‹ Memoires. Prof (volume 2)Chapitre 1 sur 21 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

profession d'oublier et qui fit une très curieuse époque des dernières années du régime impérial.

Celle qui en retrace le souvenir, en ces pages, d'une plume tour à tour ironique et émue, sans traces de rancunes, d'ailleurs, et avec un souci de justice qui surprend chez une femme qu'on jugeait volontiers vindicative, y avait été tout naturellement mêlée par l'éclat de ses débuts, par sa beauté recherchée, par son esprit redouté, par la situation de ses premiers amis, et, plus encore, par une curiosité naturelle où la fille d'Eve ne se dément pas. Ajoutez à cela une façon d'écrire très primesautière, sans prétentions, comme on cause quand on cause bien, et vous conviendrez que personne n'était fait davantage pour intéresser àtoutes les choses qui remplirent, de leur grand éclat mondain, la période de tranquillité menteuse d'où sortit, comme d'un tombeau de fleurs, le spectre sinistre et hurlant de la défaite.

C'était la mode des femmes de la fin du siècle dernier d'écrire leurs mémoires, et ceux-ci sont captivants encore, surtout, pour

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