‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 87 sur 107 · GRAND BUCCIN · texte numérisé non relu

GRAND BUCCIN

Dans la figure 3, on a détaché le plafond de la cavité branchiale du côté gauche, et laissé le péricarde et le cœur comme dans la figure 4. On voit les objets attachés à ce plafond; savoir , en allant de gauche à droite, la petite rangée de branchies d', la veine branchiale d', la grande rangée d, les feuillets muqueux f, le rectum , et l'anus , enfin un® partie du canal déférent 4.

Ces feuillets, dont je n’ai point encore parlé, parce que je ne les ai point observés dans les pectinés sans syphon, et que j'en ai seulement vu des vestiges dans la jantine, sont des parties dont les fonctions me paroïissent fort obscures.

Il ne faut pas les confondre avec l'organe que j'ai appelé de la viscosité, et qui est toujours près du cœur , d’un tissu tout différent, et muni d’un canal excréteur. Cet organe existe indépendamment des feuillets, et on le voit aussi dans notre buccini, en situation, figures 1, 3 et 5, et ouvert, figure 6, en l; mais les feuillets sont toujours attachés au plafond de la cavité branchiale.

Ils sont moins nombreux, moins élevés, et surtout beaucoup moins délicats que ceux des branchies. Leur tissu est d'apparence glanduleuse, et leurs intervalles sont remplis d’une quantité prodigieuse de mucosité qu’ils paroissent sécréter.

Je soupçonne que ce sont eux qui produisent et façonnent les capsules plus ou moins compliquées , dans lesquelles les œufs et les petits de plusieurs gastéropodes à syphon sont logés pendant quelque temps.

Cependant les mâles ont de tels feuillets aussi bien que les femelles, mais plus petits. En seroit-il comme des mamelles des quadrupèdes, que les mâles ont aussi, quoiqu’elles ne leur servent point à donner du lait?

ô GRAND BUCCIN.

Tout le fond de la spire est partagé longitudinalement et àpeu-près en portions égales , par le foie et par le testicule que l'ovaire remplace dans la feunelle. On distingue aisément les deux premiers l’un de l'autre, à la couleur et au ussu., Le foie est brun et grenu ; le testicule blanc et lisse. Il naît de celui-ci un irès-petit cordon déférent, replié mille fois sur Iui-même avant de grossir et de se séparer de la masse, pour suivre le côté droit du corps, pénétrer dans la verge, y faire de nombreux zig-zacs, et se terminer enfin à la petite pointe de son extrémité.

La figare 5 représente cette partie. On voit en m, m, les nombreux replis qu'on pourroit appeler épididyme. La verge a, ouverte sur toute sa longueur, montre à la fois les fibres qui remplissent sa substance, et le canal tortueux qui occupe son axe. Al est probable que quand la verge est en érection, ce canal se trouve redressé.

Dans cette figure, ainsi que dans la sixième, n, x est le testicule , o, o le foie.

Avant de parler du canal intestinal, il est bon de décrire la trompe qui eñtraine l’œsophage dans ses divers développemens. Organisée avec un merveilleux artifice, elle n’est pas simplement pourvue, comme celle de l'éléphant, des mouvemens de flexion, joints à un allongement et à une rétraction bovnés; mais elle peut rentrer dans le corps en se repliant au dedans d'elle-même, de manière que sa moitié de la base contienne et renferme sa moitié de la pointe, et elle peut en sortir en se développañt, comme un doigt de gant, ou comme les cornes d’un colimaçon terrestre: seulement elle m’est jamais complètement déroulée en dedans; mais elle y est toujours doublée sur elle-même.

GRAND BUCCIN. ÿ

On peutse la représenter comme formée de deux cylindres flexibles qui senveloppent, et dont les bords supérieurs sont unis, de manière qu’en tirant en dehors le cylindre intérieur, on l'allonge aux dépens de l’autre, et qu'en Île repoussant, on le raccourcit , et on allonge l'extérieur; mais on l’allonge du côté supérieur, parce que ce cylindre extérieur est fixé aux parois de la tête par son bord’inférieur.

Qu'on se représente maintenant une multinde de muscles longitudinaux , tous 1rès-divisés par leurs deux extrémités. Les lanières de leurs extrémités internes ou supérieures se fixent aux parois du corps; les autres aux parois internes du cylindre intérieur de la trompe dans toute sa longueur et jusqu'à son extrémité.

:: On concoit que leur action doit faire rentrer ce cylindre et toute la trompe en dedans.

Lorsqu'elle y est, une grande partie de la surface interne du cylindre intérieur vient à faire partie de lexterne du cylindre extérieur, et c’est le contraire lorsque la trompe est allongée et sortie. Les insertions des muscles varient en COnséquence.

L’allongement du cylindre intérieur par le déroulement de l'extérieur, ou, ce qui est lamême chose, le développement de la trompe, est produit par les muscles intrinsèques et annulaires de celle-ci. Ils entourent toute sa longueur, et cest en se contractant successivement qu’ils la chassent en dehors. Il y en a surtout un, près de l'endroit où le cylindre extérieur s'attache aux parois de la tête, qui est plus robuste -que tous les autres. |

Lorsque la trompe est allongée, ses muscles rétracteurs, en w'agissant pas tous à la fois, servent à la féchir de côté et

Page 1