la disposition du système nerveux qui s'était conservé en entier, me prouvèrent que la ptérotrachée était analogue aux gastéropodes; que c'était, pour le dire en peu de mots, un gastéropode dont le pied comprimé faisait l'office de nageoire, et ne servait plus à ramper mais seulement à nager.

Quelque temps après le docteur Friedlænder me communiqua un dessin qui lui avait été donné anciennement par le célèbre Cavolini ; il représentait manifestement une ptérotrachée renversée, c’est-à-dire ayant sa nageoire tournée vers le haut, et de la face inférieure, qui était le dos, pendait une petite coquille en forme de patelle ou de cabochon, qui selon lexplication jointe au dessin contenait les œufs de l’animal. r

Je conclus de là que la-ptérotrachée est un gastéropode qui nage sur le dos, comme la janthine et beaucoup d’autres ; que sa coquille se trouve alors suspendue au-dessous de lui; qu’elle appartient aux coquilles non turbinées , et que l’hernie abdominale qui la remplit, comme toutes les autres coquilles, ne peut cependant, à cause de sa petitesse , contenir qu’une portion peu considérable des viscères. Néanmoins au nombre de ceux qu’elle contient devaient être, d’après la règle générale, les branchies et le cœur. Je fus

SUR LA (PTÉROTRACHÉE. 37 disposé à le croire, parce que je ne trouvai de trace ni de l'un ni de l'autre sur mon individu, qui naturellement les avait perdus avec sa coquille.

Ces conjectutes furent confirmées par M. Bory-Sé.-Vincent qui dans son voyage aux quatre Isles d'Afrique , tome T, p. 142, et pl. VI, f 4, décrit et représente notre ptérotrachée, portant une coquille transparente, voisine d’un cabochon par la forme, qu’il rapporte au genre carinaire de M. Delamarck , et sous laquelle s’aperçcoivent des houppes évidemment brsabtiiales. À la vérité M. Bory voyant la coquille toujours vers le bas, imagina qu’elle adhérait au pied de l’animal ; mais c’est une idée que l'analogie peut aisément faire rectifier.

Je ne sais pas comment Péron s’est procuré la figure de carinaire qu'il a donnée dans les annales; l'animal n’est autre que notre ptérotrachée, portant une coquille semblable ‘en petit à la certnaire (argonauta vitrea Gm. ). L'auteur dans sa description suppose aussi que cette coquille adhère sous l'animal , ainsi que le cœur et les branchies, et place en conséquence ce genre parmi les ptéropodes; la plus légère attention l’aurait sûrement fait revenir de cette erreur.

Ce qui sera peut-être plus difficile, c’est de savoir si l’autre animal, qu'il a représenté sous le nom de firoleret qui est au moins très-voisin du pferotrachæa coronatade Forskahl, ne devrait pas aussi porter une coquille, dont il aurait été privé par accident. J'avoue que j'en suis presque convaincu, parce que la figure de Péron , comme toutes celles de Forskahl, montre une rupture à l'endroit des branchies.

Quoi qu'il en soit , nous allons maintenant décrire le peu

que nous avons observé sur ce singulier genre, À

Extérieurement sa forme est allongée, un peu plus grosse en avant; sa surface esttoute revêtue d’une peau blanchätre, hérissée de petits tubercules, et d’une mollesse presque gélatineuse. La tête se distingue du corps par un repli, sous lequel sont en partie cachés les tentacules dans leur rétraction; les tubercules de la peau forment un petit grouppe sur le sommet de la tête, qui a donné lieu à l’épithète de coronata que Forskahl donne à l’une de ces espèces. La bouche peut se développer en une trompe assez longue. L’extrémité postérieure du corps est pointue et comprimée ; la peau extérieure y devenant plus mince laisse apercevoir les faisceaux longitudinaux de muscles. Sur le quart postérieur du corps ( non compris la queue) est l'endroit où devait adhérer la coquille, et à la face opposée tient la membrane comprimée qui fait l'office de nageoire, et qui n’est qu’une modification du pied des gastéropodes. L’anus était sans aucun doute, comme dans tous les gastéropodes testacés, près du bord de la cavité branchiale,

Le système nerveux est exactement celui d’un gastéropode. Un cerveau divisé en quatre lobules, à, fig. 17, donne des tentacules qui paraissent avoir porté des yeux, cc. Deux longs filets vont former en arrière le ganglion postérieur djwqui donne à son tour d’autres filets à toutes les parties voisines , et nommément aux muscles de la

nageoire.

Explication des figures.

PLancue

Fig. 1. Le sigaret entier, vu par le dos. — a. L'échancrure de son manteau.

Fig. 2. Sigaret mâle , vu en dessous, — a. L’échancrure. — D &. Les tentacules. — ce. Le pied. — d. Sa partie antérieure fendue transversalement. — e. La verge. — ff. Les bords du manteau.

Fig. 3. Sigaret femelle vu en dessous, la tête et le pied un peu fléchis, pour montrer l'entrée de la cavité branchiale. —a. L’échancrure. — b. L’anus.

Fig. 4. Le même vu en dessus, le manteau ouvert pour montrer la coquille en situation,

Fig. 5, Le même dont la coquille est enlevée, et dont la peau inférieure par sa transparence laisse voir les viscères., —a. Le cœur:— bb. Les branchies. — ce. Les deux muscles qui s’insèrent à la coquille. a

Fig. 6. Le même, dont on a fendu le plafond des branchies. — a. Le cœur. — b. Les branchies. — c. Les muscles. — d. L’anus. —e. Partie spirale de la langue vue au travers de la peau du cou.

Fig. 7. Le même entièrement ouvert. — a. Le cerveau. — 6. La masse charnue de la bouche. — c. L’œsophage. — 4. L’estomac. —e. Le pylore.— f. L’intestin entre les lobes du foie. —g. L’anus, — h. La langue. — à. Le cœur. — &£. Les-glandes salivaires.

Fig. 8. Sigaret mâle , dont on a ouvert la masse charnue de la bouche, pour montrer la partie actiye de la langue, & ; et développé le canal déférent , d.

Fig. 9. Haliotide dessinée vivante avec fous ses ornemens,

Fig. 10. Voyez à la fin de l'explication de cette planche.

Fig. 11. La même, dépouillée de sa coquille , vue par le dos, et où l’on a écarté les bords de la fente de la cavité branchiale.— A. Le gros muscle qui l’attache à sa coquille. — a. L’anus. — bb. Les branchies. — c. L’organe de la viscosité. — d. Le cœur dans son péricarde.

Fig. 12. La même, où l’on a ouvert la cavité branchiale et le péricarde.—Leslettres A— comme figure précédente. —e. L’oreillette droite. — f. L’oreillette gauche. — z. Le cœur entourant le rectum. — i1!, Les artères branchiales, — £. L’orifice des œufs.

Fig. 15. Le cœur et les gros vaisseaux grossis. — a—i, comme figure précédente. — }/. La veine branchiale droite.

Fig. 14. Haliotide dont le plafond de la cavité branchiale est renversé sur la gauche, la peau du couet tout l'abdomen ouverts.— 4—het£, comme dans la précédente.— gg. La masse charnue de la bouche. — u. Les glandes salivaires. — #. Le pharynx. — #. L’œsophage. —x*. Premier estomac.— F'. Partie du second estomac , non couverte par le foie. — M. Duodénum. — N. Repli de Pintestin. —

Q: Autre repli. — g. Le cœur. — a. L’anus.

Fig. 15. Bouche et estomacs ouverts. — rr. Plaque cornée qui garnit les côtés de la bouche. — s. Partie active de la langue. — #. Le pharynx dont on voit les replis.—# L’œsophage.—x. Le pre mier estomac. — y. Orifice pour la bile. — z. Valvule qui le sépare du second °F, — G: Deuxième orifice de la bile. — H. Lame saillante dans l'intérieur du second estomac. — EL. Valvule ou bourrelet. quimarquele-pylore. — 7». Le duodénum coupé.

Fig. 16. Hahiotide disséquée par dessous, et dont on a enlevé le pied, en coupant le gros muscle À qui l’unit à la coquille. Les lettres ce, d, q;u,X,N , comme dans les deux figures précédentes, — p. Vaisseau principal de la masse de la bouche, — +. Prolongement postérieur de la langue.— « a. Les deux ganglions latéraux du cerveau. — d. Le ganglion inférieur. — SS. Ses

‘branches au pied. — ee. Une branche au côté gauche de l'enveloppe.

Fig. 17. La même, dont les viscères sont développés et en partie ouverts. Les lettres y sont les mêmes que dans les précédentes. Il n'y a que les branches de l'aorte qui en aient de nouvelles.—k en est le tronc.—/ va au côté droit de l'enveloppe. — mm est une mésentrique. — 7 une hépatique. — o se distribue au gros muscle et au pied. — p, fig. 16, en est la continuation.

Fig. 10. Représente le système nerveux isolé. Les lettres en sont déjà expliquées dans les figures précédentes. — 7 y sont les doubles

cordons qui partent des ganglions latéraux pour aller former le ganglion inférieur d'.

PLrancue EL.

Fig. 3. La fissurelle entière , recouverte de sa coquille enchâssée dans les bords de son manteau.

Fig. 2. La fissurelle ouverte. — a. Le disque du pied, vu en dedans. bb. Le muscle circulaire qui le joint à la coquille et qui a été coupé. — b!. Portion de ce muscle restée au manteau. — cc. Le manteau rejeté et vu à sa face inférieure, — d. Le trou dont il est percé. — ee. Les branchies. — f. L'anus. — g. Le cœur. — hh. Les oreillettes. — 51. L’intestin, — &. L'œsophage.— Z. Le pharynx.— mm. Les glandes salivaires. — nn. Les ganglions latéraux

du cerveau. — 0. L’extrémité de la langue. — pp. Le foie. — g. L’ovaire.

Fig. 3. L'émarginule entière.

Fig: 4. L'émarginule dont on a enlevé la coquille et la peau intérieure sur l’addomen et ouvert le péricarde. — a. Le cœur. — bb, Les oreillettes. — cc. Les branchies vues au travers du manteau.

Fig. 5. La même, où l’on a coupé le muscle circulaire et jeté d’un

côté le manteau et de autre le pied. Pour mieux montrer l’analogie avec la fissurelle, on a désigné les objets analogues par les mêmes lettres. — d est seulement une échancrure au lieu d’être un trou.

Fig. 6, Le système nerveux de la fissurelle représenté à part.

Fig.7. La masse de la bouche et son pharynx ouverts. — a. La partie active de la langue. — 4. Les glandessalivaires. — ccc. Les replis

du pharynx.

Fig. 8. Une patelle vue en dessous , la tête baissée vers le pied. — a. Le pied. — 4. La bouche. — cc. Les tentacules. — d. L’anus et l'orifice de la génération. — e. Le péricarde. — f. Le tronc de la veine branchiale. — sg. La partie circulaire de cette veine. —: kh. Les branchies. — ji. L’artère branchiale.

Fig. 9. Patelle vue en dessus. On a coupé le manteau en avant, fendu la peau du cou, et enlevé la peau qui recouvre l'abdomen. — a. La bouche. — bb. Les tentacules. — ce. Le muscle circulaire. — d. L’anneau cérébral. — e. Le pharynx. — f. Le rectum.— 9. Le cœur dans son péricarde. Le reste de l’espace est rempli par le foie et les circonvolutions de l’intestin.

Fig. 10. Le péricarde et le cœur ouverts. — a. L’oreillette restée entière. — 4. Dans l’intérieur du cœur les valvules qui garnissent le passage de l’oreillette dans le ventricule. — cc: Les deux prineipales artères du corps. — dd. Le rectum.

Fig. 11. Patelle pleine vue en dessous, après qu’on a enlevé son pied. — a. La bouche. — b. Les tentacules. — c. La masse charnue de la bouche.— d. La langue. — e. L’ovaire.

Fig. 12. Les intestins dégagés du foie, et vus par dessous. — a. La bouche. — . Sa masse charnue. —c. La langue. — d. Le pharynx. — e. L’œsophage. — f. L’estomac, — g. Le pylore. — h,1,k,1l,m,n,0o, p. Les divers replis de l'intestin. —g. L’anus,

Fig. 15. Patelle de l’espèce dont les branchies sont interrompues, vue en dessous après qu’on a enlevé le pied. — a. La bouche,

— b. Les tentacules. — c. La masse charnue. — d. Collier nerveux. — ge. Langue.—f. Ovaire. — gg. Intestins.—X. Branchies, — ii. Veines branchiales. — gg. Oviductus.

Fig. 14. La même vue par le dos, après qu'on à enlevé la peau infés rieure du manteau. — &. La tête. — bb. Les tentacules. — cc. Les bords du manteau. — dd. Le muscle circulaire. — ee. Les veines branchiales. — f. L’oreillette. — g. Le cœur. — }. L’anus et l'orifice de l’oviductus. = ii. Le foie. — &k. Divers replis d’intestin. Fo

Fig. 15. La même après qu'on a fendu la peau du cou êt enlevé le foie et les intestins. — a.Le cordon cérébral: — b. L’œsophage coupé. — ce. La masse charnue de la bouche. — dd. La langue. __ e. Orifice des œufs. — f: Anus. — g. Rectum coupé. — %. Oviductus. — à. Ovaire. — #&. Disque du pied. — Z7. Muscle cixculaire. 1h Bi

Fig. 16. Le système nerveux de la patelle. — a. Reste de la masse charnue de la bouche. — 6. Cordon cérébral. — c c. Ganglions latéraux: — d. Ganglion inférieur transverse. — ee: Neris an muscle circulaire et au manteau. — f. Cordon qui unit les deux extrémités du ganglion inférieur. — g. Nerf aux viscères. —

h h. Nerf au disque charnu du pied.

Fig. 17. Plaque osseuse tenant lieu de la mâchoire supérieure ,

grossie.

Fig. 18. Tronçon de la langue très-grossi.

Fig 19. La masse de la bouche ouverte ; et la langue développée ,

un peu grossies. — aa. Les tentacules. — d 6. Les branches caxtilagineuses formées chacune de deux pièces sur lesquelles joue l'extrémité antérieure de la langue. — c. La langue développée. Dans la patelle, elle est ployée en deux ; et son extrémité postérieure d est placée tout près dé la masse de la bouche.

Prancue TILL

Fig. 1. Le cabochon , vu en dessous. — a. Le pied. — 3. L’espèce de fraise que ce pied a en avant. — dd. La trompe. — c. Le muscle qui attache le pied à la coquille. — ee. Les tentacules,

Fig. 2. Le même, détaché de sa coquille et vu par le côté. — a—e. Les mêmes choses que dans la figure précédente. — f. Le foie et une partie des viscères occupant le fond de la coquille.

Fig. 3. La coquille de la crépidule vue en dessus.

Fig.4. La même, vue en dessous. — a. La lame qui retient la pointe de l'abdomen. :

Fig. 5. L'animal de la crépidule détaché de sa coquille , et la paroi supérieure de sa cavité branchiale réfléchie pour montrer ses branchies.

Fig. 6. Le même, vu en dessous.

Fig. 7. Le même, vu en dessus , mais l'abdomen et la cavité branchiale dans leur position naturelle.

Fig. 8. Grand oscabrion de la mer des Indes vu par le dos, avec ses valves et les bords hérissés de son manteau.

Fig. 9. Le même, vu en dessous. — a. La bouche. — 8. Le voile qui l'enveloppe. — cc. Les branchies. — d. L’anus. — e. Le pied. — ff. Le dessous des bords du manteau.

Fig. 10. Les viscères dans leur position naturelle, vus par le dos. — a. Le cœur. — 6. La grande artère. — cc. Les oviduetus. — dd. Les oreillettes. — ee. L'ovaire. — ff. L’intestin. — g. La masse charnue de la bouche. — Z 2. Les muscles qui l’attachent au corps et la tirent en arrière.

ÆFig. 11. Les mêmes, après qu’on a enlevé le cœur etll’ovaire. — a. La masse charnue de la bouche.—5 6. Muscles qui Pattachaïent à la partie supérieure du corps et la tiraient en avant. — ce. Muscles latéraux. — dd. Muscles qui la tirent en arrière. — ee. Muscles particuliers des lèvres.— f. L’un des replis de l’estomac. — gg. Le foie. — X k. Les replis de l’intestin. — :. L’ovaire rejeté en arrière.

Fig. 12. La bouche, l'estomac et le foie vus en dessous. — & a. Muscles qui tirent la masse de la bouche en avant.—06. Muscles quila tirent en arrière. — c. Ouvertureextérieure et muscles des lèvres.— 4. Un des replis de lestomac. — ee. Le foie. — f. Commencement de l'intestin.

Fig. 15. Viscères développés, — a. La masse de la bouche ouverte, —b. La pointe postérieure de la langue.—c. Partie de l’estomac.— ddd. Le foie. — ee. L’intestin. — f. L’ovaire. — g. La grande artère. — À A. Les oviductus. — z. Le cœur. — #. L’oreillette droite entière. — /. L’oreillette droite détachée du cœur.

Fig. 14. Les viscères enlevés; le système de la circulation et le système nerveux préparés. — a. La bouche.— £. Le cerveau donnant des filets au voile cc. — dd. Les ganglions latéraux. — ee. Le collier inférieur. — f. Le cœur.— 9. La grande artère.— A. Les troncs des veines caves donnant dans les artères pulmonaires. — ii. Les artères pulmonaires : celle du côté gauche est ouverte. —k k. Les veines pulmonaires : celle du côté gauche est aussi ouverte. On y voit, ainsi que dans l'artère , les orifices des petits vaisseaux des branchies. — 77. Les oreillettes : celle du côté gauche est détachée du cœur par l’une de ses communications. — 1». Endroit où les deux oreillettes ont une communication commune avec le cœur.—7n. Rectum. = 00. Oviductus,

Fig. 15. Le corps de la ptérotrachée. — a. Sa tête. — 6. Son tentacule droit. — c. Sa nageoire inférieure. — d. Sa queue. — e. Endroit où tenaient les branchies , et la partie des viscères couverte par la coquille.

Fig. “6; La même. On a enlevé d'un côté toute l'enveloppe

gélatineuse , pour montrer l’épaisse tunique charnue qui est dessous.

Fig. 17. Le système nerveux de la même. — a. La bouche. — b. Le cerveau. — cc. Les teñtacules. — 4. Ganglion postérieur. —

ee. Muscles propres de la nageoire. — f. Cette nageoire. — g. La queue.

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