‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 99 sur 107 · ET SUR LEUR ANATOMIE · texte numérisé non relu

ET SUR LEUR ANATOMIE

N ous voici arrivés à des animaux bien différens de tous les mollusques dont nous avons parlé jusqu’à présent; des membres cornés, articulés en quelque sorte , nombreux, susceptibles de mouvemens variés, une bouche garnie de lèvres et de mâchoires, un système nerveux formé d’une suite de ganglions, tout annonce que la nature va nous conduire à l’'embranchement des animaux articulés; il n'y auroit même rien d'étonnant que bien des naturalistes, d’après la description que nous allons donner, ne pensassent que les cirrhopodes appartiennent déjà à cet embranchement, et nous ne blämerons point ceux qui croiront devoir les y ranger.

Cependant comme leur corps lui-même n’est pas articulé P Ï >

comme nous avons déjà dans le genre des tarets qui appartient sans contestation aux mollusques acéphales, des

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exemples de membres articulés, comme enfin la coquille des anatifes semble modelée sur celle de plusieurs bivalves, nous croyons pouvoir laisser cet ordre parmi les mollusques.

Chacun sait la fable extravagante dont les anatifes ont été l’objet; quelque ressemblance grossière de leur coquille avec un oiseau, a fait dire qu’elles donnoient naissance à l'espèce d’oïe que l’on nomme bernache ou bernacle; et quoiqu’Albert-le-Grand ait réfuté cette folie dès le 13e. siècle, il s’est trouvé jusque dans le 17e. des gens assez hardis pour la soutenir.

On ne s’est pas donné autant de peine pour examiner la vraie structure de ces animaux; jusqu'à M. Pour ( T'estacés des mers de Naples, X, pl. IV, V, VI), les naturalistes ont été obligés de se contenter des descriptions superficielles et des figures grossières de Leuwenhoeck ( Arc. nat. ep. 83), de Luster ( Synops. pl. anat. 19 et20 ), de Baster ( Opusc. subsec., lib. IE, pl. 12 ), d’£Zls ( Trans. phil., tome LVIIT, pl. 34), et de Veedham ( Nouv. Obs. micr., pl. 6). Le savant anatomiste de Naples lui-même, quoiqu'il en ait beaucoup étendu Ha connoissance, ne l'a point complétée, puisqu'il n’a point parlé du système nerveux et qu'après avoir bien décrit les branchies des balanes, il a méconnu celles des anatifes.

J’ai dit quelque chose de ce système nerveux dans mes Leçons d' Anatomie comparée (rome IT, p. 3r2 et 313) et des organes de la respiration (t. VI, p. 430); et M. Æverard Home à donné dans les siennes (IT, pl. LX XV) des figures de l'estomac et du canal intestinal. Voilà, je crois,

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une énumération à peu près complète de ce qu’on possède sur ce sujet.

. J'ai fait ma principale description sur des anatifes vulgaires (pas anatifera L.) d'un très-grand groupe pris au Havre à la quille d’un navire, et apporté vivant à Paris dans de l’eau de mer. Les tubes charnus qui portoient ces coquilles avoient de 8 à 10 pouces, et quelques-uns près d’un pied de longueur sur 8 à 10 lignes de diamètre. Leur surface étoit ridée en travers, teinte de brun et de jaunâtre ; plus foncée vers la coquille, plus pâle vers le point d’adhérence. On sentoit que la peau, ou plutôt l’épiderme, en étoit coriace et élastique, et l’animal leur faisoit à volonté éprouver quelques contractions et quelques inflexions peu rapides.

La coquille est formée de cinq pièces; et si l’on veut lui trouver quelque analogue parmi les bivalves, c’est dans les moules (rm2y#l&s L.) qu'il faut le chercher.

En effet, il y a une ressemblance sensible entre les deux principales valves de l’anatife, et celles de la moule. Le sommet (afes ) est en à, fig. 1. Le pédicule f'g s'attache à ces deux valves par le côté ac où se trouveroit le ligament dans la moule, en sorte que ce pédicule paroît représenter un ligament très-développé.

Le côté a B est l’antérieur, celui par lequel la moule fait passer son pied et son byssus, et c’est aussi par là que l’anatife fait sortir ses tentacules. |

Les deux petites valves 4 ont l'air de n’être qu’une portion détachée des grandes qui dans ces animaux-ci auroïent eu deux centres d’accroissement ou de stratification, si l’on peut $’exprimer ainsi.

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