PREFACE XV
plaisirs, au temps où les villégiatures allemandes étaient si fort à la mode, quand c'est d'Ems que M. de Bismarck datai! ses faux, comme on ouvre la bonde à une mer de sang. Ce tableau de Bade, quand le Paris éléganl y émigrait,duBadeoù l'on jouait, du Bade oùl'on causait, du Bade où la diplomatie teutonne exploitait, avec un cynisme affectueux, la naïveté et la vantardise françaises, est tout à fait curieux et vrai ; il porte une date et une signature comme les toiles de maître. < l'est un paysage volontairement calme et rococo avec ses bouquets d'arbres convenus et ses maisons ridicules, et, à travers tout cela, un souffle de plaisirs à la fois tumultueux et inquiets, une fièvre de lucre dont tout frissonne, un décor tranquille où lespassions viennent sourdement mugir. C'est un coin oublié de la vie impériale et qui revit ici très intense, avec les couleurs fraîches d'un souvenir très vivant. A rapprocher, comme contraste, des descriptions du paysage parisien aux heures mauvaises de la Commune. Une excellente page de ce livre fertile en documents.