Basace, besace
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et puis, ce roy faisant fort l'empesché pour la reconsiliation, Aubigné fit souvenir son maistre du serment d'inimitié qu'ils avoyent preste, quand il baisa à la joue les compagnons'.
En passant par le Poitou, un joueur de lut, nommé Tougiras, qui avoit servi le père d'Aubigni et lors estoit à la Boulaye^, donna la recognoissance de son maistre et de son cousin de S. Gelais à Aubigné, dont advint que ces deux convièrent d'autres seigneurs et gentil'hommes, comme Montdion, Bertauville et autres, à attendre sur des coffres et dans la garderobbe jusques à une heure après la minuict Aubigné, et l'accompagner aux ambuscades que Fervacques luy dressoit, premièrement descouvertes un soir à Lectore, que le guetté s'en retournant seul trouva Sacquenay, gentilhomme bourguignon, de l'autre [côté], qui, avec
I. Le roi de Navarre, au moment où il prit la résolution de s'enfuir de la cour, s'était enfermé avec six gentilshommes. « Les sept, dit Aubigné, se presterent serment, assavoir les six au roy de Navarre, et lui à eux, de ne se desdire point par quelque caresse qui se presentast , et d'estre ennemis jusques à la mort de quiconque decelleroit l'entreprise. Cela prononcé, le roy de Navarre les baisa tous six à la joue, et eux à la main droite. » {Hist. univ., t. II, p. i83 et suiv.)
a, Charles Eschallard, seigneur de La Boulaye, « favorisé du roi de Navarre pour avoir été nourri enfant d'honneur avec lui », dit Aubigné. Hist. univ., t. II, p. 339. Il mourut en 1595, ibid., t. II, p. 478.
MEMOIRES D AUBICNE 4I
deux pistolets, le chien abattu, estoit au guet en un coin de rue; il luy sauta à la gorge si dextrement qu'il luy esta les deux pistolets, et ne luy voulut faire autre desplaisir, pource que Sacquenay, qu'il avoit autres fois mené à la guerre, luy tesmogna estre là à contre cœur, et luy descouvrit les autres desseings de Fervacques, lequel, les ayant tous failli, abandonna ceste cour, ayant premièrement dit à Fecquières ', fille de Madame 2, qu'il avoit son cœur affligé des meschancetez commises envers son ancien ami, et qu'il vouloit lui aller dire à Dieu pour luy demander pardon. Ce jeune homme J courut au logis du meschant pour prévenir ceste bonne volonté; mais, comme il montoit le degré de la chambre, La Rocque, qui en sortoit, le fit retourner bien viste, luy disant : « Il vous a donné ceste amorce et n'attant plus que à vous tuer pour s'en aller. »
Dés lors desclina la faveur d'Aubigné, ce que recognoissans ses amis, ils luy faisoyent plusieurs harangues afïin qu'il s'accommodast au plaisir de son maistre. Un jour, entre autres, Fonlebon et un autre l'entreprirent, six lieues durant, allegantsque les papistes, ne faisants pas tant de difficultez,
1. Probablement une sœur de François de Pas, seigneur de Feuquières.