‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 91 sur 107 · SA LP À ER ES TA TA · texte numérisé non relu

SA LP À ER ES TA TA

Cette espèce, comme toutes les autres, est revêtue d’une double enveloppe,

L’extérieure: est d’une nature intermédiaire entre le cartilage et la simple gelée; son épaisseur est fort grande dans certains endroits, et sa transparence parfaite.

L’intérieure est membraneuse, mince, d’un tissu ferme, tenace et en apparence homogène.

Le corpsest d’une formeoblongue, légèrement comprimé par les côtés, et ouvert aux deux bouts. La partie dorsale est plus épaisse que la ventrale; on voit sur son tiers posté: rieur une crête coupée carrément, aa fig. 1, dont on ignore usage, et à sa partie antérieureune protubérance arrondie , b, dans lintérieure de laquelle se loge l'estomac, c.

L'ouverture postérieure du corps, d, e,f, est fort large, coupée en travers, et on l’a comparée à la gueule d’un ani-

mal. C’est sans doute ce qui a fait que tous les auteurs l'ont

prise jusqu’à ce jour pour la bouche du biphore. La lèvre inférieure de cette ouverture, d, f, g, est mince et tranchante. La supérieure d, e, g, ne présente en dehors qu’une saillie arrondie en tout sens; c’est que la peau qui

la forme, se réfléchit en dedans, pour y former avec son

bord rentrant une véritable valvule semi-lunaire qui laisse bien entrer l’eau dans le corps quand Panimal se dilate, mais qui ne la laisse point sortir quand il se contracte. On peut voir la structuré de cette valvule dans la fig. 2 où les deux lèvres sont séparées; d,f,2, est la lèvre inférieure simple; d,e, g, estlalèvre supérieure réfléchie, et qui a son véritable bord en X.

Donner entrée à l’eau est en effet la seule fonction immé- diate de cette ouverture postérieure ou prétendue bouche.

Celiquide sort par l'ouverture opposée quiest l’antérieure, puisque c’est celle qui est voisine de la vraie bouche de l’'animal. On la voit en &, #, fig. 1 et 2. C’est un simple tuyau cylindrique , terminé par une large ouverture ronde sans valvule; apparemment que quand l'animal se dilate, ilferme

cette ouverture au moyen des anneaux musculaires dont elle est comme cerclée, et qu’il empêche ainsi que l’eau n'entre par là.

On conçoit que ce mouvement de dilatation et de contraction peut servir à l’animal à changer de lieu; lorsqu'il chasse l’eau hors de lui par son ouverture antérieure, la résistance doit pousser tout son corps en arrière.

La tunique intérieure du corps forme un tuyau membraneux qui va d’une ouverture à l’autre, et qui est absolument vide, à l'exception de la branchie / ;77, n, qui le traverse en descendant obliquement d'avant en arrière dans un plan vertical. Les autres viscères sont tous entre la turique extérieure et l’intérieure.

: La tunique intérieure est garnie de bandes colorées -en blanchätre ou en grisâtre qui ont d’abord une apparence vasculaire, mais qui, examinées de plus près, se trouvent être des muscles. Elles ont une disposition particulière et constante pour chacune des espèces, et peuvent bien servir à distinguer celles-ci les unes des autres.

Dans l'espèce que nous décrivons, il y en a d'abord en avant deux, 0, 7, q,p, qui se rapprochent en deux points de leurs cours, s et #, pour former de grandes mailles rhomboidales ; puisen vientune simplement circulaire z ; ensuite deux autres encore réunies en mailles, y et #; mais leurs points de réunion x et y, au lieu d’être latéraux, comme ceux s et Z, des deux premières bandes 0,7 ,gq,p, sont l’un en dessus, l’autre en dessous. La dernière bande # , donne plusieurs branchesz, «, B,quise portent en arrière et se distribuent dans les deux lèvres de l’ouverture posté rieure,

De deux bandes # etwpartent deux languettes de chaque côté, d', qui se réunissent chacune avec sa correspondante, pour monter dans la crête &, a , l’une à son bord antérieur, l’autre au non

L’organe /,m ,n,qui traverse obliquement le grand vide. de la tunique intérieure, et que quelques-uns ont comparé à une trachée artére, n’est autre que la branchie, mais c’est une branchie singulière. |

C’est une double membrane formée par un repli de la tunique intérieure , et fixée d’une part en/, à la partie dorsale et tout près de la bouche, de l’autre en 7, à la partie ventrale, derrière la dernière grande bande musculaire w. Le bord supérieur de cette espèce de mésentère, est garni d’une infinité de petits vaisseaux transverses tous parallèles entre eux, ce qui rappelle parfaitement la structure des branchies dans les acéphales ordinaires ou coquillages brvalves. Seulement dans ceux-ci il y a quatre feuillets branchiaux , et dans nos biphores il n’y en a qu’un seul. On verra par la suite une autre modification de: cet PRESS dans les ascidies.

IL y a vers l'extrémité x, un petit cercle irrégulier , vasculaire ou nerveux que j'ai pris long-temps pour une ouverture, et que je supposois conduire dans l’intérieur de la branchie, mais je ne lai point trouvé percé, et il n’a été impossible d'y introduire le soufle. De l'extrémité / de la série des petits vaisseaux, il en part un plus grand x, qui reçoit sans doute le fluide qui a circulé dans la branchie. Il traverse sous la bouche, et va gagner le cœur situé au côté gauche, en d. Ce cœur est mince, en forme de fuseau ,‘enveloppé dans son péricarde, et l’un et l’autre sont si trans-

parens, qu’on a toutes les peines du monde à les voir ; mais sa nature. de cœur n’est pas douteuse, car M. Péron én a observé. les pulsations sur l'animal vivant ; il en a vu sortir un sang un peu jaunâtre. Il paroît quelle cœurayant reçu de fluide qu'il a respiré, le distribue au corps, et sur-tout aux viscères ; on revoit un vaisseau sortir vers A, de la masse des viscères, et se reporter vers l'extrémité 7, de la branchie, Il est probable que c’est l'artère pulmonaire ; mais toutes: ces parties étant si frèles et si transparentes qu'il est impossible de les injecter, ni d’y voir des valvules s’il yen a, on ne peut rien donner comme absolument certain à V Pn de la marche de la circulation. |

La bouche , fig. 2, est une ouverture ronde dont les bords sont lâches et plissés ;.elle est située à l’origine supérieure de la ane vers le côté par où l’eau sort du corps. Lorsqu'on y souffle, on remplit l’estomac et le canal intestinal.

L’estomac C est dirigé en sens contraire du reste ducanal; c’est un cul de sac, situé précisément dans l'épaisseur de la protubérance arrondie b, fig. 1, de la tunique extéæxieure. Îl est membraneux, transparent, et contient d’ordinaire un peu d’une humeur grisôtre.

.… Le canal intestinal, *, *, est un boyau tout simple, partant de la bouche , et ARR directement vers la partie postérieure où 1l s'ouvre en un anus assez large, 7.

Les matières contenues dans cette portion du canal sont verdâtres et filamenteuses.

La seule partie qui puisse être le foie, est celle marquée 65; mais son tissu est différent de celui que ce viscère a ordinairement, Elle est composée comme de gros filamens

D'HISTOIRE NATURELLE. 371 rangés parallèlement ; sa couleur d’un blanc opaque n’est pas non plus celle qu’on voit à la plupart des foies. Cependant l’analogie me force à lui en supposer les fonctions. Elle se termine en arrière en un petit filet pointu Z.

T'ous ces viscères, estomac, foie, cœur, intestin, sont situés en dehors de la tunique intérieure, au-dessus d'elle, sous l’extérieure et dans la position de la fig. 3 ;:1ls sont recouverts par la première.

On remarque encore de ce côté dorsal , et parallèlement à ce paquet de viscères, une fente longitudinale ,°,*, ou plutôt un repli creux de la tunique intérieure, qui con-

“tient plusieurs rides ; lorsqu'on en écarte les bords, on y voit plusieurs petits filamens blanchâtres et courts, semblables à de petits vers qui y reposent librement et sans y être attachés ; on peut aisément les extraire : j’ignore ce qu’ils sont; peut-être sont-ce des œufs. :

Enfin le dernièr viscère qui nous reste à décrire, consiste en deux corps oblongs, situés aussi entre la tunique intérieure et l’extérieure, maïs à l’opposite des viscères précédens . c’est-à-dire , au côté ventral du corps. Ils s'étendent depuis la bande musculaire z, jusqu’à la bande v, et sont parallèles entre eux et à l'axe du corps. On les voit ent...

A la loupe on voit qu'ils consistent chacun en un cilindre replié en zic-zac, d’une substance grenue, et je ne doute pas que ce ne soient les ovaires.

On voit qu’il ne manque plus que le système nerveux pour connoître parfaitement les caractères organiques de cet animal, mais on a été si long- temps à découvrir ce système dans les autres acéphales, que lon peut bien

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croire à son existence dans ceux-ci, quoiqu’on ne l'ait pas encore vu. Toutesleurs parties sont si transparentes, que je ne serois peut-être pas parvenu à découvrir mème celles que j'ai décrites, si Panalogie ne m’avoit guidé; al n’ÿ a donc rien d'étonnant à ce que le système nerveux, qui est toujours le plus difficile à voir , ne s'y soit point manifesté.

Je n'ai pas besoin d’insister sur la place de l’animal dans le sysième : une branchie, un cœur, un foie; voilà bien un mollusque: le:eorps enveloppé dans un sac, point de tête saillante, pour toute branche un trou conduisant directement à l’estomac ; voilà bien: un zzollusque acéphale; au reste,, les espèces suivantes nous conduisent encore plus di+ rectement à cette famille.

En comparant cet animal avec les trois #Lalia de Brown, il est impossible d’en méconnoitre l’analogie ; même forme générale ; mêmes ouvertures aux deux bouts; même protubérance sur ‘une extrémité; même crête sur l’autre. En ‘examinant plus particulièrement la troisième figure, on est sur-tout tenté de la prendre pour une image grossière de notre espèce; car quoique la phrase qui s’y rapporte dise - qu’elle est destituée de crête et de queue, c’est-à-dire, de ce que nous appelons créfe el protubérance, on y voit cependant l’une et l’autre quoique plus petites que dans la premivre figure, et à peu près dans la même proportion que dans la nôtre. De plus, les lignes que cette figure exprime, répondent à celles que forment dans la nôtre les szscères supérieurs et les deux ovaires. Il ne manque donc que les bandes musculaires ; mais le dessinateur de Brown peut fort bien les avoir négligéés ; car ilparoît , d’après les dessins en couleurs faits sur nature vivante par les peintres de

l'expédition, qu’elles sont très-peu apparentes dans les individuüs frais, même dans des espèces où l’immersion dans l'esprit-de-vin les rend encore plus opaques et plus brunes que dans celle-ci. Elles ne feroient d’ailleurs au plus qu’une différence spécifique, et non une générique.

Quant aux rapports de notre animal avec les sa/pa de Forskaohl en général, ils ne sont pas moins apparens. Par exemple, la grande figure que cet auteur donne de son salpa givantea, offre les mêmes deux ouvertures dont une coupée en travers ; le même organé branchial oblique et strié, la même ligne opaque, répondant au sillon du dos. Elle ne diffère que par les deux pointes, situées l’une sur l’ouverture postérieure , l’autre sur l’antérieure , et par ce que Forskaohl nomme nucleus lequel n’est qu’un autre arrangement des viscères; et il est clair que ce ne sont là que des différences spécifiques. Nous retrouverons d’ailleurs des conformations analogues dans les espèces suivantes.

Il y a plus, c’est que si l’on ne s'arrête point aux mauvaises figures de Forskaohl, mais qu’on lise avec attention ses destriptions, on trouvera que son sa/pa pinnata doit avoir extrèmement ressemblé à celui-ci.

Il ne lui donne point de z0yau comme aux autres, mais deux lignes regnant le long du dos ; dont l’une jaune, (l'intestin); l'autre blanche ,ebcommençantmoinsprès de la bouche ( c’est-à-dire, selon notre manière de voir , se portant moins près de l'ouverture postérieure que Forskaohl prenoit pour la bouche; c’est ce que nous appelons le foie). Puis en-dessous de Rés côlé une ligné violette beaucoup plus courte que la dorsale ( ce sont nos deux ovaires ). IL décrit ensuite la branchie ef la nageoire située près de la

Dole LI ANNALES DU MUSÉUM bouche; (c’est-à-dire, toujours de l'ouverture postérieure), et variant en grandeur et en figure ; seulement il ne parle point des bandes musculaires , mais j’ai déjà dit qu’elles sont peu visibles, et que dans quelques circonstances elles peuvent ne l’être pas du tout.

Forskaohl parle ensuite d’une variété dont les /ignes latcrales étoient plus longues et interrompues. Je crois aussi avoir vu un individu auquel cette phrase convient, et même dans une circonstance très-semblable à celle où Forskaonl paroît l'avoir vu ; car c’est à son article qu’il dit gw’on trouve quelquefois de petits salpa dans l’intérieur des grands, y nageant librement. Mon petit individu étoit dans l’intérieur d’un salpa de l'espèce dont je traite actuellement, mais il y adhéroit vers l'extrémité antérieure de l’un des ovaires. Je lai représenté , fig. 11, de grandeur naturelle.

On voit les lignes latérales interrompues, et les premiers vestiges de muscles transverses. L’estomac C est beaucoup plus grand à proportion , et l’on voiten ‘un corps arrondi, rougeâtre dont les autres individus, tant de l’espèce actuelle que des suivantes, ne nous offrent point l’analogue. C’est par là qu’il adhéroit à l’animal dans lequel je laitrouvé, et le pédicule par lequel il tenoit, a été rompu en X. Cette espèce de biphore seroit-elle vivipare ? Ce petit individu seroit-il son fétus? Ce corp rond * seroit-il un organe servant uniquement pendant le temps de la gestation pour établir l'union entre la mère et son petit, et qui l’effaceroit ensuite ? pi |

On sent bien que des observations ultérieures pourront seules répondre à toutes ces questions. |

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Riga bois El SA LP" Æ PEL DS ET

La seconde espèce portera le nom de celui qui l’a décrite le premier, quoique sa description ne soit rien moins qu’exacte. uit

On la voit, fig. 3 ; mais pour là comparer avec la précédente, il faut Farine qu’elle est représentée du côté droit, et que la fig. 1 est du côté gauche. On voit cette seconde espèce ouverte, fig. 6. les lettres de ces deux figures 3 et 6 ont les mêmes si ignifications que les correspondantes des figures 1 et 2.

Ce salpa tilesii a comme l’autre une double enveloppe ; ; son ouverture postérieure est de mème en gueule, et sa lèvre supérieure se réfléchit aussi pour former une valvule.

L'ouverture antérieure , z, &, est un peu plus conique, et les muscles dont elle est garnie sont disposés en deux figures de plumes fort régulières, À, A.

Les autres muscles du corps sont aussi très-différens de ceux de la première espèce. Ils forment six bandes B, C, D,E,F,G, presque parallèles, excepté les 3°, 4.°et 5°, D,E, F, quisont un peu en rayons de cercle. Toutes ces bandes sont interrompues dans leur partie moyenne ou venitrale , et aucune neremonte au-delà du milieu de la hauteur du corps. La première B estun peu fourchue. La dernière G donne quelques branches dans la lèvre inférieure , ét va se joindre vers l'angle des lèvres à un paquet rayonnant d’autres bandes qui se perdent dans la lèvre supérieure.

L’enveloppe extérieure est plus dure que dans l'espèce

précédente. La protubérance à qui enveloppe lestomac et le foie est surtout d’une dureté tout-à-fait cartilagineuse , sans être pour cela moins transparente que le reste.

De petites épines cartilagineuses sont répanduessur divers endroits de cette enveloppe. Il y en a plusieurs sur la protubérance 0; il yen a aussi un assez grand nombre sur toute la face inférieure du corps. | |

Il ya de plus à différens endroits de petites tumeurs percées. d’une fente. Six sont placées assez régulièrement sous la partie ventrale. M. Tilesius leur a donné le nom de sptracula. I y en a aussi une sur la petite protubérance située sur l’ouverture postérieure. Cette protubérance remplace la crête de l’espèce précédente , mais on ne voit point dans l’intérieur de celle-ci les deux organes *,*, que j'ai pris pour des ovaires dans l’autre.

La branchie /, m, nm, l'anneau irrégulier qui la ter- Mine en arrière, 2 , le cœur avec son péricarde d\, n’offrent rien de différent de ce qu’on voit dans l'espèce précédente; la bouche * est placée au même endroit, mais Les viscères de la digestion sont autrement configurés. Ils sont ramassés en une seule masse ovale, », composée du foie, et des cir- convolutions de l'intestin. Celui-ci fait deux tours de spirale, et se termine subitement à l’anus ., près de l’origine de la branchie ; l'anus est donc placé tout autrement que dans la première espèce ; et tout l’espace qui règne entre la masse des viscères digestifs et lextrémité postérieure du corps n’est occupée que par le sillon *, *.

M. Tilesius qui a observé cette espèce vivante , dit qu’elle est transparente, et que de loin elle paroît d’un beau bleu de ciel avec les reflets de l’Iris; que le globe de ses viscères

est d’un rouge ardent, et qu’elle répand la nuit une forte lueurphosphorique. Cette dernière faculté est attribuée par M: Péron à la plupart des espèces. Ses mouvemens sont très-lents , et ses signes de vie très-foibles. Quelques individus se rapprochoïient et s’attachoient ensemble par paires. H leur sortoit du corps, par l’ouverture que je nomme antéricure, mais à laquelle, comme presque tous les auteurs, M. Tilesius donne lenom contraire , faute d’avoir remarqué Ja véritable bouche , de longsfilamens jaunâtres qui peuvent se retirer en dedans. Il paroïît qu’ils ont quelque rapport avec la génération. M. Tilesius semble croire que la masse des viscères ou le noyau en est entièrement composé, en quoi il se trompeévidemment,. Sa description des viscères cst ttrès-obscure, et à tenu à ses mauvais moyens anatomiques. Il trouva dans l'intérieur plusieurs petits, animaux marins.

M. Tilesius termine son article en rapportant qu'ayant consulté ses amis sur le genre dans lequel cet animal devoit être placé, ils jugèrent, après unc longue discussion que c’étoit un tethys. Mes lecteurs voient sans doute suffisamment que c’est un salpa. En lisant mon mémoire sur les tethys, ils seront encore plus convaincus que l’animal de M. Tilesius n’en est pas un, car les tethys de Linnœus, le fimbria de Bohatsch , etc. sont de vrais gastéropades très! voisins des /:maces.

EsPrèice III SALPA SCUTIGER À.

La troisième espèce me paroît nouvelle. Les figures 4 et 5 la représentent. :

Ses deux enveloppes, ses deux ouvertures, sa branchie, son cœur sont comme dans les deux précédentes. Ses viscères sont réunis, comme dans la dernière , en une masse ovale, protégée par une proéminence cartilagineuse etdure, mais moins avancée du côté de l'ouverture antérieure, et dépourvue d’épines ainsi que tout les reste de la surface.

Néanmoins cette espèce a trois caractères dont deux trèsparticuliers.

D'abord ses bandes musculeuses sont moins nombreuses; il y en a au milieu quatre, rapprochées dans jeur partie moyenne , et représentant des X ; puis on en voit ARE autres petites vers les deux ouvertures.

Le: second caractère consiste dans un viscère marqué O dans les deux ‘figures ; ilest placé au-dessus dela masse du foie et des boyaux; contourné en portion de cercle, interrompue vers le côté droit, et sa structure consiste en petits lobes, ou mieux en petites lames comme enfilées à la suite les unes des autres ; et qui semblent autant de petites capsules. |

La ressemblance de cet organe avec les ovaires de certains mollusques gastéropodes, que je décrirai ailleurs , me fait lui attribuer les mêmes fonctions. F'orskaohl semble in: diquer quelque chose de semblable à Particle de son sa/pa Jasciata , en ces termes : suprà nucleumr, quasi intestinume paroum , filiforme transversè striatum ; primÔ curvatum , deir apice incurvum magis, longitudine unguis.

M. Péron m'a non-seulement confirmé dans lidée que c’étoit là l'ovaire, mais il à observé que les biphores le rendent tout entier , et il croit que les petits biphores qu’il contient restent unis pendant long-temps comme ils l’étoient

dans l'ovaire, et que c’est là l’origine de ces chaînes de biphores si remarquables. À un certain âge, ces animaux se séparent, dit M. Pérou, car tous les Re individus sont solitaires. ,

Enfin ce qui achève de dette! celte espèce, c’est un amas de petits grains bruns formant un disque ovale , dans l'épaisseur de la protubérance transparente , au - dessus des viscères de la digestion et de l'ovaire.

Est-ce un premier germe ou vestige de coquille ? sont-ce les œufs avant qu’ils entrent dans ce viscère que.nous avons nommé ovaire , et qui ne seroit alors qu’un très-singnlier oviductus. |

Cette dernière conjecture péeuil qualque vraisemblance, -de ce que dans quatre individus que j’ai observés, ceux qui ‘avoient le boyau strié plus gonflé , avoient cet amas plus petit, et l’un d’eux même ne l’avoit presque pas apparent.

On voit facilement que cette espèce est très-voisine de celle nommée salpa gibba, par M. Bosc, Hist. nat. des vers, IE, 178, pl. 20. fig. 5. Il ne manque à la nôtre pour ressembler à celle-ci, qu’une saillie pointue au-dessus de l'ouverture postérieure. Îl fautremarquerque M. Bosc qui a pris comme F'orskaohl cette ouverture postérieure pour la &ouche, a donné à la saillie qui est au-dessus , le nom de front, mais très-improprement.

Espèce I V.

S'ALTEP A te ONE EUR ;

. La quatrième espèce, fig. 7, est très-différente des précédéntes pour la forme générale. Elle varie davantage pour 49 *

380 ANNALES. DIU MUSÉU M la grandeur , et il y en a des individus deux fois plus grands que celui que j'ai représenté. é |

Le corps est ovoide ; la partie étroite de l'œuf est vers l'ouverture postérieure; la partie large est en avant ; maïs ici louverturez, &, n’est pas terminale; elle est à la face inférieure du corps ; c’est la protubérance cartilagineuse, bb, qui forme la partie large et arrondie de l'œuf. Cette protubérance est ici très-grande et en forme de demi-sphère. Elle contient dans son centre la masse ©, des viscères digestifs, qui n’a au reste rien de différent de ce qu’on voit dans Îles deux espèces précédentes ; ilen est de mème de la branchie l,m,n,etdu sillon + +. Les bandes musculaires sont en forme d’'X X, comme celle de la troisième espèce.

Ce qui caractérise le plus l'espèce actuelle, se sont huit petites proéminences percées de part en part, et pénétrant jusque dans l’intérieur de la seconde tunique ; il y en aquatre vers la grande protubérance cartilagineuse, deux de chaque côté , et auatreautres. vers l'ouverture postérieure. Elles sont toutes marquées À A, dans la figure.

L'usage de ces proéminences ne sera pas douteux pour quiconque aura lu avec attention les descriptions du salpa confæderata de Forskaohl, et du salpa socia de Bosc. Ces deux. espèces ont aussi de pareïlles proéminences, et s’en servent pour s'unir avec d’autres individus, côte à côte et dos à dos, de manière à former ces grandes chaînes si singulières , et que l’on est d’abord tenté de prendre pour un seul animal, tant leurs mouvemens sont réguliers et uniformes. Ces proéminences font sans doute alors l'office d’autant de suçoirs.

J'ai trouvé dans l’intérieur de quelques individus ; des

D'HISTOIRE NATURELLE 981 corps de l’animal de l'anatifère , mais dont tout le dedans étoit fondu et disparu, et dont il ne restoitque la peau parfaitement conservée ; comment y étoient-ils entrés ? comment sont-ils ainsi vidés ? Si c’est par l’action du salpa ,on ne peut dire pour cela que ce soit une digestion, car elle ne se fait point dans l’estomac. L’anatifère n’est pas non plus avalée, puisqu'elle ne passe point au travers de la véritable bouche. Est-elle seulément sucée Po celle-ci ?

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La cinquième espèce, fig. 9 et 10 , est plus petite que les précèdentes ; ellea le corps également large par-tout, un peu déprimé, et sa partie dorsale cartilagineuse, saillante , surtout au-dessus de la masse des viscères o ; les bandes musculeuses sont au nombre de onze, dont les six premières sont parallèles et transversales ; les quatre suivantes se rapprochent dans leur partie moyenne A, pour former une figure rayonnante. La branchie, les viscères digestifs, le sillon dorsal n’ont rien de différent des trois espèces précédentes. |

L'ovaire est trés-grand , d’une structure semblable à celui de l’espèce troisième , ployé en deux, et placé sur le milieu du dos. |

C'est à cette espèce que ressemble le plus lAolothuria

zonaria de Pallas, que Grnelin a laissée mal à-propos dans les holothuries; seulement ses ouvertures ne sont pas tout- “à-fait cris Bruguière paroit bien s'être aperçu , en composant ses planches, que cedevoit être un biphore ; car

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c’est avec ceux-ci qu'il eñ a fait graver la figuré ; mais il n’en a fait aucune mention dans son texte qui étoit rédigé avant qu'on s’occupât des planches.

E:s pi ce VI.

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