Hiit. univ.,t. III, p. 41 , 1. I, xi (édii de 1626, xiv
APPENDICE l85
deux prisonniers ', Monsieur fut emporté plus par les interest de ses gens que par les siens mesmes. Qui aura esté nourri prés des princes sçaura combien légères causes et petis instrumens les poussent à pesantes resolutions et grands effets: je di cela pource que, le roi de Navarre aiant esté destitué des personnes plus relevées de son ancien parti, il lui fut force de communiquer ses secrets et d'emploier à ses desseins ceux qui se pouvoient couvrir de leur petitesse. [Le dessein de sa liberté avoit pour première difficulté qu'il ne pouvoit estre doubteux, quand la fuite des deux premiers ne pouvoit laisser obscure la volonté du tiers.]
La roine, soupçonnant le vigoureux esprit et le corps laborieux de son gendre, detenoit la dernière de ses parties par les gardes qu'on lui avoit données, qui estoient soldats choisis, passionnez katholiques, et qui la pluspart avoient exécuté au massacre 2. Elle avoit aussi ceux qui commandoient en la chambre et en la garde robbe, tous affidez à la détention de ce prince, duquel la courtoisie et agréable conversation fit de ses geôliers ses gardes, et (pour la pluspart; exécuteurs de ses volontez. Il sceut bien rendre les espions doubles et se servir de ses ennemis, horsmis des plus eslevez, qui, en