‹ Mémoires, publChapitre 16 sur 45 · I MEMOIRES · texte numérisé non relu

I MEMOIRES

taidnps de tes en avertir, ti ({u'cii altentlant le Boj s'avaMa«t [}as davantage. Mais cela ne luy ^ant "7""Sir Roy ne les vÔulunt pas seulement escoi etj^S|vant pressé, M. de Lii^;on les fîst retoun el.lir^tïpellegarde avec eux, à cause du crédil t «voit avge M. deLujnes , pour dire que la Reine ofl de traiter sans rien attendre, et de signer uiest» traité aux conditioDS qu'on avoit autrefois proposi qui estoient qu'on désarmcroit , que cliacun rentre dans ses chaires; et autres choses accoutumées eo s< blables cas.

A quoy M. de Luyncs eust volontiers coDseohr^' la guerre luy faisoit de peur, si ceux, auxquels l'aca modement déplaisoit , et M. le prince particuliera» n'eussent dist qu'il en falloit au moins excepter If Bciers d'infanterie qui avoient abandonné leurs 4 pour aller trouver M. de La Valette, protestant» . leur défection demeuroit impunie, on verroitt&f tume de quitter le service s'introduire parniy le^K pps, et le Roy ne pouvoir plus s'assurer s'il aurc»armée ou non : ce qui seroit de la dernière conséqjr-

Ceste difficulté ayant esté approuvée du R^a mandée à Angers, la Reine tint ferme, et vv^mt chose générale. De sorte que toute iiegociaticsts^ esté dès lors rompue , si les desputcs,- voyant le jte besoin qu'on avoit de tous costés de la paix, oii fussent résolus de demeurer à la cour pour fiinè nouveaux efforts auprès de M. de Luyoes, p«adMl que ceux qui estoîent restés à Angers en fer(Heiitr~ auprès de M. de Luçoa, afin que l'uo ou l'autieil relâchant de quelque chose, un y peust trouver godifRl temperanunent.

DB fouteivài-mareuil. [i6ao] 479

Or 9 le besoia qu'on en avolt du costé de la Reine vif v^cQoit de ce que sans cela elle estoit nécessitée icî se voir assiégée dans Angers (a quoy elle avoit ft^^rss /«E» cJerniere répugnance), ou s'en allant, d'y laisser ^.#3 £^ d^ gens pour le garder, et empeschcr que le peuple, £ji Mm^^ demandoit qu'à se rendre, n'ouvrist les portes j^ X^^^^,3^ -s q^'il "c l"i restcroit quasy rien pour demeurer gy^^^^ <1 elle. De sorte que, soit qu'elle allast à Augou-

u autre part, elle y seroit fort peu considérée^ merci de M. d'Ëspernon ou de M. du Maine; 4\^^^^^^ M. de Luçon ne vouloit pas, craignant qu'à ^^^ » J s ne s'accommodassent à ses despens.

oy aussy avoit grand intérest de faire la paix, le si le siège d'Angers, défendu par une armée.

► d^^ ^^^»r^ pouvoit bientost secourir, estoit jugé impos-

-^\^ "» * 1 ne devoit pas moins appréhender de voir la

'A^^^^^ lïors de là, et entre les mains de gens dont on

^ ^gof\^^^%%Q\\ Tesprit et les desseins, ou mesme dans celles

^ ^ft^ ^^guenots, telle chose pouvant arriver que M. de

j^ * 'j^l^J'^^x n'en seroit pas le maistre, et ne le pourroit pas

*^ f^V^^clier. C'est pourquoi quand M. de Luynes vist

-cr*-^ .if* ^^ s'opiniastroit sy fort à ce restablissement qu'oa

^ <>" ^^^Pouvoit rien faire sans cela, il y disposa le Roy ^

jt - .>î'- Malgré toutes les oppositions qu'on y faisoit, fist

c»*^^^3,îi "^^ï" les dcsputés pour en porter la nouvelle ; de sorte

\ \k P^ ^ ûy eust personne qui ne creust la paix faite.

\^c P*^^ "^tais, soit que ce fust par hasard , ou, comme quel-

[^L^viief 1 ^^ ^j^g disoient, par l'artifice de M. le prince, qui

ea '^^"^j ^rda tant qu'il peust ceste résolution ; tant y a que

n f^ * ^^ desputés n'estant point partis qu'on ne fust arrivé

^ Verger, qui est a quatre ueues d Angers, us ne

^^reiit ce jour là y entrer , et furent contraints d'at*

48o [1620] MÉMOlABi

tendre au lendemain , auquel estant all^ dufiE M. ^ Luçon, et puis avec luy chez la Reine, ils eurent bem crier que la chose prcssoit, et que le Roy, qui defott partir dès la pointe du jour pour aller au Pônt-de-Cé, ne leur avoit donne que jusques à midy pour ne le point attaquer (de sorte que s'ils arrivoient plus tard, ils n'assuroient de rien), les femmes de chambre, ij M. de Luçon mesme, n'osèrent jamais l'esveillen B ainsi pour la seconde fois cela lui cousta cher; carlo desputcs n'ayant pu parler à elle que sur les onze heuro du matin , ny se rendre auprès du Roy qu'après mid^ ils trouvèrent les retranchemens emportés, et tout ce qu'ils avoient fait inutile, les choses ayant change <k face.

Le Roy estant donc party du Verger au temps qiï avoit dit, il arriva à dix heures avec toute rarmëeàfc veue du Pont-de-Cé, où, encore que quelques uni i^ présentassent à M. de Luynes , dans un grand coMol qui fust tenu , le péril où il se mettroit de ix>mpi« traité qu'il avoit tant désiré, sy, sans» attendre le i tour des desputés, le Boy s'avanroit davantage, etqil ne pourroit peut-estre pas empescher, quand il plus proche des ennemis, qu'il n'arrivast qi chose qui l'engageast malgré lui à combattre (de qu'outre que cela seroit contre ses interests, qu'il soit mieux trouver dans la paix que dans la il iroit encore de sa réputation , tout le monde qu'il se seroit laissé abuser); ils ne peurent moijis empescher que , suivant l'avis de M. le pi^k^^ on n'allast au Pont-de-Cé de la mesme sorte que ^ on eust voulu l'attaquer, afin, ce disoit-il, dctoj*'- * forcer les retranchements, sy la i*esponce de la R

DB VOHtBlTAT-MARSYril.. [l6ao] 4^1

lit pas telle qu'on te promettoit, et sy elle Testoit, rer que la paix se seroit faite Tespée à la main , et ae si la Roy l'avoit donnée, ce fust la seule espérance de ceste petite vanité lonna dans les yeux de M. de Luynes, et le fist sy lent consentir à n'attendre point les despotes , ne tirant poiut, quoy qu'on luy peust dire, qu'il peust forcé de combattre quand il ne le Toudroit pa». Dieu , qui vouloit faire tirer de ceste action des tages pour sa gloire qui ne se dévoient pas raiiblement espérer, pennist que les choses se pas- Dt tout d'une autre façon qu'il n'avoit imaginé. >rès donc que la résolution de s'approcher davMidu Pont-de-Cé eust esté prise, et de l'attaquer sy icaputés n'apportoient pas contentement, le Roy ist pour cela M. de Canaples (0, avec le régiment irardes, les Suisses commandés par leur colonel (*), s régiments de Picardie et de Champagne par !unet et le comte de Maurevel; et pour la caval- U prist ses chevaux-légen et ceux de Mondear, nandés par messieurs de Contenant et d'Elbene; les lagnies de messieurs de Yendosme, grand prieur, s Yemeuil, par messieurs d'Heure, de Lopes et a Boulaye , et les carabins de M. Amauld : le tout nt environ sept mille hommes de pied et sept ou cents chevaux. Le régiment de Champagne fust »ur là préféré à celuy de Navarre, quoy que ce fust son semestre, à cause qu'il n'avoit point le marde Thémines son mestre de camp , et que M. de

W, de Canaples : Charles , cire de Oéqai et de Cn^iiles, mettre mp du régiment des Gardes eo 1604» fat fiùt iQuéciial de e co 1 6a 1 . — C*) lêur colonel : M. de Bassompierre.

48a [1620] MÉMoimst

Créquy, duquel le comte de Maurerel estoU heau-frcre»

luy Cst faire ce passe-droit.

Le Roy, M. le priace, M. de Luynes , toute la ooor, et plus de douze cents chevaux composés des gen- .darmes et des chevaux-légers de la garde, et de plusiciin autres compagnies de cavallerie, marchoient un peu derrière, et comme en un gros de réserve; et les i» giments de Navarre et de Piémont , avec tout le mie de la cavallerie et de Tinfanterie, firent teste du coilé d'Angers , où il estoit resté trois ou quatre mille hoames ( le surplus des troupes de la Reine estant au Poil de Gé), qui eussent peu prendre par derrière et fortiicommoder les assaillants, s'il n'y eust esté pourveu. Le roareschal de Praslin commandoit les troupes qui^j voiepit faire l'attaque; et sous.luy messieurs de Trendl»! do^Créquy, de Nerestan et de Rassompierre, imn^ chaux de camp. Maïs comme on se reposoit priiMp lement sur messieurs de Gréquy et de Nerestan à ow de leur expérience et capacité, M. de Créquy demeM à U teste de Tinfanterie, pour la jnettre en hatak eC la faire marcher quand il en seroît temps ; et U, Ai Nerestan alla avec de la cavaUerie pour recooi les retranchements.

U trouva celle des ennemis dehors, qui mt l'en vouloir empescher; mais n'ayant peu soal charge qu'il leur fist , il s'en approcha enfin d'anéij pour voir qu'il y a voit du désordre parmy eux,elj leui's bataillons branloient, et s'esclaircissoientiyi qu'il seroit aisé, en les prenant sur ce temps Ià,dei emporter. De sorte qu'en ayant aussytost avertj VLèA Lnjrnes, et que, pourveu qu'on se depeschast, il i*** pondoit de la victoire; le Roy, fortifié par M. le priaoi^^,

DE POlfTBlfAT-MAlIBUIL. [l6ao] 4^3

ulust absolumeut qu'on y allast; et M. de Luynes^ DS Tempérance de la gloire et des avantages qu'il en :evroit, le temps aussy qu'il avoit donné estant plus e passé, s'y laissa aller, quelque résolution qu'il eust ise au contraire. Tellement que M. de Praslin ayant ordre de faire marcher les troupes que M* de Créy, comme s'il eust preveu ce qui devoit arriver, oit dcsja mises en bataille, et fait avancer jusques à portée du canon des retranchements , elles y allèrent ec tant de joye qu'elles furent bientost aux mains ec les ennemis.

Or le trouble que M. de Nerestan avoit veu dans les

Tanchements venoit de M. de Retz, qui en retiroit

. troupes parceque M. de Marillac luy ayant esté pi*ë-

^ pour le commandement du Pont-de-Cé, la Reine

j avoit encore refusé, quand les desputés furent

tius pour luy faire signer le traité, de leur parler

quelque augmentation de garnison qu'il prétendoit

ir ses places de Bellislc et de Machecoul , disant qu'il

ivoit parlé trop tard , et qu'elle ne le pourroit faire

hasarder de rompre ce qui luy avoit tant coûté à

nir; ce qu'elle ne vouloit pas : dont il se tint tel-

Qt offensé, que, luy reprochant qu'il avoit tout

î pour la suivre ( car il est vray que M. de Luynes

voit fait offrir de très bonnes conditions, par le

lal de Retz son oncle, pour le faire demeurer

. du Roy), il protesta de renoncer à elle et à

lilé, et de ne la servir jamais, partant d'Angers

elle l'eust signé, et allant au Pont-de-Gé, où il

plus de douze cents hommes qu'il y avoit, et

îna en Bretagne. Et d'autant que les desputës

oient le traité n'allèrent pas sy viste que luy,

484 [l6ao] MÉMOIRES

il arriva beaucoup plus tost aux retranchements qii'eui auprès du Roy, et en retirant ses gens s'en alla sans vouloir demeurer, quelque prière qu'on luy en fist, ny encore qu'il vist l'armée du Roy sy proche ; tant il estoit en colère, et persuadé qu'ayant veu signer le traité la paix estoit faite, et qu'on ne pouvoit pas combattre.

Geste action fust fort blasmée, non seulement de la Reine mère, qui n'en parloit jamais que comme d'une trahison, mais encore de la pluspart du monde, qui, n'en sçachant pas le particulier, en jugeoit selon les apparences. Mais quand il se fust passé quelque temps, et qu'on le vist sans récompense, ceux qui en jugèrent sainement et sans passion creurent bien qu'il ne l'auroit pas fait de concert avec M. de Luynes , pour ne rien avoir; et que s'il luy eust promis quelque chose, il n'auroit pas manqué de luy donner, en la conâfferation oii le cardinal de Retz estoit auprès de luy. De sorte qu'il falloit nécessairement qu'il eust esté trompé* croyant, comme je viens de dire, la paix faite ; et que quand il vist qu'elle ne l'cstoit pas et qu'on combattoit, il n'osa retourner, estant desja trop loin, et oV pouvant arriver que trop tard.

L'ordre d'attaquer ayant esté donné, l'infanterie, qui estoit en bataille sur une mesme ligne, comroeoçi à marcher, et le canon à tirer. Mais M. de Créqur voyant quelques gens, derrière des fossés et des haws qui estoîent sur le bord de la rivière et hors des retraachements, qui le pourroient incommoder, y envon les enfants perdus du régiment de Champagne , qui les firent desloger; après quoy, reprenant leur premiefe place, ils allèrent avec les autres droit aux retrancbe-| ments.

DB FO]|TBlfAT«>MARBUIL. [l6ao] 485

Le combat n'y fust pas grand : car, soit que ceux qui les gardoient fussent estonnés d'avoir veu M. de Retz les abandonner, ou de la vigueur avec quoy on alla à eux; tant y a que, faisant simplement leur desr charge sur les enfants perdus, ils s'enfuirent dès qu'ik les virent approcher, et qu'il n'y eust que le comte de Saint-Aignan (0 qui fist de la résistance, chargeant .1^ rudement les gardes quand ils furent à demy passés ^ qu'il les eust peut-estre fait retourner, sans que voyant de tous les autres costés entrer des bataillons et m«me de la cavaiierie par des ouvertures qu'elle avoit trou* vées , il craignist d'estre enfermé , et se voulust retirer par une rue du faubourg qui mené à la campagne. Ce fust en cest endroit où le combat fu$t fort opiniastre; car s'estant mis à la queue avec quelques autres pour donner temps à ceux de devant de passer, il tint fort longtemps ferme a l'entrée de la rue, et jusques à ce que son cheval ayant esté tué sous luy , il fust pris pri- «onnier.

Le régiment de Picardie ayant passé les retranchements, trouva des barricades à une autre rue du faubourg qui n'estoient pas encore abandonnées; lesquelles,. M. de Nerestan ayant fait attaquer, elles furent em.portées avec la mesme facilité que le reste : mais il y xeceust un coup de mousquet qui luy rompist la cuisse , et M. Du Marais (^), (ils de madame de Sully, qui faisoit la charge d'aide de camp, en eust un dans le

(<) Le comte de Saint-Aignan : Honorât de BeauTÎlUery comte de Sunt-Aignan, mestre de camp de la cavalerie l^ère, mourat le aa féy Trier i6'ja. — (>) H. Du Marais : Philippe Huraalt, seigneur daltfarais» fils de François Huraulr et de Racbel de Cochefilez. Celle-ci étant d%' venue vcnve en iSgo, se remaria à Moximilicn de Béthune, depoia^ duc de Sully.

486 [i6ao] HiMonuM

corps; dont ils moururent tous dent'cfûdqiie temps

après.

Cependant ceux du régiment des Gardes suivirait de telle sorte les fuyards , qu'il y en eust quelques uns qui passèrent le pont avec eux, et furent sur le foné du chasteau , tuant ou prenant tout ce qu^ls renoontroient : ek ils se jfîissent à la fin eux-mesmes perdus, ^ de leurs officiers ne les eussent ramenés à couTCrt, oii se barricadant ils attendirent le secours que M. de Créquy leur envoya par eau , n'ayant osé le faire pisser sur le pont y qui estoit enfilé.

Dans ce mesme temps Du Tiers, cornette des à»vaux-légers de la Reine mère, venant d'Angers afee vingt de ses compagnons, se voulust jetter dans le di»teau; mais comme il falloit traverser toute l'armée poor passer à un gué qu'il sçavoit, il ne le peust faire sav estre reconnu, et tout ce qui le suivoit pris ou tné. Quant à luy, ayant despuis esté trouvé parmy lesmorii et porté dans un logis , il fust sy bien pansé par dfl( chirurgiens que le Roy luy envoya, qu'il n'en moorust pas.

Sur le soir toute l'armée vint camper dans la pnônSi et on travailla toute la nuit à mettre en batterie an boit du pont deux pièces qu'on y avoit trouvées, et qu'es tourna devers le chasteau ; lesquelles tirant dès le Oft» tin, obligèrent le vicomte de Betancourt qui y oommandoit, et voyoit sa perte inévitable s'il attendoit qu'on eust fait brèche, à capituler et sortir avec armes et bagages, mais la mesche esteinte, et sans drapetOL

La Reine perdist dans ceste occasion plus de septoi huit cents hommes qui y furent tués, et quantité de faits prisonniers, entre lesquels estoient le comte de

DE FONTENÂT-MÂHEUIL. [1620] 487

Saint-Aignan , le marquis de La Fosseliere, et autres: mais du costé du Roy il n y en mourust que fort peu ; tellement que la joye eust esté complète, sans la perte de M. de Nerestan. Ccstoit un fort bon capitaine, qui a voit veu toutes les guerres de la Ligue, et qui ayant eu une grande part dans ccste action, auroit esté fait aussytost après mareschal de France. Le Roy le fust voir, et en tcsmoigna un extrême regret. Son fils luy succéda en la charge de grand-maistre de Saint-Lazare. Quand M. de Luçon vist que le combat luy avoit sy mal réussy , quoyqu'il connust bien qu'ayant encore plus de cinq mille hommes dans Angers (car tous les restes du Pont -de -Ce s'y estoient retirés) il pouvoit aisément donner temps aux secours qu'il attendoit de venir, et que joint avec eux il seroit plus fort que le Roy : sy est-ce que considérant que les choses ne s'es» tant pas passées dans ce commencement comme il avoit espéré, la continuation de la guerre seroit plus propre pour ceux qui auroient les armes à la main que pour la Reine mère, estant presque impossible qu'à la longue ils n'empiétassent toute l'autorité, et ne la contraignissent de despendre d'eux (joint qu'on pourroit mesme craindre que sy quelqu'un , estonné de ce mauvais succès, se portoit, pour faire mieux ses affaires, à traiter séparément, tout le reste ne le suivist, comme il arrive souvent dans les partis composés de plusieurs lestes, et qui ont des interests différents); et s'il y mesloit quelque chose du sien particulier, qu'il luy seroit peut-estre aussy meilleur, ainsy que M. de Bellegarde Juy avoit dit à Tours , que la Reine mère peust approcher le Roy et ne le quitter plus, que d'en estrc tousjours eslongnée; il se résolust de traiter promptement

488 [l6ao] MÉMOIRES

et pour tout le party en général, afia d^empfidMsr lo traités particuliers, qui ne luy eussent pas tourné i compte; et pour y obliger M. de Luyaes^ de luy accorder tout ce qu'il voudroit.

Or pour y parvenir il n'ayoit besoin que de le tooloir^ car M. de Luy nés estant las de la guerre et oodt tent de sa victoire, avoit aussy une très grande envjf de s'accommoder; de sorte que, renyoyant à la EeÎM tous les prisonniers de sa maison et tous le^ drapem où estoient se« armes, il luy fist dire qu'il avpit bao? coup de regret de la voir engagée dans un sy roaufé party ; qu'il souhaitoit passionnément qu'elle en vouiotf sordr, et se tenir auprès du Roy, l'assurant qu'eb/ recevroit tout Thonneur qui luy estoit deu.

Ce qui, donnant un beau prétesite à M. de Luçm de faire ce qu'il avoit desja projette, l'obligea, pav n'en perdre pas l'occasion, d'^nyoyer aussytoit^lf^ mander un passeport pour le cardinal de SonniiiHpfiQ, et pour luy, et d'obtenir de la Reine de pouvoir dfiir la carte blanche : tellement qu'estant arrivé, le tialB,l, fust aussytost conclu, tout semblable à cduy quianlK q esté fait devant le combat, excepté de ne reiDdtli|^ point ceux aux charges desquels il avoit desja eâ pourveu, comme le comte de Saint- Aignan çttooskipr* j officiers d'infanterie qui avoient quitte son serY^tf et de ne pas désarmer, a6n de pouvoir aller doait|ier?' ordre aux affaires de Bearn; le Roy n'ayant voulu tktf que ces seuls avantages de sa victoire, et deYoirkpsa Reine sa mère revenir auprès de luy.

Mais parceque l'union des favoris poqvoit rendreb paix beaucoup plus assurée, on y résolust aussy le

(0 Le cardinal de Sourdis : archeréquc de Bordeaux.

DB voiff^iiAT-iiAasinÉii. [i6ao] Ifig

igifle M, de Comtialet, neveu de M. de Luynés, avec idemoiselle Du Pont-de-Courlay, nieee de M. de içon , pour estre fait quand on seroit de retour à iris. M. de I^ Curée eust la charge de mostre de mp de la caTaliene légère, qu'a voit le comte de int-Aignan (i).

Dès que le traite eust esté signé , la Reine mère l'enya à tous ceux de son party, lesquels n y trouvant m de ce qu'ils avoient espéré , en furent fort mal saiaits, et M. du Maine particulièrement, qui, ayant le très grande armée et preste à partir, ne pretendoit 18 que le Roy en deust estre quitte à sy bon marché. Il llost néanmoins qu'il Tacceptast aussy bien que les aues, parceque n'ayant ny le parlement ny les plus grandes lies pour luy, il auroit peu difficilement continuer la i&re, le prétexte de la Reine mère luy manquant. Il est vray qu'il ne s'en devoit prendre qu'à luy; car I eust voulu envoyer cinq ou six mille hommes des emiers levés , comme il en avoit esté plusieurs fois ié, le Pont-de-Cé n'auroit couru aucune fortune; et il n'auroit pas laissé après cela d'avoir encore assés gens pour aller joindre ceux qu'il auroit envoyés, et Kiner la loy à tout le monde, comme vra)^scmbiable- ^t il pretendoit. Mais on ne peust jamais le luy périmer, tant parceque ne croyant pas que le Roy deust ersy viste, il pensoit tousjours y pouvoir estre assés emps, et qu'arrivant avec toutes ses troupes il feroit H aisément tout ce qu'il s'cstoit proposé que s'il les

') Peu s'en fallut que Ton oe fit le procès au comte de Saint- Ai- >n; il ne dut la -vie qu'aux représeutations de Bassompierre et de de Créqui , qui l*aToieat fait prisonnier. ( P^ojrez les Mémoires de aompiciTe, t. ao, p. aoo, deuxième série de cette Collectioa.)

409 [^k6%ù} MBHOimiS

etMwbçBfétêj que parcequ'enflé de cesleynfMitmA peu lever plus de vingt mille hommes sur son seul endit (ce qu^aucun autre n'avoit jamais fait, ceux que M. d'Acier mena au prince deCondé, au commencement des troisièmes troubles, n'estant que des ge» ramassés de toutes parts pour fuir la persécution quea leur faisoit, et dont la plus part ne se oonnoissoieit pas), il vouloit se voir à leur teste, et s'y montrer àm son gouvernement, pour donner terreur à tout oen qui ne seroient pas ses amis, et les empescher deria faire contre luy pendant son absence.

En ce mesme temps le Roy voulant finir avec la huguenots en leur tenant parole, envoya M* le prâtt à Paris pour disposer le parlement, où il avoit gnn^j crédit, à les satisfaire sur le subject du conseiller; il nomma M. de Blain ville, frère aisné du maistieèj la garde-robe, et qui estoit huguenot, pour le neroent de Lcitoure, prétendant qu'après celaibi roient aussy obligés de le contenter pour l'affaire Ç Béarn , laquelle il vouloit finir comme elle avoit résolue , et aller pour cest effet à Bordeaux , et ji en Beam s'il en estoit besoin. Mais il voulust ai vant voir la Reine sa mère , et luy donna rendés-i à Brissac , qui n'est pas loin d'Angers.

Il fust donc l'y attendre , et l'y receust avec toasi témoignages de respect et d'amitié qui se pouvok car il alla bien loin au devant d'elle, mist pied à tent|ijcs dès qu'il la vist , et dans les trois jours qu'il y dei ne la quitta quasy point. M. de Luynes et M. deLuefli^ se virent aussy fort souvent, et semonstrerentbieoi^lip tisfaits l'un de l'autre; de sorte que tout le mondée' id augura une paix de longue durée. ^ «^

m V01ITBMAT-MAB£U1L. {1620] 49<

De BrisMC, le Roy alla à Poitiers, jusqués où la tne mère le conduisit; et M. du Maine le vint trour, aymant mienx le faire de bonne volonté que nme s*il y cust esté forcé. Ensuite de quoy la Reine a alla à Tours et à Fontainebeleau, pour n'entrer înt à Paris sans le Roy ; et luy prist le chemin ide ffdeaux.

Arrivant à Âunay, il y trouva M. d'Ëspernon «{ni Iny I de grandes excuses de ce qu'il a voit fait , avec force tHestations de n'y retourner jamais ; et les despotes t La Rochelle vinrent à Saint-Jean-d'Angely pour aarer de leur obéissance.

> Or, parcequ'on n'estoit qu'à dix lieues de La RobiUe, et qu'il n'y avoit point de ville en ce temps là ifist plus de bruit, cela donna envye à beaucoup de te d'y aller, mais entre autres à messieurs de Créquy, lia Rochefoucaut , de Bassompierre , de Yilleroy et f ontenay. De quoy le maire ayant esté averty et ^"Voulant traiter d'une autre façon que tout le reste, hdse de messieurs de Créquy et de La Rochefoucaut, ds consideroient l'un comme gendre de M. d'Ësdi- Ifere, et l'autre comme un des plus grands seigneurs pays , et descendu de gens qui s'estoient autrefois t signalés dans leur party , il les vint attendre à porte des Congnes avec quelques uns du corps de le.

^ussytost qu'ils furent entrés , il leur fist voir tout i|ui se peust des fortifications. Le soir venu , il left lia chez M. de Créquy, où il avoit fait préparer un t grand souper ; et quand il se fallust retirer , il y t des bourgeois qui conduisirent tous les autres ks des logis qu'il avoit fait choisir tout auprès, non

(1630] HÉUOinBS

pas tentssns doute pour n'avoir pas loin à aller, pour les pouvoir garder plus faciletnrnt ; car ib des sentinelles devant chaque porle, et un c . garde au milieu, qui n'en partist poiot qu*a*ee &y il se fist encore toute la nuit des patromllei, s'ils eussent appréhendé qu'une vingtaine d1 qu'il y avoit tout au plus dans ceste compugt enlrepris suc leur ville (<). Mus ce n'estoit pat occasions là seulement qu'ils montroient leur < d^ance, et se donnoient une infinité de pein soins; car ils veilloient incessamment sur eux-n les principaux et le menu peuple n'estant prw mais d'accord. De sorte qu'ils n'avoient n<» ) repos, durant la plus grande paix, que s'ils • est^-«)t une guerre ouverte ; ceste liberté , qal teB4oi«at avoir plus grande que toutes les autn du royaume , n'estant assurément qu'imaginair Le Roy estant allé de Saint- Jean à filaye, M beterre ('), qui en estoit gouverneur, ne troun sonne qui le protegeast pour avoir voulu de Jieutre etsans prendre party, en fust osté , et u vemement donné à M. de Brantès. Il est vra pour l'empescher de crier, il fust fait mare» France, et cust encore de l'argent, qui estoit payer autant qu'il valoit. JVÏais M. de Luynes ï en quelque façon que ce fust, avoir ceste place,

(') BaMompierre dît quelque! mots de oe voyage de Ll '( fo}-ez «et Mcmoires, (. 10, p. loS, deniièioe lérie de celte — {•) il. dAubeterrc: François d'Etparbez, vicomie d'A' baron de La Serre, murt en ifîïS. II aToii jpouié Hippol (^ird, petite' nièce de BrantAuic. ( fayrt notre Notice «ar fi ilaiéiede se* Œuvre*, I. i, p. Si.)

DB FOnTBlTAT-MAaBUIL. [1620] 403

vue def de la Guienne, et qui pouYOÎt tenir M. du Hiine en bride.

De Blaye on alla a Bordeaux , où M. du Maine AÙvist , et fist non seulement sa charge de gouvenrour, jflttis encore celle de grand chambellan, vivant en |ftaiites dioses de la mesme manière qu'auparavant , et l^oomie s'il n'eust jamais pris les armes contre le Roy : mB qui est ordinaire en France , et une politique toute particulière qui ne se pourroit point excuser ( ceste pnmde liberté qu'on y prend d'offenser les roys et de itt Ttévolter contre eux ne venant sans doute que de la ptittide facilité de pardonner, et de ce qu'on ne craint N^iiit d'en estre après plus maltraité), sy l'on n'avoit ^Bq qu'elle peust quelquefois estre bonne, les divers Ih^tés faits avec les huguenots les ayant fait demeurer Khs la suhjection , pendant que les rigueurs exercées les Flamands par le roy d'Espagne, et sa maxime point pardonner , luy ont fait perdre une bonne e des Pays-Bas. Mais comme il est certain que la uite de nos roys fust bonne dans des soulèvements

b- que ceux des huguenots ou de la Ligue, ausquels conscience engageoit,et la France se trouvoit toute tagée, aussy faut-il avouer qu'elle est fort mauvaise pt^nd elle passe en coutume, et qu'on ne met diffel^ice en rien ; n'y ayant point de doute que sy l'on y l^ttloit quelque mesure, et qu'on fist au moins ap- ''■^hender de ne pouvoir de longtemps revenir à la r ou avoir des emplois, qui sont des choses que François désirent ardemment , qu'ils seroient plus ^t^uus à se jet ter dans des partis où ils n'entrent le ^«Us souvent que pour de fort légers interests, et ^^Ustost parcequ'ils l'ont veu faire à d'autres et qu'ils

^94 [l62o] MiMOIMBS

croyent que cela est beau, que pour suliject qa*ib m ayent.

Dàs que l'on fust à Bordeaux y Ton oommençt a

parler de l'affaire de Bearn ; et parceque M. àe Lajnci

eust bien voulu l'accommoder à l'amiable, afin (Tes

tirer toute la gloire, sans se mettre au hasard d'une

nouvelle guerre , il envoya trouver M. de La Fofttp

pour luy offrir toutes les meilleures conditioos qu'île

pouvoit ; et il est certain qu'il n'eust soeu rien deanr

pour la seureté du remplacement qu'il ne l'eust eu^sl

eust voulu tout de bon y entendre. Mais comme il

cherchoit qu'à prolonger pour gagner temps, etllmr

qui estoit fort proche , s'imaginant que le Roy voudraèj

retourner à Paris, et que dans l'impatience qu'il es

roit M. de Luy nés, qui ne voudroit ny luy co

ny le quitter, seroit forcé de se rclasdier; joint frf

avoit tousjours monstre ne demander que la paix,it

craindre fort les huguenots; et enfin se fondant sork

foiblcsse d'un homme, laquelle estant véritable

aussy qu'il ne pouvoit résister à M. le prince, aupASi se

Amoux et autres qui vouloient la guerre, ilseo^

compta tout-à-fait, et donna ouverture à toutœ

se fist despuis contre les huguenots de France messe,

et au coup le plus dangereux qu'ils eussent enet*

receu. k* d

Or, pour parvenir à son but, il alla à Bordeaax,ttpc^ i

il s'assembla diverses fois avec M. de Luynes (tlilK»a

ministres; après quoy, comme sy toutes choses eusiertpabl

esté accommodées, il retourna en Bearn, prometUil

de faire vérifier la main-levée aussytost qu'il y seroit

arrivé : mais au lieu de cela il n'envoya que des ft ^^

mises, et en rejettant la faute sur les ministres, et stf

OB poHTBirAT^MABBiini. [i6ao] 49S

lelques gentilshommes qui alloient, ce disoit-ii, de us costés menaçant ceux qui parleroient d'obéir au oy. Il assura que deux eonseillers du parlement de lu iroient informer M. de Luynes plus amplement de utes choses, et luy dire ce qui s y pou voit faire. ^ Ces conseillers, ayant esté quelque temps attendus, rivèrent enfin , mais sans apporter rien de nouveau, isant qu'il n'a voit pas esté au pouvoir de M. de La orce de surmonter tous les obstacles qu'il avoit troués; ce que néanmoins il espéroit faire, pourveu qu'on ust patience. Mais le Roy, ennuyé de tant de. Ionlueurs et de remises , craignant qu'on ne luy en fist )us les jours de nouvelles pour luy faire perdre le Hnps, se résolust d'y aller luy-mesme pour y donner rdre, puisque M. de La Force dlsoit ne l'avoir peu faire»

0 dont M. de La Force ayant eu avis, il alla au devant ) luy jusques à Grenade pour l'en dissuader, luy re- "ésentant les incommodités du chemin, la pauvreté

1 pays, et que 1 edit se verifieroit infailliblement sans i*il se donnast ceste peine (0; mais le Roy n'y ayant tl égard, il retourna à Pau pour luy faire préparer U entrée.

Xe Roy y estant arrivé avec la seule cavallerie et ffanterie de sa garde, M. de Praslin ayant mené le ^te de l'armée à La Bastide et à Saint-Justin d'Arma- Mac, frontière du Bearn , pour n'y entrer point sans ^soin, il y fist assembler les Estats, et ordonner le établissement entier des ecclésiastiques dans tous leurs ^Qns et leurs privilèges , l'exercice de la religion ca-

C ■) Un arrêt de Yfrificatioii de l'édit y fut même apporté au Roi , ^ n'en continua pas moins son voyage. ( ^^«s le Mercure françoîs» Q^an. i6ao, f" 35o. }

4^6 [l6ao] M ÉMOI

tholique partout où il n'estoit point , et roiimi di pays et de la Navarre avec la France (>). Apràf quoj, suivant sa pointe , il alla à Navarreins, la seule forteresse qu'il y eust , dont le gouverneur nammé M. dr Sales, vers qui on avoit envoyé son frère, capitaine tu régiment de Navarre, pour luy offrir une bonne récompense, ouvrist les portes, et remist la place entre In mains du Roy. Le gouvernement en fust donné à M. de Poyanne , gouverneur de Dax , et catholique. On À qu'il ne s'y trouva personne qui le fust qu'une panne femme , laquelle estant née devant Tannée 1 569 qv la religion s'y changea, vescut jusques alors queb restahlissement s'en ûst , et mourust bientost aprii.

L'ordre nécessaire pour tenir le pays en repos 7 ayant esté donné, le Roy retourna à Paris, bien glorieux d'avoir en sy peu de temps dissipé le partydr la Reine mère, qui faisoit tant de peur; de l'avoir itmenée auprès de luy, et d'avoir achevé Taffaiieè Rearn, à laquelle son honneur ne Tobligeoit pas moitt Sit que sa conscience, mais qui fust une estincelle quipi^ftcch duisist l'année d'après un grand feu. Carie Roy netelHër pas plus tost hors de la Guienne , que les huguenol^ autant animés par M. de La Force, qui, outre IW rest de sa religion, dont il estoit fort zélé, cnipàW^ de perdre le crédit dans son gouvernement, qœ f^ les ministres qui perdoient un de leurs principaux •^^If' tablissemcnts, et où ils se trouvoient tout-à-&it la pt^ maistres, commencèrent à s'esmouvoir, et à dispotf les esprits à une nouvelle assemblée, sous le prélede ^'

(0 j4tfee la France : Le Roi réunit alors les conseils de basse Ntvv et (la Béam en un parlement , qui prit le nom de parlemcac de h^ (Mercure françois, t. 6, an. i6ao, fo 35o.)

DE FOXTENAT-MAnBUlL. [1620] 497

qu'où n'avoit pas attendu que les sept mois qu'on leur avoit promis pour ouïr leurs remonstrances fussent passés.

Pour arrester ces mouvements dans leur commen* cernent, le Roy envoya une déclaration au parlement, portant defTeuses à toutes personnes de faire des assemblées sans sa permission, laquelle fust vérifiée; mais cela n'empesclia pas qu'il ne s'en fist eu divers lieux, où c(^lle de Lu Rochelle fust résolue, comme le lieu le plus propre pour n'eslre obligés qu'à ce qu'ils voudroient. Il se fîst aussy quelques désordres à Montauban et en beaucoup d'autres lieux contre les catholiques, tant ils se montroicnt de tous costés animés, et ne respirer que la guerre.

Les despulés de plusieurs provinces estant arrivés à

\^ La Rochelle, firent esclore dès l'abord la mauvaise

volonté qu'ils couvoient il y avoit long-temps; car n'y

-. estant allé que les plus factieux, ceux qui ne vouloient

-4F PO"i^ l^ trouble voyaut qu'ils ne le pourroient pas em-

^ pescher s'en estant excusés, au mesme temps qu^ils

,-.^ parlèrent de desputer vers le Roy pour faire leun

ic- P'^^intes , et demander l'exécution de tout ce qui leur

ttr. *voit este promis par M. le prince et par M. de Luynes

il ^ confirmé par le Roy, ils se préparèrent à faire des

, .a *cvées de gens de guerre. Et l'entremise de M. de Les-

'j^ ^îguieres, qui fist tout ce qu'il peust pour arrester

■K ^^te fureur, n'y servist non plus que tous les voyages

î ^«^its tant par M. de Fa vas, desputo général, que par

■r ^autres, ne voulant point entendre que le septième

^ois , qui avoit esté pris pour ouir leurs remonstrances,

j ^Vstoit que sur la crainte qu'on ne peust pas sy tost

^U'on auroit voulu disposer M. de Fontrailles à sortir

5o. Sa

4p8 [1620] mAmoiku

de Lâtoure; et que l'édit de NaMet donasal poerelr à tout le ■K>nde, tant d'une que d^aufre rdigion, de rentrer dans ses biens avec toute l'autorité et les avaa^ tages qui leur appartenoient, la maio-levée des bieas des ecclésiastiques ne leur £iisoit nul tort , ne portant que . cela. Et quant aux autres cban^menta faks ci Beam,ils ne contrarioient pas plus à Fédil, puiif» Navarreins n'estoit pas place de seuratd, et qu'il m^ •stoît point parle de Tunion du Beam a^ec la FamùÊL comme ue prejudiciant en rien à la liberté de coa* science, pour laquelle seule l'édit se faisoit.

Il y en a eu qui se sont imaginés que, sur Topiaioa qulls avoient que M. de liUynes ne vouloît point h guerre, et que luy en faisant peur ils auroieot toottf qu'ils voudroient , ils s'estoient peu à peu engagés pb a?ant qu'au commencement ils n'ayoi<»nt prétendiiil de telle sorte qu'enfin ils ne s'en peurent desdire. Mil par toutes sortes d'apparences, c'estoit nq dessdaè longtemps prémédité par plusieurs des prindpfll d'entre eux, dont M. de Rohan estok le chef et le A recteur; voulant que l'édit fust exécuté de tous |MK| en leur faveur , et non pas en celle des cat pour les decrediter et le Roy mesme, gagner i quelque avantage sur luy, et, s'aflTranchissant petit do la subjection, pouvoir à la fin former publique comme en Hollande. A qiioy M, de MiAi f, c(ui préteodoit y tenir la mesme place du prnM w^ range, les ministres et les desputés des villes, etfi' bien mieux trouvé leur compte que le reste des pi^ seigneurs et toute la noblesse; mais beaucoup 4'cil^lcB p eux ne laissèrent pas néanmoins de s'y laisser alkr. Lmt

Ce fust, et me semble, un peu après le retour AlLfaî

DE POITEKAT-Miaseit. [1630] 4^

Itoy à Paris que niadei noise! le de lloiirboii, Glli> dr AI. le prince, fu&t uccordéc avec le princt- de JoiiivtJle, fiU aisiié de M. de Giiysc; «I M. de Joyeuse, qtii i-stoit le ïccuad , avec mademoiselle de Luyucs ; M . de Luyoes ayant pense U-iiir par ces alliances M. I<- prince et M. de Guyse plus altacliéi à ses intérêts. Mais comme ili irestoient pas eu iîge de se marier, et qn'il arriva despiils (le grands cliniigemcnts tant en M. de Ltiynct (|ui mourust , qu'en M. de Guyse qui fust contraint de sortir de France, ny l'un ny l'autre de ces maiîagcs ne saclievcrent.

Or, quelque envyo que M. de Luynes cust de ta paix, il luy estoit pourtant presque impossible de ravoir;car, outre la grande opiniastreté des huguenots pourœux <1« Bearn, et que leur assemblée, qui n'ostoit, comme j'ay desja dit, composée que de tout ce qu'il y avoit de plus factieux parmy eux, ne demandoit <]iie la guerre. il se trouvoit encore que tous ceux en qui M. de Luynes aroil le plus de confiance la vouloient aussy : M. le |moce, pareequ'il n'estoit pas assez considéré dans la paix ; M. de Guyse, pour ne perdre point cesie répulition que ses prédécesseurs avolent eue de perséouleurs perpétuels des Iirréliqucs; et quant au cardinal ^ Retz et à M. de Schomberg , qui tutoient du conseil, ])arce(]ii'ils croy oient , comme en effet il estoit véritable, ^ne l'auduce de ccsie assemblée de La Rochelle estoit inonlée ly haut qu'elle ne se pouvoit réprimer que par la force, et que tous autres moyens s'y trouveroicnt inutiles. A quoy le père Arnoux ajouloit encore, quand il en parloit à M. de Luynes, lu rcconnoissance qu'il d«voit des grâces que Dieu vciioit tout fralschemcnt de luy faire, et aoa vuu, dont il ne pouvoit, ce dîsoit-il, 3a.

'•5o6 [1610] MÉaiotASS

estre dispensé pUr qui que ce fust, pubquHl troutok une sy légitime occasion de sVn acquiter, H que ce seroit une ingratitude sy grande qu'elle hiy attîreroit peut-estrc à la fin des châtiments égaux aux bien&its; ce qui ne l'embarrassoit pas peu. Mais ce qui y contribuoit le plus estoit le Roy : car ayant dès sa jeune» fait ses petites compagnies de gens de pic^ que j*ay da}i dit, et ausquclles il faisoit faire l'exercice à la modede Hollande, et toutes les autres factions de guerre qol pouYoit; ces choses, qui ne sembloient alors quedô bagatelles et des jeux d'enfants, se trouvèrent enfii très importantes, l'ayant sy bien accoutumé à entenèr parler de la guerre, et à en faire son principal diia^ tissement, que dès que son* sang commença à boal> lonner^ il voulust passer des représentations aux lerié et des discours aux effets, ainsy qu'il s'estoit desjifH au Pont-dc-Cc. »- li

Tout l'hiver néanmoins ne produisist autre àxÊt que des escritures publiées de part et d'autre, et 0 voyages faits à La Rochelle par M. de Favas, qniari peu mieux que tout autre, s'il y eust agy debout foy, porter les esprits à l'accommodement ; mais ff i> interests l'obligeoient à le désirer, tirant comme Ao*!^ puté beaucoup d'argent du Roy, et se trouvant tl grande considération dans la cour, son humeur mftirelie (ayant tousjours esté des plus eschaufles dansk parly) et ses anciennes liaisons avec les plus sédîtictf Temportoient de telle sorte, que tout le monde a cm qu'il servist plustost à les aigrir qu'à les ramener.

Tellement que M. de Luynes voyant les choses a cest estât , et que le Roy seroit forcé d'aller bientost à Tours pour estre plus près de La Bochelle, il voo-

It&t auparavant Ttùr les places qu'il avoit iiouvcllem<.-tit eues en Picardie, vl y nicnu ir llov.

[iG-Ai] Eslaal à Calais, on eniova un ambassadeur eii Angleterre, laut pour satisfaire à la coutume, se pratiquant aÎDsy taules les fois que les roys s'eii approchent sy pi'ès, que pour ux-nager le roy do la Graod'Bretagnc, et l'enipesclier de preisilrc part dans tout ce qu'on avoit à dcsmesler avec les huguenots, où il |>ouvoit faire une grande figure s'il cust voulu y , mirer; luy faisant voir comme ils a'avoient aucuns subjects de se plaindre, les edicis estant fort tiîeu entretenus, et n'ayant pas moins de liberté pour leurs biens et pour leure consciences que les catholiques mesmcs; de sorte qu'il paroissoit clairement qu'ils ne lendoicnt qu'à se soustraire de son obéissance.

M, de Chaulues fust choisy pour faire ce voyage, où, comme frère du favory, il mena une grande compagnie. Il y fust fort bien reccu , et en rapporta de trè» Loaues paroles, ce Itoy-là (■) n'ayant jamais voulu favoriser aucuns rebelles contre le lloy, bien que plu- «eurs de son pays qui le desiroient l'en pressassent Ibrt, et luy en fissent voir toutes les conséquences.

Ensuite de quoy M. de Luynes voyant ({u'il ulloit «voir la guerre, et que sa faveur estoil si grande qu'elle lajr pouvuit faire obtenir tout ce qu'il voudroit, il se lésolust , pour e^stre le premier dans l'année aussy bien l|Ue dans la eour, de se faire faire conucstable. Im ■eule dinicullé qui s'y rencontroit venoll de M. d'£sdiguieres, qui esloil en estât d'y prétendre, tant pour •a grande réputation dans les armes et son inviolable fidélité, que parrer]u'il falloit le tenir content à cause !') C* Jtoj-là : Jacijuei pr«inî«r.

du Daaphiné, qui estoil tout entre ses maÎM, dpoor montrer qu'on ne Tooloit pas faire une guerre de religion : mais comme il estoit bon serviteur du Roy, et d'humeur accommodante, il se contenta de la charge de mareschal*de-camp général , qu'on luj donna.

L'ambition qu eust M. deLuynes de s'eslever à ceste sy haute dignité sans en avoir les qualités requiici, ne s'estant jamais fait de connestable qui n'eust poiot esté à la guerre, et sans estre en réputation de gnnd capitaine, ne fust pas seulement condamnée de tout le monde, mais luy eust encore vraysemblablement oooité fort cher^ s'il eust vcscu plus longtemps qu'il ne fist ; car l'affection du Roy, qui avoit esté jusqufs là fort entière, se trouva bientost après entamée, parcequ'estant arrivé à Tarmée , ou il n'alloit pas partout eà il devoit , ou quand il le faisoit et qu'il y voutoit or donner quelque chose , c'estoit de sy mauvaise gract que le Roy, qui n estoit pas de mesme , et le sçaTÔt admirablement bien faire, ne pou voit s'emp€»cher d'ci rire et de s'en moquer avec quelques uns , qui prireal de là occasion de luy parler de beaucoup de cboMi qu'on n'avoit encore osé luy dire (0.

M. le prince aida fort à luy en faire prendre hi résolution, M. de Luyncs n'osant quasy s'en dédaicTf quelque envye qu'il en eust , jusques à ce qu'il vîrt qv non seulement M. le prince ne le désapprouvoit past mais qu'il l'en pressoit; ce dont tout le monde s'cstonUt tant on le trouvoit hors de propos. Mais il me dîst l'as*

(i) On trouve de grands détails sur les dispositioii* cecrèlet àm Mm à Fégard du connétable, dans le» Mémoires de BassomnîeiTe (t S0| p. 348 et suiv. , deuxième série de cette Collection. ) Louji zin, dias ion dépit contre le oonnétable , l'appeloit k r^ Imjmmg,

HB POnTBIlAT-llAEtDIt. [l6ai] $93

nëe d^apràs, comme il Alloit commander TatVlëe cti Guienne, que c'estoit paroequ'enyvré de son bonheur^ M. de Luyoes y i voit fort mal avec tous ses amis, et que luy en particulier avoit de grands subjects de s'eli plaindre; mais que tenant de luy sa liberté , il n'avoii pas voulu s'en i*esscntir autrement qu'en 1 eslevant sy haut qu'il luy fallust enGn tomber, ces sortes de fa« ▼eurs, aussy bien que toutes les autres choses que la fortune donne, ne pouvant pas longtemps demeurer 1^ «n un mesme estât , et tombant quasy tousjours. dèfc ^ quVlles ne sçauroient plus monter.

B Cependant M. de La Force se conduisoit de ieUe p aorte en Bearn , y faisant venir des troupes estraofÇiWi ^ fortifiant de petits chasteaux, et tesmoiguant en tnnm ^ nncontres qu'il ne cherchoit qu'à restablir les affaiMI ^ en Testât d'auparavant, que le Roy fust obligé dft lij|f ^ nander de désarmer et de s'absenter du pays, jusquci^ ^ à œ que les choses y fussent plus assurées, et t<|ui les ^ ndijects de jalousie passés; à quôy n'ayant pas tmibi ^ «liéir, et demandant, pour gagner temps, de poUYMr . fiûre entendre ses raisons au Boy, qu'il fondoit prior cipalement sur les entreprisés de M. de Poyannâ , qui avoit armé sans sa permission , M. d'Espernon y fust envoyé pour l'en chasser. Ce qu'ayant fait fort aisément, le gouvernement luy fust osté, et donné au marescfaal deThémines; sa charge de capitaine des gardes au marquis de Mosny ; et M. de Montpouillau, son fil»^ ioroé de se retirer de la cour.

Le Roy ayant fait une grande provision d'argcai pour le payement de ses armées , et mis tout l'ordre nécessaire à Paris, en partist le 5 d'avril; et s'estaol arresté quelques jours à Fontainebeleau et à Blois, ar*

&a4 [ 1 62 i] • MBMOIRBS

riva à Tours sur la fia du mois. Il avoit , quelque peu auparavaot*, envoyé une déclaratioo au parlement en faveur de tous ses subjeets de la religion prétendue réformée , qui demeureroient dans TobéissanGe ; dont il tira de grands avantages, car tous ceux de deçà la rivière de Loire, qui virent par là leurs consciences et leurs biens en seureté, ne voulant point quitter leurs maisons, ceux de Guienne et de Languedoc se trouvèrent sy foibles , qu'au lieu de pouvoir mettre des armées en campagne comme ils avoient fait autrefois, ils n'eurent pas seulement de quoy garnir toutes leurs places.

Or le Roy, qui avoit laissé, quand il revint de Bearn , une partie^ de ses troupes en Guienne et en .Poitou, ayant esté avcrty que ceux de l'assemblée de La Rochelle, panny plusieurs projects qu'ils faisoient, pretendoicnt principalement fournir sy bien Saint- Jean-4'Angely de toutes choses qu'il pourroit servir de bouclier à La Rochelle, et fermer de ce coslé là l'entrée dans le pays d'Aunis , manda à M. d'Auriac, mareschal de camp qui commandoit les troupes de Poitou, de les tirer des garnisons, et de s'approcher de , Saint-Jean pour observer tout ce qui s'y fcroit , et de luy en donner avis , sans ordre toutefois de rompre. Ce que M. d'Auriac ayant fait , il alla loger à Saint- Julien-du-Sault, qui n'en est qu'à un quart de lieue, et oii il y a un pont sur la rivière de Boutonne; et s'estant fortifié, tant à la teste du pont qu'à toutes les autres avenues, M. de Rohan vint dès le lendemain au matin , avec quarante ou cinquante chevaux , sur une petite eminence qui est assés proche du pont, faisant faire force fanfares à ses trompettes et des caracolles à

OiB POHTSnAT-MABBlUIk [ifisi] 5o6

Mcivallerie, comme sy elle eust dcttuadéà tirarqual^' ques coups de pistolets ; à quoy n'ayant point esté rm* pondu , il s'en retourna.

M. d'Auriac, piqué de ccste bravade, et voulant tout du moins luy rendre la pareille, fist sortir à deux ^ jours de là toutes ses troupes , et les mist en bataille ^. à la veue de Saint«Jean. Or cinq compagnies du régi«^ 0 ment de Piémont , avec quelques autres de celuy de ^ ^ Normandie , qui ne faisoient qu'un bataillon , parce- ^^ fie le reste de ces régiments estoit en Guienne , s'cs* ^ taot trouvées à la gauche et vis à vis du faubourg de Jfata, où ceux de Saint-Jean avoient fait une barri- ^i^ cade qu'ils gardoient avec beaucoup de monde, il vint ly. CQvye au marquis de Fontenay, qui , comme mesti'e de c« camp du régiment de Piémont , commandoit ce ba- BÔF ^ÛUon, et à tous les capitaines, sans en avoir l'ordre ni-^y l'envoyer demander, mais comme par une inspi- «•^••lion, d'aller à ceste barricade, et d'en chasser les tV^^^Bnemis. Et partant au mesme temps sans davantage ix Consulter, ceux de la ville ne les virent pas plus tost s < ^^rcher vers eux , qu'ils tirèrent quelques coups de w ^Binon , dont un entre autres tua le cheval du max^ àt- ^pûs de Fontenay, comme il venoit de descendre se ar ^^ant près de la barricade , de laquelle ne s'estant fait V^^'une simple descharge, elle fust emportée sans dif- ^ ^ficnlté. Mais ayant passé outre , et suivy les ennemis i^^de sy près que s'ils n'eussent diligemment fermé la ^^porte de la ville on y seroit entré avec eux, ils furent contraints, pour se mettre h couvert , de se loger dans une maison ruinée, où, s'estant fortifié le mieux qu'il se .peust , le marquis de Fontenay envoya demander des munitions à M. d'Âuriac, et luy dire le lieu où il e»-

ÏM

Sod - [i6ai] MBMOi

loity «t les avantagoi qui s'en pourroieni tirer i ■■■ luy, qui estoit en «K^ere de ce qui c*estoit bit (or n'ayant point d'ordre de la cour de rompre , il cnî- ^Doit que cela n'y fust mal receu)^ au lieu de luy frire porter des muDÎtioos, luy manda de se retirer UNit4llieure. C'est ce qui se trouvoit assés difficile de jour, la rue estant enfilée , et les autres passages descouveitt de tous costés. Enfin toutefois M. de Fontenay ne po» vaut pas demeurer là contre l'ordre , il prist par ém un jardin où il pouvoit estre le moins ireu ; et s'eiUiK mis à la queue avec trois ou quatre officiers pour tin leste en cas que les ennemis voulussent sortir, il gags une maison où ils furent à couvert , sans autre perti que de cinq ou six soldats. Un capitaine du régioMil de Normandie y receut une mousquetade qui luypofi la cuisse ) comme il estoit à demy entré daus la iiiiiM Voilà comment se fist la déclaration de la guerre à costé du Roy.

Le Roy en receust la nouvelle comme d'une cba qu'il falloit aussy bien faire, pour les divers attesWl que les huguenots faisoient tous les jours en beauooif d'autres lieux; ayant mesme esté obligé d'aller à Stf^ mur et de s'en assurer, sur l'avis qu'il avoit eu qt'0 y devoit envoyer force gens, et que M. Duplessii'llV' nay ne les pourroit peut-estre pas empescker d'y eoMl 1. et de se rendre maistres du château , ayant un de l'assemblée pour sa garnison , qui estoit toute ka guenote; après quoy ils en feroienb une place d'aiii capable de recevoir tous ceux qui iroient des proviioi de deçà la rivière de Loire, et d'y arrester si longtcap le Roy, que ceux de Guienne et de Languedoc aurùieitl^ loisir de fortifier leurs places, dont la plus grande iurtfFtïi

M VOmSirAT^MAHECIL, [1621] Soj

avoit en fort mauTnis estât. Quelques uns ont creu avoit seulement appréhendé qu'ib le Bsscnt, it les grands avantages qu'ils en eussent tiré ! quoy qu'il en soit, le Roy y alla ; et M, Duplessis Qt pas osé luy en refuser les portes , en fust té^ et le comte de Sault , petit^fils de M. d'Ësdiguit* st encore huguenot , mis en sa place, qui s'estoit fait à Saint-Jean , quoyque peu <mmi* ible, obligea néanmoins le Roy d'y enroyer le mail de Brissac pour commander l'armée, et donna elle émulation à beaucoup de gens de la cour y vinrent à Saint-Julien ; mais comme il n'y avoit € guère de troupes , on ne peust pas empescher i secours de cinq ou six cents hommes, que ceux ssemblée de La Rochelle y envoyèrent , n'y en* la nuit ; et il ne s'y fîst autre chose, mesme des* l'arrivée du marcschal de Brissac, sinon de des* ler un aanal de la rivière qui faisoit moudre les ins de Saint-Jcan , où M, de Chalais fust daage* ment blessé d'une mousquetade dans le ventre ^' er après reconnoistro le faubourg d'Aunis pour J un logement , où M. d'Ëlbœuf receust un cûvp ousquet qui passa entre les deux os de sa jambe les rompre.

de Rohan voyant cela , et aymant mieux aller eti ;uedoc et en la haute Guienne , dont l'assemblée voit donné la cliarge, que de s'enfermer dans Jean et d'y estre assiégé , en partist sur ce mesme i , y laissant toutes ses troupes , et M. de Soubise y commander.

Li de jours après on eust advis que M. du Maine . soeu ce qui s'est oit fait à Saint- Jean , et que hm

5o8 [l6ai] MEMOIRES

huguenots avoient pris Caumont sur la rivière de Ga^ ronne, les en avoit chassés, et se disposoit à assiéger Nerac. De sorte que la guerre s'estant ainsy déclarée de toutes parts, le Roy envoya M. d'£sdiguieres à Saint-Jean pour y commander Tarmée : ce qui en fist partir le mareschal de Brissac , qui , comme plus ancien maresclial de France, ne vouloit pas luy obéir, quoyqu'il fust mareschal-de-camp général. Le Roy soivist bientost après, et y arriva le jour que M. d'Esdiguieres avoit fait attaquer le faubourg de Taillebourg pour y faire un logement.

Ceux de Saint^Iean s'y estoient fortifiés dans un po^ tail qui finissoit autrefois le faubourg, et devant lequel il y avoit un fossé rompant le pont, et n'y laissaot qu'une planche pour y passer, et par deux barricades faites l'une ensuite de l'autre dans la rue, que la courtine de la ville deffendoit; mais ils abandonnèrent k portail aussytost que , s'estant tiré deux volées de eanon , ils en virent la porte rompue, et les barricades! mesure qu'on y alla ; mettant le feu en se retirant à de la paille préparée pour cest effet dans quelques maisons, dont tout le faubourg fust brusié.

Le comte de Maurevel et le marquis de Fontenaji maistre-de-camp des régiments de Piémont et de ChaHK pagne, firent Tattaquc, et emportèrent le portail et L toutes les barricades. Le comte de Maurevel y f u^ )b tué(0; M. de Chevreuse, le cardinal de Guyse, qui vouloit quitter le cardinalat, et se faire chevalier de

(0 Le comte de Maurevel y fust tué : Claude-François de La Baoot» â comte de Mootrevel , tué à Saint-Jean-d'Angeiy le 3 1 mai i63f . M. dt FoDtenay a continuellement altéré son nom , Fusage étant alon (Té* crire les noms comme on étoit dans Thabitude de les prouoooer.

DE ruRtisAY-MinEciL. [ib'ai] 5')p

Malte; le marquis de Tbiimincs, im-ssieurs de BrcssieuK, de Cbaudebonne, et quanlilé d'uulrcs volonlaires , V furent aussy, et y firent mervcilU-, tout Ir monde y estant «n pourpoint. I^ jeune comte de Muurevel C") oust la charge de son pcrc.

Le Roy allant à Saînt-Jean , tous les gouverneurs des places huguenotes de Poitou où il fust luy ouvrirent \es portes, et les autres se déclarèrent pour luy; et d'autant que l'assemblée de La Rocbelle avoitdonné le commandement de la basse Guicnnp a M. de La Force, auquel M. do Boissc-Pardaillan ne vouloit pas obéir, lise déclara en ce mesme temps pour le Roy, comme fist aussy M. de Caslelnau , gouverneur du Mont-de- 'Blarsan, et quelques autres.

Dès le lendemain que le Roy fust arrivé, le siège liist commence; l'on fist deux attaques, l'une entre le faubourg de Miita et celuy d'Auny, commandée par les marescbaux de Pra^lin et de Saiiil-Geran , avec les régiments des Gardes, de Navarre et autres, et messieurs de Créquy, de Saint-Luc et le marquis de Thémines ^ur tnarescbaux de camp; et l'autre au faubourg de &int-£utrope,que lemarescbal deCbauiiies commau- Joit avec les régiments de Piémont , Champagne , Normandie et Rambure, et messieurs de Termes et de La Itocbefoucaut pour mareschaux de camp. L'on envoya sommer M. de Soubise par un héraut; mais cela ne «ervi&t de rien.

U se trouva lors à l'armée une sy grande quantité de volontaires, qu'on en estoît fort empesché; car autant qu'ils pourraient estre bons pour un jour de ba-

'' Lt it'iat comrt Je Unnrertl : Il n'u'oit encore que dia<*epl mu. I.'dd de trs lili a JIJ marcrliiil de Fraaoe. • •■■

5iô [i6ai] MiiMoiEBS

taille , 6u mesme pour une guerre de canpigM, & sont toutrà'fait incommodes dans les iieges, pii ki choses se conduisant d'autre façon , un sy grand bobbre de gens qui voudroient tousjours estre les pranien partout embarrassent la pluspart du temps plus qnlb ne servent, et se font souvent tuer et tu«r les autiti fort mal à propos. Lo jour que se fist l'attaque di faubourg Saint*£utrope, il en vint plus de huit «sli qui la vouloient faire, et i'oster à M. de Fonteoajil au régiment de Piémont, qui en avoient la charge ;it sans M. d'Ësdiguieres, qui leur fust commander dtb part du Roy de s'en retourner, je crois qa'ils ne Fit roient pas fait, tant ils s'y opiniastroient.

Sur ce temps là M. de Bassompierre revint de us ambassade extraordinaire d'Espagne. Il y estoit aUéi cause de la révolte des Valtolins, supportés par leiif d'Espagne, contre les Grisons alliés du Roy; et il iidk fait un traite pour cela. Mais comme le roy d'Espagtf mourust devant qu'il en fust party, les grands disi'|I^ gements qui arrivèrent après dans sa cour, et tooia les affaires que le Roy eust , en cmpescherent Ytxkt tiou. Il servist de mareschal de camp dans l'attaque gardes.

Les assiégés ne disputèrent point du tout leun fr hors, et ne firent que peu de sorties, et encore foibles. De sorte que du costé des gardes on 6it approches. et l'ouverture mesme du fossé, sai» ariH empeschement que de force mousquetades tirées, int M. de La Valette, le comte de Palluau, premier nuMttt d'hostel du Roy, et autres, furent blessés, et 11.^ Carbon tué.

Il ne se rencontra pas plus de difficulté à oelay à

DE Fl)ICTE!tïT-M*nBli|L. [1631] fi I I

Saiot-Eutrope ; car ua esloit au pied d'un dthon où il n'y avoit point de fosui, (|uaiid iU parkrciit do k rendre : en quoy ils iie bi&serenl de faire grand plaisir à tout le inonde, car Tignorauce de ce temps là pour l'attaque des places t-stoit telle, <|uc les gardes ayant UB fossé fort profond îi passer, et les autres à monter snr le dehors, derrière lequel il y avoit au:^y un fossé, poar peu qu'ils eussent esté deffcndus, ou eu eust eu pour longtemps. 11 est bien vray qu'on uuroit peu cstre iDrt aidé par un ingénieur italien nommé Gamnrin, Injuel ayant servy en Flandre sous le manguis Spinola , «t Tcu la manière dont il atlaquoît les places, sçavoil assurément quelque cliosc; mais comme il parloit peu, i mauvais fran^'OÎs, et que tous les autres estoieot DDtre luy, et particulièrement le baron de Chabait. pli faisoit grand bruit, il en cstoit tellement Iroublo, i M. le conneslablo aussy, qu'on n'en tiroit pas tout 'avantage qui se pouvoit.

Lorsque ceux de l'alluque de Saiiit-Euirope furent I quelque cent pas du deliors oii ils vouloient aller, santurin voyant l'envye qu'ils avoient d'y estre allaèés, les en fut plus approclier en une nuit qu'on n'eust ■it par les voie» ordinaires en trois ou quatre, y allant Dut droit avec des gabions rangés de telle sorte qu'il 'en avoit lousjours un qui couvroît ceux qui passoicnt: loot les assiégés furent le matin fort eslonnés, et sot^ irent aussytost pour les renverser ou bruslcr. Mail mome on avoit fait un bon corps de garde au bout, ut les repouffîa aisément ; de sorte qu'ils se réduisirent, îugcaiit bien qu'ils n'avoient pas peu estre tout remplis en sy peu de temps, à tirer sy souvent dessus qu'il fist fort dangereui d'y passer tant que le jour dura.

y entra la veille de la Saint Jean, comme sy ] pas voulu que fa Teste de ce grand saint se corecestc année là sans y estre célébrée, ai le fust fort solemneltcmeat, lu Boy et tout* ayant assisté,

.Cesie place, que les hu{juenots tcnoieot q imprenable li cause de la longue résistance après la bataille de Moncoutour (0 à l'an rieuse, et à tout le reste des forces de la V le roy Cbarles y ineua, ayant esté sy tost pri une telle espouvante à toutes les autres, i La Roclielle, Clerac et Moatauban, il n'y e une qui crcust pouvoir résister. Et ce qui ai encore leur estonncnient et les niettoit quas] poir, c'est que n'ayant subsisté dans les gu cédentes que par les secours qu'ils tiroienl ceux de deçà la rivière de Loire, soit d'Aile d'Angleterre, ils ne voyoient lors aucun lie peussent rien espérer ; car comme quand Diet les choses réussissent d'une façon il fait que I pour cela, il se trouva aussy que, ne se fais

DE FonTKifhT-XAiieDtL. [i6ai] 5l3

leniagne psioient plus en cslat de deniniKl^r nsMsIaiice que d'en donner, et que le roy de la Graiid'Brelagnu estoît tellement ennemy de la guerre, mais principalement de celle faite par des révoltés, qu'il avoil abandonné le comte palatin son gendre. Mais ce qui est encore plus à admirer, et qui fait voir combien Dieu a voulu favoriser les desseins du Roy, c'est que les protestants sont lousjoui's demeurés en cest estât jusquea à ce qu'il ait eu aclicvé avec les huguenots, et ne se sont point relevés que quand il en a eu besoin pour enipescher que la maison d'Austriclic, par l'assujeltisseinent enlier de l'Allemagne , ne peust prétendre à œluy de tout le reste du monde.

1,65 deux Reines avoient suivy le Itoy jusques à Saint-Jean, la Reine mère demeurant à Mata et la Reine à Brisanibourg; mais cet!e-ey ne le quitta point durant tout le voyage , et la Reine mcre alla l'attendre i Paris. I^ cardinal de Gnjse mourusl sur ce temps là de maladie, et tous ses iR'néflces furent donnés à un des enfants de M. de Guyse.

Le Roy ayant laisse une garnison dans Saint-7ean ' pour en faire démolir les fortifications, alla à Pont, place tenue aussy par les huguenots, qui ouvrist les f portes, comme firent (iastillon, Bergerac et Saînte- Foy , sur la rivière de Dordogne ; Tonneius . Monheur t autres, sur la Garonne. De sorte qu'il n'y eust que : qui fist le contraire, et se voulust dcffendre; Mnb huit jours en virent la (in, s'ostani rendu à composition. M. de Termes fust tué aux approches; en I <|tioy le Roy (îst une grande perte , estant un de ceux de l'armée le plus capable de servir (').

!'i Céur-Aupule de Salol-Larj, linron de Termn, ^nnd /euyer 5o. 33

5l4 [l6ai] MBMOlHIf

Il en avoit eu la nuit de devant quelque pMssenfi* ment; car, bien que la mode de ce temps là fust d-aller partout sans armes , et que kiy-inesme L'euat tousjoun fait, il'vouloit néanmoins ce jour Isb s'armer, et demanda le matin au marquis de Fontcnay , comme sll eust esté honteux de Fesire tout seul, s'il ne s'annescit point, disant qu'il ne falloit pas se faire tuer pour qb homme qui n'en sçauroit aucun gré, entendant parler du connestable de Lujnes; surquoy luy, qui ju^ hien que c'estoit qu'il avoit envye de le faire, luy ayant i»spondu qu'ouy , il commanda aussytost à uo de a» valets de chambre de porter ses armes àa la teste du régiment des Gardes, où il de voii servir,, et de Ty it» ^ tendre; et comme on ne sçauroit éviter sa mort quand ^ l'heure on est venue , cest ordre qu'il donna fittt vrayseinblablement cause de la sienne, l'ayant einpe»' ché d'avoir ses armes, qui estoient bonnes et à Fca* preuve, quand il en eust besoin. Car M. d'Ësdigniefe^ ^'estant arresté en un certain lieu , en attendant que toutes les troupes qui venoient de loin fussent arrivées, et s'y trouvant incommodé par des mousquetaires sortis de Clerac, qui, i la faveur d'un petit niisieaa et de quelques arbres, tiroicnt sur luy, il envoya lo chasser par M. de Brissac, qui passoit par là a¥6eii compagnie du régiment des Gardes pour aller à M i^ndés-vous; lequel voulant demeurer quand le ma^ j quis de Fontenay et le régiment de Piémont qui et voient faire ceste attaque furent venus , et M. d*EsSh guieres lui ayant permis , et d'aller conjointement ai«c < eux à une barricade faite sur une petite eminence qtf ^

de France par la démission du duc de BeUegarde ton frère êtoé, fii< tu^ an siège de Clérac le la |jailUt 169 f.

DE FO^TBHAr-IUBE|]iL. [l6at] HlH

bouclioit la: cht'niin de Clerao, AI. de Termes, <jiii se trouva sur cemesme leinpi aujjrùs de M. (l'LsJiguici<es, ne voulusl pas, quoiqu'il a'eust point d'armes, quiltvi' ci'sie compagnie, qui vsloit de celles ijii'il devoit commandi^r; cl »e inetlant à sa teste, prist par dans lu cIk;mÎTi, comme le i-égitnent de fiémont par ic dcliors. De sorte que tout ce qui (nul lire du ceste barricade portant sur luv et sur ceux qu'U inenoil,parce({uetoulea les canonnières s'y adreiisoieiit, il receuslune moutquo Itde au travers du corps, dont il uiuiirusi le lendemain: ce qui ne scroil pas arrivé s'il eust est^ armé comme il ea a%'oi[ eu cnvyc. Un lieutenant du n'gimeut des Gardes , un sergent et quantité de soldats furent aussy lues avec Iny.

La ville de Clerac estant, du cosié qu'on y alloil, quasy toute environnée d'une petite colline dont le haut est lioi-s de la portée du canon, cela donnolt une telle facilité d'en voir faire les approches en seuieté, que le Roy y fust, la Reine avec toutes ses dames, tous ceux du conseil, et près |ue tout le reste de la cour.

U arriva un fort grand désordre quand la garnison en sortiït; car tonte l'année n'ayant point esté mise en bataille, ainsy qu'il se doit lousjours faire en sem- ' blables occasions pour tenir chacun dans le devoir, il l'en desbanda un grand nombre qm l'allcrcnt attendre tar leur cliemîn, et la pillèrent, liaos que ceux qui awiant esté ordonnés pour les voir sortir le peussent nnpesclier,n'uvant point de lroupt'saveceux;cle quuy M. le connestable fust fort blasnié : mais la diose estant faite, il n'y avoit point de remède.

Clerac pris , on y laissa des gens pour en fuîre raser

Roy passast en Languedoc, oii toutes les villes mal forlifiées, il ne trouverait nulle résistance; Monlaiiban demeurant après cela tout seul et sa cours, tombcroit iiifaîlliblement de luy-mesme ( que l'hiver fust passé. Mais les autres luy conseil d'aller droit à Montaubaii, se fondant sur l'est ment des habilanls, les inlelligctices qu'on y avi que les clefs de toutes les autres villes estant dans là , ce seroit espargner bien du temps et de la pei Roy et à l'armée; joint qu'il ne seroit peul-estre | aisé qu'on s'iniaginoil de réduire Montpellier, S et autres grosses villes du Languedoc, qui pom tirer beaucoup de gens des Cevennes.

Cest avis fust enfin suivy par M. leconnestablc quoyqu'il fust apparemment le plus mauvais, puj se fondoit en partie sur des intelligences dont l'é mcnl est ordinairement fort incertain, comme et celleG-Ià manquèrent, il n'eust pas néanmoins lais réussir, sy M. le conneslable, aveuglé par tant i rcuK succès, et chercliant peut-estri; aussy à me quelque chose^ ne considérant pas que dans la g le meilleur meRase se trouve tousiours daus oe i

tifi FIJ?(T£.NAT-1UI1E1II1- [i(iai] 5i-

quer pour aller par mer ù Bonleuux, et de lu , «n i-emoDtaut la Garonne et le Tarn, h Moiilaubaii; car avec cela on eust peu faire deux quartiers (>lus qu'on itc fist qui eussent infaillililement einpesche le secours <i'y entrer, qui fusl ce qyi le sauva.

Le Roy ea y allant passa par Moissac , wi il labsa la Relue, et arriva à Piquequos. où il logea pendant tout le siège, le dix-septième d'aousl. M. du Maine, qui aratt pris Nérac, Caslcl-Jaloux et autres petites places, l'y viut trouver, et il fust résolu qu'on feroit trois at- Iiqucs; la première auprès du grand clicnita qui va à MoQtauban . et qui est assés près de la rivicr» et U laisse à main droite, qui s'appelleroit l'attaque du coaneslable. On y inist les régiments des Gardes , de Fiémont, de NormaRdie et de Cliappes. M. do Bassonipierre y esloit au commencement seul maresclial de camp (■),mai3 on luy donna despuis pour adjolut Pompée Frangipauî, italien ; le mareschal de Prasiin y comnuodoit. M. d'Esdiguieros eusl la seconde, et sous luy M. de Clievrcuse, le mareschal de.Suint-Gei'aiiet M.de Schomberg, surifilcndant des finances, qui faisait la diargc de grand-maisire de l'arlillerie. Il y avoit U^ n^iments de Picardie, Cliampugne , Navarre et autres; et pour mareschaux de cajnp, messieurs de i\Iariilac. Zamet et le marquis de ïliémines. Ceste attaijue ae 6si en im lieu appelé, ce me semble, le Muustier, et tout proche d'un grand penclianl , entre lequel et le fossé il n'y a qu'un chemin fort eatiuit. L attaque de Ville-Bourbon, qui estoit la troisième, fust donnée à M, du Maine, et pour troupes, tontes celles de son !0 BaMompirrre arriva de*BM ftlnntiabin ie ii août. ( raj-tt m«

5i8 [i6ai] MBMoiEss

armée, que le mareschal de Thémiues comniaiidoit

sous luy avec messieurs Or il faut noter qu'on fist

deux ponts sur la rivière pour faciliter la communication des quartiers; mais que nonobstant cela ils estoicnt sy eslongnés les uns des autres qu'ils ne se poii* voient point secourir, y ayant particulièrement, despuis l'attaque du connestable jusques à celle de M. d'Esdiguieres, mesme par le plus court, pour plus dW heure de chemin.

Âussy tost après qu on fust arrivé à Montauban , on sceust que les intelligences avoient esté descouvertes, et que M. d'Orval, qui y servoit de gouverneur, en avoît fait pendre les auteui*s : de sorte qu'il ne falluit plus rien attendre que par la force, et dont on hedâespera pas, car ou y sçavoit peu de gens de giterre. Les approches se firent de tous les oostés fort bravemeat, rechassant les ennemis derrière les retrancliements; mais despuis il se fist de telles fautes que les assiégés en prirent courage, et les troupes du Roy s'en refroidirent sy fort qu elles ne firent plus rieu de bon. £t premièrement en l'attaque du connestable; car, bien que plusieurs personnes eussent comicilié d'emporter de vive force un ouvrage à cornes, fait pour couvrir le peu de fortificahons qui estoient de ce costé là, on y voulust aller par tranchées; à quoy on demeura^ longtemps qu'ils eurent loisir non seulement d'achever leur corne, qui n'estoit pas encore tout>a-fait en défense, mais de faire derrière tant d'autres travaux qu'il eust fallu un siècle pour les prendre. Quand on voulust monter sur ceste corne, on fist une mine, Imjuelle fost fort grande, et trop. Or, comme elle renversa beaucoup de terres du costé de la ville, aussy fist-elle sur

DE rO!IT£NAT«-MiJl£UIL. [1621] Blj^

les (rancbéesCO; de sorte qu'on fust bien empesdié k réparer oe -quelle avoit gasté, et à se faire un chemin pour aller dans l'ouverture qu'elle avoit iaicte. Ge que les ennemis voyant , et qu'ils n'avoient rien à craindre par^là, ils sortirent des deux costés avec tous leurs meilleurs hommes, et eussent assurément enlevé toute la tranchée, oii il y avoit ce jour là cinq compagnies du régiment des Gardes et oeluy deChappes, et encloué le canon., sy le reste des gardes qui les devoi<uit relever n eust desja esté à la queue de la tran* ehée, avec quoy ils furent i^pousscs.

Ce fust en ce temps là que M. de Toiras (0, qui a Bespuîs esté mareschal de France, commença à se faire sonnoistre par autre chose que par la chasse, en quoy il cstoit fort entendu; car ne se contentant pas de là ieule fonction que sa compagnie au régiment des Gardes loy '.donnoit, il demanda la charge de payer les travaiU lours, et y apportant une subjection fort grande, montra aussy, donnant ses avis sur tout ce qui seiîiisoity <|tt'il avoit de tœs grands talents pour la guerre.

•Quant à M. du Maine, son impatience luy fiât don^ Msr deux assauts devant que les choses fussent en estât àe cela, desquels ayant esté repoussé avec perte d'une îafifiité'de gens, comme enli*e autres du marquis de ïhémines qui y estoit.allé à cause de son père, de If. de La Frette et. autres, tant volontaires qu'officiers,

(■) Bnttompîerre faillit étr« écrasé par TefTet du jeu de cette inine. ff^€^x tes Métnoirei, t. ao,p. %gy, deuxième série de cette Collect. ) m*. (•) .V. dé Toiràs :Je»ïi de Saint -fionnet, de Caylar, seigneur de V4^rêê9 fut d*abord lieutenant, puis capitaine, de la Tôlerie du Eoi. 1 lut fait maréchal de France en i63o. On peut consulter, sur les yrogrèa de sa fortune , les Mémoires du cardinal de Richelieu, t. 2% K>46S, douxîènie «érie d« oette CoUcdion.

5aO [162 1] MBMOIRBS

ses troupes en demeurèrent tellement desoouragëes d estonnées , qu'elles estpient tousjours prestes à fuir sur le moindiY bruit que faisoient les enneuiis^ croyant qu'ils alloient sortir; et sans le grand soin que les officiers prenoient de l'empescher, cela seroit sans doule arrivé.

Il ne survescust guère à ces deux disgrâces; car M. de Guyse, venu de nouveau à l'armée, Testant allé roir, il le mena sy avant dans son travail, qu'estant touti descouvert, il receust un coup dans la teste dont il tomba mort sur la place. M. de Chevreuse eust si charge de grand chambellan, mais on ne pounreiist point à son gouvernement. Quelques uns ont dit qu3 avoit esté jusques là, prétendant y faire tuer M. (b Guyse, pour qui il avoit une jalousie extrême; et q» voyant qu'on ne tiroit point, il parla enfin sy bnt Lt qu'il en fist aviser les ennemis; mais le coup porta pb tost sur luy que sur M. de Guyse, ainsy qu'il arrife l^ souvent à ceux qui veulent faire tuer lei autres.

Le costé de M. d'Esdiguieres fust conduit fort régulièrement et fort diligemment jusques sur le bordai fossé; mais s'y estant trouvé, quand on vint à regarder dedans, deux coffres, les conducteurs du travail, qui* n'en ayant vraysemblablement jamais veu d'autiOf ignoroient les moyens de s'en deffendre, en eurcii tant de peur qu'ils se résolurent de les laisser, et à tirer une ligne tout le long de la contrescarpe à mail gauche, sous le prétexte de s'attacher après cela à 1* bastion, sur lequel estant montés on eust sans douti esté dans la ville, et non pas par celuy qu'on quittoit, y^ qui n'estoit qu'un dehors. Mais ils y trouvèrent une difficulté bien plus grande que celle des coffres; car

HARKUtL. fllSai] 531

In assiégés ayant laissé faire ceste Irancht-e sans s'y apposer, et mcsme i[uand on fust au bout un fort capable de tenir près de deux cents hommes, aussytost rju'iU les virent dedans ils firent sauter une mine qu'ils aroient faite pendant cela par di-ssous le fossé et cntrton au tnîlicu de la tranchée, sans qu'on sVn fust ^>erceti, qui list une (elle ouverture que ne s'y pouvant plus passer, ny par le costé, à cause que c'estoit un [xnchant fort long et fort droit, il falliist que ceux du fort se rendissent le lendemain , n'ayant ny munilions

DV tiTIVS.

A tous ces défauts i\ s'ajouta une autre chose, sans laquelle on a tousjours creu, ainsy que j'ay desja dit, ijne la ville n'aiiroil pas laissé d'esire prise, te peu de gens qu'il y avoit ne pouvant pas davantage n-sisler à l'exlraord inaire fatigue qu'on leur donnoit, qui fust du secours qui y entra; car M. de Itohan voyant qu'il T allort du tout, ayant ussi'niblé tout ce qu'd peiist de gens, qui inonlei-cnt bien à quatorze ou quinze cents hommes, les envoya à Saint-Antonîn (qu'on n'avoit pas voulu prendre quand on arriva, de peur qu'ea s'y irreslaut l'estonuemenl où esloient ceux de Montauban ne se passast) sous la conduite d'un nommé Beaufort, Jeqnel, ayant fait plusieurs fois mine de vouloir passer s le faire, rendit ceux qui commandoient la cavallerie qu'on avoit envoyée au devant sv uégligcnls, que I son seulement ils ne l'enipesclicrent pas d'aller, mais * «{u'ils ne donnèrent aucun avis de sa marche qu'il ue fust desja fort avaucé. '

M. le connestable les avoit fait attendre sur le lieti, par oîi ils passèrent sept nuits de suite, par plus de dvux mille hommes pris dans son quartier ; mais n'ayant

329 [i6ai] Niifoi

paB ^oaoÙÊné k htiilieme , pour 1« lainer

ne peast 7 estre quand on y alla, quelcfue dUifence

qu'on fist, qo-H n'en fust desja tnité pkis île sept ou

hiitt cents^ le reste demeurant ou iué ou pcn, avec

Beaufort qui les conduisoit.

Ola cliangea tout-à*f(dt la face des afiEedres; car au lieu que Montauban estoit prest de ae rendre, JUallait Uentost après penser à lever le siège , I air wtant devenu tellement contagieux qu'il tomboit tons 'leii jain une 'infinité de -malades; et je vis un trégiiMDi envnjfë par ceux de Toulouse, où il y avoit bien mille lioinBM^ n'en avoir pas trois cents à quelques jours de là, toat le l'esté estant mort ou tombé malade : de sovle^qœ mj on eust trop attendu, on auroit peut^'estre eu de k peine à retirer le canon.

Pendant le siège , madame la princesse accoueha d'v fils 0)(oe dont on fist de grandes 'resjouissaiiees daa l^rmée); et M. le prince prist en ce mesme tempS'SiB* eépre, qui avoit autrefois soutenu un sy long jiflgi avec quelques autres petites villes dans le fierry,et«t> changea Montrond, qui estoit à M. de Sully et Hm fcflâfié, xrontre quelques unes de ses terres de Pieaidie; comme pareillement le comte de Saint-Paul pnstiScr* geau , M. de Yendosme Yendosme , et toutes les plaM hùguenoites de Bretagne, et M. de Montgoramery ne* dist Pontorson en Normandie : de sorte que les.hugoe* nots se virent par là despouillés de tout ce qu'ik awienlv hors La Rochelle, et ce qu'ils tenoienten la haoU Guyenne et en Languedoc.

IS^que M. le -connestable vist qte ses inteUigeocei

(i) If an fis: Ce fiU fut le grand Condé, Dé i Parif le S «eptea*

tlanK Moutauban avoient manqué, et qiie le siège d'iIloii pas comme il le ilesiroit, il fist nourr une vttafcmice avec M. de EtoliBD,duua laijuclle il est bieti vni}- Kinblable qu'il l'eust uisémuiil porté à recevoir In int-ôinea conditions dont îl se coiittriita l'année d'ajiràt devant Monlpi-llii-r. pouvant bien pluslost se (ieràluy, i]tii estoit son allié, qu'à ceuK nvec qui il traitu l'uanée (l'iprès : mais il «st certain que ceux de Monlaijitiii ne !f voulurvnt pas.

Environ œ tcmpi là on euBt avi& que le marquis de Mirambemi , lils aisné de M. de Boissc, et BI. du Théobon son gendre, s'esloieiit révoltés d;ius Monlieur et •lans Saiiile-Foy. M. de Uoi&sc rstoit gouverneur de l'tia et de l'autre, et les y avoit lai&sés putir y coiniimnder ptfndanE qu'il estoit venu à Muiilaubun, oij en se rnidant catholique il dcvoil eslre l'ail mareachal de fmiee, et avoir la lieiiteiiaiH-e de loy de Guyenne, iùat le mareschal de hoc|uelaurc, qui csloil furl vieux, I se demandoit qu'à se déraire; mitis U révulte de oe& Ideui places l'obligea de s'en aller pour y doiini'r ree devant que oela peusl eilre exécute. Il entra dans , et en cli3ï»a &ans diffictiltê son lils et lou» a faction , et en eust înlailliblcnient fait autant kinte-Foy s'il eust peu y arriver; mais comme il ff alloit, et disnoit dans une hostellene à Genuic. un L JKMnmé Savignac l'y fust trouver avec plus de vingt ;, et le tua. Quelques uns ocit creu que k'csbnt un ciiaitimrnl de Dieu pour i«pL hommes qu'il ■voit \aci en duel on sept fois qu'il fi'cstoït battu, ne I ^rdounant jamais à ceux sur qui d avoit avantage, l'^w sa mort, Sainte-Foix di-meuia dans la rébellion, cl MonUeur y retourna, le marquis de Miruiubeau y

Toulouse, où le pcre Arnoux son contesseur gracié. Il s'esloit dt-spuis qut^lqiie temps for conti-e M. le connestable, tant parcequ'tl ci\ le Roy ne l'ainioit plus, que pai-cequ'il le va porté à la paix, que ce bon père ne vouloit s'esloit pour clIb joint avec M. de Puîsieux qui ne l'aimoient pas aussy. Mais , quelque satisfaction que le Roy en eust tesmoignée , e< plaisir qu'il eust pris d'entendre parler cont ne luy refusa pourtant pas d'ester le pen quand il l'en supplia , soit qu'il ne fust pas em r^olu de rompre lout-à-faît avec le connesl qu'il 1)0 le voulust pas faire pendant le voyag Luynes ne parla point conire M. de Puisictix liaîssoit pourtant pas moins que le confesse vraysemblablement parceque ne pouvant pi le père api-ès avoir osté le lîls, il n'en vouloit à deux fois, cl attendoit d'estreà Paris pour tous deUTi ensemble.

La nouvelle de la mort du mareschal de B tant arrivée, le Roy envoya les provisi(Hi8 de ti de France à M. de Créiiuv. suivant la Dromi

RE FOVIKn\T-KAilIITlL. [l6ai] Ss!)

ftiareschal de Praslin uvi-c tuultr rarniéc investir Moiilieur, qu'on voulii&t prendre devant que de la mettre ti garnison, afin que la rivicrc de Garonne et la coiniDiinicatioii par eau de Toulouse à Bordeaux deiiieunst touEJours libre; et n'ayant eslé que cinq ou six jours à Toulouse, il &y en alla aussy.

11 n'y fust pas plustost arrivé que AL le conneslable V tomba malade de la maladie dont peu de jours après il inourust. Il avoit pris un médecin de Languedoc, nommé Itanchio 10, qui avoit «sté au connestablc de Montmorency, en qui il se Goît exlremenietit, qui, te traictant à la mode de son pays, ne le fist point saigner, quoiqu'il eust nue (îevre très violente, et qu'estant fort gras et mangeant beaucoup il eust assurément grande abondance do sang, et bien besoin de l'estre. liCs médecins du Uoy curent beau le dire, ils n'en furent pas creus.

Ce qui surprtst merveilleusement, et Gst bien cou- Boistre ce que c'est que du inonde et sa vauilé. fusl «pie cest homme sy grand et sy puissant se trouva néanmoins icUi^ment abandonné et incsprisé, tant dans ■ maladie qu'après sa mort, que pendant deux jours i^'il fiist il l'agonie, à peine y avoit-il un de ses gens qui 'Toulust demeurer dans sa cbambre, les [jorte^ en estaut ■oiisjours ouvertes, et y entrant qui voiiloit, comme f c'eiist esté le moindre des bonmies; et quand on a son corps pourestreenterre, jecrois,à sa duché hle liuynes, au lieu de prestres qui priassent pour luy, l'y vis de ses valets jouer au piquet sur son cercueil , int qu'ils faisoient repaistre leurs chevaux (»).

i^ccio célèbre de 1> Fail^connriibUde Luyno

F «rnhé di Uontpelirer. Il moaruten i6jT. — (

Il avoir «ri pspnr ion meaiocre, ei Df plus propre pour li's affaires que pour la gi moins il gouverna l'un et l'autre tant qu'il i une puissance absolue, et eu&t cesL avant son temps les huguenots coiiiiiiencercnt à grande parlie de leurs forces, el toute leur Ce qu'il avoît de meilleur esloil qu'il aîi faire garderies vieilles coutumes, et qu'il ne rien de son temps h ceste ancienne manie des rojs avec leurs subjecls, par ItsqucUei soient pliistost Icut^ pores que leurs maistr les ti'aicloient bonnement, et prenoient so faire du bien , ou de leur faire souffrir [ quand ils ne le faisoient pas. C'est ce que tait les deux favoris qui l'ont suivy, sous qM modes ayant esté changées, on a veu toutes i tousjouis de pis en pis.

Les gens qui cstoient dans Monheur n'a de vivres ny de munitions, et leur estant d'y en faire venir, ils se rendirent devant sur le fossé, sans autre mauvais accident compagnie de gendarmes duconnestable, qi

DE POTTSKAt-MAIlUIt.. [l6il] Ssy

rent de di'hors, et qui si; r^tiivn-nl sans pouvoir eslnattrapés; et du marquis de Théinines, soconil 61s du marescbal, lequel avoit eu le régiment de Navarre après la raort de son frère, et y rcccusl, eslant de ^de, un coup dans la clicville du pied, dont il mounist cpielqiKS jours après à Bortienux.

Toute rarraéc demeura eu garnison dans la GuienncT le maresdial de Salnt-Geran devant cuminajuler les troupes qui demeuroieul autour de Monlaiibnn, et M. d Elbœuf celles qu'on laîisa auprès de Sainle-Foy,

I.e Roy eslant arrive à Bordeaux, il fist un garde iks sceaux; car bien que M. IXt Vairfust mort pendant I» siège de Clerac, on n'y avoit pourtant point pour- KU , Je connestablc de Luyncs Les ayant pris et gardés jnsques à sa mort, tenant le&ceau aux jours ordinaires, qooyqu'il n'eust aucune connoissanee de ces sortes d'afbires, et fust contraint de s'en rapporter aux audienders et aux secrétaires dn lloy ; de sorte qn"il fusl cot>tmlable et garde des sceaux tout enseujhle, ce qui nr is'cMoit jamais veu.

M. de Vie (') fust celuy à (]iii on les donna. Il avoit recommandation ses longs services rendus au Bonscil, eslant des plus anciens, et en Suisse, oîi il tvoit esté ambassadeur; ce qui faisoit beaucoup auprès ida Roy, qui se plaisoit à récompenser les vieux srrvi- Mnirs. M, de Luxembourg, (jui aussy bien que M. de □es eus* quelque crédit jusqnes à ce qu'on fust «rrivé à Paris, y aida aussy. On tient que le Roy «vança ceste nomination à cause du chancelier de

i| U. <U y-c: Hcrio dr Vie, tgturilkr d'Eui, el inlendiiit de la iotoi Gay«Due, Tul fait garde dei iupdui le 14 dpccmbiY 1611; il (ftjl iiMqa'i la morl , BfTi*ée l« i leplciiibrc t6si.

qui croyoïcni que cians les grauas csiais le ment d'un seul est tousjouis le meilleur, et les roys ne sout pas assés forts pour gouv mesmes, il vaut mieux qu'ils en laissent la celuy qu'Us eu j ugcnt le plus capable , qu'à t se plaignant des longueurs qu'on apportoî dîtion des moindres choses; qu'on ne sçavoil dresser pour tout ce qu'on vouloit demani estoieat tellement divisés, qu'il suffisoit d' avec un pour estre mal avec les autres; qu'i soient souvent aux meilleurs avis, par jalo gloire et de l'avantage qui eu reviendrait î les donnoieni; et autres inconvénients qui i vent presque éviter dans les compagnies qui i de chef assés autorisé pour les régler et le» le devoir.

La première chose de remarque qu'ils l de pourvoir aux places qu'avoit M. le coi sur quoy ne s'estant peu accorder, chacun I pour ses amis, ils lascherent enfin de s'en i neur, les donnant à des personnes indépei de zncritc. Mais hors de M. d'Aumont, qui

DE FOtTKnitT-MAHZCIL. [l6a3] S^Q

[jue lagf en avoit alois rendu lout-à-faîl incapable, l'otnme iniisy l'en osta-t-on peu de letnps après; et celuy (lu M. de Chaulnes pour la ciladrlle d'Ainiem, car il avoit sy peu servy et ri'wu (aiil d'autres grâces, qu'il lembloit tout-à-fait liors de propos tju'il eust cucorc celle-là. Quelques unsdisoienlqu'il eu avoit donné vingt mille cscus à M. le prince.

M. de Théobon ayant receu, despuis sa révulte, M. de La Force et toute sa famille dans Sainle-Foy, fust encore sy mal avisé que de devenir amoureux de la marquise de La Force, laquelle , bico quVIlc s'en Diocquast, ne le luy tesmoigua pourtant pas, mais en usant comme une bahîle femme , s'en servist pour gagner un tel crédit sur la garnison, qu'elle en rendist i la Gn M. de La Force le maistre; dont n'estant pas encore content, il envoya M. de Munipouillan , son fils, à Tonneins, qui estoit en partie à luy, qui le fist révolter.

M. de La Cheâuaye, des ordinaires du Roy et huguenot , à qui le connustflbie de Luynes avoit fait don- ■er le gouvernement de Ituyan , n'estant pas assés esveillé pour le temps et le lieu oii il estoit, ceux de 1^ Rochelle désirant ardemment ceste place, qui est sur rentrée de la Garonne dans la mer , et pouvoil fort incommoder Bordeaux, y laissa sy souvent entrer M. de ■ Saint-Surin, qu'enfin il la surpris! , et l'en chassa. Le iun|uis de Lusignan fist aussy dans ce mesnic temps une entrepiise sur Clerac, qui luy i-éussist.

Tout cclascmbloit de mauvais préparatifs pour l'année 1623 ; mais nu autre encore parust bien plus dangereux: car M. de Souhise partant de La Rochelle avec plus de li'ois mille hommes, tautdecavallerie que d in- 5o. 34

53o [1622] MBMOIABS

fanterie, s'estoit allé loger en uu certaiu lieu de Foi* tou nommé Rie , lequel est couvert d'un costé par un marais qui ne se passe que sur une fort longue dumssée , et par les autres de la mer , et de deux p^ljî^s rivici^es où elle monte et descend deux fois le jour; de sorte que sy on luy eust donné loisir de s'y fortifier, il auroif peu aisément le rendre quasy imprenaUep & qui obligea le Boy à se haster de partir, poiu* y pouvoir arriver devant qu'il Teust fait.

Un peu auparavant qu'il s'en allast , le duc de Chevreuse et messieurs de Liancourt, de Blain ville, Zamfi et de Fontenay estant allés faire pasquc à Nostre-Dame de Liesse , trouvèrent à leur retour, comme ils arri voient à Soissons, un gentilhomme que la connestable deLuynes envoyoit à M. de Chevreuse, pour luy dire que k Roy ayant pris quelque ombrage du crédit que mademoiselle de Vemeuil et elle avoient auprès de la Reiofi leur avoit fait commandement de se retirer ('). A quoy il ne se voyoit point d'autre remède que de faire £st au Roy qu'il la vouloit espouser, ainsy qu'il l'en avait despuis peu assurée, personne ne doutant que «il ordre ne se changeast en sa considération ; mais qu'il le falloit faire promptement , parcequ'il ne leur avoit esté donné que trois jours pour demesnager, et que 9 elles estoient sorties du Louvre la chose se repareroii plus difficilement.

M. de Chevreuse s'estant bien informé de toutes k|(

(>) La Reine, en conrant dans la grande salle da LooTre avec h nétable de Luynes et mademoiselle de Vemeuil , fit one cb«la qoi !■ causa une fausse ooudie. Louis xiii lui envoya dire qu'il ne Toolsit pas que ces deux dames restassent auprès d>llc , leur ordonoaDt m même tempa de sortir du Louvre. ( Mémoires de Bastompierre» t. », p. 3769 deuxième série de cette Collection. )

particul il rites du tait, vl n'y trouvant rien duvaiilage, le vint aussyUMt dii-e à tous les autres; et comme iU astoient fort de ses amis, leur demanda conseil : à quoy Ik respondircnt qu'ils ii'estoicut point d'avis qu'il le ist , pafceuue f>y sa considération u'estoit pas assés forte pour v remédier, la disgrâce relomberoit iiifaillibleinent sur luy, et sans qu'il s'en peust plaindre, puisque de luy-inesme il y soroit entré. Joint qu'il devoit bien ce respect au Roy pour tant de bous traitevents qu'il en avoît receus par le passé, et tout frais- I^WKDt par la charge de grand cliambcllan qu'il luy H^fMtdonnée, de ne se marier pas à une personne c[u'il BtMDlHgooit luy esirc désagréable. Ce qu'il monstra 9 d'approuver , et les en remercia fort; mais l'estant allé |l Toir aussy tijst qu'il fust à Paris , la conneslable le gagna de telle sorte qu'il Gst à l'heure me&rac dire au Koy q lout ce qu'elle voulust. Quelques autres luy en parlèrent au&sy, qui luy firent un grand cas de conscience s'il les empeschoit de se marier, disaul que sy c'estoit ^'il voulust absolument l'oster, il le pourroit faire ■presque le mariage seroit achevé, et s'il vouloit meooger M. de Chevrcuse , en descousant au lieu de nnipre; de sorte que luy, qui cstoît bon et avoit la conscience tendre, se laissa pei'suader : et comme dans ces sortes d'accidents le temps est un grand remède, la cbose s'estant par ce moyen là différée, ne se Hst à la ' fin point du tout, ny pour elle ny pour mademoiselle de Veroeud f").

lO II notu lenible (]ue If mirquli de Fonlenay cm le ifuI rontemfoninqai ail racuiiU; eeue an'cdale. Elle prlot paifailcment le carat- Hk fiDlrignede la durhriir de Cherreuie. Le père GrilTel, ijiiiAToït k Hcsioirea de FoDiemy mut lc< }'«ui , n'en parle point dani lan BiiiDire de Louii mt.

532 [lâ^fi] MlâHOIEBfl

Ensuite fie cela le Ro j partist de Paris (0 ; el 8*estant embarqué à Orléans , il alla par eau avec tonte les troupes qu'il menoit jusques à Nantes, d'où il tonmi tout court vers Rie : ce dont M. de Soubise fîist fort estonné , ne se voyant pas encore en estât de s*y poavoir deffendre; de sorte qu'il laissa passer la chaussée sans y mettre aucun empeschement. Après quoy le Roy (ist camper l'armée sur une de ces petites rivierei que j'ay dites, et se logea à la teste de ses gardes, de ses gens d'armes et de ses chevaux-légers , où , ajaflt eu sur le minuit une alarme fort chaude • il monti i chenal, et, comme très brave qu'il estoit, se prépan au combat, donnant tous les ordres nécessaires pour cela; mais il se trouva en6n que ce n'estoit qu'une troupe de vaches qui a voient voulu passer l'eau. Oi croyoit que le passage de ceste rivière seroit deffeoèi

par M. de Soubise, qui estoit logé à , qui n'enert

qu'à un quart de lieue : il pouvoit , à ce qu'il sembloit, le faire fort aisément, à cause qu'elle ne se guaye qu'en basse marée, et qu'il y a de l'eau jusques à h ceinture et bien de la vase aux deux bords; maisluj, craignant que s'il y estoit forcé la retraite ne fust dif^ ficile , fist pendant la nuit embarquer toute son iniiBterie, et au mesme temps se retira par terre à LaBochelle avec la cavallerie.

Mais comme , dans toutes les rivières de ces quartier là, les vaisseaux n'y peuvent entrer ny sortir ciiar]pi que dans les hautes marées , et que ce n'en estoit pas le temps, on trouva aussy tous ceux de ceste infanterie eschoués. De sorte que tout ce qui estoit dessus, et qui

(OLe Roi n*apprit qa*aprèsaon départ rérénement airivéà d'Autriche. Il loi écriTit de Toory gur la route d'Oriéuna.

DE r05TEN«.T-HtRBnlL. [l6'i3] 533

Dontoït à plus de deux mille hommes, fust pris, et nvoyé aux galères. M. de La Motte Saint-Surin , <|ui ivoit un régiment, ne s'csiant pas voulu cmbarcpier xnnme les autres, fust pris à composition dans une église où il s'estoit relranclié.

Il faut avouer que M. le prince rendist alors un très |rand service; car ce fust luy qui fist faire ceslc extresme diligence, laquelle ayant empesclié que ce poste' ij important ne fust fortifié, causa aussy la ruine de toute ceste infanterie de M. de Soubise , qui mist un Ici BtoQDeiDCnt dans toute la basse Guiennc, voyant que le Roy leur alloit tomber sur les bras sans qu'ils euslent de quoy résister, que , désespérant de se pouvoir linver , ils ne songèrent qu'à se raccommoder avec luy. , Le Roy estant allé de Bie à Royan, l'nssiegea avec ^pareoce d'un prompt et bon succès, y ayant fort peu de geos dedans, lit parceque Tonnein^i, assiège par H. d'£lbceuf, soit par la faute de ceux qui l'attaquoient pa par le manquement des choses nécessairss à un hiege, tenoit encore, il y envoya M. le prince avec de firgent et des munitions; dont M. d'Elbœuf, qui ^yant les assiégés à l'extrémité, oe las vouloit recevoir iqu'à discrétion, ayant esté averty, il leur donna aussylost telle composition qu'ils voulurent, afia que l'Iion- Beur de la prise ne luy fust point osté. M. de Montbouillan y receust un coup dans la teste, dont il mou* Ihist peu de temps aprfe.

Quand M. le prince passa à Bordeaux, il y trouva «icux vaisseaux hoUaudois, qu'on croyoit ne s'y estre 'vrestés que pour attendre des gens qui vouloient se jetler dans Royan. <)'est pourquoy il leur envoya dire iju'il en avoit besoin pour porter des munitions et du

r^g {163a] HâininEs

(»D(m à l'Bi'RiBe, et qu*Hi seraient desintereseés de tout, mIod U pratique onJinaîre : mais ils ne le \oii' lurent )>oiQt; et quoiqu'on tïrast plusieurs fois sur eiiv tous les canons du cbasleau Trompette , à cause que n'y ayant rien sur la rivière d'où on peust tirer h fleur d'eau, mais seulement de dessus Icâ bastions, qui ne leur £iiisoient pas grand mal, on ne peust les forcer d'obéir, mais de s'en aller.

Im nouvelle de la reddition de Tonncins ayant «lé apportée, M. le prince envoya ordre à taules les troup» de venir k Sainte-Foy, et il alla ce pendant à La Béole. Ce fust dans ce voyage où il me dlst ce qui l'avoit obligé à désirer que M. de Luyne?: fiist connestable (■); et de plus, comme je tuy disois qu'on s'c-stonnoit ik luy voir poursuivre les huguenots avf c tant de clialeur, que c'estoit parceque la couronne estant enBn venue au royHenry-le-Grand, qui s'en cstoit vcu bien pli» esloagné que luy, il ne vouloit pas, sy ce bonheur irrivoit jamais à luy ou à quelqu'un des siens, qu'il lu^ peust estre reproché de ne \es avoir pas ruinés quand il auroit peu; comme au roy Henry m, qui ne le vonhut pas faire après la bataille de Montcontoiir (0, dont il se repeotist bien après. Mais il ne disoit pas tout; car il est certain que plusieurs de ces faiseurs d'horotcepes luy avoieat prédit qu'elle vieudroit à liiy-mesiue, et4{u'îl n'eb estoît pas sans espérance, voyant le Rof n'avoîrpointd'enfants,etMonsieurn'estre point marié.

Ceux de Royan furent sy fort pressés, qu'encore qu'un logement qu'on avoit voulu faire dans le pan d'un bastion n'eust pas réussy , et qu'il s'y tiist perdu

(0 f'ojrtt p\iuhRUt,fag. Sot —W^pièJ Iq b>Ua<'ile Je en |S&). Henri in o'toil encore que duc d'Anjou.

DE POKTBHAY-MAIieiIII,. [jGaa] 535

bfiittcoup de gens de condition , et entre atitre& M. d'Humîeres, premier gentilhomme de ta chambre, qui mourast quelques jours après du coup qu'iî y avoit receu , M, de Vasse et autres; sy est-ce que, n'espérant point de secours , et craignant de ne pas pouvoir soutenir les attaques qu'ils voyoieni qu'on alloit faire, ils demandereol à capituler : ce qui leur fust accordé pour aller diligemment à Sainle-Foy. M. d'E<ipernoneust la princi- ]uie direction de ce siège, comme se faisant dans la Sainc- \ 'imgp, dont, commej'uy desjadit ,il esloîl gouverneur. En partant de Royan, le Roy envoya M. h- comte ■vec une petite armée pour faire le degast autour de La Rochelle, et la bloquer du costé de la terre, pensât que M. de Guise feroit le mesnie de celuy de la mer. l* maresclial de Vilry en estoit lieutenant général, 1^ et M. de Senectairc niareschal de camp. Ce fust en a- I temps là qu'on fist le fort I^uis, dans le<iuel M. le I comte ayant mis le régiment de Champagne, M. Arluuld, qui en estoit mestre-de-camp, llst travailler wec tant de diligence qu'il se trouva en défense devant que l'armée fust ohltgée d'entrer en garnison. It en eust despuis le gouvernement.

Aussytost que le Roy fust arrivé devant Sainte-Foy, il y «nvoya M. de La ViUe-aux -Clercs ('), secrétaire J'Estai, et amy particulier de M. de La Force, pour l'engager à luy en ouvrir les portes. Mais pour iiiy f»ire voir qu'il y pourroit estre contraint, il disposa au , mesme temps toutes choses comme s'il cust voulu l'as- 1 séger, envoyant le régiment de Piémont se loger de

itu

r,ll,-auj

(7<™.Aot

mt

le LomiJuie.

•eig

-Or

ei.tKttUk

re d'tkal d

pul. ■ l.o6 juiqu

Page 1