XIII
imiter ses fureurs , sa rage sanguinaire et Thomicide enthousiasme dont elle enivre ses apôtres ; ce n'est pas égorger , immoler ses adeptes , et diriger contr eux toutes les foudres dont elle les armoit. Ecraser une secte, c'est Tattaquer dans ses écoles mêmes , dissiper ses prestiges , mettre au jour Tabsurdité de ses principes , Tatrocité de ses moyens, et sur-tout la scélératesse de ses maîtres. Oui , anéantissez le Jacobin , mais laissez vivre l'homme. La secte est toute entière dans ses opinions ; elle n'existe plus , elle est doublement écrasée , quand ses disciples l'abandonnent pour se rendre aux principes de la raison et de la société, La secte est monstrueuse , mais ses disciples ne sont pas tous des monstres. Les soins mêmes qu'elle prenoit pour cacher au grand nombre ses derniers projets , les précautions extrêmes dont elle usoit pour ne les révéler qu'aux élus de ses élus , nous démontrent assez combien elle craignoit de se voir sans moyens et sans force , et d'être abandonnée par la multitude de ses disciples , s'ils venoient à pénétrer dans tniue l'horreur de ses mystères. Je n'en ai pas douté un seul instant : quelque dépravation qui régnât parmi les Jacobins , la plus grande partie auroit abandonné la secte , s'ils avoient su prévoir à quel terme et par quels moyens on vouloit les conduire. Et ce peuple français surtout , comment eût-il suivi de pareils chefs , s'il eût été possible alors de lui dire et de lui faire entendre : Voilà les projets de vos chefs; voilà jusqu'où s'élcudent leurs complots et leurs conspirations î