‹ Mémoires pour servir à la connaissance des crinoïdes vivantsChapitre 10 sur 10 · Caractéristique du nouveau genre · texte numérisé non relu

Caractéristique du nouveau genre

Rhizocrinus M. Sars, novum genus e classe C rin o id eo r u m.

Columna articulata, longa, tennis, canali centrali angulato perforata, apice incrassato obconico uni-articulato, extremitate inferiore nec dilatatâ nec adnatâ. Articuli elongati, teretes, superiores subcylindrici, ceteri medio rnagis minusve constricti extremitatibus tumidis et alternatim paulo compressis ita, ut axis longior faciei glenoidalis extrernitatis inferioris cujusqve articuli cum eodem extrernitatis superioris angnlum formet obliqvum. Faciès glenoidalis borum articulorum subelliptica, striis radialibus nullis, lineâ ornata eminente (cristâ articulari) utrinqve dentatâ secundum axin longiorerii extensâ et excavationibus duabus rotundatis, medio confluentibus, secundun axin breviorem extensis.

Cirri filiformes, cylindrici, articulati et velut articuli columnæ calcarei, canali centrali circulari permeati, dichotomo-ramosi, basi crassiores sensimqve apicem versus maxime atténuât!. Hi cirri in numéro vario, semper autem continuo, articulorum inferiorum columnæ obvii, e duobns punctis oppositis, in parte superiore tumidâ cujusqve articuli paululum infra extrernitates lineæ glenoidalis sitis et cum iisdem articuli proximi regulariter alternantibus, prodeunt singuli (interdum duo, fortasse pro rarnis unius cirri basi bipartiti habendi), libéré extrorsum porrecti et deniqve apice (sæpissimè in discum irregularem expanso, de cujus peripberiâ filicula brevissima repentia exeunt) alienis corporibus adnati. Extremitas libéra articuli infirni columnæ semper plures cirros emittit.

Calyx apicem dilatatum columnæ crassitudine æqvans, è numéro radiorum compositus miro modo variabili, sæpissimè qvidem 5, haud raro autem 4 aut 6, rarissimè 7. Basalia extus inconspicua (forsan rudimentaria et intus in spatio centrali annuli adhæsione radialium infimorum formati relicto sita, cum bis et inter se connata). Radialia infima (prima) pari modo extus haud visibilia, subtriangularia, cum columna et inter se connata. Radiale secundum et tertium libéra, sat magna, elongata, compressa, subtetragona, secundum cum primo verâ articulatione (musculis duobus), cum tertio sutura (absqve rnusculis) conjunctum. Radiale tertium non axillare. Radii calycis scilicet non sunt divisi et qvisqve radius in brachium simplicem continuatur, numerus brachiorum itaqvè velut radiorum sæpissimè 5, rarius 4 aut 6, rarissimè 7.

Brachia brévia, apicem versus parum attenuata, ,ex articulis (brachialibus) haud numerosis composita, sectione transversâ semilunaribus, fere æqvè longis ac latis, subsymmetricis, margine latero-ventrali rotundato, non in processus elongato. Qvodqve brachiale altéra

sua extremitate articulatione verâ (musculis duobus), altéra sutura (syzygio) cum articulo proximo conjunctum, itaqvè faciès glenoidales musculis præditæ cum iis musculis destitutis per totam longitudinem bi'achii regulariter alternantes.

Pinnulæ ex articulis brachii epizygalibus (duobus primis exceptis) alternatim dextrorsum et sinistrorsum prodeuntes, lineares, apicem versus parum vel fere prorsus non attenuatæ, in medio brachii longiores, ex articulis haud numerosis compositæ.

Sulcus tentacularis disci, brachiorum pinnularumqve laminis calcareis (è trabeciilis reticulatis compositis)'marginatus sat magnis, ovalibus, basi affîxis ceteroqvin liberis et mobilibus, obliqvè transversaliter positis, utrinqvè seriem longitudinalem cum oppositâ alternantem formantibus et tentacula rétracta obtegentibus. Vesiculæ globosæ coloratæ (velut in Antedone obviæ) plané absunt.

Os circulare in centro disci, circule tentaculorurn cinctum : duorum radialium ad originem cujusqve sulci tentacularis et duorum interradialium intus ad qvemqve angulum oraleni. Tentacula hæc radialia, sicut ea sulcos ventrales disci brachiorumqve occupantia, longé extensilia, tenuia, cylindrica, papillis cylindricis brevibus tenuissimis obsita, spicula calcarea irregulariter reticulata in cute continentia; interradialia illis breviora, flexilia, sed ut videtur parum extensilia, papillis similibus, sed densioribus, obsita, cute spiculis calcareis destitutâ.

Anguli orales (i. e. anguli centrales arearurn interradialium disci) laminæ prominentes, erectiles seu qvasi valvulæ sese aperientes et occludentes, lingulatæ, calcareæ, e trabeculis compositæ reticulatis. Etiam cutis mollir disci repleta est laminis sparsis calcareis similiter reticulatis, sed multo minoribus, suborbicularibus aut irregularibus et malé circumscriptis.

Anus apertura circularis areæ interradialis medio fere inter os et peripheriam disci, non tubulosa, margine simplice (haud crenulato).

Genitalia in pinnulis brachiorum inferioribus velut in Antedone intumescentibus inclusa.

Rhizocrinus lof ot ensis Sars, species unica.

Specimina 75 visa, maximum circiter 80""" longum. Columna 12 — 70""" longa, ex articulis 22 — 67 composita. Cirri in articulis columnæ 3—32 infimis obvii, maximi 8 — 9""" longi. Brachia in maximis 11""" longa, articulis 28—36; pinnulis utrinqvè 6 — 7 (raro 7 — 8), 3mm longis, articulis 11 — 12, raro usqve ad 15. Color animalis pallidé fusco-cinereus aut cinereo-albidus.

Habitat gregatim ad insulas Lofoten (68® 11—15' latit. bor.), profunditate 100 — 300 orgyarum, nec non in sinu Nidarosiensi (63® 35'), ubi specimen mortuum in profunditate 80 orgyarum inventum est.

Explication des planclies.

Planche I.

Rhizocrinus lofotensis.

Fig. 1. Individu à 7 bras, à tige bien développée a — 6, mais à bras très petits ou en voie de développement d; a, l’article supérieur élargi de la tige; b, l’article inférieur de la tige; c, cirrhes sortant de la partie supérieure des articles; c\ cirrhes sortant de la partie inférieure de l’article inférieur de la tige.

Fig. 2. La couronne avec la partie supérieure de la tige d’un autre individu semblable à 7 bras. Les bras d, dont l’un est beaucoup plus petit que les autres, sont également très peu développés, a, l’article supérieur élargi de la tige; sillons arqués de cet article, indiquant les premières radiales situées à l’intérieur; ar, article de la tige en voie de formation; r2, les deuxièmes radiales; t, tentacules.

Fig. 3. Un des bras d—d avec la deuxième radiale r2 du même individu, vu de côté. Is^ lamelles du sillon.

Fig. 4. Le même bras vu du côté intérieur ou ventral. Mêmes lettres que celles de la figure 3.

Fig. 5. Tentacule.

Fig. 6. La partie inférieure de la tige de l’individu représenté tig. 1. b, l’article inférieur; c, cirrhes sortant de la partie supérieure des articles; c', cirrhes sortant de la partie inférieure de l’article inférieur.

Fig. 7. Partie de la tige du même individu au milieu environ de sa longueur, c, cirrhes en partie entiers en partie plus ou moins rompus.

Fig. 8. Partie de la tige d’un autre individu à articles très concaves au milieu, f, les ligaments élastiques qui réunissent les articles.

Fig. 9. Partie de la tige d’un troisième individu, dont les articles sont fléchis dans tous les sens. /, ligaments.

Fig. 10. Les trois articles inférieurs de la tige, c, cirrhes sortant de la partie supérieui’e des articles; c', cirrhes sortant de la partie inférieure de l’article inférieur.

Fig. 11. Cirrhe dont deux rameaux se sont attachés du bout aux fragments x de coquilles conchifères.

Fig. 12. Un des rameaux les plus minces d’un cirrhe c dont deux des bouts se sont répandus en un disque d, attaché à une coquille conchifère (Kelliella abyssicola Sars) æ, et un fragment x de la même espèce. De ce disque sortent des prolongements filiformes d\ qui s’étendent en rampant sur le corps étranger.

Fig. 13. Un des rameaux les plus minces d’un autre cirrhe qui s’est réuni par sa face latérale à une épine d’ Echinide y et à une coquille de Rhizopode z; un de ces bouts est étalé en un disque d, qui s’est attaché à un fragment x d’une coquille de mollusque.

Fig. 14. Partie d’un des rameaux minces d’un cirrhe, fortement grossi pour faire voir son réseau calcaire.

Fig. 15. Bout d’un rameau mince de cirrhes c, étalé en un disque d, de la périphérie duquel il sort des prolongements filiformes d', qui s’étendent en rampant sur un fragment de Polyzoaire x.

Fig. 16. Individu à 5 bras très peu développés. La partie inférieure de la tige est fléchie en haut. Mêmes lettres que celles de la figure 1.

Fig. 17. Individu à 4 bras plus développés et ayant déjà 2 paires de pinnules p. L’un des bras est seul représenté; les autres ont été enlevés. La partie inférieure de la tige est courbée encore plus fortement et pi-esqu’en spirale et les articles de la partie supérieure s’amincissent subitement. Mêmes lettres que pour la figure 1.

Fig. 18. La partie supérieure du même individu plus fortement grossie, a, l’article supérieur élargi de là tige; s, sillons arqués de cet article, indiquant les premières radiales situées à l’intérieur; ar, article nouvellement formé; r2, les deuxièmes radiales; d, base d’un bras.

Fig. 19. Jeune individu, dont la couronne peu développée a été détachée. Les articles de la partie supérieure de la tige se sont subitement amincis, c, cirrhes sortant de la partie supérieure des 2 articles inférieurs ; c', cirrhes sortant de la partie inférieure de l’article inférieur.

Planche II.

‘ Rhizocrinus lofotensis.

Fig. 20. Article nouvellement formé de la tige, vu de côté.

Fig. 21. Le même vu de la face terminale, à canal pentagone a de l’axe.

Fig. 22. Autre article semblable vu de la face terminale, à canal hexagone a de l'axe.

Fig. 23. Article de la tige un peu plus âgé, vu de côté.

Fig. 24. Partie du réseau calcaire d’un jeune article de la tige.

Fig. 25. Article de la tige parfaitement développé, très concave au milieu, vu de côté, a — a, la partie supérieure; c, la partie du milieu; 6,1a partie inférieure, cc, les bases de deux cirrhes; ee, la côte articulaire avec ses dents.

Fig. 26. Le même article coupé transversalement au milieu de sa longueur, a, canal carré de l’axe; bb, la partie coupée du milieu; cc, le grand diamètre, et le petit diamètre de l’un des bouts terminaux de l’article.

Fig. 27. Bout supérieur ou face articulaire d’un article parfaitement développé de

la tige, a, canal carré de l’axe; 66, l’excavation en forme de biscuit; dd, les deux proémi-

nences coniques horizontales de cette excavation ; ce, la côte articulaire avec ses dents des deux côtés; ce, les bases des cirrhes; //■, les deux extrémités proéminentes du grand diamètre du bout inférieur de l’article.

Fig. 28. Partie de cette même face articulaire, plus fortement grossie, d, e, comme sur la précédente figure; 9, les dents de la côte articulaire.

Fig. 29. Partie de la face articulaire, fortement grossie pour faire voir le réseau

calcaire.

Fig. 30 et 31. Deux articles de la tige vus de leur bout supérieur, avec les bases ce de leurs cirrhes. Grossissement faible.

Fig. 32. Partie terminale d’un article de la tige, vue de côté, ll^ ligaments élastiques.

Fig. 33. Les parties terminales contigdes dd de deux articles de la tige, coupées en long pour montrer le cordon de l’axe st.

Fig. 34. Le bout d’un article de cirrhe. a, le canal circulaire de l’axe.

Fig. 35. Partie supérieure de la tige avec le calice d’un individu à 4 rayons, dont

les bras assez développés et déjà pourvus de 2 paires de pinnules ont été enlevés, a, l’article supérieur élargi de la tige, beaucoup plus allongé qu’à l’ordinaire, avec ses sillons arqués s, qui indiquent les premières radiales situées à l’intérieur; ar, article nouvellement formé; r2, les deuxièmes radiales.

Fig. 36. Partie supérieure de la tige avec la couronne d’un jeune individu à 6 rayons.

Mêmes lettres que dans la précédente figure. L’article supérieur élargi a de la tige est ici

plus court.

Fig. 37. La couronne du même individu vue d’en haut. r2, les deuxièmes radiales, du sommet desquelles les bras bb commencent à germer.

Fig. 38. Individu à 4 rayons avec un bras entier; les 3 autres ont été enlevés, «r, r2, comme dans la figure 36; r3, la troisième radiale; 6/, la première brachiale; p, les pinnules du bras.

Fig. 39. Individu à 5 rayons à bras bien développés. La partie inférieure de la tige a été enlevée. Mêmes lettres que dans la figure 38.

Fig. 40. La couronne d’un individu à 4 rayons, vue d’en haut ou du côté ventral. Les bras sont enlevés de façon à faire voir le bout distal des troisièmes radiales r3. d, le disque; m, la bouche; 0, les coins de la bouche ou les valvules orales; s#, les sillons tentaculaires ; a/i, l’anus.

Fig. 41. La couronne d’un individu à 5 rayons. Des 3 bras enlevés, la première brachiale bl est restée. .Les autres lettres comme dans la figure 40.

Fig. 42. La couronne d’un individu à 5 rayons, vue d’en haut après que le disque et les viscères qu’il renferme ont été enlevés. Les bi’as et les troisièmes radiales, ainsi que la deuxième radiale de l’un des rayons, ont été détachés de façon que, dans ce dernier rayon, on voit la première radiale ri; dans les 4 autres on voit les deuxièmes radiales r2. Le centre est occupé par la „plaque en forme de rosette" rr.

Fig! 43. La couronne d’un individu à 6 rayons, plus fortement grossie. Les troisièmes et les deuxièmes radiales ont été enlevées de façon qu’on voit tout le cercle des premières radiales latéralement jointes les unes au.x autres sans sutures visibles, vues du côté

de leur face supérieure ou ventrale, divisée par 2 crêtes osseuses transversales en deux parties, dont l’une est centrale et l’autre périphérique (la face articulaire). Dans l’espace central laissé par les premières radiales se trouve la «plaque en forme de rosette" rr. Au centre de celle-ci on voit l’ouverture o (la lettre a été oubliée dans la figure) du prolongement du canal de l’axe de la tige, qui vient d’en bas. s, le sillon longeant le milieu de la face ventrale des premières radiales; o, le canal de l’axe de celles-ci, un rameau du canal de l’axe de la tige parti d’en bas de ce dernier canal ; 66, la côte articulaire ; mf^ les facettes musculaires; //", la fossette des ligaments.

Fig. 44. L’article supérieur élargi de la tige, vu de côté, avec les premières radiales qui reposent sur sa face supérieure et qui s’y sont réunies. En enlevant les deuxièmes radiales, la partie distale des premières se trouve à découvert et fait voir le canal de l’axe o, la fossette des ligaments If et les deux crêtes osseuses transversales cr. s, les sillons arqués.

Fig. 45. Le même article d’un autre individu, fendu en long pour faire voir le canal de l’axe un peu élargi a, qui envoie en haut un rameau à chaque rayon et, de plus, un rameau central au disque. .Dans cette coupe longitudinale on ne voit que deux de ces rameaux, a‘a\

Fig. 46. Coupe transversale de l’article supérieur élargi de la tige représenté parla figure 44, à peu près au point marqué X. On y remarque 6 trous, coupes des rameaux du canal de l’axe, savoir: 1 central et 5 périphériques.

Fig. 47. Coupe longitudinale un peu diminuée de la partie de la figure 44 qui s’étend de X à XX. a, le canal de l’axe.

Fig. 48. La partie supérieure de la tige avec le calice d’un individu à 5 rayons, vue de côté. Le disque et les autres parties molles ont été enlevés, a, l’article supérieur élargi de la tige, et s, les sillons arqués de cet article ; 6, deux jeunes articles de la tige. De deux des rayons, les troisièmes et les deuxièmes radiales ont été détachées de manière à faire voir les faces articulaires des premières radiales rf; au troisième rayon, la deuxième radiale r2 se présente de profil et la troisième a été enlevée; au quatrième rayon, la deuxième et la troisième radiale r3 se montrent du côté intérieur ou ventral, où le sillon longitudinal s‘ est visible ; au cinquième rayon, on voit la deuxième radiale r2 et la troisième r3 de profil; au-dessus de cette dernière on voit encore de profil la première brachiale 6L

Fig. 49. La deuxième radiale vue de la face intérieure ou ventrale après que les parties molles ont été enlevées, pr, son bout proximal, et son bout distal; s, le sillon longitudinal médian; a, le canal de l’axe; mf^ les facettes musculaires.

Planche III.

Rhizocrinus lofoteusis.

Fig. 50. L^, deuxième radiale sans les parties molles, vue de profil, d, la face dorsale; r, la face ventrale; /, la face latérale.

Fig. 51. Le bout proximal de la même radiale, a, le canal de l’axe; 66, la côte articulaire; //", fossette de ligaments; m/", facettes musculaires.

Fig. 52. Le bout distal de la même, a, le canal de l’axe.

Fig. 53. La deuxième radiale d’un jeune individu, vue du côté ventral, pr et di comme dans la figure 49.

Fig. 54. La même du côté dorsal, pr, le bout proximal, et di, le bout distal.

Fig. 55. La troisième radiale sans les parties molles, vue du côté dorsal.

Fig. 56. La même vue du côté ventral.

Fig. 57. La même vue de profil. Dans ces trois figures; pr, le bout proximal, et le bout distal; s, le sillon médian longeant la face ventrale; cr, les deux crêtes osseuses.

Fig. 58. Le bout proximal et, fig. 59, le bout distal de la même radiale, mf, facet-

tes musculaires.

Fig. 60. Bras bien développé vu du côté dorsal, bi, première brachiale; 62, deuxième brachiale; sg, syzygies; ap, la pointe du bras; p, pinnules; gn, organes génitaux dans l’intérieur des pinnules inférieures p.

Fig. 60.’'®' Une des pinnules inférieures avec les organes génitaux gn, vue de côté.

Fig. 61. La partie inférieure d’un bras avec les radiales, vue du côté dorsal. r2,

la deuxième, et r3, la troisième radiale; bl, la première, et 62, la deuxième, brachiale ; sg,

syzygies; p, la base des pinnules enlevées.

Fig. 62. La partie inférieure d’un bras réunie à la troisième radiale, plus fortement grossie, vue de côté. Etant restées quelque temps dans une solution de natron étendue, les brachiales se sont un peu détachées l’une de l’autre. r3, la troisième radiale ; bl, la première, et 62, la deuxième brachiale; sg, syzygies', l, ligaments élastiques; p, pinnules; ab, l’article basilaire, et ap, l’article terminal d’une pinnule; Is, lamelles du sillon; t, tentacules.

Fig. 62.” La partie terminale d’un tentacule, plus fortement grossie.

Fig. 63. La partie inférieure desséchée d’un bras réunie à la troisième radiale, vue du côté ventral. r3, la troisième radiale; bl, la première brachiale; 62, la deuxième brachiale; mv, le bord latéral ventral des brachiales; Is, lamelles du sillon.

Fig. 64. La base d’un bras déposée pendant peu de temps dans une solution de natron étendue, vue du côté ventral. r3, partie de la troisième radiale; bl, la première

brachiale; sg, syzygies; m, muscles; Is, lamelles du sillon; l (m plus haut dans la figure),

ligaments élastiques.

Fig. 65 à 75. Brachiales desséchées ou sans les parties molles.

Fig. 65. Première brachiale vue du côté dorsal.

Fig. 66. La même vue du côté ventral.

Fig. 67. La même vue de profil. Dans ces trois figures; pr, le bout proximal, et

di, le bout distal; cr, les deux crêtes osseuses.

Fig. 68. La même vue du bout proximal, et, fig. 69, du bout distal.

Fig. 70. Deuxième brachiale, vue du bout proximal, et, fig. 71, du côté distal, avec deux lamelles du sillon Is.

Fig. 72. Troisième brachiale vue du côté dorsal. Fig. 73. La même vue moitié du côté ventral moitié de profil, pr, le bout proximal; di, le bout distal.

Fig. 74. Deuxième brachiale vue du côté dorsal. Fig. 75. La même vue du côté ventral, pr et di comme dans les précédentes figures.

Fig. 76. Partie d’un bras 66, vue de côté, avec une pinnule entière p-ap vue du côté ventral, et une partie d’une autre pinnule p, vue de profil, ap, pointe de la pinnule; /s, lamelles du sillon.

Fig. 77. Pinnule vue de côté, dr, la partie dorsale, et la partie latérale des articles ; np, l’article terminal ; Is, lamelles du sillon.

Fig. 78. Partie d’un bras avec une pinnule, vue obliquement de côté et un peu du côté du dos. b, article épizjgal du bras; ab, article basilaire de la pinnule; mr, bord latéral ventral des articles. Les autres lettres comme dans la fig. 77.

Fig. 78.* Partie plus fortement grossie de la partie dorsale d’un article pinnulaire, pour faire voir le réseau calcaire.

Fig. 79. Pinnule plus petite vue de côté. Les lettres comme dans la fig. 77.

Planche IV.

Rhizocrinus lofotensis.

Fig. 80. Pinnule desséchée, vue moitié de côté moitié du dos. Fig. 81. La même

vue du côté ventral. Fig. 82. Coupe transversale de la même avec 2 lamelles du sillon.

Les lettres comme dans la fig. 77.

Fig. 83. Lamelle du sillon, ap, le bout libre; 6, la base attachée. Fig. 84. Partie

de la même, plus fortement grossie. ?•, le réseau calcaire; f, les mailles ou trous du mêmè;

Ȕ, le bord de la lamelle.

Fig. 85. Le bout supérieur de la tige avec la couronne et la base des bras d’un individu à 5 bras, non parfaitement développé, vu obliquement de côté et un peu d’en haut. a, l’article supérieur élargi de la tige ; ar, article nouvellement formé ; r2, la deuxième radiale ; d (oublié sur la figure), le disque; st, sillons tentaculaires; o, valvules orales; t, tentacules oraux; an, anus.

Fig. 86. Le même d’un individu à 6 bras du même âge environ que celui représenté fig. 85, mais vu dans une autre position ou parfaitement de côte, s, sillons arqués de

l’article supérieur élargi de la tige; Is, lamelles du sillon. Les autres lettres comme dans la fig. 85.

Fig. 87. Valvule orale, bb, la base; ap, le bout libre; m, bord latéral. Fig. 88.

Partie de la valvule orale d’un autre individu plus petit, plus fortement grossie, r, le réseau

calcaire; f, les mailles ou trous de ce réseau.

Fig. 89. La partie supérieure de la tige avec la couronne et la base des bras d’un individu adulte à 6 bras, vue obliquement de côté et d’en haut. Les bras sont presque horizontalement étendus et le disque par conséquent très étalé. », la partie inférieure de la

masse viscérale, qui se voit à travers le squelette calcaire. Les autres lettres comme dans les fig. 85 et 86.

Fig. 90. Partie de la peau du disque d avec 2 valvules orales o, vue du côté de la face extérieure, sjo, spiculés calcaires; tr, tentacules radiaux, et ti, tentacules interradiaux de la bonche.

Fig. 91. Partie du bord de la bouche, étalée et vue du côté intérieur, avec 3 valvules orales, sa, sillon annulaire. Les autres lettres comme dans la fig. 90.

Fig. 92. Tentacule radial; p, papilles. Fig. 93. Partie du même, plus fortement grossie, co, la cavité intérieure; sp, spiculés calcaires de la peau; p, papilles.

Fig. 94. Tentacule interradial de la bouche. Mêmes lettres que dans les fig. 92 et 93.

Fig. 95. La partie supérieure d’un individu très jeune à 5 rayons, dont les bras ne se sont pas encore développés, vue de côté, a, l’article supérieur élargi de la tige; pr (oublié sur la figure), les cinq proéminences triangulaires de son bord supérieur; ar, artide nouvellement formé; m, enveloppe de sarcode; o, les deuxièmes radiales.

Fig. 96. La couronne d’un individu à 5 rayons un peu plus âgé, au même stade de développement que dans la fig. 37, mais exécutée avec plus de soin, vue d’en haut. r2, les deuxièmes radiales; 6, les bras en voie de développement.

»ii Peiitacrinoïde de l’Aiitédoii Sarsii

(Alecto) Dübeu et Koreii.

(PI. 5 et 6).

Ces observations faites pendant l’année 1864 devaient accompagner le précédent traité sur le Rhizocriuus comme supplément des remarques sur le Peiitacrinoïde de l’Antédon Sarsii que j’ai communiquées au congrès des naturalistes Scandinaves réuni à Christiania en 1856 (v. les discussions pp. 212 à 216). Depuis que les excellents ouvrages de M. Wyville Thomson (Philos. Transact. 1865) et de M. Carpenter (ibid. 1866) ont paru sur la même matière, il pourrait sembler inutile de publier ces observations beaucoup moins complètes et tirées de l’examen seul de spécimens conservés dans l’esprit de vin, et qui d’ailleurs n’offrent presque rien de nouveau. Comme elles concernent cependant une autre espèce que celle (Antédon rosaceus) qui a été l’objet des recherches des savants anglais, et qu’elles présentent, par conséquent, quelques modifications dans le développement du Pentacrinoïde provenant sans doute de cette différence, tout en confirmant ces recherches dans tous les points essentiels, on trouvera peut-être quelque intérêt à connaître ces observations dont le principal but est d’ailleurs de faire ressortir les ressemblances et les dissemblances indiquées dans le précédent traité entre le Pentacrinoïde de l’Antédon et le nouveau genre Rhizocrinus. Les matériaux sur lesquels ces observations sont basées, se composent d’un nombre de 31 Pentacrinoïdes présentant différents stades de développement et recueillis par mon fils depuis le commencement de Mars jusqu’au milieu de Juillet sur différents points des îles Lofoten à une profondeur de 100 à 300 brasses, et d’un individu pris par moi-même au mois de Mars à Manger près de Bergen à une profondeur de 50 brasses. Ils appartiennent tous à la même espèce, savoir l’Antédon Sarsii, la seule de nos deux espèces norvégiennes de ce genre qui se trouve aux îles Lofoten. Ils représentent une série de stades de développement groupés, dans la description suivante, d’après leur âge.

1. La planche 5, fig. 1, représente le Pentacrinoïde le plus jeune des individus examinés. 11 a été pris au commencement de Juillet à Brettesnæs aux îles Lofoten à une profondeur de 100 à 120 brasses. Par le bout inférieur de sa tige il est attaché à la tige

d’un Halilophus mirabilis Sars (nouveau genre et espèce de Polyzoaires) rampant le long de la tige d’un Rhizocrinus lofotensis. Sa hauteur ou longueur est de 4""", la tige ayant un peu plus de 3|“'" et la couronne un peu moins de La tige très mince

présente une i-angée de 18 articles composés du réseau ordinaire plus ou moins régulier de bâtons calcaires longitudinaux et transversaux des Crinoïdes. Les deux ou trois articles supérieurs sont presque sphériques, ou plutôt lenticulaires, étant un peu comprimés de haut en bas. Ils sont en même temps un peu plus larges ou épais que les articles suivants, qui

sont cylindriques et s’allongent successivement vers le milieu de la longueur de la tige, où

iis ont 6 à 7 fois plus de longueur que d’épaisseui*. Vers le bout inférieur de la tige, ils

se raccourcissent de nouveau un peu. A l’exception des 2 ou 3 articles supérieurs et de

l’article inférieur, ils présentent tous autour de leur milieu, qui est un peu plus étroit que les deux bouts, une ligne annulaire, parfois un peu élevée. D’après les observations de M. W. Thomson cette ligne est la partie annulaire des articles, qui se forme la première. Le bout de l’article inférieur s’étale en un petit disque hyalin presque circulaire (üg. 1, d), réuni par sa face inférieure au corps étranger auquel l’animal se trouve attaché. Ce disque est presque rempli d’un réseau calcaire fin, continuation de celui de l’article même, à contours irréguliers et lobulés.

La couronne est composée d’un cercle de 5 grandes plaques (ibid., b) immobiles (réunies par des sutures), trapézoïdiformes à surface convexe, appelées plaques basales, formant ensemble un calice; au-dessus de celles-ci se trouve un autre cercle de 5 plaques, également grandes, mais triangulaires et mobiles (ibid. o), appelées plaques orales. Le bord supérieur droit des plaques basales n’est pas tout-à-fait aussi large que leur hauteur; en descendant, les deux bords latéraux se rapprochent toujours davantage l’un de l’autre, ou, en d’autres termes, les plaques se rétrécissent successivement en descendant, de façon que leur bord inférieur devient très court. Les plaques orales ont à peu près la même grandeur que les plaques basales et leur sui’face est également convexe; chacune d’elles repose avec son bord inférieur droit et large sur le bord supérieur d’une des plaques basales et s’amincit peu à peu vers l’extrémité ou pointe supérieure arrondie et un peu courbée en dedans. A l’état de contraction de l’animal^ comme se présente mon spécimen dans l’esprit de vin, les plaques orales s’appliquent étroitement les unes aux autres par leurs bords latéraux et la pointe; elles forment donc ensemble comme un couvercle fermé sur le calice en forme d'une pyramide pentagone à surfaces convexes. Ainsi la couronne entière offre l’aspect de deux pyramides à peu près égales en grandeur, placées l’une contre l’autre par leur base. Lorsque l’animal vivant s’étale, les plaques orales peuvent s’écarter plus ou moins les unes des autres ou s’ouvrir comme les pétales d’une corolle. Toutes les plaques de la couronne se composent du réseau calcaire ordinaire, assez régulier et percé de petits trous ronds (fig. 2), qui sur le bout arrondi des plaques orales (fig. 2) est garni de très petites pointes coniques proéminentes. On ne découvre encore aucune trace ni des 5 „plaques intercalées" ou premières radiales ni, par conséquent, des bras. Ce stade de développement ressemble

beaucoup, comme on a pu le voir, à celui du Peu tacrinoïde de l’Antédon rosaceus représenté par M. W. Thomson (1. c., pl. 26) et par M. AUmann (Transact. of the Royal Society of Edinburgh Vol. 23 Tab. 13); la tige est cependant plus mince et composée d’un plus grand nombre d’articles calcaires, et une enveloppe de sarcode qui les entoure, n’est visible que sur les 3 ou 4 articles supérieurs, auxquels elle est étroitement appliquée (fig. 1, m) ; chez la dernière espèce, au contraire, elle est très épaisse, comme le font voir les dessins cités, aussi bien que d’autres plus anciens fournis par I. V. Thompson. Enfin il n’existe encore, comme nous l’avons fait remarquer, aucune trace perceptible de radiales ou de bras en voie de développement.

2. La figure 3, pl. 5, représente la couronne et la partie supérieure de la tige d’un autre individu pris au même lieu et en même temps que le précédent. Il est attaché par son bout inférieur (fig. 4, d) à la tige (s) d’un individu mort, beaucoup plus âgé, delà même espèce. Ce dernier se trouve à son tour adhérent à un rameau de Crisia denticulata Lamarck. Quoique cet individu ne soit pas plus grand que le précédent, ayant comme lui 4™"' de long, sa couronne, longue de ^st cependant un peu plus développée. La tige

est composée de 19 articles, dont les 4 ou 5 supérieurs sont plus fortement comprimés de haut en bas que chez le précédent individu, étant deux fois plus épais que longs ; les articles suivants sont cylindriques et s’allongent successivement de façon à devenir, au milieu de la longueur de la tige, 5 à 6 fois plus longs qu’épais, un peu concaves au milieu et épaissis aux deux bouts et en même temps un peu plus étroits que les supérieui's et les inférieurs, dont les derniers se raccourcissent successivement un peu. Le bout de l’article inférieur s’étale en un petit disque à surface convexe (fig. 4, d). De la périphérie de ce disque, il sort 4 prolongements courts, épais, digitiformes, qui s’étendent en rampant sur le corps étranger (ici un article de la tige d’un individu plus grand) auquel l’animal est attaché, et l’entourent en partie. Le disque et ses prolongements se composent d’un réseau calcaire fin comme celui des articles de la tige, si ce n’est qu’il est plus irrégulier. Chez le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus, l’organe d’attache est un disque circulaire ne présentant que très rarement quelques prolongements digitiformes très courts, lesquels, au contraire, se trouvent généralement toujours chez le Pentacrinoïde de l’Antédon Sarsii, qui, atteignant une grandeur beaucoup plus considérable, semble aussi avoir davantage besoin de ces points d’appui.

Entre chaque paire de plaques orales et basales de la couronne il s’est formé en haut une première radiale (fig. 3, rl), qui sépare ainsi ces plaques autrefois réunies par leur base; les plaques basales en paraissent un peu plus petites qu’au stade précédent, et, à présent, leur bord supérieur, auparavant droit, forme au milieu, par les premières radiales intercalées, un angle obtus. Ces 5 premières radiales, à peu près aussi hautes que larges et présentant une forme hexagone, sont déjà si grandes qu’elles sont presqu’en contact les unes avec les autres à l’extrémité inférieure de leurs bords latéraux, qui sont d’ailleurs séparés de leurs voisins par une étroite fissure descendante ou verticale. - De plus, sur le

bord supérieur droit de chacune des premières radiales, il s’est développé une deuxième,

radiale (ibid., 7*2), qui est allongée et aussi haute, mais à peine à moitié aussi large que la première. Les plaques orales se trouvent dans le même éiat que précédemment. Enfin, dans un des espaces interradiaus, à la hauteur de deux des premières radiales et entre elles, il s’est développé une petite plaque (ibid. an) un peu ovale (en sens vertical), impaire ou non symétrique, qui touche en bas l’angle supérieur d’une plaque basale et entre en haut dans la partie inférieure d’une plaque orale. Cette plaque .simple, non symétrique, est la plaque anale, ainsi que M. Carpenter l'a démontré.

3. Trois individus, également pris au commencement de Juillet au meme lieu et à la même profondeur que les précédents, et dont l’un est attaché au tube d’une Pectinaria h y P e r b O r ea (Cistenides) Malmgren et les deux autres à la tige d’une Cellularia ternata, var. gracilis Smitt, sont arrivés à un stade de développement plus avancé. La couronne et la partie supérieure de la tige de l'un se trouvent représentées pl. 5, fig. 5. La longueur de l’animal est de 10"”". Chez l’un de ces individus, la tige se compose de 27, chez les deux autres, de 29 articles, dont les 5 supéileurs sont fortement comprimés de haut en bas; les autres articles sont comme au précédent stade. Les nouveaux articles se forment évidemment, comme chez le Rhizocrinus, au sommet de la tige, où ils sont toujours plus courts que partout ailleurs, et souvent annulaires ou „presque composés seulement de l’anneau primitif" (M. Carpenter). La couronne, qui a |""" de long, présente plusieurs changements. Les premières l'adiales (î-I) se trouvent réunies par leurs bords latéraux tout entiers au moyen de sutures. Sur le bord supérieur de la deuxième radiale encore très étroite (7-2), il s’est aussi développé une troisième radial e (7*3), R. axillare, qui est environ delà même hauteur et largeur que la deuxième et dont le bord supérieur présente au milieu un angle ou coin saillant, en formant ainsi deux, faces descendant obliquement chacune de son côté. Snr ces deux faces se trouvent insérés les deux bras (a) en voie de développement. La deuxième et la troisième radiale sont latéralement libres et (comme la deuxième au précédent stade) séparées de leurs voisines des autres rayons par un très long intervalle. Les bras sont longs de l™™, dirigés en haut ou parfois plus écartés, à bout pointu un peu fléchi en dedans, et encore composés seulement de 6 articles plus longs que larges et déjà assez semblables à ceux de l’Antédon adulte et libre, où ils sont cependant plus larges que longs, notamment dans la partie basale des bras. La partie dorsale des articles ou leur vrai corps (pl. 6, fig. 20, dr), dont le bord distal dépasse un peu le bord proximal de l’article suivant, et se trouve muni de très petites pointes coniques, est épaisse, semicylindrique et composée d’un réseau calcaire serré à petites mailles arrondies; les deux parties latérales (ibid., h), au contraire, sont très minces et membraneuses, et la partie distale de leur bord tourné en dedans ou ventral forme une sinuosité arrondie (chez le Pentacrinoïde à l’état de maturité, fig. 31, /f, et chez l’Antédon libre, ce bord a plusieurs, 2 ou 3, sinuosités semblables). Chacune de ces parties latérales est appuyée par un bâton calcaire ou spiculé (fig. 20, sp) long et mince situé à l’intérieur, ayant le plus souvent une faible forme de S et dirigé obliquement en haut et en dedans, dont le bout, situé près du bord ventral

convexe de l’article, est un peu élargi et percé d’un nombre plus ou moins grand de petits trous ronds; l’autre bout, au contraii'e, situé auprès du réseau calcaire dorsal, est pointu ou quelquefois bifurqué. Voici ce que M. Carperiter (1. c., p. 740) dit de ces spiculés; „Outre le squelette régulier des bras, nous trouvons ordinairement que leur périsome de sarcode condensé renferme des spiculés irrégulièrement ramifiés formant une espèce de réticulation incomplète qui sert d’appui aux plis élevés dont se compose le bord des sillons ventraux. Ce sont évidemment des rudiments des plaques derrnales, qui, d'après I. Millier, forment chez le Pentacrinus une armure complète sur le périsome ventral et sur ses prolongements le long de la face ventrale des bras. Il est remarquable que ce squelette périsomatique des bras, à l’instar des plaques orales, subit plus tard une absorption si complète qu’il est impossible d’en découvrir la moindre trace chez l’Antédon adulte.’‘ Je l’ai cependant trouvé parfaitement semblable à celui du Pentacrinoïde, c’est-à-dire composé de 1 ou de 2 spiculés dans chacune des parties latérales ventrales des articles du bras, encore persistant chez des individus libres longs de 1^", et dans les pinnules d’individus adultes longs de 3 à 4" de l’Antédon rosaceus, quoique dans un état bien réduit. Ces spiculés se présentent également dans les pinnules, au moins dans celles de la moitié supéiieure ou extérieure des bras, de l’Antédon Sarsii adulte long de 3 à 4". Le long du sillon ventral des bras (le sillon tentaculaire) sont situées 2 rangées de tentacules (fig. 5, 20, f) et 2 rangées de vésicules colorées (ibid., ®), si caractéristiques du genre Antédon ; il n’y a encore des deux qu’une paire pour chaque article (chez l’adulte il y en a plusieurs, ordinairement 3 paires). Les tentacules sont cylindriques, avec des resseri’ements très légers à égale distance les uns des autres ou faiblement annelés, et gaimis de papilles tactiles très petites, minces, cylindriques et arrondies au bout. Les vésicules colorées situées du côté extérieur des tentacules sont sphériques et de couleur rouge-jaune ou rouge-brun opaque comme chez l’Antédon libre. Sur le disque se présentait aussi une paire de ces vésicules (fig. 5, ?5) au-dessus de la base de la deuxième radiale. Nous savons que la fonction des vésicules colorées est encore problématique. M. Dujardin les prend pour des glandules qui sécrètent l’humeur rougeâtre que l’animal répand souvent en abondance quand on l’irrite. De son côté, M. W. Thomson est plus disposé à les considérer comme des ..glandules qui opèrent la sécrétion d’une solution calcaire servant au développement et à l’alimentation du squelette.^

4. Nous avons ensuite quatre individus pris au commencement de Mars aux îles de Guldbrand à 100 brasses et à Skraaven aux îles Lofoten à 300 brasses de profondeur. Les deux sont attachés à la tige d’un Halilophus mirabilis, les deux autres à des coquilles de Rhizopodes. Le plus grand est représenté pl. 5, fig. 6. Il a 20'"™ de long, dont 4™™ pour la couronne et les bras, et la tige est composée de 38 articles. Les 3 autres individus sont un peu plus petits (longs de 13 à 16'"™). Par suite du développement des organes digestifs et du disque ventral mou qui les couvre, le calice s’est beaucoup élargi, et les plaques orales (fig. 6, o), séparées par là des premières radiales qui se développent fortement, sont encore,

il est vrai, assez grandes, mais semblent désormais devenir peu à peu rudimentaires. En

même temps les premières radiales (ri) ont considérablement changé de forme, leur bord supérieur autrefois court et droit étant devenu très large et concave pour recevoir la base de la deuxième radiale (r2), devenue également beaucoup plus large. Au bord supérieur des premières radiales se forment à présent, à leurs points de réunion (les coins latéraux supérieurs), tout autour du calice, 5 angles triangulaires (f) très saillants, fléchis un peu en dedans, à pointe arrondie. La troisième radiale (r3), également élargie, est à peu près aussi large et haute que la deuxième. Les bras (a) considérablement allongés sont, chacun, composés de 14 à 15 articles. Chez l’individu le plus grand, mais non chez les 3 autres, quelques-uns des bras sont comme bifurqués à leur bout supérieur. En les examinant de plus près, on découvre que c’est la première formation de pinnules (fig. 6, p, 7, 8), une ou quelquefois deux de ces pinnules en voie de développement se présentant l’une derrière l’autre et chacune de son coté près de la pointe du bras (ap) (d’après M. Carpenter „la première trace du développement des pinnules commence à se faire voir chez le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus, lorsque ses bras se composent de 12 articles envirou“). Elles sont encore très courtes et filiformes, ayant à leur base la moitié environ de l’épaisseur du bras et s’amicissant successivement vers le bout. Elles sont composées d’articles peu nombreux et indistincts, dont les 2 inférieurs présentent déjà les vésicules colorées (fig. 7, w), qui sont cependant encore beaucoup plus petites que celles situées sur le bras même.

5. PI. 5, fig. 9, on trouve représenté un Pentacrinoïde à un état de développement encore plus avancé, vu à la loupe (3 fois grossi); fig. 11, la couronne avec les bras et la partie supérieure de la tige, fortement grossie; fig, 12, la partie inférieure de la tige attachée sur deux points à un cO'rps étranger. Cet individu, pris au milieu du mois d’Avril à Skraaven à 300 brasses de profondeur, a 21"’"’ de long, la couronne avec les bras, 4"”". La tige, composée de 49 articles, forme dans sa moitié inférieure une S bien prononcée. Cet individu est attaché, non seulement, comme à l’ordinaire, par l’article inférieur (fig. 12, d), mais aussi par deux endroits plus élevés (fig. 9, d, d\ fig. 12, e) de la tige, à un corps étranger (Rhabdammina abyssicola Sars, nouveau Rhizopode). Chez un autre individu au même stade de développement que celui-là, il sort de l’article inférieur de la tige (fig. 10, d) quelques prolongements digitiformes, dont les deux sont une ou plusieurs fois bifurqués. Chez un troisième individu appartenant au stade suivant, l’élargissement disciforme (fig. 15, d) de l’article inférieur de la tige présente une forme irrégulière et entoure quelques spiculés d’une éponge (x). Quelques autres articles de la partie inférieure de la tige peuvent aussi envoyer de leur surface des prolongements tuberculiformes ou digitiformes (fig. 9, e; fig. 13 et 15, e), par lesquels ils s’attachent à des objets étrangers.

Les 3 articles supérieurs (fig. 11, là 3) de la tige sont devenus beaucoup plus aplatis qu’aupai avant, ou presque disciformes, ce qui saute encore plus aux yeux au stade suivan^, où nous allons nous en occuper plus en détail.

Dans un espace interradial du disque ventral mou (fig. 11, d), dont le volume s’est considérablement augmenté, le tube anal (ibid. rm) a fait son apparition. Il dépasse déjà

de beaucoup la surface du disque et a une forme cylindrique un peu ovale ou pyriforme; à son sommet une petite tache ronde et foncée indique la place de l’anus. Comme chez l’Antédon libre, le tube anal se trouve à peu près au milieu entre la bouche et la périphérie du disque, par conséquent à une grande distance de la place (fig. 3, an) occupée dans l’origine par l’ancienne plaque anale. Immédiatement au-dessous de sa base se trouvaient dans la peau du disque 2 petites écailles calcaires arrondies (fig. 11, sq)^ dont l’inférieure couvre de son bord supérieur le bord inférieur de l’écaille supérieure; les deux se trouvent un peu debout comme si elles avaient été écartées par le tube anal en voie de développement. Ces écailles calcaires semblent des restes de l’ancienne plaque anale, actuellement disparue.

Dans le sillon annulaire entre le calice et l’article supérieur visible de la tige, il commence à pousser des cirrhes (fig. 11, c) et, avec eux, la plaquée cen tro - d o r s a le, à laquelle ils sont fixés. Cette plaque, encore très étroite ou annulaire, s’élève au prochain stade très rapidement en forme d’un bassin qui cache bientôt les plaques basales. Les cirrhes se présentent d’abord au nombre de 5, disposés en couronne, à distance égale les uns des autres et dans la direction des 5 rayons du calice ou au-dessous des radiales et dans la même ligne. Chez le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus, au contraire, les cirrhes de la couronne primaire alternent, d’après M. Carpenter, dans leur position avec les rayons (ce qui se voit encore clairement chez mes exemplaires de celte espèce conservés dans l’esprit de vin), de façon que l’un d’eux est opposé à la plaque anale.

Ces cirrhes nouvellement formés sont dirigés en haut, étroitement appliqués aux sutures latérales des plaques basales, cylindriques, presque droits ou faiblement fléchis (suivant la surface un peu convexe des plaques basales), encore lisses et inarticulés, à pointe arrondie sans crochet ou griflfe, et tous de meme grandeur environ, leur pointe ne dépassant guère le bord supérieur des plaques basales.

Les radiales n’ont pas subi de modification sensible.

Les bras se sont allongés un peu; composés de 18 à 20 articles ils n’ont encore qu’une seule paire de pinnules (p), plus longues cependant qu’autrefois, étroites et pointues du bout.

Chez un autre individu, pas plus développé sous d’autres rapports, les 5 cirrhes primitifs sont devenus 4à5 fois plus longs que chez le spécimen que nous venons de mentionner. Ils sont composas de 7 à 8 articles bien développés, dont le dernier est déjà pourvu de 2 griffes. Un troisième individu a les 5 cirrhes primaires encore plus développés et composés de 9 à 10 articles. Il a encore entre deux de ces cirrhes, immédiatement au-dessus d’eux, un sixième cirrhe filiforme dirigé en haut, sans articles distincts et à simple bout conique, la griflfe n’étant pas encore développée. Ce cirrhe qui a fait son apparition après les autres est interradial; les 5 primaires, au contraire, conservent toujours leur position dans la direction des rayons du calice.

6. Il y a enfin 7 individus parfaitement développés et représentant l’état de maturité du Pen tacrino'xde. 6 de ces individus ont été pris en Mars, en Avril et au com-

niencement de Mai à Skraaven et aux îles de Guldbrand aux profondeurs déjà indiquées. Ils sont attachés à des coquilles de differents Rhizopodes ou de petits conchifères etc. Le septième est celui que j’ai pris au milieu du mois de Mars à Manger près de Bergen à 50 brasses de profondeur, et que j’ai décrit en 1856.

La figure 14, pl. 5, représente la couronne avec un des bras et la partie supérieure de la tige de l’individu le plus grand complet ou entier. Il est attaché à une Crisia denticulata et a 28'""' de long; la couronne avec les bras en occupe les 8. La tige est composée de 44 articles, qui semblent généralement plus courts qu’aux stades précédents (les plus longs sont à peu près 4 fois plus longs qu’épais), ayant considérablement augmenté en épaisseur. Les 3 articles supérieurs (fig. 14, 1 à 3) sont, comme nous l’avons déjà fait remarquer pour un des individus précédents, presque disciformes, séparés l’un de l’autre par des resserrements étroits et profonds, et sont d’une nature particulière (voyez aussi pl. 6, fig. 23, 1 à 4) en ce que leur surface présente des sillons transverses assez gros, irréguliers et un peu sinueux, comme s’ils se composaient de minces lamelles transversales. Il semble que cette structure plus lâche de ces articles prépare le moment où le Pentacrinoïde va se détacher de sa tige. Ce sont les 2 articles supérieurs de l’individu en question qui sont le plus disciformes, étant 2 à 3 fois plus larges que longs et beaucoup plus larges que les autres articles de la tige; le troisième article est un peu moins large et le quatrième s’amincit un peu vers son bout inférieur, qui n’est pas plus large que les articles suivants. Comme à l’ordinaire, ceux-ci sont cylindriques et augmentent successivement en longueur. Tous ces articles longs présentent ici (pl. 5, fig. 16) très distinctement (ce qui était plus difficile à reconnaître aux stades précédents par suite de la petitesse de l’animal) tout-à-fait la même nature que celle décrite plus haut chez le Rhizocrinus, savoir: leurs deux parties terminales épaissies sont un peu comprimées latéralement, de façon que les faces articulaires deviennent un peu elliptiques. Cette compression a lieu dans une direction presque opposée dans les deux parties terminales de chaque article, c’est-à-dire: le grand axe de l’ellipse de la face articulaire supérieure croise celui de la. face inférieure en formant un angle oblique. Enfin, la compression alterne ainsi régulièrement d’article en article sur toute la longueur de la tige. Les faces articulaires (pl. 6, fig. 18), également convexes, présentent deux grandes excavations arrondies semblables (ibid. bb) dans la direction du petit axe. Ces excavations se réunissent au milieu sur le canal circulaire de l’axe (a) et prennent presque la forme d’un biscuit. La côte articulaire (ce), qui suit la direction du grand axe de l’ellipse, paraissait beaucoup moins marquée, même indistincte en examinant la face articulaire d’en haut (fig. 18). Elle existe cependant et semble même pourvue de dents comme chez le Rhizocrinus, car, en considérant l’article de côté (fig. 17), on y découvrait environ 6 très petites dents coniques (ibid., ce), qui s’y présentaient de chaque côté de l’excavation en forme de biscuit. Cette excavation sert également ici à l’insertion d’un grand nombre de filaments parallèles mous, très fins et forts: les ligaments élastiques (fig. 16, /). De même que chez le Rhizocrinus, on remarque fréquemment chez les spécimens de notre Pentacrinoïde conservés dans l’esprit de vin une flexion des articles

de la tige, tantôt dans un sens tantôt dans l’autre, et notamment toujours dans la direction du petit axe des faces articulaires. Sur la plaque centro-dorsale, qui dépasse maintenant les plaques basales, il s’est encore développé de nouveaux cirrhes (fig. 14, c), de façon que nous en voyons 9 grands et 5 petits. Les plus longs sont bien développés et composés de 10 articles, dont le dernier, comme chez l’Antédon libre, est déjà muni de 2 crochets ou griffes. Les 5 petits cirrhes, situés immédiatement au-dessus et entre ceux-là ou dans les espaces interradiaux, sont très courts (4 à 5 fois plus courts que les plus longs), à articulation indistincte et à bout arrondi sans griffés.

Le disque (fig. 14, d; pl. 6, fig. 19) avec ses 5 sillons tentaculaires (fig. 19, st) sortant de la bouche, qui, près de son bord, se bifurquent en deux rameaux se continuant sur les bras correspondants, et le tube anal (fig. 14 et 19, an), beaucoup plus long qu’au stade précédent et cylindrique à bout plus ou moins crénelé (le bord de l’anus), ressemblent parfaitement à ceux de l’Antédon libre. Il en est de même des angles de la bouche (fig. 19, o) ou des 5 coins des espaces interradiaux, les plaqués orales ayant été complètement absorbées. La deuxième radiale (fig. 14, r2) s’est considérablement élargie et paraît ainsi plus courte qu’au précédent stade, étant presque deux fois plus large que longue. La troisième radiale (r3) est aussi un peu plus large ou à peu près aussi large que longue.

Il s’est aussi développé de nouvelles pinnules (fig. 14, p), savoir: 5 d’un côté et 6 de l’autre côté de chaque bras, qui occupent un peu moins de la moitié supérieure de la longueur du bras. Elles sont plus longues ou plus développées et composées d’un plus grand nombre d’articles avec leurs tentacules et leurs vésicules colorées qu’auparavant. Sur le bord latéral ventral, chacun des articles présente 2 sinuosités arrondies, et chacune de celles-ci renferme comme appui un bâton calcaire (spiculum), ainsi que nous l’avons déjà dit. Enfin, il y a sur le côté extérieur du deuxième article brachial une pinnule en voie de développement (pl) qui n’existait pas au précédent stade. Elle est encore très courte, à peine plus longue que la largeur de l’article brachial, filiforme, inarticulée, à bout arrondi et sans tentacules. C’est ce qu’on appelle la p.innule orale, que M. Carpenter a également vue se développer chez le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus pendant que les bras n’avaient encore que quelques pinnules à leur sommet, de même qu’à une époque plus avancée de l’état de Pentacrinoïde de cette espèce, il ne se développe aucune pinnule sur les articles brachiaux intermédiaires. Les articles situés entre le deuxième et le douzième (chez un autre individu le dixième), qui porte la plus inférieure des pinnules développées, ne présentent encore aucune trace de pinnules.

On peut déjà reconnaître distinctement des syzygies (articles seulement réunis par des sutures et par conséquent immobiles) aux troisième et huitième articles brachiaux (sz<)^ comme chez l’Antédon libre.

Un autre individu de 22""" de long, dont la couronne avec les bras occupe les 6, et dont la tige est composée de 37 articles, est un peu moins développé que le dernier décrit. La plaque centro-dorsale ne porte que 10 cirrhes, dont les 5 grands ou primaires.

situés dans la direction des 5 rayons, se composent de 8 articles, et dont les 5 petits sont situés immédiatement au-dessus de ceux-là dans les espaces interradiaux. Il n’y a encore sur chaque bras que 2 à 3 paires de pinnules.

Un troisièrhe individu, plus développé que celui de la fig. 14 et à tige composée de 34 articles, est long de 20™"’, mais incomplet, les dix bras étant tous plus ou moins rompus, A deux* de ces bras, il ne reste que les 3 premiers articles. Sur ces deux tronçons de bras, dont l’un est représenté pl. 6, fig. 21, il s’est reproduit au bout du troisième article un nouveau bras, qui ressemble d’une manière frappante à une jeune pousse greff'ée sur un arbre; il occupe la position normale en suivant la même direction que le tronçon, mais il est très court et mince, long seulement de 2™™, ayant à peine à la base la moitié de l’épaisseur du tronçon et s’amincissant successivement vers le bout, qui est courbé en dedans. Il est composé de 11 à 12 articles et dépourvu de pinnules, mais déjà muni de tentacules (t) et de très petites vésicules colorées (y), 1 paire pour chaque article, à l’exception des 4 ou 5 derniers articles où elles manquent encore. Le troisième article brachial (63), où est situé le bras reproduit, est une syzygie, ou plutôt un article hypozygal (on peut voir la striure radiaire caractéristique de sa face terminale sur deux bras rompus d’un autre individu, pl. 6, fig. 24, s). Ce phénomène semble confirmer l’opinion nouvellement émise par M. Lovén (Om Crinoideslægten Phanogenia, Ôfversigt af Vetensk. Akad. Fôrh.. 1866, p. 227), que „les syzygies ont de l’importance pour la reproduction d’un bras rompu, c’est-à-dire que le morceau du bras qui reste devant l’article hypozygal le plus proche, se détache, et de nouveaux articles se développent sur ce dernier. “ M. Carpenter (1. c., p. 725) croit, au contraire, que la fréquence des fractures auprès des syzygies dépend de la plus grande fragilité des bras sur ces points, les segments syzygaux n’étant réunis que par de la substance de sarcode et non, comme à l’ordinaire, par des ligaments et des muscles. D’après mon expérience, il me semble cependant que c’est aux syzygies que les bras sont le plus solidement réunis ou moins fragiles que sur d’autres points. La pinnule orale (pl) s’est beaucoup développée et se trouve divisée en 6 à 7 articles.

Un quatrième individu enfin, le plus grand et le plus développé de tous ceux que j’ai observés de notre Pentacrinoïde, est celui que j’ai décrit en 1856. La partie supérieure de sa tige, avec la couronne et les bases des bras, se trouve représentée pl. 6, fig. 24. Malheureusement il n’est pas tout-à-fait complet, le bout inférieur de la tige et la partie supérieure des bras étant rompus, quelques-uns de ces derniers même jusqu’au troisième article. Dans son état actuel il a 30™™ de long; la couronne avec la partie qui reste des bras en a 10; mais à l’état complet, à juger des dimensions des parties conservées, il doit certainement avoir un peu plus de 40™™ de long.

La partie' actuelle de la tige se compose de 32 articles. Les 2 supérieurs sont disciformes à gros sillons transversaux ou pour ainsi dire lamelleux, le troisième en forme de bassin, et les suivants, comme à l’ordinaire, cylindriques et successivement plus longs, au milieu de la longueur de la tige 3 à 3^ fois plus longs qu’épais et épaissis aux deux bouts ;

les articles inférieurs, enfin, deviennent successivement un peu plus courts: ce qui s’accorde dans son ensemble avec la description que j’ai donnée des précédents stades. La plaque centro-dorsale (fig. 24, cd), qui s’est développée en cachant les basales et les premières radiales, est garnie de 20 à 30 cirrhes (ibid., cir) (j’en ai positivement compté 26), qui la couvrent partout sans ordre visible. Ce nombre dépasse de beaucoup celui des cirrhes qu’on trouve chez le Pentacrinoïde à l’état de maturité de l’Antédon rosaceus. Or, voici ce que M. Carpenter dit de ce dernier : „D’abord il se forme sur la plaque centro-dorsale une couronne de 5 cirrhes (dont la position alterne avec celle des rayons), non tout d’un coup, mais successivement; plus tard il se développe de même une autre couronne de cirrhes entre les premiers (avec lesquels ils alternent en position) et la base du calice; enfin, une troisième couronne se forme généralement avant la chute du Pentacrinoïde, de sorte que le jeune Antqdon possède 10 cirrhes à des stades de développement différents et 1 à 5 encore rudimen taires.“

Les cirrhes qui entourent la partie médiane de la hauteur de la plaque centrodorsale de notre Pentacrinoïde, sont les plus longs et les plus développés, d’une longueur de 5""” et d’une épaisseur de à environ; en descendant vers la tige leur longueur diminue jusqu’à et les supérieurs sont encore moins développés, comme nous allons le

voir. Il en est de même sous ce rapport chez l’Antédon Sarsii libre et adulte, dont la plaque centro-dorsale est partout garnie de cirrhes, au nombre de 30 à 40, à l’exception d’un tout petit espace rond au milieu de "son bout inférieur, où auparavant le Pentacrinoïde était attaché à sa tige.

Les cirrhes s’écartent en ligne plus ou moins droite de la plaque centro-dorsale et sont plus ou moins arqués, surtout à leur extrémité, qui, le plus souvent, est dirigée en bas (aboralement) et un peu en dedans. Les plus grands (pl. 6, fig. 25) se composent de 13 articles (chez l’Antédon adulte de 13 à 19) cylindriques et, excepté les articles les plus rapprochés de la base, un peu latéralement comprimés. Du reste, les articles ont déjà la forme allongée caractéristique de l’Antédon Sarsii: „les 2 premiers sont courts, le troisième beaucoup plus long, le quatrième, le cinquième et le sixième plus longs que les autres (environ 3 fois plus longs qu’épais)“ (Düben et Koren, Ôfversigt af Skandinaviens Echinodermer, p. 231). Ils sont, notamment dans la moitié proximale du cirrhe, où ils deviennent aussi peu à peu un peu plus minces que dans la moitié distale, un peu concaves au milieu; leur extrémité distale est un peu plus épaisse que la proximale et son bord dorsal finement dentelé (fig. 26) dépasse un peu le bout proximal de l’article suivant, ce qui donne au cirrhe un aspect un peu tuberculeux. Comme chez l’Antédon adulte, le dernier article se termine en un crochet (fig. 25, a), fort, coniqne et pointu, un peu courbé en bas (aboralement), séparé de l’article par un sillon transversal bien marqué et ayant l’air d’un article à part, mais au fond réuni à celui-là par une suture (le sillon transversal), par conséquent immobile ou inflexible. A la base de ce crochet ou griffe, du côté inférieur ou aboral, se trouve une griffe semblable

(ibid. 6), mais plus courte et moins fléchie ou presque droite. Celle-ci n’est cependant sé-

parée de l’article par aucun sillon ou suture, mais elle en est le prolongement direct. J. Müller pense que la formation des nouveaux articles des cii’rhes s’opère „à la base aussi bien qu’au sommet des cirrhes, où les articles sont plus courts que dans les autres parties^; mais, d’après 31. Carpenter, cette formation n’a lieu qu’à la base. Quant à moi, j’ai aussi toujours trouvé les articles les plus courts à la base, et non au sommet.

Les cirrhes les plus petits (fig. 27, 28), situés en bas ou dans le voisinage de la tige, ne se composent que de 7 articles; sous tous les autres rapports ils s’accordent parfaitement avec les grands que nous venons de décrire. Cependant, une forme (fig. -29) qui s’écarte de celle de tous les autres cirrhes, se présente au-dessus des grands cirrhes auprès du bord supérieur de la plaque centro-dorsale; ils étaient au nombre de 5 et situés chacun dans un des espaces interradiaux. A peu près longs et épais comme les plus petits des cirrhes ordinaires, ils étaient uniformément cylindriques et lisses, et non tuberculeux, dans toute leur longueur, sans articles distincts, entourés seulement de lignes annulaires transversales très fines, et leur bout forme un cône obtus sans griffes: en d’autres termes, ils ressemblent parfaitement aux 5 cirrhes primaires (fig. 11, c) du précédent stade et aux jeunes cirrhes (fig. 14) qui poussent plus tard au-dessus, après que ceux-là sont arrivés à leur forme normale. Des cirrhes parfaitement semblables se montrent aussi au même endroit chez l’Antédon adulte, et, à ce qu’il paraît, pendant toute sa vie, mais toujours en petit nombre et de grandeur différente. Il est évident que ce sont des cirrhes encore imparfaitement développés destinés à remplacer les vieux, qui tombent fréquemment et dont le point d’attache se trouve indiqué par uue petite fossette ronde. Il résulte donc de ces observations que les nouveaux cirrhes poussent régulièrement au-dessus des anciens et entre eux.

La deuxième radiale (fig. 24, r2) est devenue beaucoup plus large, ce qui la fait paraître plus courte qu’auparavant ou presque annulaire comme chez l’Antédon adulte.

La troisième radiale (?-3) a également atteint la même largeur que la deuxième, ce qui lui a donné sa forme définitive, presque rhomboïdale. Des bras plus ou moins rompus, la partie restante la plus grande est longue de 10™™ avec une épaisseur de J™™ à la base et de -1™™ au bout. On peut donc conclure avec certitude que la partie absente a eu pour le moins la même longueur. Ce tronçon de bras, composé de 20 articles, est garni de 9 pinnules de l’un et de 10 pinnules de l’autre côté. Il s’est donc à présent développé des pinnules dans toute la longueur du bras. Sous ce rapport, il y a donc une notable différence entre le Pentacrinoïde de l’Antédon Sarsii et celui de l’Antédon rosaceus, chez lequel, au moment où il va se détacher de sa tige, il ne s’est développé (d’après le dessin de M. Carpenter, pl. 39, fig. iE) que 5 pinnules à chaque bras (2 de l’un et 3 de l’autre côté). De plus, M. Carpenter fait observer (1. c., p. 735) : „I1 est remarquable que la partie basale des bras, qui s’est développée avant la première apparition des pinnules terminales, continue à être privée de ces appendices jusqu’à la fin de l’état de Pentacrinoïde, excepté au deuxième segment, où il s’est développé une pinnule orale*

Les articles brachiaux présentent distinctement la forme oblique caractéristique du

genre Antédon, alternativement plus courte de l’un que de l’autre côté, de sorte que les bras vus du côté dorsal (fig. 24, 30) ne présentent que des lignes d’articulation obliques. Ils sont cependant encore plus longs que ceux de l’Antédon adulte, où, à la base des bras, ils sont même un peu plus épais que longs, et, plus haut seulement, plus longs qu’épais. Chez le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus, au moment où il est sur le point de se détacher de sa tige (M. Carpenter, pl. 39, fig. lE ; pl. 40, tig. 1), les articles brachiaux, de même qu’aux stades précédents, ne sont pas encore obliques.

Des syzygies (fig. 24, 30, ss) se présentent aux 3% 8% 12% 15® et 18® articles brachiaux, absolument comme chez l’Antédon Sarsii adulte, où elles ne se trouvent que très rarement au seizième au lieu du quinzième et au dix-neuvième ou au vingtième au lieu du dixhuitième article, tandis que leur apparition aux troisième, huitième et douzième articles est parfaitement constante. Il en est de même chez l’Antédon rosaceus. Il n’existe donc pas autant de variation sous ce rapport qu’on serait tenté de le croire d’après les indications de MM. Düben et Koren (1. c., p. 231).

Plusieurs des bras sont rompus à la syzygie du troisième article, où la face articulaire de l’article hypozygal (fig. 24, s) fait voir la striure radiaire ordinaire.

Les 3 ou 4 paires inférieures des pinnules (fig. 24, pl—p4) sont très minces et sétacées ; la première ou la plus inférieure des pinnules (fig. 24, pl\ fig. 22), située du côté extérieur du deuxième article brachial (au premier il n’y a jamais de pinnule), est très longue et composée de 12 à 14 articles (chez l’Antédon Sarsii adulte j’en ai trouvé 25 à 35 ; MM. Düben et Koren en signalent environ 20), sans tentacules, et avec quelques très petites vésicules rouge-brun éparses, qui, parfois situées deux à deux, très rapprochées l’une de l’autre, ne forment cependant qu’une seule rangée. C’est ce que M. Carpenter appelle la pinnule orale, différente des autres par sa grande longueur et par l’absence de l’appareil tentaculaire. Les 2 ou 3 pinnules suivantes ont à peu près la moitié de la longueur de la première, qui, chez l’Antédon adulte, est souvent 3 fois plus longue que celles-là. Je trouve chez l’Antédon Sarsii libre, plus ou moins adulte, que les 2 pinnules de chaque côté du bras, qui viennent après la pinnule orale, sont également très minces, presque sétacées, sans tentacules, et même, dans certains cas, sans organes génitaux, lesquels, comme les tentacules, ne se présentent qu’à la quatrième paire de pinnules.

La cinquième pinnule (fig. 24, pS) du même individu a environ la même longueur que celle immédiatement précédente, mais, de même que les suivantes, elle a la forme ordinaire, épaissie à la base et peu à peu amincie vers le sommet. Elle se compose de 9 articles et, comme toutes les suivantes, elle est pourvue de tentacules (t) et de 6 paires de grandes vésicules rouge-brun en 2 rangées alternantes; la sixième pinnule (fig. 31) en a treize paires («). Du reste, il se présente ordinairement aux bras mêmes 1 ou 2 et, aux pinnules, 2 ou 3 paires de ces vésicules pour chaque article. Les pinnules suivantes s’allongent successivement un peu. A la fin de ce stade, le Pentacrinoïde parfaitement développé

est prêt à se détacher de sa tige pour vivre en liberté; il ne lui manque aucun des organes

essentiels de l’Antédon libre, quoique plusieurs d’entre ces organes ne soient pas aussi nombreux qu’ils le deviennent plus tard.

Il y a cependant lieu de croire qu’au moment de se détacher de sa tige, le Pentacrinoïde n’est pas toujours aussi parfaitement développé que l’individu de Manger que nous venons de décrire. Or, depuis Mars jusqu’en Juin, il fut trouvé aux îles Lofoten (aux îles de Guldbrand à 100 jusqu’à 120 et à Skraaven à 200 jusqu’à 300 brasses de profondeur) quelques très petits individus de l’Antédon Sarsii libre parmi un grand nombre de grandeur moyenne, dont cependant aucun n’avait d’organes génitaux développés dans ses pinnules. De ces petits individus, le plus grand, qui est complet, a les bras longs seulement de 14“"* et tous pourvus de 13 à 14 paires de pinnules qui les garnissent dans toute leur longueur jusqu’au deuxième article; la plaque centro-dorsale porte 20 cirrhes environ. Le plus petit, au contraire, dont les bras sont rompus dans leur partie supérieure, est presque égal en grandeur au plus grand des Pentacrinoïdes déjà décrits (pl. 5, fig. 14) de Lofoten ou un peu plus petit que celui de Manger (pl. 6, fig. 24). Les parties qui restent des bras sont tout-àfait semblables à celles de ce dernier; seulement, sur la plaque centro-dorsale, il n’y a que 15 cirrhes dont le plus grand n’est composé que de 11 articles. Cet individu venait évidemment de se détacher de sa tige. A un troisième individu, qui ne dépasse le dernier que très peu en grandeur, il manque encore quelques pinnules sur la partie inférieure des bras, à l’exception de la pinnule orale, que nous avons déjà vue se développer avant que le Pentacrinoïde ne se détache de sa tige.

En faisant un résumé succinct de ces stades de développement de notre Pentacrinoïde, nous en ferons ressortir les phénomènes les plus importants.

Premier stade. Le jeune animal ne se compose d’abord que de la tige et du calice, le dernier avec 5 plaques basales et 5 plaques orales. Il n’a encore ni rayons ni bras. Le disque basal de la tige est circulaire.

Deuxième stade. Les première et deuxième radiales sont en voie de développement. Par le développement des premières radiales, les plaques orales se séparent de leur jonction avec les plaques basales. La plaque anale simple ou non symétrique fait son apparition. De la périphérie du disque basal de la tige sortent de petits prolongements digitiformes.

Troisième stade. La troisième radiale s’est formée et à son sommet commencent à ge développer les deux bras avec leurs tentacules et leurs vésicules.

Quatrième stade. Le calice s’élargit par le développement du disque ventral; les plaques orales se séparent ainsi de leur jonction avec les premières radiales et commencent à devenir rudimentaires. Les premières pinnules commencent à germer au bout des bras plus allongés.

Cinquième stade. Les 2 à 3 (rarement 4) articles supérieurs de la tige deviennent disciformes à gros sillons transversaux, ou pour ainsi dire lamelleux. Le tube anal se pré-

sente et la plaque anale disparaît. Les premiers cirrhes, au nombre de cinq, et encore inarticulés, se montrent en formant une couronne sur la plaque centro-dorsale annulaire, qui est en voie de développement.

Sixième stade. La plaque centro-dorsale monte toujours en dépassant et en cachant enfin les plaques basales aussi bien que les premières radiales. Un nombre toujours plus grand de cirrhes se présentent, couvrent enfin presque toute la surface de la plaque centrodorsale et prennent en se développant la forme caractéristique de l’espèce. Les pinnules se développent toujours plus nombreuses de haut en bas, souvent sur toute la longueur du bras jusqu’au deuxième article, où il s’en est déjà présenté une (la pinnule orale) à une époque un peu antérieure.

Par ces observations, de même que par l’exposé déjà fourni par M. Carpenter, il est évident que le développement du Pentacrinoïde s’avance constamment et régulièrement, sans brusques passages, et que, conséquemment, il ne saurait être question d’une véritable métamorphose qu’au moment où le jeune animal se sépare de ses organes de larve, la longue tige articulée.

J’ajouterai ici quelques observations sur le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus, que je n’ai pas encore été assez heureux pour trouver sur notre littoral; j’en possède cependant 17 spécimens de Belfast et de Frith of Clyde, qui m’ont été offerts par M. le Professeur W. Thomson et par le Révérend M. Crosskey. Le plus développé de ces individus a 10'"'" de long; la tige, composée de 16 articles, en occupe 4^""”. Il est donc beaucoup plus grand que d’après M. Carpenter, qui porte à 4 pouce „la longueur totale du Pentacrinoïde à l’état de maturité depuis la base de la tige jusqu’au bout des bras fermés." Chez 3 autres individus de la même grandeur à peu près, la tige est composée de 16, de 21 et de 27 articles. Chez l’un de ces trois, dont la longueur est également de lO""" et dont la tige est relativement plus longue que celle des autres, ayant près de 8""" de long et étant composée de 27 articles, la couronne avec les bras, qui ne dépasse guère 2'""’, est peu développée, sans pinnules et encore sans cirrhes. Les individus dont les bras sont les plus développés et pourvus de 2 ou 3 paires de pinnules près de leur extrémité supérieure, ont la plaque centro-dorsale munie de 5, 7 ou 9 cirrhes de grandeur différente; chez un individu, elle porte encore un petit tubercule ou le commencement d’un dixième cirrhe en voie de développement. Les 5 cirrhes primaires sont, comme le dit très bien M. Carpenter, situés dans les espaces interradiaux. La pinnule orale commence également à se développer, tandis que le reste du bras n’a encore que 2 ou 3 paires de pinnules près de son bout supérieur. Chez un des individus les plus grands, on voit sortir de la périphérie du petit disque circulaire, par lequel la tige s’attache à des objets étrangers, quelques prolongements digitiforrnes très courts, comme chez le Pentacrinoïde de l’Antédon Sarsii. Un phénomène,' que je n’ai cependant jamais observé chez ce dernier, se présente, au contraire, assez souvent chez le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus, c’est-à-dire que plusieurs (en général 2, dans un cas 3) individus sortent en apparence de la même base, leurs disques se trouvant fixés si près l’un

de l’autre, qu’ils sont en contact mutuel, phénomène qne I. V. Thompson a déjà indiqué et représenté.

En comparant le Pentacrinoïde de l’Antédon Sarsii à celui de l’Antédon rosaceus, on découvre, d’après les observations précédentes, les différences suivantes entre les deux.

1” Le Pentacrinoïde de l’Antédon Sarsii, qui, à l’état adulte et libre, ne devient pas plus grand que l’Antédon rosaceus, atteint une grandeur beaucoup plus considérable, en dépassant 3 à 4 fois en longueur celui de la dernière espèce et ayant la tige relativement plus longue, mais les bras plus courts.

2'’ Sa tige se compose d’un plus grand nombre d’articles, environ 40 (dans quelques cas même 44 à 49). M. Carpenter fait observer (1. c., p. 732) que „le nombre total des segments de la tige du Pentacrinoïde parfaitement développé de l’Antédon rosaceus, est sujet à beaucoup de variation. Je l’ai vu s’élever à 24 et descendre à 16; on peut en fixer le nombre moyen à 20. Thompson en a trouvé jusqu’à 24, et, chez un de mes spécimens j’en ai meme trouvé 27. Le disque basal du Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus ne semble que très rarement donner naissance aux prolongements digitiformes. Ils se présentent, au contraire, toujours chez celui de l’Antédon Sarsii, qui, par. suite de sa grandeur plus considérable, semble avoir besoin de moyens d’attache plus forts.

3® Comme je l’ai déjà fait remarquer dans mes premières observations de 1856, il atteint généralement, avant de se détacher de sa tige, un état de développement plus parfait que le Pentacrinoïde de l’Antédon tosaceus, les bras ayant un nombre de pinnules beaucoup plus grand, qui garnissent quelquefois les bras dans toute leur longueur, et la plaque centro-dorsale étant pourvue d’un nombre de cirrhes beaucoup plus considérable. Il semble d’ailleurs qu’on puisse aussi jusqu’à un certain point appliquer ici les remarques de M. Carpenter sur le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus : „Le stade de développement précis où le corps de l’animal se détache de la tige, varie, suivant les circonstances, comme celui où le fruit mûr se détache de l’arbre. J’ai rencontré des spécimens encore fixés à leur tige, plus grands et plus colorés que d’autres déjà libres. Le moment normal où le Pentacrinoïde doit se détacher, ne semble pas venu avant que les cirrhes dorsaux soient assez développés pour se charger des fonctions de la tige en fournissant à l’animal les moyens de s’attacher à des objets fixes. “

4°. Enfin, il se détache de sa tige dans une autre saison, savoir, d’après nos observations actuelles, depuis la fin de Mars jusqu’en Mai, tandis que le Pentacrinoïde de l’Antédon rosaceus, d’après les observations conformes de J. V. Thompson et de M. W. Thomson, se détache constamment entre la mi-août et la mi-septembre. Mes Pentacrinoïdes les plus jeunes de l’Antédon Sarsii ont été pris au commencement de Juillet, les plus âgés en Mars, Avril et Mai en même temps que des jeunes individus libres, qui venaient évidemment de se détacher et qui n’étaient ni plus grands ni plus développés sous aucun rapport que les plus âgés des Pentacrinoïdes observés; quelques-uns d’entre eux étaient même positive-

ment moins développés que ces derniers. Ainsi, dans la supposition que le développement des matières génitales de l’Antédon Sarsii a lieu au commencement de l’été (je me rappelle avoir trouvé en Juin des oeufs dans les pinnules), et non dans plusieurs ou d’autres saisons, ce qui n’est cependant pas encore parfaitement constaté, il semble que le développement du Pentacrinoïde de cette espèce, s’opérant beaucoup plus lentement que chez celui de l’Antédon rosaceus, s’étende à l’espace de presque toute une année.

Le Pentacrinoïde de l’Antédon Sarsii, espèce des profondeurs de la mer, se trouve sur notre littoral à une profondeur de 50 jusqu’à 300 brasses ; le Pentaci’inoïde de l’Antédon rosaceus, qui se présente chez nous à l’état libre à 20 jusqu’à 100 brasses de profondeur, se trouve, au contraire, d’après J. V. Thompson, en Irlande à 8 ou 10 brasses de profondeur. On le rencontre, comme celui de l’Antédon rosaceus, attaché à des objets qui varient d’après les localités, savoir; à des coquilles de Rhizopode, à des Polyzoaires, à des tubes d’Annélides, à des coquilles de Conchifères, parfois aussi à la tige d’un individu plus âgé de la même espèce. En général, on trouve aussi les individus de cette espèce de Pentacrinoïde dispersés, jamais, comme celui de l’Antédon rosaceus, par groupes ou plusieurs attachés si près les uns des autres que les disques de leurs tiges sont en contact mutuel.

Explication des planch.es.

Planche V.

Le Pentacrinoïde de l’Antédon Sarsii.

Fig. 1. L'animal au plus jeune des stades observés, fortement grossi; d, la base disciforme de la tige; m, enveloppe de sarcode des articles supérieurs de la tige; b, plaques basales ; o, plaques orales.

Fig. 2. La partie supérieure des plaques orales, dont 3 sont visibles, plus fortement

grossie.

Fig. 3. La couronne et la partie supérieure de la tige d’un individu un peu plus développé ou au deuxième stade. 6, o, comme dans la figure 1; ri, la première, et r2, la deuxième radiale ; aw, la plaque anale.

Fig. 4. La partie inférieure de la tige du même individu, d, le disque basal avec les prolongements digitiformes qui en sortent, et qui longent et entourent un article s d’un individu mort, beaucoup plus âgé.

Fig. 5. La couronne avec les bras et la partie supérieure de la tige 'd’un individu au troisième stade. r3, la troisième radiale; a, les bras; t, tentacules des bras ; ®, vésicules colorées. Les autres lettres comme dans la figure 3.

Fig. 6. Les mêmes parties d’un individu au quatrième stade. /", les 5 angles trian-

gulaires formés par les coins latéraux supérieurs des premières radiales, qui se rencontrent; ap (oublié dans la figure), sommet des bras; p, pinnules en voie de développement. Les autres lettres comme dans les figures 1, 3 et 5.

Fig. 7. Le bout d’un bras du même individu, vu de côté, ap, sommet du bras ; p, pinnule, et ses vésicules colorées.

Fig. 8. ap, le sommet d’un autre bras, vu du côté dorsal; p, pinnules.

Fig. 9. Un individu au cinquième stade, peu grossi (environ 3 fois). Il est attaché à des fragments d’une coquille de Rhizopode, non seulement, comme d’habitude par l’article inférieur de la tige d, mais aussi par deux autres endroits dd plus élevés de la tige, e, prolongements tuberculiformes ou digitiformes d’un article encore plus élevé de la tige.

Fig. 10. La partie inférieure de la tige d’un autre individu, attachée à un corps étranger x par son article inférieur d, de la partie inférieure élargie duquel il sort quelques prolongements digitiformes, dont les deux sont une ou plusieurs fois bifurqués.

Fig. 11. La couronne avec les bras (dont les deux sont seuls représentés en entier) et la partie supérieure de la tige de l’individu représenté par la figure 9, fortement grossies. 1 à 4, les 4 articles supérieurs de la tige ; c, les 5 cirrhes primaires ; d, le disque ventral ;

f, tentacules; an, le tube anal; sq, écailles calcaires du disque à la base du tube anal. Les

autres lettres comme dans les figures 1 à 6.

Fig. 12. La partie inférieure de la tige du même individu (fig. 9), fortement grossie, d, l’article inférieur avec ses prolongements digitiformes attachés à un fragment de coquille de Rhizopode x (Rhabdammina abyssicola Sars); e, prolongements digitiformes d’un autre article plus élevé, également attachés à la même coquille.

Fig. 13. Un morceau encore plus élevé (fig. 9, e) de la tige du même individu, fortement grossi, e, prolongements tuberculiformes ou digitiformes.

Fig. 14. La couronne avec les bras (dont un seul est représenté en entier) et la

partie supérieure de la tige au sixième stade ou à l’état de maturité. 1 à 4, les 4 articles

supérieurs de la tige; cd (oublié dans la figure), la plaque centro-dorsale; c, cirrhes; pl, la pinnule orale en voie de développement; ss, syzygies. Les autres lettres comme dans la figure 11 et les précédentes.

Fig. 15. La partie inférieure de la tige d’un autre individu au même stade. L’élargissement disciforme d de l’article inférieur présente une forme irrégulière et entoure quelques spiculés d’une éponge x. D’un article plus élevé, il sort également un prolongement e, qui entoure aussi un spiculé d’une éponge x.

Fig. 16. Quelques articles, pris environ au milieu de la longueur de la tige de l’individu représenté fig. 14, fortement grossis, pour faire voir la compression régulièrement alternante de leurs deux extrémités et les ligaments élastiques l qui réunissent les articles.

Planche VI.

Le Pentaci-inoïde de l’Antédon Sarsii.

Fig. 17. La moitié d’un des articles de la tige dè la figure 16, vue de côté. c, la

partie la plus mince de l’article; a, son bout épaissi; e, les dents de la côte articulaire.

Fig. 18. La face articulaire du même article, c-c, son axe long; a, le canal de l’axe; bb, l’excavation en forme de biscuit; e-e, la côte articulaire.

Fig. 19. Le disque ventral de l’individu représenté pl. 5, fig. 14, vu d’en haut. O, les angles ou coins oraux des 5 espaces interradiaux; st^ les sillons tentaculaires avec leurs tentacules t; an^ le tube anal; 6, la base des bras.

Fig. 20. Morceau composé de 3 articles d’un bras de l’individu représenté pl. 5, fig. 5,

vu de côté. L’article du milieu a seul été exécuté en entier, dr, la partie dorsale ou le

corps des articles ; It, leurs parties ventrales sinueuses avec le spiculé calcaire sp qui s’y trouve renfermé; », vésicules colorées; t, tentacules.

Fig. 21. Rayon d’un individu un peu plus développé encore que celui représenté

figure 14. Les deux bras étaient rompus au troisième article, du bout duquel il s’est repro-

duit sur l’un d’eux un nouveau bras. r2, la deuxième, et r3, la troisième radiale; bi à b3, les 3 premiers articles brachiaux; pl, la pinnule orale; », vésicules colorées, et t, tentacules du nouveau bras. ,

Fig. 22. La pinnule orale de l’individu représenté fig. 24.

Fig. 23. La partie supérieure de la tige d’un individu du même développement environ que celui représenté fig, 21. 1 à 4, les 4 articles supérieurs.

Fig. 24. La couronne avec la partie basale des bras et la partie supérieure de la tige de l’individu le plus développé de tous ceux que j’ai observés, cd, la plaque centrodorsale; cir, cirrhes; »2, la deuxième, et r3, la troisième radiale; st, sillons tentaculaires; an, le tube anal; z, la face articulaire supérieure de l’article hypozygal du troisième brachial ; SS, syzygies des 3® et 8“ articles brachiaux; pl à p5, les 5 pinnules inférieures.

Fig. 25. Un des cirrhes les plus grands du même individu, vu de côté, a, la griffe terminale ; b, la seconde griffe (aborale).

Fig. 26. Morceau du même cirrhe près du milieu de sa longueur, vu du côté dorsal.

Fig. .27 et 28. Deux des petits cirrhes, vus de côté.

Fig. 29. Cirrhe en voie de développement du même individu.

Fig. 30. Morceau d’un bras du même individu, près du milieu de sa longueur, vu du côté dorsal, sz, syzygie; p, la base des pinnules.

Fig. 31. La sixième pinnule du même individu, vue de côté, dr, partie dorsale ou corps des articles; It, leurs parties latérales ventrales sinueuses; », vésicules colorées; L tentacules..

' ■ ■■ ■ ï-'i; vT^Ï^'

Ta/> Jl

XôvfTufai- SC-

Si»

fâm 1

^a OflO

M^iiSêêo

O ')‘'cPrvOOOd®ogROÛ

îkI.

^ove/ifùi/ sr

Page 1