‹ Mémoires. Publiés avec préf., notes et tablesChapitre 33 sur 155 · Segrete, coiffe en fer · texte numérisé non relu

Segrete, coiffe en fer

MÉMOIRES d'aUBIGNÉ 33

Talci assista, lors promise à Limeux, les premiers accords estant rompus à cause de la religion. Geste damoiselle, apprenant et voyant à Pestime de la cour les différences de ce qu'elle avoit perdu et de ce qu'elle possedoit, amassa une melancholie dont elle tomba malade, et n'eut santé jusqu'à la mort. La royne mère ayant reproché à son gendre que Falesche, son premier maistre d'fiostel, et ses equiers n'alloyent point à la messe, pour remédier à cela, un mardi d'après Pacques, comme les princes jouoyent à la paume, le roy de Navarre demanda à Aubigné, arrivé à la gallerie, s'il avoit faict ses pasques ; luy surpris respondit : « Eh quoy donc. Sire ? » mais quand on redoubla : « Et à quel jour? » La response fut : a Vendredi », pour avoir ignoré qu'il n'y avoit que ce pauvre jour en toute l'année sans messe. Monsieur de Guise disant tout haut que pour ce coup il n'estoit pas bien catéchisé, les princes se mirent à rire, mais non pas la royne qui le fit espier de plus prés. Or avoit elle de ce temps là de vingt à trente espions, presque tous révoltez ' ; un de ceux là, nommé le Buisson, avoit feint de suborner l'aisné d'Anjau^ pour prendre le duc de Guise. Aubigné, ayant découvert comment ce galand vouloit perdre

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