X ^NOTICE
gneurs; on reconnaît d'abord la vérité du tableau. Cette épître de six pages est d'une assez mauvaise écriture, et d'une ordiographe déplorable; le défaut d'éducation qu'elle décèle fait un singulier contraste avec les grands airs que se donne celle qui l'écrit, et avec les noms illustres des hommes de sa société. Nous avons eu dans les mains d'autres lettres de matleinoiselle Clairon, écrites trente ans plus tard; on croira aisément qu'elles sont d'un style tout différent; l'écriture même en est meilleure, l'orthographe moins défectueuse; mais elle est loin encore d'être exempte de fautes. Mademoiselle Clairon, dans ses Mémoires, exige des comédiens qu'ils sachent orthographier correctement; c'est ce qu'elle-même n'a jamais su : il est vrai que dans ce temps-là presque toutes les femmes, même Celles qui devaient avoir reçu la meilleure éducation , étaient, à cet égard, de la même ignorance.
Mademoiselle Clairon était entrée à l'Opéra pour doubler mademoiselle Lemaure; elle avait une grande étendue de voix, et les essais qu'elle fit sur ce théâtre ne furent pas malheureux; mais son instinct l'avertit qu'elle n'était pas dans sa véritable place; elle sollicita et obtint un ordre de début pour la Comédie Française.
Elle y parut, pour la première fois, dans le rôle de Phèdre, le 19 septembre ly/jS, et elle y obtint un grand succès.