‹ Mémoires. Publiés avec une préface et des notes par le duc de Broglie (volume 2)Chapitre 16 sur 159 · LE BARON DURANT DE MAREUIL AU PUI.NCE D E TAL LEY R A N D · texte numérisé non relu

LE BARON DURANT DE MAREUIL AU PUI.NCE D E TAL LEY R A N D

(' Paris, le 25 décembre 1832 .

» Je ne désespère pas que cette lettre-ci, allant par l'estafette, arrive avant ma précédente, trop courte pour (]ue j'aie pu vous dire que tout était enfin réparé pour moi. Je vais à Naples comme ambassadeur. Je vous ai dit pourquoi j'aurais préféré d'être ministre à Berlin, mais il y a ici plus qu'une compensation, et ma reconnaissance se partage encore entre le roi, le ministre et vous, ne doutant pas que vous n'ayez puissamment contribué à me faire obtenir si prompte et si pleine justice.

» Je me reprocherais d'oublier de me réjouir avec vous du dénouement d'Anvers. Il fait ici un grand et bon effet et, sans doute. Usera tel à Londres...»

[Traduclion]

« East-Sheen, le 30 décembre 1832 . y Cher prince de Talleyrand, y> Mille remerciements pour votre agréable lettre. Le récit qu'elle contient n'est pas moins que ce que j'attendais de la sage politique et de la bonne foi du gouvernement français.

La résolution de renvoyer la garnison hollandaise sans condition est encore meilleure que de l'avoir relâchée sur parole. » Croyez-moi toujours...»

La citadelle d'Anvers était prise; toute cette afTaire bien terminée et au moment où tous ceux qui s'y intéressaient, jouissaieni d'une grande satisfaction, je devais, moi, être frappé d'un coup douloureux qui me causa un pnjj'ond chagrin. La princesse do Vaudémont, après une maladie de quelques jours, mourut dans la nuit du 31 décembre au J"'' janvier 1833. .Je perdais une amie avec lequelle j'étais lié depuis cinquante ans; je l'avais connue chez sa belle-mère, madame la comtesse de Brionne,oîi j'avais passé les plus agréables années de ma jeunesse ; nos rapports n'avaient jamais varié, et je ne puis me consoler de la perte d'une aussi fidèle amie. Elle m'a rendu service, même après sa mort, ses héritiers m'ayant renvoyé la plupart des lettres que je lui avais adressées; c'est là oîi j'ai pu puiser, comme on l'a vu, beaucoup des détails qui ont servi à rassembler mes souvenirs et qui sans cela, auraient probablement échappé à ma mémoire. Aussi, on me pardonnera de placer ici quelques-uns des témoignages rendus k son noble caractère par ceux qui, plus heureux que moi, ont pu assister à ses derniers instants.»

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