Mauzé (Deux-Sèvres
MEMOIRES D AUBIGNE I27
eut grand mal au cœur de laisser piller une de ses dix paroisses qu'il avoit comme les autres desfendues exemptes de toute incommodité de guerre. La sécheresse de ceste année faisoil qu'elle n'estoit plus isle : ayant donc recogneu que cent chariots de front pourvoyent passer le marest, il ne laissa pas de s'y présenter avec ce qu'il avoit, et depuis, pour faire bonne mine en mauvais jeu, voyant arriver six compagnies de cavalerie au logis de Courson ', il lessa les paysans du pays armez en monstre sur un terrier 2, et luy avec ses cent cinquante hommes marcha à deux heures après midy à la veuë des ennemis faire un logis à Morvain 3, faisant filer ses hommes à veuë et au prix qu'ils arrivoyent se desrober au trot par derrière le village pour venir encor joindre la queue, si bien que Reaux, qui commendoit comme mareschal de camp aux troupes qui s'avansoyent en ces quartiers, despesche à son duc l'advertir qu'il avoit sur les bras pour le moings huit cents hommes. Cest advis le fit fortifier de quatre compagnies; encore Aubigné, ayant recogneu la misère de l'elîroy, leur fit quitter quelque logis où ils venoyent fourrager, et, ayant recognu le logis de la grève, alloit la seconde nuict
I. Courçoii d'Aunis (Charente-Inférieure), î. Terrier, tertre.