François Le Roi, sieur de Chavigny
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de vosire eslevement, (t du bien de nos cousins vos enfans. Montrez à ce coup que vous estes sensible aux injures, en ayant chère l'occasion par laquelle je desire me prouver V. et cxt.
L'Italien ayant exposé sa charge, qui estoit de deux cents mille ducats content, pour fermer les yeux à laisser sauver le prisonnier, ou bien du gouvernement de Belle-Isle avec cent cinquante mille escus, la response sans escrire fut : « Que le second offre me seroit plus commode pour manger en paix et en seureté le pain de mon infidélité; mais pource que ma conscience me suit de si prés qu'elle s'embarqueroit avec moy quand je passerois en risld, retournez-vous en tout asseuré que, sans ma promesse, je vous envoyerois au roy. »
Il y avoit à Poitiers un capitaine Daufin, qui exsersoit une grande pyratrie dans les marais de Poitou et Xainctonge. Cettui-ci, mal traicté pour une querelle par le comte de Brissac ', eut envie de s'en venger sur le point que les Ligués faisoyent force entreprises sur Maillezais pour sauver leur roy, cettui-ci ayant fait sçavoir à Aubigné qu'il desiroit parler à luy en segret, il vint deux advertissements de Poitiers, et un de la Rochelle fort
1. Charles de Cossé, gouverneur de Paris, livra la ville à Henri IV qui le créa maréchal de France. Il mourut en 162 I,
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exprés, que ce Daufin estoit employé par le comte de Brissac pour tuer Aubigné. Nonobstant, ne voulant pas rompre un dessein qu'il avoit d'enpoigner le comte, il voulut s'asseurer du Daufin par une estrange façon : c'est que luy ayant donné rendés-vous en une maison abandonnée pour s'i trouver au point du jour, le gouverneur sortit tout seul de sa place, fit lever les ponts après luy, et, ayant trouvé son homme, luy tint ce langage : « On m'a voulu desbaucherde parlera toy, comme employé pour me tuer, je n'ay pas voulu rompre nostre entreprise, mais purger ce soupçon par la voye de l'honneur : voilà un poignart que je t'apporte pour choisir cettui-là ou le mien, affin que à pareilles armes tu accomplisses ta promesse : si tu veux, tu le peux avec honneur; voila un batteau que j'ay fait venir pour te sauver de là le marais. » Daufin, oyant ce propos, jettason espée au pied d'Aubigné avecque les honnestes sommissions que pouvoit un brutal, et ainsi entrèrent en confiance : marqués ce conte pour une de mes grandes fautes.
Le Plessis Mornay eut quelque temps après' sa
1 . Quelque temps après. La mémoire d'Aubigné le trompe ; il aurait dû dire dix ou onze années après. En effet, c'est le 4 mai 1600 que s'ouvrit la célèbre conférence de Fontainebleau, où figura Jacques-Davy Duperron , évêque d'Évreux, cardinal, mort en 1618,
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conférence avec l'evesque d'Evreux. Aubigné arrivé quinze jours après à Paris, le roy le commit avec le mesme, où la dispute ayant duré cinq heures en présence de quatre cents personnes de marque, Tesvesque s'eschappant des arguments par des grands discours, son adversaire forma une démonstration, de laquelle il avoit pris les deux prémisses dans les susdicts discours en paroles conceuës; ce nœud travailla tellement l'esprit de Tesvesque qu'il luy tumba du front sur un Chrysostome manuscript autant d'eau qu'il en pourroit ranger en la coque d'un œuf commun; la fin de ceste dispute fut par ce syllogisme :
« Quiconque est faux en une matière ne peut estre juste juge en ceste matière;
« Les Pères sont faux en la matière des controverses, comme il paroist en ce qu'ils se sont contredits;
« Donc les Pères ne peuvent estre juges en la matière des controverses. »
L'esvesque approuva la forme et la majeure, la mineure demeurant à prouver. Aubigné escrivit son traité De dissidiis Patrum^, auquel l'esvesque ne respondit point, quoy que le roy se fust rendu pleige pour luy.
[1601] Vous avez à la fin du 1 3^ chapitre du