‹ Memoires. ProfChapitre 4 sur 90 · SUR MADEMOISELLE CLAIRON. VIJ · texte numérisé non relu

SUR MADEMOISELLE CLAIRON. VIJ

toute décence et de toute pudeur ; elle n'avait pas reçu de sa mère des Itlëes justes du respect qu'une femme se doit à elle-même, de celui qu'elle a droit d'exiger et qu'elleinspirepar la puretédeses mœurs; on se doute bien que vivant dans les coulisses, elle n'avait pas de grands exemples de chasteté sous les yeux: on peut, sinon l'excuser, au moins la plaindre de cette faute qui devait nécessairement la conduire à en commettre par la suite beaucoup d'autres du même genre ; ce qui ne manqua pas d'arriver, (s)

(i) Mistriss Inclibalcl , qui a été comédienne et qui a composé avec succès des comédies et de jolis romans , fut plus sage ou plus heureuse que mademoiselle Chriron , dans une situation à peu piès semblable. Elle s'était enfuie toute l'aune de chez ses parens, qui demeuraient en province, et était venue à Londres ; ce n'était point par amour qu'elle avait fait ce coup de tête, c'était uniquement parce qu'elle se trouvait malheureuse dans sa famille. Seule et livrée à «lle-méme dans la capitale, à l'âge de seize ans , et belle comme le jour, elle ne tarda pas à s'apercevoir des dangers qu'elle courait ; elle y échappa plusieurs fois comme par miracle ; mais voyant qu'on lui tendait sans cesfede nouveaux pièges, menacée de la misère, elle s'avisa d'aile^ trouver M. Inchbald , directeur de théâtre, qu'elle ne connaissait pas; elle le pila de la recevoir dans sa troupe. Il lui demanda quel motif l'engageait à prendre ce parti ; elle lui exposa naïvement sa situation ,et lui fît confidence de ses peines, dont les plus grandes venaient des périls où sa jeunesse l'exposait. Inclibald, quoique âgé de plus de quarante ans , fut touché de tant de candeui-, de tant d'honnêteté , et peut-être aussi de tant de beauté. « Il me faudiait ,

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