AVJS PRELIMINAIRE AUX REFLEXIONS MORALES QUI VONT SUIVRE
Cest l'ancien éditeur qui parle :
« Pour donner des e'claircissemens sur ces (( Réflexions , je crois devoir redire , mot pour (c mot, ce que mademoiselle Clairon me confia ({ avant de m'en faire la lecture.
« Vous savez, mon ami, que j'avais dix-huit « mille livres de rentes lorsque je quittai la .( Comédie. M. l'abbé Terrai vient de m'en « ôter quatre. Je suis forcée de renoncer à t( mes jolis petits soupers et même à ma mai- K son. Le comte de V (i) m'avait priée de
(OValbelle.
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l46 SECONDE PARTIE. RÉFLEXIONS MORALES
(( laisser en mourant mon cabinet à l'un de (( ses neveux, et vous savez que j'ai toujours (( fait ce qu'il a voulu. Quoiqu'il me doive (( tout , et qu'il jouisse aujourd'hui de plus de « cent mille livres de rente, l'idée de lui deu mander un secours ne m'a pas passe' par la « tête. Vous me connaissez; ainsi vous le {< croyez sans peine. J'ai mandé mon malheur (( à mon ami pour lui prouver la nécessité de « retirer ma parole , et de vendre mon cabii< net. Voici sa réponse :
(( Riche comme je suis, la vente de
(c votre cabinet me déshonorera; je vous dece mande en grâce de chercher un autre moyen « de vous tirer d'affaire.... Je n'ai jamais si (( bien connu l'horreur du désordre que dans (c ce moment ; j'ai plus de cent mille livres « de rente, et je n'ai pas vingt-cinq louis a (( offrir à mon amie, etc. — Voici ma ré- ({ ponse :
(( Vous êtes dans iine position si fâcheuse, (t mon pauvre comte, que j'en ai réellement (( pitié. Je ne vous ai rien demandé, je n'at- « tends rien de vous ; je trouverai toujours « les moyens de vivre dignement avec ce que K le sort me laissera ; soyez tranquille sur ce
(( point. Je vous offre même de vous envoyer (( cinquante louis, si vous en avez besoin; je (( les ai, et si je ne les avais pas, je ferais (( comme autrefois : je vendrais ce que j'ai (( pour vous l'ofirir.
(. Je n'ai pas besoin de vous dire, continua- ((. t-elle, que mon âme était blessée : vous le « voyez bien ; cette petite vengeance soutint (c mon courage quelques momens; mais toutes « les réflexions que j étais forcée de faire me (( plongèrent bientôt dans une douleur som- K bre , dont j'avais tout à craindre pour ma « vie, et qui me fît un peu murmurer contre (f la Providence.
t( Je ne suis point de'vote , vous le savez ; (c mais je nen respecte pas moins tout ce que (( je dois respecter. Les principes que je me (( suis faits me rendent scrupuleusement juste ; cf mon âme tendre me ramène aise'ment à mes (( devoirs. J'osai me demander ce que j'avais (( à prétendre , et de quoi je me plaignais. (( Cette question fit passer tant d'ide'es diffè- « j*entes dans ma tête , elles se succédaient (( avec tant de rapidité, qu'il me parut im- (( possible d'en retirer aucun fruit. Je jugeai u convenable de les écrire ; au courant de la
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« plume , je traçai mes onze premières qiies- (( lions ou réflexions, comme il vous plaira (( les appeler; et ce n'est qu'après plusieurs M années d'intervalle que j'ai complété ce que «je vais vous lire. Mes différentes études sur « moi-même ont réussi ; mon âme a repris (( son équilibre; et je n'y trouve plus que la « résignation que je dois au grand moteur de « tout. Ecoutez donc maintenant ce que je (( nomme mon Agenda, w
ET MORCEAUX DÉTACHÉS. 1/^g