XII PREFACE
Deux courants se la disputent alors visiblement, celui qui descend comme un Pactole, des sources de haute joie dont la plus large est aux Tuileries même, qu'un rêveur taciturne, mais non sans caprice, habite, et l'autre fait d'inguérissables entraînements vers le rêve tout d'abord entrevu, le beau rêve de la comédienne acclamée.
De ce double tourbillon résulte une existence singulièrement brillante et agitée, où les choses de l'esprit, de la vie courante, de l'alcôve et de la politique, des rivalités de la scène et des intrigues de cour se croisent, se heurtent, se contrarient et se fondent au seuil d'un salon très mondain où toutes sortes d'illustrations se donnent rendez-vous sous le sourire, — non! sous le rire large et à pleines dents blanches, — de la plus accueillante et de la plus prodigue des hôtesses. Tout y respire, en même temps, le Champagne, l'humeur gauloise et les libres amours. De tout cet océan remué, un peu d'écume blanche, une fleur impalpable de tendresse furtive et de longue gaité.
Arsène Houssaye, dont elle décrit, avec