SIEGE DE LA HOCHELLE
guedoc pour empescker qu'il n y vinst du secours de ces costés là, il en fallust encore une de mer pour s'opposer à toutes celles que le roy de la Grand'Bretagne, que les Rochellois appelloient le roy de la mer, y envoya diverses fois^ et faire mesme une digue pour fermer le port : ce qui estoit alors sans exemple.
Mais les grandes affaires qu il eust despuis sur les bras, tant pour se conserver dans les bonnes grâces da Roy, ayant perdu pendant le siège celles de la Reioe mère y que pour sauver Casai assiégé par les Espagnob, et finir la guerre civile qui duroit encore en Guienoe et en Languedoc , luy en ayant osté le souvenir, ce qui eust esté alors bien aisé est maintenant fort difficile, la mémoire en estant presque perdue. Néanmoins, comme j y ay esté despuis le commencement jusques à la fin , et que j'ay veu toutes les choses qui s*y soot faites, )e vous diray, puisque vous le voulés, toutes celles que je n'auray pas oubliées.
Mais je ne crois pas devoir commencer sans avoir premièrement destruit une opinion que plusieurs gens ont eue, que ceste entreprise s'estoit faite par )iasard; la descente des Anglois dans Fisle de Ré ayant obligé le Roy d'envoyer toutes ses forces autour de La Rochelle, et d'y aller enfin luy mesme, et leur retraite dans le commencement de l'hiver luy faisant croire qu'il l'auroit prise devant qu'ibi y peussent revenir. Car il est très certain qu'elle avoit esté préméditée longtemps auparavant par le cardinal de Richelieu; etsy j'ose dire une chose bien particulière, mais qui est fort véritable, devant mesme qu'il fiist dans les aifairesj car se sentant aussy propre pour les gouverner que rexpérience l'a montré, encore que dans sa jeunesse
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il en pamst Toit esloîiign^, ae |>artant presque puiiil (le son evcsclie, il ne laissoit pas nt^anmoins d'y prétendre , et de penser quelquefois à ce qu'il devruit faire, s'il y esloit appelle' (')■
Et parceque les grandes âmes ne se remplissent ordinairement que de glandes clioses, et que lu sienne estoit des plus estevc'cs, >1 ne se propusuît j)as seulement de plâtrer, plustost que de reme'dier entièrement k tout ce qui ea auroil besoin , comme d'autres avoient Eait, mats de ne travailler pas moins pour l'avenir que pour le présent, et, poussant les alTaires jusques au Iraut, rendre enlln le Roy aussy considère dans le monde que les plus grands de ses prédécesseurs eussent «sté.
Ce que ne pouvant pas faire sans avoir premièrement ruine' le parti des huguenuts et pris La Kocbelle, qui en estoit le plus fort rempart, et la porte pur où ils puuvoient à toute heure recevoir des secours es- Irangers, il y pensnit uu.'isv plus qu'à tout le rester et ('en imaginant les moyens, s'en entretenoit avec le père Joseph, capucin , qui , ayant un génie fort rapportant au sien, ne le prenoit pas, ainsy que d'autres eussent peu faire, pour des imaginations chimériques et sans loïKlemeut, mais pour des choses bien sérieuses et qui reussiroient un jour, ne croyant pas possible que les grands talens qu'il avoit deussent tousjours demeurer inutiles.
Despuis cela il se passa beaucoup de choses qui senibluient Itiy en devoir ester toute espérance j car,
\')Siljr iitoit appelUf; Le Cardinal tic Ilichelicu le dit lui-mjme daoa am de ie» onvTsgc*. [ yoyti b noie aur l<4 .Wmaim Je JtïekeBei, I. iS, p. Sitf.dvtuliJneaJrleih celte Collrcuon.)