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Tautre costé de la riviei*e, pour la tenir toat4-£ût j bloquée. Ceux de la ville gardoieut une maison sur le k bord de la rivière, laquelle il fallust prendre, où le : marquis de Fontenay receust trois coups de mousquet, deux dans le bras, dont il fust légeronent blessé, et un qui luy coupa son baudrier.
M. de La Force se voyant ainsy enfermé de toutes parts , creust trouver mieux son compte à traiter qu'à se défendre. Cest pourquoy M. de La Ville-aux-Cleits revint, et apporta que sy le Roy vouloit faire M, de La Force mareschal de France, comme il en avoitea la promesse du temps du feu Boy, luy donner rescompense du gouvernement de Beam et de sa cbarp de capitaine des gardes qu'on luy avoit oslée, et pardonner la rébellion tant à M. de Théobon qu'aux habitants et à la garnison , qu'il rendroit la place : ce qui sembloit exorbitant, veu les choses passées, mais qui , luy fust pourtant accordé, pour ne trouver rien qm arrestast, et qui donnast plus de loisir aux villes de Languedoc de se fortifier.
Mais parccque M. de Chastillon estoit tousjours de» meure dans le devoir, et qu'ayant esté à cause de cela chassé de Montpellier, il y avoit maintenu Aiguesmortes, on ne voulust pas laisser ce mauvais exemple à l'avenir de l'oublier, pendant que ceux qui n'avoient pas fiut comme luy seroient eslevés aux premiers hcmneun. C'est pourquoy on luy envoya aussy des provisions de mareschal de France.
IjC Boy ayant laissé une garnison dans Sainte-Foj t et envoyé M. de Vendosme à Clerac pour en retirer le marquis de Lusignan qui le devoit rendre, arriva enfin à Negrepelisse , qui, ayant voulu souffrir le canon»
-^ 1» voNnirAY-MAH£uiL. [tfias] 537
t emporté d'assaut^ pillé et brûlé (^K Aprèft quoy it ft à Saint- Antonin , où les habitants ayant fait des rrages à corne, pensoient les garder aus&y long«« ips qu'avoient fait ceux de Montauban; mais ayant § attaqués en plein jour et emportés, ils furent encontraints de se rendre à discrétion , dont il y en .t quelques uns des plus mutins de pendus. Ces deux exemples ayant fait peur^ il y eust peu de ites villes en ces quartiers-là qui ne se rendissent ; Borte que le Roy laissant M. de Yendosme avec une oé^ poar réduire celles qui ne le feroient pas, alla bas Languedoc , où , trouvant les chaleurs excès* es 9 il s'arresta quelque temps à Bésiers pour les laispasser.
Environ ce temps là , le général des galères arriva ic dix galères dans la rivière de Bordeaux : on préidoit qu'elles pourroient demeurer dans le canal qui entre la terre ferme et les isles de Rhé et d'Oleron y troubler ce grand commerce qui se faisoit par mer DS La Rochelle ; mais on conneust bieutost qu'elles r estoient pas propres, ceste mer estant trop rude ur ces sortes de vaisseaux. Le roy d'Espagne en enftL autrefois en Flandre, qui y périrent toutes. II y avoit alors trois caballes dans la cour, qui la loient fort divisée : de M. le prince, du cardinal de t2 , et de M. de Schomberg et de M. de Puysieux , 18 laquelle entroit M. de Bassompierre, qui avoit fort "cille du Roy. Elles furent longtemps presque éga-k lent favorisées; mais despuis la mort du cardinal
) Les habitans furent paasés ao fil de Fcpée. ( Foyez les Ménoires Ponds» t. 3i, p. 348 , deazième série de cette CoUedioii; vo/tm i les Mémoires de Puységur, t. i« p. 16, édit. de 1690.)
de Retz, arrivée à Bésiers, la chose changea; car, Ueji que M. de Schomberg se fust, pour s'appuier, rangé du costé de M. le prince, comme on ne pouvoit pas agir de concert avec luy en toutes choses, et qu'il nespargnoit personne quand elles n'alloient pas à son gré, parlant autant contre amis que conti^ ennemis, cela n'empescha pas, quand les payements de Tarmée n'arrivoient pas sy'à point nommé qu'on eust voulu, et que les gens de guerre crioient, qu'on ne dist au Roy, et qu'il ne l'escoutast, qu'il n'entendoit pas les financfs et n'y estoit pas propre, laissant tout prendre aux 6nanciers; de sorte que son crédit alla peu à pea diminuant, comme celuy de M. de Puysieu^L s'augmenta.
C'est ce qui parust clairement quand, après la mort du garde des sceaux de Yic , il fallust pourvoir à sa charge ; car la chose ayant esté quelque temps contestée, M. de Caumarlin (0, porté par M. de Puysieui et M. de Bassompierre, l'emporta à la fin par dessus M. d'Aligre, que M. le prince et M. de Schomberg vouloient.
Les révoltes arrivées l'année précédente en Guienne, et la grande opiniastreté des villes de Languedoc, faisant craindre pour le Dauphiné, non qu'on doutast de M. d'Ësdiguieres, qui en tenoit la pluspart des places fortes, mais de ses lieutenants, qui, estant tous huguenots, voudroient peut-estre après sa mort en demeurer les maistres, et les conserver pour ceux de leur religioo plustost que de reconnoistre les enfants de M. de Créquy, qui en avoient la survivance et estoient calho-
(0 5/. de Caumarlin : Louis Lefèvre, seigneur de CaumartÎD, xtomwi garde des sceaux le a3 septembre 1622 , ne garda que peu de tesip cette charge, étant mort le as janvier i6a3.
DK FONTENAT-HAUBIIIL. [l6aa] 53r)
tiques, fust cause qu'on pensa aux moyens d'y reincyicr. Or la mort du conncstabli- de Ijiynes oi avoit donné va qui sembloit fort faisable, M. d'Esdiguieres pontant vstre porté h changer dv religion pour avoir la pTcmierp dignité du royuumv, et qui met te plus haut ^'on puisse monler. C'esl pourqtioy le Hoy, parlant (le Paris, envoya le mareschal de Créquy en Daupliiué pour y travailler; à qiioy il ne pouvoit pas manquer, pour le grand enlèvement qui en viendi-oil à sa maison , M que toutes ses places luy seroient bien plus assurées, ntant entre les mains de catholiqtics. que de huguenots. Mais M. d'Esdiguieres, qui ne précipiloit jamais nen.fust longtemps à estre persuadé, ayant de la peine aie résoudre, et à surmonter deux choses où il (rnu- TOit de la difiieulté, non pour la conscience (car la pluspart dc<i anciens huguenots tenoient qu'on se poutoit sauver dans toutes les religions où ou croyoil en Ittus-Chriat, et n'ont changé d'opinion que sur ce que ks catholiques n'en faisant pas de mesme, et disant ^e hors de l'Eglise il n'y avoit pornt de salut , ils les ont eniin voulu imiter), mais pour luy-mesme, ayant bonté de quitter sur la fin di^ sa vie une religion où il ttoil sy longtemps vescu; el pour les autres, croyant ^'îts y trouveroient fort à redire.
Enfin toutefois il en fust tellement sollicité par M. de Créquy el par plusieurs auti'es catholiques de ses amis, que sa conscience aussy n'y répugnant pas, il s'y résolust.et fist son abjuration dans la grande église dcGrenoble en la manière la plus esclalaute qu'il se peust, et avi'C une joye tout-â-fait extraordinaii-e tant du clergé Hdu parlement, qui y fus! en corps, que de la noblesse f"! (kl peiqde, dont la plu' grande pari est catholique.
se latre caltioJiqtie, et I en pressoit lort. A q respondoit autre cliose, siuoii que ce seroît seroit pape; ce qui escheusl comme il l'avoi ce cardinal l'ayant esté après la mort de Pauli quelque temps auparavant.
L'armée s'estaut un peu reposée, et les grai Icurb commençant ù diminuer, il fallust pe places qu'on attaqueroit les premières; car i Irouvoit point en ce pays là qui ne refusasscDl Enfin M. de Montmorency attaqua et pris iiargues, et l'année du Roy LuncI, qui dura ne devoit, parcequc quand le canon cnst esl batterie, le parc de l'artillerie s'en trouva sy p tourbillon de vent porta la Ilamme dans les po y misl le feu; de sorte qu'on fust quelques jou conimoder ce qu'il a voit gasté. La compagnie cl du régiment de Piémont , qui y estoit en gard dist pluti de vingt hommes, qui furent tout-âlés; et le reste, avec le lieutenant nommé Vi ne peust servir de toute la campagne.
De Luncl on fust à Soramieres, qui fist ni vouloir mieux deffendre, ayant fait de foi
DB Pi>.-(TB5AT-MAitLl'IL. [i63a] Ôijl
for^ les barricades, et coatraigiitst ceux (jui le» deffendoitïiit de &e rrlirer uu chasleau. H estoit a&sés difficile (l'en faire les approches, parccque c'est un pays S]r plùn de pierre», qu'on ne pouvoit qu'avec bien du temps et de la peine y faire des Iranchées : ce qui (bligca , pour abréger, de se servir d'un grand nombre l' de barriques qui se ti-ouvoient sur le lieu , pour les remplir de terre et s'en couvrir. Or les charrettes qui portoîent ces barriques falsoient un sy grand bruit, ^ue ceux du chasteau croyant que c'estoit le canon ^u'on y tnenoit (ce qu'ils n'avoient pas pensé qu'on peusl faire sy tost , à cause de la dilTieulté des chemins), l'ea estonnereiit sy fort , voyant bien que leurs dehors , ims lesquels il y avoit plus de pierres que de terre, M seroient pas seurs contre cela, qu'ils les abandoii- «treut, et se retirèrent dans le chasteau devant qu'il lûat jour. Ce qu'un petit garçon des leurs, qui creust cligner quel([ue chose, comme il fist ntissy, s'il en don- »oit le premier avis, viiist dire à l'heiire mesme au narquis de Fontcnay, qui estoil do garde avec le récent de Piémont , lequel ne le pouvoit croire , pai^ œqu'on en estoit encore assés loin; mais ce garçon l'assura sy fort, qu'il y envoya un sergent avec quelques mousquetaires, par lequel en ayant sceu la vérité, il y alla avec toute la garde, cl s'y logea. Les assiégés firent encore bonne mine tout le jour, et tirèrent fort; nuis ils capitulèrent le lendemain.
Cesle prise ayant rendu libres tous les environs de Montpellier, on se résolust de l'assiéger ; mais comme la grandeur de la plare et In quantité de gens qu'il y lïoit dedans y faisoit prévoir dy la difficulté, l'armée tcstsot mesme tort affoîblie dans tous ces petits sièges,
54^ [lôasi] MÉMOIABS
M. de.Veodo&me eu&t ordre d'amenc^r diligatunent toutes les tituipea qu'on luy avoit données^ leKpiclles n'ayant peu prendre Briteste à cause du secours qui j eeioit entré , se trouvoient inutiles ; et on donna des eommiflsions à diverses personnes pour lever des régiments.
M. le connestable estant venu sur ce temps là pour remercier le Roy, prist j)Ossessiou de sa charge quaiid on fust reconnoistre la ville, M. d'Ëspemon, le mareschai de Praslin , et tous les autres principaux offiden de l'armée, l'y ayant accompagné, non sans un grand regret de M. d'Ëspernon, qui avoit tousjours aspirée la charge de connestable, et ne pou voit souffrir qu'un autre luy eust esté préféré. Mais enfin on le oonteoti par le gouvernement de Guienne qu'on luy donna, aih quel il n'avoit point esté pourveu despuis la mort da M. du Maine, et qu'il desiroit ardemment, comme un des plus beaux de France, et où estoit quasy tout soa bien.
M. de Schomberg eust aussy quelques jours après, pour le consoler de la maréchaussée qu'on pronûsl alors à M. de Bassompieri^e plustost qu'à luy, mais qu'il n'eust néaumoins qu'après le siège, le gouvernemeit d'Angoumois et de Limosiu, queM. d'Ëspernon quitta, et qu'on osta à M. de Candale , qui en avoit la survivance; le Boy n'y ayant point eu d'égard non plus (fàk celle de Saintonge qu'il avoit aussy, et dont le gouvtfuement fust donné au mareschal de Praslin.
M. d'Ësdiguieres n'ayant pas quitté avec sa religjol ses inclinations pour entretenir la paix dans le royaume, en avoit fait faire quelques propositions de part et d'autre pendant qu'il estoit en Dauphiné, et il les reuouvelJi
DB FOITTENAT-MAREUIL. [l6aa] 543
despiik qu il fust à la cour : mais Taffaire n'estoit pas eooore meure , car ceux de Montpellier ne craignoient pas assés dWre pris pour souflrir que le Roy y entrast le plus fort , et y laissast une garnison ; et luy ne vouloit aucun traité qu'avec ceste condition. De sorte que If. le connestable s'en retourna à Grenoble sans y avoir rvsn avancé, pour ne donner pas plus longtemps ce Icsplaîsir à M. le prince de voir, luy présent , l'armée sommandée par un autre; après quoy le siège fust xnnmencé.
Pendant cela le comte de Mansfeld estant venu du Pftlaiinat en Alsace , et n'y pouvant demeurer en seuè non plus que dans tout le reste de l'Allemagne , de Bouillon envoya le trouver pour luy persuader d^'entrer en France, luy en faisant voir la facilité, le l^oy n'ayant personne sur la frontière , et estant trop pi^ngné et trop engagé dans le Languedoc pour y piMvoir venir; joint qu'il seroît secouru de tous les btJguenots de deçà la rivière de Loire, qui ne deman- JCMcnt qu'une occasion de pouvoir prendre les armes. EiTtstoit de quoy tenter un homme qui se trouvoit chargé Ib beaucoup de gens, sans voir d'autre lieu où 1^ pou- NHt faire subsister, estant de tous costés environné i-*«imemis, l'archiduc Leopold et Tilly le suivant, et çalès de Cordoua estant dans le Luxembourg avec troupes , pour l'empescher d'y entrer. Mais son ination y résistoit, ayant bien plus d'envie, quelque ^^^sard qu'il y vist, de passer en Hollande pour secourir Vergues assiégée par les Espagnols qu'il n'aimoit point, fe^iic (le faire la guerre au Roy à qui il ne vouloit point '^mal, et pour favoriser les huguenots, avec qui il ^ avoit rien de commun , estant luthérien. Enfin tou-
cipale direcLÎon des afi'aires, voyant que d'ati ordres seroit perdre l'occasion de i'empesc trer, et que s'il esloit une fois au milieu du il y tfouveroit tant de quoy subsister qu'il se cile de l'en chasser, fist résoudre la Reine à de son autorité pour lever promptement m capable de luy faire leste : à quoy tout lo i porta avec tant de zèle, tous ceux qui pouvo des levws de cavallerie et d'infanterie ayant commissious , qu'ils mirent en très peu de le de troupes sur pied qu'on u'eust osé esperei aida bien à M. de Ncvers, qui s'estoit avant frontière, à persuader Mansfeld de suivre pli premières inclinations que les mauvais cotise luy donnoit, luy faisant voir la difficulté de de sorte qu'il s'en alla enfin au secours de R Cependant toute l'armée estant arrivée deva pellier, l'avoit bloqué de tous costés; de sorte approches s'en estant faictes, il se trouva un p teau appelé Saint-Denis, oli les ennemis s'est tranchée pour couvrir le peu de fortiBcatioi
DB FonrmHAT^HARfimi.. [i6ad] 545
Ht rincônnnodité qu'ils en recevroietit , ayant rarie . reprendre, le firent reconnoistre par un sergent lise en tambour, qui alla pour demander quelques >. morts; lequel M. de Valauçay, maresclial de ^, qui commandoit le poste, ayant fait desbander montrer qu'il ne craignoit rien, la garde luy sem- ^ mauvaise et le travail sy peu avancé, qu'il fist «ne sortie dès qu'il fust retourné, dans laquelle leux régiments furent fort maltraités, et eussent entiemnent défaiets, sans que la nouvelle en es* Venue aux quartiers du Roy, M. de Montmorency tn à l'beure mesme achevai, et fust suivy de tout u'il y avoit de volontaires, qui arrestant les ennedonnerent moyen aux fuyards de se sauver, et à très régimens de venir au secours.
[. de Montmorency y fust un peu blessé, et eust pris on tué, sans qu'un gentilhomme de la ville, imé Argencourt, qui le reconnust, luy dist qu'il se rast prompt ement, ne faisant pas là bon pour luy; il estoit suivy de beaucoup de gens dont il sçavoit I qu'il n'auroit pas esté espargné. Le duc de Fron- . les marquis de Bcuvron et de Canillac, messieurs ioctot, favory de M. le prince, de Combalet, neveu :*onnestable de Luy nés, et plusieurs autres, y furent
1 se fist despuis cela diverses attaques et sorties, les
.émisse deffendant fort bien, tant par les armes que
les grands travaux que faisoit faire Argencourt,
estoit un des plus grands remueurs de terre et des
s entendus aux fortifications de son temps. Mais
nme ils ne pouvoient estre secourus de nulle part,
se sauver comme Montauban par la foiblesse de
546 [162a] MiMOIRBft
Tannée, n'y ayant point de malades, les ieféesqa'oo avoit fait faire arrivant tous les jours , et toutes odles destinées contre le Mansfeld , qui estoit allé en Flandre, y pouvant venir; ceux par qui M. le coimestable £ùsoit négocier le représentèrent sy bien à M. de Rohin, et qu'il trouveroit mieux son compte traitant denat la prise de Montpellier qu'après , qu'à la fin il s^y résolust; comme le Roy aussy, qui jugea meilleur de | finir promptement une chose de ceste conséquence que, I sous l'espérance de quelque peu plus d'avantage, s'en remettre aux événements incertains de la guene. C'est pourquoy M.. le connestable eust ordre de nfoiirà l'armée pour y mettre la dernière main.
Ce ne fust pas toutefois sans de grandes opposition» de la part de M. le prince , qui affectoit particulieie> ment de se monstrer contraire aux huguenots, parceque laBeine, qui continuoit à n'avoir point d'enfimts, faisant croistre ses espérances, il s'imaginoit, conmie l'a voit esprouvé Henry-le-Grand, qu'il ne pourroit jamais estre roy bien paisible et bien absolu sans estre estimé bon catholique , et qu'il luy estoit mesme pliv nécessaire de le tesmoigner qu'à un autre, à cause de ses pères ; et c'estoit aussy en vue de cela qu'il moustroit d'aimer plus les jésuistes que tous les autres religieux, les tenant les plus autorisés parmy les catholiques. Mais voyant enfin qu'il ne pourroit pas l'empe»cher, il se rcsolust, pour monstrer qu'il n'y participûit point, d'aller à Nostre-Dame de Lorette,où longtemps auparavant il avoit fait un vœu(0; et puis à Rome,
(0 Un 'vœii : Il offrit en ex-voto, h Notre-Dame de Lorette, uo mo- j dèle de la prison de la Bastille » en argent ciselé. ( f'o^^s les Ménoim de CoulangeSy page 17; Paris, Biaise, 1820, in-8*.)
DE FONTS^AY^M^SBCIt.. [1629] 54^
lù le Pape, qui estoit aiissy t»rt inal salistaît cli- cp xaité , le receust très bien. Eslant ensuite de cela allé I Naples , qu'il voultisl voir avaul que de revenir, le ricrroy le regardant comme estant de la maison de la reine d'Espagne, offrist de luy faire rendre tout Thonoeur qui luy estoit deu : mais craignant qu'en France ne l'upprouvust pas, et niesme les cmharras où il se seroit peu trouver sur le plus ou le moins , il n'y »oiilust estre qu'inconnu ; le viceroy néanmoins l'ayant tDUEjours fait accompagner par quelqu'un, aSn qu'il fiist traité partout comme il se dcvoit [■).
Sou absence donna grand moyen aux eaacmis de H. de Saint-Clioml>erg de continuer leurs mauvais offices; joint que s'estant employé une partie de l'urgent 'destiné pour l'armée aux levées faites pour aller contre iHansfcld, il n'en vint pas tant qu'on eust voulu; dont loute la faute se rejettant sur luy, il n'y pouroit pas re>fondre, estant sur ce irmps là toml>é malade.
Le traité ne fust qu'une confirmation de l'édit de Hantes, ii lu réserve des villes de seurelé qu'on avoit frises, et qu'on ne rendist point; qu'il demeureroit me garnison dans Montpellier pour en démolir les fcrtifîcatjons et les murailles; que les consuls y seroient i l'avenir nommés à la volonté du Boy, le premier toa^ours catholique, et le second huguenot, et ainsy ies autres; et que toutes les nouvelles fortifications &itcs par tes huguenots, eu quelque lieu que ce fiLst, Uroient aussy rasées.
M. de Rohan eust quelque argent en récompense de* gouvernements de Poitou et de Saint-Joan-d'An-
l-jOaapaMIr, p" ifiîii, 1» relation du viijo([c -lu prir.cr <lc rnnili^ "tluGe; c'W un iiin^ir« abMlHinFDt J^pourTii d'intér^r.
548 [ifia'j] mAmoibbs
§ely, qm ae luy furent point jrcoduft i après «pioy ï rkk trouver \ù Roy , et $e mettant à genoux luy içnadt pardon devoir porté les armes coolse luy, oonmcfiit aussy M. de Caionges ^ qu'il avoit fmt gouvcraew de Montpellier au lieu du niares<dial de ChâtîUoBiCree .des dcsputés de la ville et du bas Languedoc, au m de toutes les églises de France et de BéanK
Le Rôy entra dans Montpellier le dix«hyitie«r d'octobre y à cheval, suivy de toute la ooor et ds principaux officiers de l'armce, et y demeura ctiM|Oi six jours pour y régler toutes les affaires. Il rédaittt, devant que d'en partir, toutes les compagaies de cavallerie qu'on avoit accoutumé d'entretenir aux pb grands du royaume, à quinze, lesquelles il donna à 4 vers particuliers qui avoient bien servy, et doat il a teuoit plus assuré; cassa tous les régiments ncavcUi- Bient levés; et y laissant les régiments de Picarditi de Normandie en garnison , et M. de Valançay pour J commander, il s'en alla à Lyon, oit les Reines Fittendoient*
Quelques jours auparavant il avoit eu noufcDo comme M. de Guyse, qui commandoit l'armée navale, avoit combattu celle des Rochellois, et l'auroit enti^ rement défaite sans le voisinage de La Rochelle, oi quelques vaisseaux se sauvèrent, et la nuit, qui IW pcscha de suivre les autres. Un vaisseau à feu mistk sien en sy grand hasard désire bruslé, que tootk monde le croyoit perdu; mais enfin il s'en défit, d demeurant maistre du champ de bataille, il y pssi toute la nuit.
Ensuite de quoy ayant receu les nouvelles de la paix* il envoya l'armée en Bretagne, où elle dcvoit estieli-
m FoiftknAT-MA'iiEiTit. [162a] 549
iti<fe;6l M. le oomte se retira paretUement de derant i Rochelle, mais sans raser le fort Louis, où M. Ar-. iild , avec le régiment de Champagne dont il estoit sstre-de-camp, demeura en garnison, le Roy pré» idant que, n'en ayant point esté parlé dans le traité, pouvcMt le o>nserver; et les Rochellois,<iue Tédit de mtes ayant esté confirmé pour toutes les choses ausellesil n'estoit point particulièrement dérogé, ilsdelent entre remis en Testât d'auparavant la guerre, le fort rasé, puisqu'il n'estoit point dit qu'il demeuroit; et $*y opiaiastrenent sy fort qu'ils reprirent fin les armes en l'année i6a5 , pour forcer le Roy le faire.
De Montpellier, le Roy alla à Arles, à Aix et à Mar-
Jle, pour se faire voir dans ces grandes ^villes où il
ivoit point encore esté; et fust ensuite en Avignon,,
il receust les mesmes honneurs que dans les autres,
payant esté fftit une entrée, les mareschauK des logis
ipquant ses logis partout , et la justice, tant qu^ y
neura , se tenant en son nom. Le ^îce-legiA luy of-
Bt toutes choses de la part du Pape.
M. de Savoye y vint trouver le Roy, et y fist des
opositions d'une ligue entre le Roy , la république
'V«nise et hty , pour la restitution de la VahoKne ,
luy aider en quelques prétentions qu'il avoit sur l'Es-
; de Gènes; mais elle ne se iist qu'après l'arrivée à
xis.
JjR Roy, ayant en la nouvelle de la promotion de , de Lmçon-ftu cardinalat, en envoya donner avis  Reine nere , qui en eust une grande jôye. Il ne ^'esit fws tant fié aux promesses de la eour, ny àttx Mina i eomnuiideiir de Sîllery,qui estoit ambassadeur,
S5o [^6^^] MBMOIEBS
qu'il n'y eust fait envoyer par la Reine TeTesqne dTAire pour y veiller.
Le Roy estant allé d* Avignon à Lyon , y trouva lo Reines, qui l'y attendoient; la Reine j estant venue de Paris, et la Reine mère de Fougues, où dleiavoit pris des eaux. M. de La Vieuville, qui avoit eu oodibibdement d'amener trois mille hommes de troupes Ifr vées pour s'opposer à Mansfeld (le surplus ayant eâi licentié aussytost qu'on le vist eqtrë en Flandre), la ayant laissées auprès de Lyon , fust trouver le Roy in peu plus loin, oîi, voyant qu'on n'estoit pas oonteol de M. de Schomberg , et qu'il estoit mal avec M. de Puysieux, il commença à prétendre à la surintendance, parlant tout ouvertement contre luy, et représentut une sy grande nécessité dans les affaires du Roy, qoe toute l'année i6a3 ayant esté mangée, il estoit, ce disoit-il, sans argent, et sans moyen d'en trouver, le crédit estant perdu par les changements faits aux assignations données pour les avances, et faisant enfin la choses en bien pire estât qu'elles ne se sont trouvmà la fin de la dernière guerre, quoyqu'on ait mangé des* puis ce temps là plusieurs centaines de millions de livres de deniers extraordinaires, et qu'on ait encore trowé de quoy vivre ; tant on estoit alors peu accoutuné i surcharger le peuple, et à prendre sur les particulier en quelque façon que ce fust.
Ce n'est pas qu'on doive absolument condamner tout ce qui s'est fait en ces derniers temps; car il est entais que sy on avoit esté aussy retenu qu'alors, on eust assurément esté la proye des Espagnols , qui ne le soat point du tout , je dis dans l'Espagne mesme , où à poussent les choses à l'extrémité quand il en est besoin;
5s FONTBHAT-MAEBIJIL. [l6aa] SSx
lais bien le mauvais ménage des surintendants et es favoris, qui ont tellement abusé de leur pouvoir u*on a esté contraint de faire beaucoup de levées dont a se fust bien passé.
Ceux qui vouloient servir M. de La Yiéville ajousneait qu'il estoit le seul capable de faire trouver de nby vivre et de remettre les affaires en bon estât, parsque M. de Beaumarchais, trésorier de Fépargne et >n beau-pere, luy aideroit de sa bourse et de son créit, estant estimé le plus riche homme de ce temps là, t luy donneroit encore bien des connoissances qu'un litre ne pourroit pas avoir ; mais il ne luy auroit servy e rien , sy M. de Seneçay, qui mourust quelques jours
près d une blessure receue à , eust vescu, le Roy
yant jette les yeux sur luy aussitost qu'il pensa à oster [. de Schomberg.
Or, bien qu'il eust eu envye de le faire dès qu'il se vist ans Montpellier, la mort du connestable de Luynes , ï temps , et M. de Puysieux qui pensoit y trouver son ompte par l'appuy qu'il en pourroit avoir contre M. le rince, ayant fait revenir dans l'esprit du Roy quelque partie de ceste affection et révérence filiale qu'il voit autrefois eue pour la Reine sa mère , firent qu'il oulust attendre d'estre à Lyon pour ne faire point ins elle une chose de ceste conséquence, et en avoir >n avis; à quoy elle n'a voit garde de contredire, conilerant M. de Schomberg comme une créature de I. de Luynes , et en qui par conséquent elle se pouvoit loins fier qu'en tout autre; de sorte qu'elle n'y diangea ien, sinon d'attendre qu'on fust à Paris.
I^ prince de Piémont et Madame se rendirent à «yon quasy aussytost que le Roy, et y furent très bien
559 [i6d;»j HÉMOiuok
reœus, particuliereineut Madame, qu'il aimok icifi,^ qui a aussy tousjours eu uoe telle passion ponr I19, qu elle ne s'en est point démentie , quoy qu*il ioît ar» ri\é; ce que n'out pas fait ses autres sœurs. L*e¥eii|M de Genève, son grand aumosnier, y vint avec die; d estant quelques jours après tombé malade, y mounnt aussy saintement qu'il avoit vescu (0. M. de La Vakile y espousa mademoiselle de Yemcuil.
[1623] Le Roy partant de Lyon vint à §rands journées à Malesbei*bes près de Fontainebeleau , oàl se plaisait extrêmement , pour la diasse qui y est fiit belle; et il y demeura jusques à ce que les Reines, fî marchoient plus lentement, peusseot arriver, pour» trer ensemble à Paris, comme ils firent le dixième A janvier i6a3, une infiuité de gens en armes et «s armes ayant eslé au devant de luy hors de la ville; a» suite de quoy il alla à Nostre-Dame,etpuis au Lonm
Peu de jours après son arrivée, le garde des scran de Caumartin estant mort , on demeura quelque tenp sans sçavoir qui luy succëderoit, M. de Puysieuxfii* sant tous ses efforts pour les faire rendre à son pcit, disant que luy ayant esté osté sans rsûson et par la pu* sion du marescbal d'Ancre, le Roy luy dcvoit etfH justice : ce que néanmoins il ne vouloit point, tantôt luy avoit autrefois fait de mauvais oflices sur ce si^ jecL Enfin pourtant il se laissa vaincre, sur rassuraM qu'on luy donna qu'il demandcroit bientost après d*tf «stre deschargé.
M. de Beaumarchais ayant supplié d'estre dispoMê de faire les avances accoutumées par les trësorien it
(0 jéussjr saintement qiiil avoit -veseu: Saint François de Sais BO^ rat à Lyon le 38 décembre i6sa.
j» voirfMAT-'M4mBuiL. [i6a3] 5S3
urgne^ kif Hoy 8*€stoit sj bien laiseé jMsuader que
son secours il n*aurott pas de quoy vivre, n'ayant
creu de tout œ que.Iuy avoit dit M. de Scbom* : contre ceste prétendue nécessité et les autres es dont il estoit accuse , que pour l*y obliger il «ita ce qu'il avoit r&olu à Lyon, envoyant M. de imberg chez luy, et donnant sa ctiarge à M. de La iUe, qui fist dès Tabord de tels changements sans nctioa de œ qui avoit servy ou non , qu'il mist une ité de gens contre luy, qui despuis le luy rendirent (. £t quant à M. de Sehomberg, il en sortist avee ? réputation peu ordinaire aux surintendants, ck re contenté de ses simples appointements, a ligue proposée par M. de Savoye en Avignon faite en ce temps là; dont le marquis de Mirabel, assadeur d'Espagne, ayant esté averty, il offrist de irt du roy d'Espagne l'exécution du traité de Ma- ; et quant à ce qui scroit dej'exercice de la reli-
catlioliquc, qu'il s'en remettroit au Pape : ce que oy accepta; do sorte que ceste aflaire demeura en-
pour quelque temps assoupie, out l'hiver se passa en réjouissances-, le Roy et la le ayant donné chacun un ballet (0; pendant quoy rince de Galles, accompagné du duc de Bouquin* I, favory du Roy son père, ot qui alioit en Espagne
prétention d'y espouser l'Infante, s'cstant trouve ris, il vist le ballet du Roy. Mais comme il ne vou<»
&kicMn nn halht : Lt stfî«t«ki balkc dtt Roî iloît \m BiMcliÉ* ; il fat dansé au LouTre le 26 férner 1 6a 4. Le ballet àm la Reme intitulé les Festes d» Jumm la nopei^re. U fat daDSé le 5 mars, » les Reeherèhw sor les tliéâtrei, par de BeaudMinpa » tom. S,^ B3 et 84' )
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loit pas estre connu, et que luy et les mnt, de par de cela, prirent des noms dont on n*avoît jamab oaj parler, ils eussent esté mal placés, sans que VLé Préaux, qui avoit esté sous-gouverneur du &oy, tronn le duc de Bouquin guan, qui faisoit le maistre, de ij bonne mine, qu'il prist soin de les fidre mettre en lia d*oil ils peurent voir toutes choses conimodenMiit,^ Madame en particulier, que le prince reniarqua sy bai qu'il s'en souvint quand il en fust temps ('). Il putil dès le lendemain , et fist telle diligence que ceux qiVi envoya après , dès qu'on soeust que c'estoit luy, fm Iny faire rendre toutes sortes d'honneurs , ne panit jamais l'attraper.
Ce voyage s'estant fait sans aucune assurance ij -^ pouvoir réussir, fust fort condamné; quelques inuTi*!^ tribuerent à la vanité du roy d'Espagne et da oo^f d'Olivarès, lesquels, bien qu'ils ne voulussent pi>'>l|to mariage, vouloient néanmoins en avoir l'honneur,»!^ sant voir à tout le monde qu'il n'avoit tenu quacOili^, puisque le prince estoit allé luy-mesme les en pn^&ce Mais d'autres assuroient qu'ils n'y avoient nulle (Urtil^ar. et qu'il venoit du propre mouvement du roy (k ^ï Grand'Bretagne , lequel avoit tousjours désiré uneif deux filles de France ou d'Espagne, ces grande! A liances manquant à sa maison : et ayant lors pl>^'l;ré teste celle-cy pour la hauteur où il voyoit les £spipil>i 1 le et l'espérance de pouvoir restablir le palatin songeill! sans en venir à une rupture, creust pouvoir faire fiÂ^:i: en l'y envoyant, tous les petits incidents que àt'f^
( 0 Le prÎDoe de Galles arriva à Paris le 5 mars i6i3 : il •iiiiti''' eognito au dîner da Roi, et vit le soir danser le balkc de U ^^ ( f^oyez le Mercnre François , t. 9, p. 47a.)
DE voimirAT-*MABBuiii. [i6a3] 555
our on y feisoit trouver pour en retarder la conion ; et qu'on n'oseroit pas le renvoyer sans Tavoir ié, ny sans rendre après cela le Palatinat, comme uy faisoit espérer.
kùe sy quelque Espagnol y avoit trempé, c*estoit le ite de Gondemar, leur ambassadeur à Londres, lel , ({uoyqu'il eust esté plustost envoyé pour en entre* r la négociation que pour la conclure, afin que pent qu'elle dureroit le roy de la Grand'Bretagne ne nast point de secours au palatin, qu'ils vouloient pouiller, s'y estoit toutefois tellement affectionné, ne voyant point d'autre moyen de le faire réussir, ; vraysemblablemeut d'avis qu'il y allast. Mais rien es y pouvoit obliger, leur intention ayant tousjours
de la donner au fils de l'Empereur (') , auquel ils loient trouver mieux leur compte. Ce que ce pau- Roy ne connust point, se laissant tellement abuser ce comte de Gondemar, qui luy disoit , à la prise liaque place du Palatinat, que plus il y en auroit
ce luy seroit d'honneur, puisqu'avec deux doigts lapier il les feroit toutes rendre, que sous ceste esince il laissa tout prendre, sy ce n'est, comme quel- ( autres ont voulu, qu'ayant mieux aymé le voir Ire que d'avoir la guerre, il fust bien aise d'avoir >rétexte pour s'en exempter, et luy servir d'excuse, ■e prince de Galles estant arrivé à Madrid, alla iendre chez l'ambassadeur d'Angleterre, auquel il lire qu'il y avoit des gentilshonunes anglois qui deidoient à luy parler; sur quoy il respondit qu'on les entrer : mais ayant dit, parcequ'ils sceurent qu'il
Au fils de t Empereur: L'infente Marie-Anne épousa ep effet Tem* ir Ferdinand m.
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jouoit et qu'il y avoit beaucoup de gras arrec Iny, ifih YOuloieaC le voir en particulier, il leur naiida<iA eussent donc patience qu'il eust adievë sonjea. A qwf ayant finalement respondu que c'estoit poiir4csdiOM de telle importance qu'elles ne souSnnent point àtf^ tardement , il y alla , et ne f ust pas peu esConnë qad il vistque c*esioit le prince. Dn de ceux qui jouoit «9 Tambassadeur me Ta conté ainsy , aasorant qu'il «h avoit eu nulle connoissanoe, ny les Eapagaok mmf.'
L'ambassadeur estant à Theure mesme allé chn le comte d'Olivarès pour l'en avertir, il n'es fbit fB moins surpris que fasché, jugeant bien que oela le fa^ ceroit k une déclaration qu'il eust bieit vouhi ne fin pas encore. Mais n'y voyant point de remède, il kiii dire au roy d*£q>agiie, avec lequel il résolust qu'ûilf feroit tous les honneurs possibles, et que 'du rais if s'en detnesleroit le mieux qu'on pourrok. De sorte ^ le comte d'Olivarès alla aussytost le prendre dbaTu^ bassadour pour le mener au palais, oîi il fust toujoai logé, le Roy le faisant mesme marcher* devant bf quand il venoit dans son appartement.
Après les premiers compliments, lesquek os fil longtemps durer, ayant esté visité de tous les grat et de tous ceux des conseils, on commença àfitfhP d'affaires, oii les Espagnols employèrent toute k^ adresse pour endormir les Anglois, et leur laine crtk que, nonobstant toiites leurs longueurs et ieuisvf^ fioultés, ils ne laissoient pas de vouloir le mariage)* ' le fcroient enfin; chassant mesme de Madrid, poorh ^ mieux tDomper, tous ceux qui piarioient contre, et j** ques à des prédicateurs , bien qu'ils ne l'eussent i^ que par leur ordre.
DB toinw»A.t*mAMsan. [i6a3] 557
p4r prnoe ne visi que deux ou trois (ois l^ItfCuile, mmtowe de jy loin et arec taoft de MMirve^^'il ne pst jamais luy rien dire que tout le Moaiée'a»fmidi#t; dont n'estant pas satisfait, et voyant d^oa a«ooaté que rien ne ^araoçoit, il commença è entrer aoopçon qu'on ne roulort que l'amoser; de aoflb br le duc de Bouquinguan en eitst de sy grosses pa- M ftVoc le comte d'Olivarès, qu'il luy ditqull seTO#t battre contre luy; dont le comte se moqua, liais le prince escrivbt au Roy son père Testât au- ^ il se trouvoit , le sopptiant de luy envoyer prompiseat des vaisseaux pour le porter en Angleterre sans passer par la France; lesquels estant arrives à la nrogne, il prist congé du Roy, de la Reine et deMn-* ite^ et fust accompagné jusques dans ses vaisseaux w plusieurs des principaux de la cour, et par des of* tiers de la maison dn Roy, qui le défrayèrent tant Al fust sur la terre.
Le roy d'Espagne ne s'opposa point à son partent, estant bien aise de s'eu voir deschargé; mais ir ne le laisser pas aller tout*>à-fait mécontent ^ et yer de l'amuser encore par de belles paroles, il luy nbt que trois mois après son- arrivée h T^ondres on ?nvoyeroit llnfante, ce temps là estant nécessaire réduire tous ceux qui s'oppa<unent à son mariage; il tesmoigna se vouloir payer, tant il avoit peur ne le laissast pas retourner. Mais dès qu^il fust dres, il rompist toute négociation, et il ne s'en plus (0.
ie Çandale voyant M. de Schomberg disgracié,
ê t'êm paria plus : H paroititMt cepondmt que l'Etpagne utt^ .«posée à faire ce mariage, et qu'elle n'jr raoonçt qu^à
i)ù M. de Candale les attendoit sans que pet aperceust; mais ils n'eurent pas plustost mi la main, que M. de PoQtgibauld tua Saint-] alla séparer les autres , qui se relirereut ch eux.
M. le chancelier se liant pai- trop en sa { pacité, et à la préférence que son âge et s services serabloicnt luy devoir donner sur ti estoit en France, ne sestoît pas mis en pe pesclier que M. de La Viéville, d'un esprit j prenant, et plusà craindre que M. deScbomb trast dans les tinances : mais il ne tarda gui repentir; car ayant bientost après gagné gn auprès du Roy par les assurances qu'il luy à remettre les finances en aussy bon estât qu'eU jamais esté , il ne songea plus qu'a se défaire chancelier et de M. de Puysieux, qui see barrière à son ambition, et en présence d n'osoit pas faire tout ce qu'il vouloit. De soi servant de l'envye que le Roy avoit tousjour M. le chancelier rendist les sceaux , et de il
DB FOimNAT-MARBUIIi. [1628] Hg
:, il le descrédita tout-à-fait, aussy bien que M. de sieux, lequel prévoyant longtemps auparavant cest je, eust bien voulu qu'il les eust quittés dès qu'ils eurent esté donnés; mais il ne le peust obtenir, la icipale autorité d'un chancelier venant du sceau. ja première marque de leur défaveur fust dans le érend qui survint entre madame de Chevreuse et onnestable de Montmorency, pour leur charge de ntendante de la maison de la Reine et de dame mneur; madame la cx>nnestable disant qu'elle n'at pris la sienne qu'à condition qu'il n'y auroit point sorinteadante , et que comme c'estoit une injustice it elle n'avoit peu se deffendre à cause de la grande Nir du connestable de Luynes, elle dcmandoit que loy luy en fist raison. A quoy madame de Chevreuse londoit qu'ayant esté pourveue de sa charge dans formes ordinaires, elle n'en pouvoit pas estre dessédée, cela estant sans exemple. Néanmoins, comme Roy, qui n'avoit jamais beaucoup aimé madame Chevreuse, se montroit assés indiffèrent, et disoit iloir entendre les raisons des parties pour faire ice, M. de Chevreuse se laissa aller à mettre la rge de sa femme en compromis, et donna ses pa- *s à M. de Châteauneuf, commis pour s'instruire l'affaire et la rapporter devant le Roy, sur Tassuce que M. de Puysieux luy donna qu'il ne luy seroit it fait de tort. Mais il en arriva tout autrement , lame de Chevreuse ayant esté despossédée, et maie la connestable maintenue. Il est vray qu'elle fust mipensée de la charge de premier gentilhomme de hambre qu avoit le connestable de Luy nés, à lalle il n'avoit point esté pourveu, et qui fust don-
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née à M. de Chevreuse. Ensuite de quoy le iiilh|im de Portes ayant mieux aimé que madame la ooawstable, dont il estoit héritier, quittast aussj laskme pour une paniille récompense, espérant de Tavoir, ou, la faisant vendre, d'en profiter, fist tant enven H. de Montmorency, sur qui il avoit tout pouvoir , et qmor toit principalement cousidcré dans cestc affaire, i» dame la connestable estant sa bclle-mere, quli ftà celle qu'avoit eue M. d'Humiercs, que le Roy Yooki bien luy donner, pour mettre auprès de la Reîaeli comtesse de I^nnoy, qui estoit plus à son gré.
M. le chancelier ayant vcu par ce jugement, ctjMr plusieurs autres marques, le mauvais estât de srsiA faires, pensa y remédier en rendant les sceaux; m»! estoit trop tard, car le Roy estoit tellement prêtai par M. dcLaViévillc et par la Reine mcrc mesnie,ifail le pouvoir s'augmentoit tous les jours (le cardinaf ; Richelieu, qui la gonvernoit, ne voulant pas damh conseil une teste pareille à celle de M. le chancefaî de peur qu'il ne luy fist plus d'obstacles que M. drif Viéville pour y entrer, ou pour y prendre toule Fi rite qu'il y a eue despuis) , que cela estoit irrém De sorte que M. do Puisieux et luy eurent ordre de retirer en une de leurs maisons de campagne, coitf un an auparavant ils y avoient fait envoyer M. •ftrê* Schomberg, Dieu n'ayant pas pennis qu'ils fussent ph longtemps sans en recevoir la rétribution. I^essoei* fuirent donnés à M. d'Aligrc.
[1624] Pendant le carnaval, le milord Riche»^ puis nommé le comte de HoUand, vint à l^iris p** sonder sy Ton voudroît entendre au mariage de M*"
dame et du prince de Galles; le peu de considêriW» i, ,
SX FONTBIIAT-MARBUIL. [l6si4] S6l
voien^ eu les Espagnols de toutes ces grandes lœs ayant tout-à-fait porté le Roy son père et luy lUier avec la France, où il pouvoit trouver les oies grandeurs, et peut-estre du secours pour le it>liMeineQt du palatin, qu'ils voyoient bien que les igaols Qeferoient jamais de bonne volonté : ce qui très bSen receu , non seulement parceque la Reine e le deâroit pour ne voir pas ceste fille-là moins bien âgée que les autres, mais encore pour diviser les ^ois d'avec les Espagnols , dont Tunion avoit fait : de peur (0.
je Roy estant allé au commencement du printemps smpiegne, la Reine mère voyant le conseil du Roy affoibly par le départ de M. le chancelier, et les ires se multiplier, creust ne pouvoir pas trouver meilleure occasion pour y faire entrer le cardinal de belieu, employant pour cela toute son industrie et e de tous ceux qui dcspendoient d'elle, et qui avoient Ique crédit auprès du Roy; dont néanmoins il se Qtroit sy eslongné, que le voyant, bien peu aupaant qu'il y fust admis, passer dans la cour du chas- I, il dit tout bas au mareschal de Prasiin , qui estoit rès de luy : ce Voilà un homme qui voudroit bien tre de mon conseil; mais je ne m'y puis résoudre, Hès tout ce qu'il a fait contre moy. » Ce que le maluA de Prasiin redist à l'heure mcsme au mareschal Bassompierre et à moy.
Féanmoins, quand il vist toutes les choses qui luy ient tomber sur les bras, tant pour la restitution de
Le prince de Galles, devenu roi d'Angleterre sous le nom de les premier, épousa madame Henriette-Marie de France le 1 1 t69S.
56a t'^^4] M1&M0IBE8
la Valtoline, à quoy sa réputation leDgageotti^ que pour le mariage d'Angleterre, où il se trouvoit bkm des dit ficultés à cause de la religion, et polir les difierents qu'il avoit avec M. de Lorraine, qui à Texqpipla de sB prédécesseurs faisoit tous les jours quelqiw aowdle entreprise sur les terres de la proteclion ^JBU>y,(i quoy le roy d'Espagne et l'Empereur pouviMfiit tr» per, il ne creust pas M. de La Viéviiie, ainsy ^flie (ni de gens Iny disoient, assés fort pour luy donner tas les secours dont il auroit besoin, et il se résolmtde complaire à la Reine sa mère, se persuadant qu'il pov^ roit luy estre aussy utile comme il luy avoit autrefiÀ fait de mal. De sorte qu'il l'y fist entrer le quatricae de may 1624, jour véritablement très heureux pov le Roy et le royaume, veu led grands services qu'il 1 rendus.
'Mais ce qu'il faut remarquer, c'est que M. deli Vîéville, ignorant IVstat auquel il estoit avec le Ro«; et combien son crédit estoit diminué, y conseirii' librement, soit par la connoissance de sa pi-oprcA'' blesse, ou par une trop grande présomption dé sN. bon esprit; croyant pouvoir tousjours tenir le dc88»j en quoy il fust bien trompé : car dès que le Roy IW| connu , il luy donna la conduite de toutes ses nSfùfi Et luy, prenant tout ce qu'il y avoit eu de bon 4* tous les gouvernements précédents, et non pas letet^ blesses, porta h la fin l'autorité du Roy plus hautq»*** n'avoit jamais esté tant dedans que dehors le roysaoe. ayant en très peu de temps réduit les huguenots ctfr teint leur faction , abaissé l'autorité des grands, &^? tous les mouvements esmcus par la Reine merertp* Monsieur, secouru et maintenu les alliés en Italiccltf
DB FOHTBNÀT-MÂBBUIL. [l6a4] ^63
Allemagne contre rEmpereur et le roy d'Espagne, et fait enfin, contre l'avis de tout le monde, déclarer la guerre aux Espagnols mesmcs , sur lesquels on a eu de sy grands avantages que leur impuissance a paru clairement, et ce que peust la France quand elle est bien gouvernée.
Mais comme tant et de sy grandes choses, et particulièrement tout ce qu'il luy fallust faire pour ajuster des interests aussy différents que ceux des alliés du Roy (lesquels vouloient bien l'abaissement do la maison d'Austriche, mais non pas la trop grande esicvation de la France, et pour laquelle néanmoins il les a souvent fait travailler contre leur propre inclination), ne se sçauroicnt bien dire que par celuy mesme qui les a imaginées, je ne parleray aussy que de ce qui en est venu à ma connoissànce dans tous les emplois dont j ai ele cijarge.
Ici se termiDe la première partie des Mémoires de Fontenay-Marenil. La seconde se compose des morceaux détaclics, mais clic ue coo tient mallieareosepas tout ce (pic Tauteur avoit promis dans le cours de ce volome.