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Mervent, arrondissement de Fontenay-le-Comte ( Vendée

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pour l'enlever : il receut en marchant advis par ceux du duc de l'accord qu'avoyent fait les Rochelois'. Deux gentils hommes kiy apportèrent cest advis se convièrent effrontément à venir disner à Dognon, et entrèrent en discours de la haine que leur duc portoit à leur hoste : racontant qu'il avoit dit tout haut devant cinq cents gentils hommes que, s'il ne le pouvoit avoir autrement, il le convieroit à venir voir en un pré une des bonnes espées de France. La responce fut telle : «Je ne suis pas si mal nourri que je n'aye apris les advantages des ducs et pairs, ce que nous leur devons, et le privilège qu'ils ont pour ne se battre point; je sçay encore le respect que je doy au colonnel de France, soubs lequel je commande des gens de pieds; mais, si un excès de colère ou de valeur avoit poussé monsieur d'Espernon à me commander absolument d'aller voir ceste bonne espée dans un pré, certes il seroit obey. Il m'en a autres fois monstre une, sur les gardes de laquelle il y avoit pour vingt mille escus de diamants; s'il luy plaisoit y porter celle-là, je la liendrois encore pour meilleure. » Un des gentils hommes replicqua que monsieur le duc avoit des qualilez dont il ne se pouvoit despouiller pour

I. Sur les démêlés du duc et des Rocheliois, voy. Arcère, Hist, de La Rochelle, i. II, p. 169-171; Levassor, t. 1, p. 562-!)66.

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venir à une telle espreuve de sa valeur. Responce : « Monsieur, nous sommes en France, où les princes qui sont nés en la peau de leur grandeur s'escorchent quand ils la despouillent ; mais sachez qu'on se peut desvestir de ses meubles et acquêts : le duc d'Espernon n'a rien qui ne soit de telle nature pour se rendre impareil à moy. » Le plus vieux des gentils hommes adjousta : « Or bien, Monsieur, quand tous ces poincts seroyent d'accord, il y a tant de seigneurs et gentils hommes autour monsieur le duc, qu'ils l'empecheroyent de pouvoir vous asseurer un pré. « Aubigné eschauffé ne se peut empescher de dire qu'il l'osteroit bien de ceste peine, et qu'il s'en asseureroit un dans le gouvernement du duc auquel luy-mesme apporteroit la seureté contre les amis de son ennemi; là finit le propos, lequel rapporté au duc d'Espernon luy fit faire nouveau serment de vengeance, avec exécrations.

Il y avoit longtemps qu'Aubigné se rendoit ennuyeux par advertissements à tous ceux qui manioyent les affaires; et il n'y avoit assemblée où il n'escrivist ce que le long usage luy avoit appris. Mais plus particulièrement il avoit veu un tableau de tout ce qui est arrivé depuis entre les mains de Gaspard Baronius, nepveu du cardinal', lequel

1 . César Baronius, cardinal, l'auteur des AnnaUseccUiiastki. Mémoires d'Aubigné, 17

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ayant esté apelé à la cognoissance de Dieu ' pour avoir jugé à mort le petit capuchin à Romme, cestuici, parvenu par la faveur de son oncle, et par les grands dons qu'il avoit, à estre de la congrecgation qui s'appelle de la Propagatione délia Fede, fut choisi pour un des trois que ce conseil envoyé tous les ans aux trois coings de l'Europe, avec mémoires de tout Testât de la chrestienté. Sur son partement pour Espagne, bien garny d'or et de despesches autentiques , il se sauva à Briançon entre les mains de monsieur d'Esdiguieres, qui le fit conduire par un consul du lieu à Paris, et là le présenta à une assemblée qui se faisoit au logis de monsieur de Bouillon. Aubigné et monsieur de Feugré^ estans choisis par ceste troupe pour auditeurs du seigneur Gaspard, il leur mit sur table les mémoires de toute la chrestienté, distinguée par provinces, leur monstrant de chacune deux cayers, sur l'un desquels estoit escrit : Artes pacis, et sur l'autre : Artes belli. Ces deux ayants demandé de voir les affaires de la province menacée de plus prés, cest homme leur fit voir premièrement Khetorumi Commentarios, comme debvant la persécution commencer par là, et avant arborer l'esten-

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