VIIJ NOTICE
La Ncfue ayant rompu, en 1742, sa troupe de Lille pour venir débuter à la Comédie Française , où il fut reçu dès le lendemain de son début, mademoiselle Clairon prit parti dans une troupe qui se forma pour aller à Gand divertir le quartiergénéral des troupes anglaises, alors répandues dans les Pays-Bas, et toutes disposées à entrer en France. Elle nous dit, dans ses Mémoires, qu'elle ne fut ni flattée des suffrages qu'elle obtint, ni tentée de la fortune immense que lui offrit un lord; elle ajoute, en bonne Française, que le mépris que les Anglais avaient la sottise d'affecter pour son pays et pour sa nation les lui rendait tous insupportables. On s'aperçut qu'elle voulait quitter Gand, et comme elle était nécessaire, on la fit garder à vue; mais elle trouva moyen de s'échapper; elle se rendit à Dunkerque, où elle reçut un ordre pour venir à Paris chanter sur le théâtre de l Opéra ; elle y débuta au mois de mars i743.
C'est à peu près à cette époque qu'on peut rap-
« disait la jeune miss , il me faudrait un protecteur, un ami,
<■ mais un ami vertueux Où le trouver? qui voudrait se
K charger d'une pauvre fille comme moi , se l'attacher parles
« nœuds de la reconnaissance et du devoir? — Qui ?
« moi, répondit Inchbald; et si vous le voulez, je vous " épouse. » — Elle manqua se jeter à ses pieds pour le remercier, et accepta sa proposition avec joie. Ainsi se fit son mariage.