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D'HISTOIRE NATURELLE. 35g ment nacrée, et offre sur chacune d’elles une seule impression musculaire comme les autres espèces. Enfin les bords latéraux inférieurs de chaque valve présentent de chaque côté douze à quinze petites dents peu remarquables me ressemblent à de légères crénelures.
Cette huître singulière est longue d’un décimètre(environ 3 pouces 8 lignes), sur 6 à 7 centimètres) près de 2 pouces et demi) de largeur. Elle a été trouvée par M. Péron, à l’île de Timor où elle adhère aux madrépores que la mer basse laisse à découvert. |
Quant au falon en forme de bec de sa valve inférieure, il provient de ce que dans cette espèce la valve supérieure se déplace assez rapidement pendant la vie de l’animal , ainsi que le ligament qui réunit les valves. Cette particularité très-tonnante a lieu dans les spondyles et dans toutes les Auîtres ; mais il paraît que dans certaines espèces , le déplacement progressif de la valve supérieure se fait moins lentement que ‘dans d’autres.
D'HISTOIRE NATURELLE. 561 fait suite au Buffon de Déterville, et qui a été imprimée en l’an X , tome IL, pag. 168 et suiv.
Un peu auparavant, M. Tilesius, naturaliste allemand, naviguant près des côtes de Portugal, y avoit aussi observé et décrit une grande espèce de salpa; mais il en méconnut le genre, et la publia sous le nom tout-à-fait impropre de tethys vagina dans son Annuaire d'histoire naturelle, Léipsick, 1802, p.150, et pl. V et VI; de manière que loin d’éclaircir la matière, il ’embrouilla davantage.
Voilà où en étoient les choses, quand le second navire de l'expédition de Baudin nous arriva. Quoique M. Péron, par la mort, ou par la retraite de plusieurs de ses camarades ait été contraint de s'occuper de toutes les parties de la zoologie, il ne s’en éloit pas moins acquitté avec un bril= lant succès, de la branche à laquelle il sétoit voué d’abord; et il me rapportoit, entre autres, six espèces de ce genre salpa que j'étois si désireux de voir; j'en reconnus une au premier coup-d’œil pour être une des #kalia de Brown, et l'organisation de celle-là s'étant trouvée semblable à celle des autres pour l’essentiel, la conjecture de M. Bosc, sur l'identité des deux genres, fut complétement vérifiée.
Je reconnus de plus par l’anatomie, comme nous le ver- rons, que les sa/pa sont des Mollusques acéphales, c’està-dire, analogues à ceux qui habitent les coquilles bivalves; ainsi une simple inspection termina l’embarras où l’on étoit sur ce genre si bisarrement balotté. Rappelons en peu de mots l’histoire de ce que les naturalistes ont fait à son sujet.
Brown en fut donc le premier créateur, et en publia
363 ANNALES DU MUSÉUM trois espèces sous le nom de /kalia ; Hist. naturelle de la Jamaique, pag. 284.
Linnœus ; parune première erreur , dansson édition X.°,
I. 657, réunit ces trois animaux avec larethusa du mème Brown, qui ne leur ressemble en rien, qui même est un vrai zoophyte, comme je le montrerai ailleurs ; illes réunit, dit-je, sous le nom d’Aolothuria. ;
Ce nom étoit mal appliqué à tous égards. Il signifie dans Aristote 4x animal qui, sans étre attaché, ne peut néanmoins se mouvoir ( Hist\an.lib.T, cap. I ), et qui ne dif- Jère des éponges que parce qu'ilest détaché ( de part. an. lib. IV, 0. F.) F
Pline, lib. IX, c. 47, fait participer Pholothurie à la nature de la plante ; il conserve le mot grec qui en effet seroit difficile à traduire, car l’étimologie n’en est rien moins que claire. Gaza l’a remplacé par celui de {uber.
: Il n’y avoit assurément dans tout cela rien qui indiquât les {alia, animaux qui nagent, et qui n’ont point une analogie si marquée avec les plantes. L'usage que les modernes avoient fait du mot, ne conduisoit pas non plus à l'appliquer aux #halia , car Rondelet, hist. pisc. ( de ins. et zooph. p. 125 ), l’'avoit donné précisément à celles que Einnæus ajouta depuis aux premières, et dont nous allons parler.
On peut dire effectivement qu’à la mauvaise combinaison qu'il avoit opérée d’abord, Linnæus en ajouta une seconde
bien plus mauvaise encore dans sa XIL.° édition, p. 1089, 1091 , en joignant à ces quatre premiers animaux , hol. physalis, thalia, caudata et denudata, quatre autres espèces totalement différentes par la forme extérieure et par
D'HISTOIRE NATURELLE. 365 l’organisation intérieure , savoir : hol. frondosa, phanta: pus, tremula, et pentactes, et en les plaçant les unes au commencement, les autres à la fin du genre, de manière à ne pas même laisser soupçonner que celui-ci pouvoit au moins contenir deux sous-genres distincts. 5
Pallas condamna bien cette réunion (7#iscell. zool. p: 153 , et spic. zool. X , 26), mais il proposa de joindre ces nouvelles ou plutôt ces anciennes holothuries de Rondelet, aux actinies qui ne leur ressemblent sucre plus, idée qui ne pouvoit avoir de succès ; et il eut d’ailleurs le tort
d'approuver la prétendue analogie établie entre Parethusa et les /Lalia.
Pallas décrivit en même temps une quatrième espèce vraiment analogue aux trois {kalia ou aux Lolothuries' de Tannœus dela première forme ; c’est l’Aolothuria sonariæ spic.zool. X, tab. E, fig. 17 , A. B. C.; mais Forskaohl qui observa, quelque.temps après, onze animaux tous semblables , n’en saisit point le rapport avec les #alia ou Aolothurties de première forme, et en ayant fait un genre sous le nom de salpa, on ne les compta pas parmi les holothuries dans Védition XIEL du systema naturæ , quoiqu’on ait bien rapporté au genre holothuria les espèces que Forskaohl nommoit fstularia, et qui n’étoient semblables qu'aux holo= thuries de secende forme. Muller et Fabricius de leur côté multiplièrent beaucoup ces holothuriés de la seconde forme, | je veux dire semblables à celles de ondelet, à celles ajouiéés au genre dans la douzième édition, à celles que Forskaoh] avoitnommées fstularia, de manière qu'aujoûrd’hui cette seconde forme qui n’auroit pas du appartenir au genre!
en occupe la plus grande partie, et que Gmelin s’écrie, à propos des trois talia de Brown , an hujus generis ? |
Ainsi par le revirement de nomenclature le plus bisarre; on conteste leur place dans le genre, aux espèces qui le constituoient seules autrefois ; celles qui s’y sont introduites contre toute raison , en chassent les véritables propriétaires; et ce qu'il y a de plus plaisant dans cette révolution, c’est que pendant que les espèces changeoïent ainsi du tout au iout , le caractère générique restoit presque le même, et qu’un ou deux mots seulement s’y glissant à chaque édition, le rapprochoient par degrés de ce qu’il devoit être, pour indiquer réellement les espèces qui marchoïent sous sa bannière. |
Il est sûr que dans état actuel des choses, il est infinrment plus commode, en oubliant tout ce qui a puse passer auparavant, de détacher du genre actuel des Zolothuries la famille la moins nombreuse, et comme à cause de Pétablissement du genre sa/pa, c’est la première forme, celle des thalia qui comprend le moins d’espèces, c’est celle que nous séparerons. De cette manière nous altérerons moins la nomenclature aujourd’hui reçue, qui d’ailleurs se rapportera alors entièrement à la nomenclature la plus ancienne de toutes , celle de Rondelet. | |
Bruguière avoit déjà pris ce parti , non pas à la vérité
dans le texte de son Drictionnaire des vers, mais seulement dans les planches, où les /Lalies figurent à la suite des Lolathuries. Apparemment que ce ne fut qu’au moment où il recueillit dans les différens ouvrages les figures dont il composa ces planches, qu’il s Spin çut que deux formes aussi
différentes ne pouvoient rester ensemble. Voyez Encycl: meth. planches d’hist. nat. vers. pl. 88 et 89.
Je limitai dans mon fableau élémentaire des animaux, imprimé en l'an V, p. 589,et M. dela Mark dans son sys: tème des animaux sans vertèbres, p. 556, en changeant toutefois le nom de thalia en /Aalis, parce qu’il y a déja une plante nommée /Aalia. M. de la Mark sépare de plus Parethuse , des thalies , dont elle diffère en effet tre et la nomma pAysalia.
Mais ni M. dela Mark ni moi , ne fûmes assez hardis pour réunir les £Lalies aux biphores ou salpa , et nous n’eûmes n1 l’un ni l’autre les données nécessaires pour leur assigner leur véritable place dans la méthode naturelle.
En rangeant les biphores comme ils doivent l'être parmi les mnollusques acéphales ,'je mis les {halides parmi les mollusques gastéropodes. M. de la Mark les mit encore plus loin de leur vraie place, parmi ses radiaires qui répondent aux premières familles de mes zoophytes; maisil laissa les biphores parmi les acéphales. M. Bosc qui avoit cependant vu des unes et des autres vivantes, compléta l’interversion en plaçant et biphores et thalides dans les radiaires , tout en avouant que leur organisation extérieure ressemble plus à celles ascidies qu'à celles des r1éduses.
C’est en effet à côté des ascidies, c’est-à-dire, dans l’ordre des mollusques acéphales , et dans la division des acéphales nus qu’il faut placer tous ces animaux, et ce mémoire WE j'espère, le démontrer.
J'ai eu à ma disposition, donméje Vai dit plus haut, six espèces de ce genre, toutes rapportées par M. Péros. La première me paroit être la mème que le troisième #halia
de Brown (Aolothuria denudata de Linnæus), et peut-être que le deuxième salpa' de Forskaohl (salpa pinnata. L.)
La seconde qui est plus analogue aux sa/pa ordinaires, est à coup sûr le même animal que le prétendu fethis vagina de Tilesius, à
Les quatre autres me paroissent à-peu-près nouvelles; mais leur analogie avec les espèces de Forskaohlet de Bosc, est assez grande pour que je puisse juger de l’organisation de celles-ci d’après celle des miennes, et pour me faire étendre à toutes, Les résultats généraux que m'ont fournis ces dernières.
M. Péron en a décrit, et MM. Petit et Lesueur, dessinateurs de l'expédition , en ont représenté plusieursautres, en grande partie nouvelles, qu’ils n’ont point rapportées, et dont je ne parlerai point dänsce mémoire, parce que ces messieurs les publieront bientôt, ainsi que les observations intéressantes qu’ils ont faites sur ce genre etsur tant d’autres.
Ce que je dirai suflit à mon objet, et résulte de mon propre travail sur les espèces existantes au Muséum.
Je commence par déerirela première , représentéeentière par: le côté gauche, fig. 1, et ouverte , fig. 3.
Es P ÉLCE PLR B M LÉ RE.