‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 98 sur 107 · LOU · texte numérisé non relu

LOU

Les cœurs occupent les deux côtés du corps, sur la racine de chacun des vaisseaux qui forment les 77 des branchies ; ces cœurs sont très-comprimés , et d’une figure à peu près demi-elliptique. Leur grandeur est assez considérable, à proportion du reste du corps; en les ouvrant , on y remarque des rides ou des colonnes charnues, dont la direction est longitudinale, et cette face interne est teinte d’un violet noirâtre. Un gros vaisseau communique des deux branchies d’un côté, dans le cœur correspondant ; et quoique nous n’ayons pu bien reconnoître les valvules, Panalogie des autres mollusques ne nous laisse pas douter que le sang n’aïlle de la branchie dans le cœur.

Ce nombre et cette position des cœurs sont encore absolument particuliers à la Lingule; les céphalopodes en ont trois, comme on sait; les gastéropodes un, et les bivalves aussi un, si on excepie les arches, où le cœur est partagé en deux à cause de la partie rentrante de la coquille, Ici ce nombre de deux est indépendant de toute figure de la coquille ; ce n’est pas une légère déviation d’un type commun, mais c’est une structure faite sur un plan neuf, et dont les parties sont intimement liées : la position des branchies exigeoit celle des cœurs. |

C’est dans le foie que se distribuent d’abord les principales branches qui sortent des cœurs.

Le cerveau m'a paru être quelques ganglions qui se font apercevoir vers l’espèce de col ou d’étranglement situé à la base des bras; mais il n’a pas été possible de suivre les nerfs, en examinant les autres viscères, et il faudra attendre l’occasion de disséquer un troisième individu de Lingule, pour les décrire,

Il n’y a point d’yeux, ni, à ce qu’il paroît, d’autres organes des sens que celui du toucher : la bouche ne contient aucune langue ni aucune dent; c'est un simple commencement d’oœsophage, comme dans les acéphales ordinaires.

Nous n'avons rien vu qui nous ait paru se rapporter à la génération, et nous jugeons d’après cela que les Lingules se multiplient comme Îles autres bivalves, sans avoir besoin d’accouplement; qu’elles n’ont par conséquent aucun organe mâle ; et que si nous ne leur avons pas trouvé l’organe femelle, c’est que les individus que nous avons disséqués, n’avoient pas été pris dans une saison où les œufs fussent assez développés pour être visibles.

Cette structure de la Lingule paroïtra sans doute assez différente de celle des bivalves ordinaires, pour justifier l’établissement, dans la classe des mollusques, d’une quatrième famille, qui sera caractérisée par l'absence de tête et de pied, par les deux bras charnus et ciliés qui entourent la bouche, et par la position et la forme des branchies. En effet, soit qu’on adopte la méthode de M. Poli ou la mienne, méthodes qui reviennent à la même quant au fond, on ne peut y placer la Lingule sans faire entorse aux caractères. Il est vrai que dans la division du citoyen Lamark, elle entre tout simplement dans les mollusques acéphalés ; mais l'énorme distance qui la sépare des autres genres, est une raison suffisante pour un peu ajouter au caractère d'ordre de ceux-ci, afin qu’elle n’y entre plus.

11 suffit de jeter les yeux sur la figure que Müller a donnée de l’animal de son patella artomala , pour voir qu’il ressemble à la Lingule par ses bras ciliés et en spirale ; et quoique nous ne l'ayons pas vu, nous ne doutons pas qu’il n’appartienne

à la même famille : c’est ce qui nous a porté à en faire le senre orbicule, qui a été adopté par le citoyen Lamark. Quant aux térébratules , nous avons eu d’abord quelque incertitude ; leur pédicule indiquoit bien quelque affinité ; la description que Linnæus donne de l’animal des aromies, description qui se rapporte sans doute à l’une des espèces d’anomies dont Müller et Bruguières ont fait depuis leurs térébratules, sembloit confirmer cet indice ; ces bras ciliés, linéaires , avancés, alternes avec les valves, plus longs que le corps, paroissoient annoncer beaucoup de ressemblance. Mais, d’un autre côté, on trouve dans le dernier voyage de la Peyrouse,, une description et une figure de l’animal de la térébratule par Lamanon, obscure, et même à coup sûr fausse en quelque point, mais accompagnée d’une figure passablement dessinée, d’après laquelle il sembleroit que ce coquillage a des branchies semblables, quant au fond, à celles des bivalves ordinaires, quoique soutenues par des osselets, mais manquant de bras ciliés.

.. Heureusement une troisième description, celle de Walch, dans le Natur-forscher , IT, 80 , quoique faite sur un individu desséché, suffit pour lever tout embarras. On y voit bien que les deux parties que Lamanon et Walch lui-même ont prises pour des branchies, sont précisément des bras charnus et garnis de franges libres comme ceux de nos Lingules; seulement ils ne paroïssent pas roulés en spirale. Le petit lobe du milieu, que Linnæus avoit appelé lipula, n’est qu’une apparence produite par les franges de la base des bras qui reviennent sur elle-même : ce que Walch nomme, je ne sais pourquoi, la langue, n'est que le corps ou l’abdomen ; et les vraies branchies seront restées adhérentes au manteau, sans que Lamanon ni Walch les aient aperçues.

Ainsi, quoique nous n’ayons pas encore vu Par nousmême l’animal des térébratules, il ne nous reste cependant aucun doute, d’après les réflexions précédentes, qu’il ne doive entrer dans le même ordre que ceux des Zngules et des

orbicules.

Explication des Figures.

Fig. 1. La Lingule entière avec sa coquille et son pédicule.

Fig 2. Un côté du manteau, lorsqu'on a enlevé la coquille.

a. Portion des glandes salivaires, vue au travers du manteau. 8. Portion du foie, vue de même. ccec. Diverses extrémités musculaires.

Fig. 3. L'intérieur de la valve qui couvroit ce côté du manteau.

Fig. 4. Le côté opposé du manteau.

Les mêmes lettres signifient les mêmes choses.

Fig. 5. L'intérieur de la valve qui couvroiït ce second côté du manteau. On y voit, ainsi qu’à la #g. 3, les empreintes des muscles.

Fig. 6. La Lingule dans la position de la #g. 4. Un des lobes du manteau soulevé.

aa. Les branchies. #6. Les bras roulés en spirale, avec leurs franges.

Fig. 7. La Lingule du côté opposé, l’autre lobe du manteau relevé.

Fig. 8. La position de la fig. 63 le manteau encore plus relevé, pour montrer ce que je crois être le cerveau, a. Les bras écartés pour montrer la bouche, 6.

Fig. 9. Le côté opposé. La bouche 2 fendue, pour montrer le commencement de l’æsophage.

Fig. 10. La position des fz. 4 et 6. La partie du manteau qui couvroit les viscères, enlevée.

a. Glande salivaire.

BB. Portions de foie, ce, Les cœurs.

dd. Les vaisseaux principaux des branchies vus au travers du manteau. | | ee. Portion d’intestin,

Je Anus. | Fig. 11. La même partie, où les cœurs sont mieux à découvert,

et où l’un d’eux est ouvert.

Les mêmes lettres ont les mêmes significations. Fig. 12 et 13. Tout le manteau, les glandes et les cœurs enlevés,

on voit à nu tout le canal intestinal et les principaux muscles,

Ses

Choquet Jeu .

“FAR Faits LINGULA ZANATINA

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