MANUFACTURE DE CHANDELLES
Du 3 mars 1766 au 1" janvier 1769, deux années et dix mois, bénéfice i,985tt 1 /, année commune, 661 » 13 / 8â..
Sept années, 1769-1775, bénéfice 7,400 h 17/ 3 a., année commune, 1,057 tt 3 / 3 a^.
Six années, 1776-1781, bénéfice 5,555 hAsH^, année commune, 925 h 17 / 5 a.. — iV. 5. La cherté des suifs et le défaut de consommation n'ont laissé aucun bénéfice en
Neuf années 1782-1790, bénéfice 5,869 h 4 / 6 a,, année commune, 652 tt^ 2 / 8 d^, total des bénéfices de vingt-quatre ans et dix mois, aussi sans aucun fonds, la manufacture ayant tenu compte, au Bureau, de la valeur des suifs qu'il lui avait fournis pour son établissement, 20,810 h1 / 3 av..
Les soins et les opérations qu'exigeaient de moi les manufactures de l'Hôpital ne m'empêchaient pas de prendre part aux autres branches de l'administration et de m'occuper, avec mes collègues, des moyens de les améliorer, d'augmenter les recettes et revenus, de diminuer les dépenses, de détruire les abus, de maintenir l'ordre et de pourvoir à la subsistance et entretien de onze cents personnes ou environ, y compris plus de quatre cents enfants trouvés en nourrice.
L'administration, désirant connaître au vrai l'état des
revenus et charges des deux maisons, j'entrepris le relevé de toutes les parties des comptes du receveur pendant les dix dernières années, pour en former une commune de recettes et de dépenses. Ce n'était pas un petit ouvrage ; avec du temps et de la patience, j'en vins à bout et, «près quelques mois de travail, je présentai au bureau un compte général raisonné, composé de vingt-cinq articles de produit ou recette, et de douze de dépense ou consommation. Chacun de ces articles contenait, année par année, les détails, causes, moyens et progressions du revenu vt de la mise avec les observations nécessaires sur chaque objet qui pouvait en être susceptible et, malgré les augmentations considérables sur les revenus, tant fixes que casuels, dus en grande partie aux bons soins de l'administration et aux bienfaits des âmes charitables, le résultat de mon compte présentait un déficit, pour Tannée commune, de 672 H 15 /. Les dépenses avaient augmenté en proportion du renchérissement des denrées, des marchandises et matériaux pour les réfections et réparations, du plus grand nombre de pauvres et malades et de la multiplication prodigieuse des entants trouvés; f)lus l'Hôpital en recevait par an, plus il perdait ; il ne touchait, |»our chacun, que soixante livres par an jusqu'à 1 âge de sept ans. Cette somme était insuffisante, surtout depuis un certain nombre d'années, pour satisfaire aux frais de transport, de trousseaux, de nourrices, de voyages fréquents de la sœur chargée de cet emploi dans les diflérentes paroisses, à cinq à six lieues à la ronde, pour visiter, placer ou changer ces enfants ; de la nourriture, gages et entretiens de dix personnes au moins sans cesse occupées desdits enfants, etc., etc. D'ailleurs, la majeure partie d'entre eux, parvenus à Tâge de sept ans avec des infirmités, suite inévitable du vice de leur origine, ou n'ayant pas la force de gagner leur vie, étaient absolument à la charge de la maison.
L'administration était bien secondée par les sœurs chargées, sous sa surveillance, du soin des pauvres, du gouvernement des malades, des détails des manufactures, de l'inspection des différents ateliers et de la direction de tous les emplois.
Ces sœurs formaient une Congrégation libre et particulière aux hôpitaux du Mans -, elle a été établie sous le pontificat de Mgr de Tressan qui approuva son règlement( I ). Les personnes du sexe, qui désirent se consacrer aux services des pauvres, sont reçues par le Bureau, après une année d'épreuve pendant laquelle elles passent successivement dans les principaux emplois. Lorsqu'elles sont reçues, elles sont placées dans celui que le Bureau juge plus analogue à leurs talents et plus convenable aux besoins de la maison. Ces besoins exigent, de temps en temps, des changements auxquels les sœurs doivent se soumettre, suivant leur règle qui leur prescrit le sacrifice de leui*s goûts et de leur volonté, à tout ce qui peut faire et augmenter le bien-être des pauvres dont elle» se glorifient d'être appelées les servantes.
Je me sui^ édifié, un grand nombre de fois, pendant le cours de mon administration, dans la société de ces bonnes sœurs ; vivement pénétrées de l'amour de leur état, elles en pratiquaient toutes les vertu- d'une manière exemplaire et en remplissaient avec empressement, même avec plaisir, les devoirs et les fonctions les plus pénibles (2).
(1) Ce règlement, fort sévère, nous dit un historien manceau, fut d'abord accepté par l'administration de l'Hôpital et les Sœurs, puis approuve* par l'évêque du Mans, le 18 mai 1696. Les principales dispositions en ont été reproduites par Pesche, Dictionnaire statistique de la Sarthe, t. lU, p. 555-557.
(2) La foi chrétienne et l'amour du sacrifice peuvent seuls inspirer ces admirables dévouements dont l'Église a le privilège exclusif
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En 1791 (I), je fus obligé de renoncera cette administration, ainsi que mes collègues^ excepté un seul qui fut entraîné par le torrent de la Révolution (2).
L'esprit d'anarchie, de révolte, d'irréligion et d'insubordination (3) &i, en peu de temps, dans les deux maisons,
Dès la fondation de l'Hôpital du Mans, un grand nombre de filles appartenant aux meilleures iamilles de la ville, se consacrèrent généreusement au service si pénible des malades et des pauvres ; nous citerons, entre autres, Hélène de Tucé, morte en 1085, et Marie de Samson, la nièce de Thistorien dom Jean Bondonnet, décédée en 1721.
(1) Le Prince d'Ardenay ajouta postérieurement cette fin de chapitre, ainsi que le prouve une difiérence notable dans récriture du manuscrit.
(2) Dans les dernières années qui précédèrent la Révolution, i'Hôpital-Général était régi, en outre de Tévéque du Mans, par MM. Tessier et Fay, chanoines de Saint-Julien; Courte, curé de Saint-Jean-de-la-Cheverie ; Vaucheret, lazariste, supérieur du séminaire, et dom Le Fèvre, célerier de l'abbaye Saint-Vincent, administrateurs ecclésiastiques ; Chesneau des Portes, conseiller au Siège Présidial ; Le Prince d'Ardenay, écuyer ; Le Peletier de Feumusson l'aîné ; Trotté de la Beuverie, avocat ; Boisnard de la Fuye, lieutenant des Eaux et Forêts, et Le Tessier, ancien marchand, administrateurs laïcs. — Les événements ne tardèrent pas à modifier ce personnel dont les sentiments n'étaient pas assez favorables aux idées révolutionnaires. Dès [l'année 1791, l'administration fut ainsi renouvelée : Prudhomme de la Boussinière, évoque constitutionnel, ou l'abbé Mauxion, vicaire épiscopal, en son absence, seuls ecclésiastiques ; MM. Le Tessier, Franchet, Barbeu du Bourg, Le Tourneur, Le Clerc, Bouvet, Bousson et Bournet. En rapprochant ces deux listes, il est facile de voir que le seul administrateur qui fit défection et dont nous parle Le Prince d'Ardenay fut Le Tessier, ancien marchand.
(3) Ce témoignage a d'autant plus de valeur que Le Prince d'Ardenay s'était montré, dès le début, favorable aux principes de la Révolution qu'il avait considérée comme une ère de réforme. En sa
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et particulièrement à FHôpital, les progrès les plus prompts. Les grands meneurs, qui avaient fomenté et dirigé cette insuirection, la portaient au point d'y intéresser les autorités supérieures. Ce fut en vain que nous por* tàmes nos justes plaintes au département, avec prière de seconder nos efforts pour rétablir l'ordre; pour toute réponse, on nous enjoignit de désigner un chapelain pour remplacer M. Turmeau, qui avait refusé de prêter le serment prescrit aux prêtres. Sur notre relus de déférer h celte injonction et de nous rendre à l'intimation qui nous fut signifiée par huissier, sous peine de destitution, nous fûmes déclarés déchus de nos fonctions auxquelles nous ne renonçâmes qu'après avoir fait et consigné nos protestations sur les registres de l'administration. On voulut aussi forcer les sœurs de reconnaître l'Evêque constitutionnel comme premier administrateur et de prêter un serment contraire à leurs principes. Toutes los sœurs, excepté deux, refusèrent courageusement et furent éliminées de la manière la plus scandaleuse, sans égard au grand âge de quelques-unes et aux services importants et gratuits que toutes avaient rendus depuis dix, vingt, trente, quarante années et plus, à l'Hôpital et aux pauvres.
Dès lors, le bouleversement devint général et sous tous les rapports, dans les hôpitaux du Mans ; les revenus et les fonds des manufactures dilapidés, la suppression de rentes considérables, la réduction de celles sur l'État, la vente de plusieurs biens fonds, dont un fut acquis par un administrateur du temps et le discrédit des assignats mirent cet établissement précieux à deux doigts de sa perte ; il était même menacé d'une plus grande encore par les
qualité de maire du Mans, il avait même accepté d'en faire exécuter d'importantes et graves décisions, telles que la suppression des antiques Chapitres et communautés religieuses de la ville.
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suites d'une immoralité sans exemple, soutenue ou soufferte par des administrateurs choisis dans le sens des premiers auteurs du désordre général, lesquels administrateurs étaient secondés par les deux sœurs apostates auxquelles on atljoignit deux vieilles aides et plusieurs filles étrangères dont le moindre défaut était de n'avoir aucune des qualités nécessaires.
Lorsque l'horizon politique et moral fut un peu éclairci, M. Auvray, préfet du département, s'empressa de réformer l'administration des hôpitaux qui n'était plus composée que de cinq membres ; il nomma cinq nouveaux administrateurs et les installa lui-même en les invitant et les autorisant à faire toutes les réformes qu'ils jugeraient convenable?. Je fis partie de cette nouvelle administration. Nous nous concertâmes, mes collègues et moi, pour remplir, de notre mieux, la mission à laquelle nous étions appelés. Le premier usage que nous lïmes de nos pouvoirs fut de réformer un mauvais économe et de renvoyer un receveur intidèle. Nouslimes ce que nous pûmes pour faire rentrer les sœurs qui avaient été renvoyées si injustement, mais elles refusèrent de souscrire aux conditions qui leur furent proposées, particulièrement celle de n'en recevoir d'abord que cinq ou six ; ainsi, nous fûmes obligés de nous servir de cellesque nous avions trouvées en place jusqu'au moment où M. le Préfet put obtenir des sœurs de la Charité ; il avait négocié cetie affaire à Paris avec la supérieure générale qui envoya d'abord douze de ses sœurs bien choisies pour rétablir l'ordre et la subordination dans nos hôpitaux. Nous n'en fûmes instruits qu'au moment de leur arrivée ; le préfet vint les installer, et les anciennes se retirèrent de THôtel-Dieu, dans les petits appartements qui leur furent désignés pour y demeurer en qualité de pensionnaires sans pouvoir s'immiscer, en manière quel con-, que, dans le gouvernement des hôpitaux.
L'Mttîîtlistrdtion h'à eil qu'à se Idtief des Soôurtr de là Charité ; élte s'est fait dri devoir de s^cbndef l»*tlr ïWè, de tolit son pdùVdir, pour «tâblir la morale, le travail et ls( soumissldti. L'expulêibn de ejiièltjlies mauvais sujets a itttlriiidë les autres.
b'un autre tîôté, l'éfeonomie, la liquidatioti d'une {jartîè de faos rente*, le remplacement d'une partie de belleè en blé çtMG rHôpifcàl avait perdues, et le remboursement des somriies considérables dues par l'État pour les enfants trouvés^ les militaires, etc., nous ont mis bientôt eri état de rembourser la majeure partie des dettes.
La grande manufacture dans laquelle je n'ai trouvé qiie neuf mille francs environ de fonds au lieu des trente mille que j'y avais laissés en 1791, se remonta sensiblement. Les Sœurs de la Charité ont rétabli celle de dentelles qui, en moins de trois ans, s'est fait un fbndsde mille écus.
A l'époque du Concordat, l'église de l'Hôpital fut une des (jremières ouvertrs; le concours immense de fidèles qui s'y réunissaient avant Torganisation des autres paroisses à procuré, par les dons et la location (!es chaises qui produisirent plus de trois mille livres dans la première Année, te moyen de faire les réparations et décorations nécessaires au culte; par un malentendu ou par jalousie, oh voulut restreindre ce culte aux personnes de la maison et interdire le son dès cloches. L'administration, secondée par Mgr rÉvèque nommé, en cette qualité, administrateur, a obtenu que le culte catholique soit exercé publiquement dans l'église de l'Hôpital, ainsi qu'il Tétait avant la Révolution.
En 1808, ayant été désigné par le sort pour sortir de l'administration, conformément à la loi du renouvellement du Bureau, j'ai été réélu pour cinq ans, par le ministre de l'intérieur, sur la demande de mes collègues qui m'ont inscrit en tête de la liste des candidats par eux présentés au
gouvernement. — Au mois de mars 48i2, les Sœurs d'Évrouy connues sous le nom de Filles de la Chapelle-au- Riboul, ont remplacé les Sœurs de la Charité. J'ai été encore réélu pour cinq ans à partir du 1" janvier 1813. Dans la même année 1813, j'ai procuré, conjointement avec M. le curé de la Couture, une nouvelle branche de manufacture à l'Hôpital. M""" Elbert, chasublière, décédée au mois de février^ a institué sa légataire universelle, sa jeune élève Julie-Rosalie Hillebrand^ et nommé M. le curé de la Couture et moi ses exécuteurs testamentaires, chargés de tirer le meilleur parti de son don au profit de la légataire. Le principal objet de ce don était le magasin d'ornements d'église faits d'étoffes, galons et franges d'or, d'argent et soie, que nous avons cédé, au nom de la mineure, à l'Hôpital, pour la somme de trois mille francs. L'administration s'est chargée de ces effets avec obligation d'en payer Fintérêt au denier vingt, jusqu'au remboursement qui ne pourrait se faire avant la majorité de ladite demoiselle Hiliebrand, qui aura lieu au 6 octobre 1816. La nouvelle manufacture a commencé au mois de mai, sous la direction de la sœur sacristaine et la surveillance de la supérieure. Tout fait espérer que cette entreprise sera avantageuse à l'Hôpital qui, en faveur des pauvres et par une bonne manutention, doit obtenir la préférence de la fourniture de plusieurs églises et particuliers.