La princesse de Vaudémont qui venait de mourir
2. Séance du 5 janviei-. On y discuta le rapport de M. Sapey sur les pétitions qui avaient été adressées à la Chambre relativement à Madame la duchesse de Berry : les unes réclamaient la mise en liberté de la princesse, les autres demandaient qu'un plébiscite décidât de son sort ; toutes contenaient des protestations contre la révolution de Juillet. La Chambre, après une séance longue et tumultueuse, vota l'ordre du jour pur et simple réclamé par le gouvernement qui gardait ainsi sa liberté d'action.
1U2 Mt.MUlKHS DU PHINCE DE ÏALLEYKAND.
un voyage pareil à celui qu'il a accompli dans les six derniers mois de l'année 1832.
» Veuillez accepter, mon prince, avec les assurances de ma haute considération, celles d'un dévouement que je vous prie de mettre à l'épreuve dans toutes les occasions où vous croirez pouvoir en user utilement... o
LE PRINCE DE TALLEVRANO Al' DUC DE BROGLIE.
' Londres. \o 17 janvier 1833.
» Monsieur le duc,
)) ... .Je dois vous informer d'une communication assez importante qui vient d'être faite au ministère anglais par l'ambassade d'Autriche à Londres ; elle est relative à l'état actuel du Portugal et aux moyens de mettre un terme à la guerre civile qui désole ce pays.
^ Le ministre d'Autriche a été chargé par sa cour d'offrir au gouvernement anglais la médiation du cabinet de Vienne dans les affaires portugaises, et, en le déclarant à lord Palmerston, il a ajouté que la première condition de celte médiation sérail la reconnaissance, comme roi de Portugal, de dom Miguel, qui s'engagerait alors à donner une amnistie générale et à lever tous les séquestres établis sur les propriétés particulières.
» Pour appuyer cette proposition le cabinet de Vienne fait valoir que, depuis plus de quatre ans, l'infant dom Miguel occupe le trône de Portugal ; qu'en admettant même comme fondés tous les torts reprochés à son gouvernement, on ne peut ïî'empècher de reconnaître qu'il a reçu l'assentiment de la grande majorit<i de la nation portugaise, et l'entreprise
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tentée avec si peu de succès par dom Pedro est invoquée, s'il en était besoin, comme témoignai^c de ce fait.
)) Le ministre d'Autriche, en terminant la communication qu'il avait ordre de faire, a dit que son souverain s'était déterminé à cette démarche, quelque contraire qu'elle fut aux intérêts de sa pelite-fille', parce qu'il étail convaincu que la j>acification du Portugal était devenue par sa liaison avec la tranquillité de la péninsule une question de Ui plus haute importance pour la paix d(^ l'Europe, et que cette pacification ne pouvait être réalisée promptement que par la reconnaissance de l'infant dom Miguel; mais que, du reste, il entendait que l'amnistie qu'on imposerait à ce prince serait sans aucune restriction et donnée de manière à rassurer toutes les opinions.
» Lord Palmerston a sur-le-champ répondu au baron de Neumann- qu'il ne s'expliquait pas trop bien l'opinion exprimée par la cour de Vieime dans cette circonstance; qu'il lui paraissait fort étrange, pour ne rien dire de plus, de proposer à dom IVdro de quitter le Portugal, de livrer les Açores, d'abandonner enfin la cause de sa fille, «4 de ne lui ofirir. en échange de toutes ces concessions, qu'une amnistie pour laquelle on n'aurait, en définitive, d'autre garantie que la parole d'un prince connu pour son peu de fidélité à tenir ses engagements. Lord Palmerston a conclu en déclinant l'acceptation de la médiation de l'Autriche dans les termes dans lesquels elle était oflérte.
1. Dofia Maria était eu effet petite-fille de l'empereur François par sa mère, l'archiduchesse Léopoldiue, que dom Pedro avait épousé en premières noces.
2. Secrétaire d'amhassade autriciiien à Londres. II faisait fonction de chargé d'affaires en l'absence de l'ambassadeur, le prince Esterhazy.
lui 31ÉM0IRES DU PRINCE DE TALLEYRAND.
» Tel a été le résultat de cette discussion soutenue sur un ton assez vif de la part de lord Palmerston et de celle de M. de Neumann.
» Dans une des dernières dépêches que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, vous m'avez témoigné le désir de connaître le plus ou moins de fondement que pouvaient avoir les bruits répandus à Madrid sur le vérkable but de la mission de sir Stratford Canning. En vous répondant, le 11 de ce mois, je vous ai indiqué quelles étaient les difficultés qui s'opposaient à ce que je puisse me procurer des informations précises à cet égard, mais je n'en ai pas moins cherché à vérifier quelques-uns des faits que vous avez bien voulu me mander. Un membre du corps diplomatique dans lequel je place quelque confiance m'a communiqué à peu près les mêmes renseignements que ceux contenus dans la dépêche de M. de Rayneval ; mais il a appuyé son récit d'une circonstance qui tendrait à fortifier l'opinion qu'on avait à Madrid sur les inquiétudes de M. de Zéa. Je veux parler de l'acte solennel par lequel Sa Majesté le roi d'Espagne, en renouvelant sa première déclaration relative aux droits de l'infante Isabelle à succéder au trône, annule les dispositions qu'il annonce lui avoir été arrachées pendant sa maladie '. On pense que cet acte est un moyen employé par M. de Zéa pour déjouer les manœuvres de sir Stratfort Canning, qui devait, comme vous me l'annonciez, essayer de lier les intérêts de l'infante Isabelle à ceux de doua Maria, en promettant à la reine d'Espagne l'appui de son gouvernement, pour faire respecter les droits de sa fille, si elle voulait, de son côté, protéger la jeune reine du Portugal. M. de