‹ Mémoires, publ. et annotésChapitre 1 sur 54 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce livre est de ceux qui n'exigent pas une longue introduction pour se présenter au lecteur. Il suffit par lui-même. G est une autobiographie où Tauteur a voulu surtout parler de lui, attirer Tattention sur sa personne et les choses qui l'entourent et remplir exclusivement le premier rôle sur le théâtre qu'il a dressé en son honneur ou pour son profit.

Lorsqu'il entreprit la rédaction de ses Mémoires^ Le Prince d'Ardenay, en effet, ne se proposa pas d'étendre au delà de lui-même et des siens le cadre de son récit. Il n'eut pas l'intention d'ouvrir un Journal où seraient appréciées les personnes, où seraient inscrits en détail les événements que son caractère, la situation de sa famille, ses alliances, ses relations, ses fonctions lui permettaient si facilement de connaître. Pour définir exactement son but, c'est sa Vie qu'il voulut écrire, avec le secret désir de conserver à la postérité le souvenir de son nom, avec la résolution d'embellir son récit ou, du moins, d'en écarter ce qui pourrait affaiblir son prestige ou diminuer sa réputation. Qu'il ait entrepris ce travail pour la publicité (1),

(1) Il serait difficile de pn^ciser l'époque exacte où ces Mémoires furent rédigés. Plusieurs indications nous laissent croire qu'ils furent écrits de 1780 à 1785 et complétés ensuite par l'addition des événeraentspostérieurs que Le Prince enregistra à la fin de tels ou tels chapitres. Le manuscrit original est écrit en entier par l'auteur

YIII PBÉFAGE

nous ne saurions en douter d'après le ton général du livre et certains passages plus expressifs ; aussi, en le tirant de Tobscurité et en le présentant aux érudits et aux curieux, suis-je assuré de répondre à Tattente de ceux-ci aussi bien qu'aux vœux intimes de l'auteur.

Issu d'une famille qui s'était élevée par le coromerce(t). Le Prince d'Ardenay avait recueilli et continué la profession paternelle. Je Tai dit ailleurs (2;, la situation des Le Prince était^ avec l'auteur de ces Mémoir «, bien difiérente de ce qu'elle fut dès rétablissement du premier des leurs, Jean Le Prince, venu de Bellême au Mans, vers i650. Fils d'un artisan^ celui-ci avait débuté comme ouvrier, chez Julien HossarJ, maître cirier au Mans, qui avait apprécié son intelligence, lui avait accordé sa confiance et enOn lui avait donné sa fille et sa maison. Ce choix était justifié. Jean Le Prince prospéra, augmenta encore l'importance de son commerce déjà si renommé ^3), accrut sa réputation

sur papier de format grand in-folio, arraché à un de ses registres de commerce. Ce volume appartient à M»® de Beauregard qui, avec une bienveillance dont je ne puis assez la remercier, me l'a communiqué avec plusieurs dossiers et documents qui m'ont permis de dresser, en partie, le chapitre des pièces justificatives.

(1) Pour mieux faire connaître cette famille au lecteur, j'ai cru devoir en tracer un tableau généalogique avec renseignements biographiques sur les principaux membres. Voir à la fin de ce volume, aux Pièces justificatives.

(2) Mémoires de René Pierre Nepveu delà Manouillère, t. II, p. 17.

(3) Sous l'impulsion donnée par les Halley, Hossard, Le Prince et tant d'aulres, la fabrication de la cire et bougie du Mans était parvenue jusqu'à la perfection de l'art. La réputation que ces produits manceaux avaient acquise en France et à l'étranger avaient valu à Jean Halley le titre de « cirier du Roi » et à nos bougies l'honneur de devenir un présent royal, dignes d'être offertes comme hommage aux princes et aux personnages qualifiés. —Il eût convenu, comme introduction naturelle à ce livre, de tracer ici l'historique de l'origine et des développements de cette industrie locale. Mais l'abon-

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