‹ Mémoires. Publiés avec une préface et des notes par le duc de Broglie (volume 2)Chapitre 46 sur 159 · Alors ambassadeur d'Espagne à Paris · texte numérisé non relu

Alors ambassadeur d'Espagne à Paris

2. Constitution donnée à l'Espagne par le cabinet :Martinez de la Rosa. Elle fut promulguée le 12 juin.

3. Don Francisco Xavier de Burgos naquit en 1778. Ayant accepté quelques emplois du roi Joseph, il fut exilé à la restauration de Ferdinand. Il revint en Espagne en 1817 et se lit un nom comme polémiste dans le parti libéral. Il devint intendant du conseil des douanes (1827) puis conseiller supérieur des finances, ministre de l'intérieur à la mort de Ferdinand et enfin ministre des finances.

4. Don José Maria de Moscoso d'Altamira avait déjà été ministre de l'intérieur en 1822. Quelques mois après il fut destitué ainsi que ses collègues et emprisonné. De nouveau ministre de l'intérieur en 1834, il fut remplacé en janvier 1835 par don Diego Medrano.

le roi Guillaume ; elles tendent à faire revenir les cabinets de Londres et de Paris sur leur résolution de ne pas reprendre les conférences et se plaignent amèrement des événements de Bruxelles.

» Les notes pleuvent sur la Suisse : le canton de Berne va cependant s'exécuter au sujet des réfugiés qui ont pris part au mouvement sur la Savoie*.

» A l'intérieur, nous n'aurons le complément d'effectif demandé pour 1833 que pour les six premiers mois. Il faudra obtenir le reste de la nouvelle législature, nous avons été obligés de transiger avec la commission qui ne voulait donner que trois mois sur 183o^

1. La Suisse était à cette époque le lieu d'asile et le centre de réunion de tous les révolutionnaires d'Europe. Vers le mois de janvier 1834, un rassemblement d'environ un millier de réfugiés de toutes les nations se forma dans le canton de Vaud dans le dessein de pénétrer en Savoie et d'y proclamer la république. Le général polonais Romarino était à la tête du mouvement. Le 2 février, plusieurs bandes en armes passèrent la frontière et parvinrent jusqu'à Annecy mais sans provoquer aucun mouvement parmi la population. Elles ne tardèrent pas à être attaquées et mises en déroute par les troupes sardes. A la suite de cette échauffourée,la Sardaigne réclama de la Suisse des mesures contre les réfugiés ; elle exigea du directoire qu'il les expulsât et qu'il mît en jugement les Suisses qui avaient pris part à l'expédition. Plusieurs États appuyèrent pour leur propre compte la démarche du cabinet sarde, et le gouvernement suisse reçut des réclamations analogues de l'Autriche, du grand-duché de Bade, de la Bavière, du Wurtemberg, de la Confédération germanique. du royaume de Naples, delà Prusse et même de la Russie. Il résista d'abord, et déclara qu'une pareille sommation portait atteinte à l'indépendance de la Suisse. Toutefois il finit par s'exécuter du moins en ce qui concernait l'expulsion des étrangers ; le canton de Berne lui-même qui semblait le plus rebelle, et qui avait accueilli les réfugiés polonais avec faveur, les renvoya de son territoire. Cet incident qui émut un instant la diplomate ne fut clos que vers le mois de juillet.

2. Le ministre de la guerre avait, le 15 avril, déposé un projet de loi pour ramener l'armée à son effectif de 360 000 hommes. Il demandait en conséquence des crédits supplémentaires sur les exercices 1834 et 1835. La commission ne lui alloua que la moitié des crédits demandés et la Chambre ratifia la décision de sa commission (13 mai).

RÉVOLUTION l»E 1830 (1833-1834). 393

» Quesada vient d'être battu par Zumalacarrcguy^ et forcé de rentrer à Pampelunc ; il a perdu deux ou trois cents hommes.

» Rodil a failli prendre don Carlos qui en a été quitte pour ses bagages. Je ne puis trop vous redire, mon prince, combien le traité fait bonne mine ici et combien on vous admire pour l'avoir conclu. Appony est le seul des étrangers qui n'en ait pas encore parlé. J'ai terminé quelques explications en lui disant que nous n'avions pas oublié que doua Maria était petite-fille de l'empereur François.

') Pozzo paraît de méchante humeur. Il me semble cependant que l'attitude prise en général par eux est, en attendant de regarder la cliose, comme de peu d'importance. »

LK PliliNCE DE TALLEYRAND AU COMTE DE RIGNY.

« Londres, le 28 avril 1834.

» Monsieur le comte,

') Lord Palmerston est pour deux ou trois jours à Windsor ; c'est ce qui m'empêche de l'entretenir, aussitôt que je l'aurais voulu, de ce qui dans votre dépêche se rapporte à la question du Luxembourg et à la conduite du gouvernement prussien envers le général Goblet^

1. Thomas Zumalacarregny né en 1788, s'engagea en 1808 au moment de l'invasion française; après la mort de Ferdinand YII, il prit parti pour don Carlos et lut un des meilleurs généraux de l'insurrection. Il tint la campagne pendant deux années obtint de nombreux avantages qui rendirent son nom fameux comme chef de partisans, mais il fut blessé mortellement au siège de Bilbao (juin 1835).

2. Le général Goblet avait été nommé ministre de Belgique à Berlin, mais le roi de Prusse, à l'instigation, dit-on, du cabinet de La Haje, avait refusé de le recevoir, bien qu'il eût précédemment agréé sa nomination.

» Aussitôt après le retour du ministre des afiaires étrangères je le verrai pour lui faire part de vos observations sur ces deux points et pour concerter avec lui les mesures qu'il est convenable pour les gouvernements de France et d'Angleterre de prendre dans cette circonstance.

» Le procédé du gouvernement prussien me parait comme à vous, monsieur le comte, inexplicable ; je dirai plus, il me paraît intolérable. Nous ne pouvons pas le laisser passer inaperçu, sans nous exposer à voir se produire chaque jour quelque nouvelle injure gratuite ou non contre la Belgique, et qui, en définitive, retomberait sur les deux gouvernements qui la protègent plus spécialement. Le choix du général Goblet pour la mission de Berlin a pu être maladroit, mais alors c'était avant son départ de Bruxelles qui a été connu longtemps à l'avance, que le gouvernement prussien aurait dû indiquer la répugnance qu'il éprouverait à le recevoir. Dans l'état actuel des choses, on ne peut reconnaître au cabinet de Berlin le droit de repousser l'envoyé belge sous un prétexte aussi insultant que celui qu'il met en avant, quand surtout il y a à Bruxelles un ministre prussien accrédité et toujours traité avec considération par le gouvernement belge.

« Je ne puis encore prévoir quel sera le parti que lord Palmerston adoptera à cet égard, mais je le presserai d'en prendre un promptement.

» Quant aux propositions d'un nouvel arrangement dans l'affaire du Luxembourg qui ont été faites par la Prusse el l'Autriche, je ne pense pas qu'il nous convienne d'y entrer. Elles modifieraient, comme vous le remarquez très bien, les traités de 1815 et auraient de plus l'inconvénient de renouveler les discussions sur la question territoriale du traité liol-

KÉVOLUTio.N i>i-; is:io ( is;}3-ls:i4). ;J'.t:.

lando-belge. question qu'il nous importe de considérer et de faire considérer par les autres puissances comme irrévocablement résolue et terminée par le traité du 15 novembre...

h ... Je suis convaincu que nous avons très bien fait de garder pour notre part le secret du traité. On ne peut que blâmer la publication prématurée qui en a été faite par les journaux anglais. Il y a toujours en pareil cas beaucoup plus de convenance à ne point avoir d'indiscrétion à se reprocher. Je suppose que les journaux sur lesquels le gouvernemeut du roi exerce quelque influence, seront chargés de faire valoir l'utilité morale et politique de ce traité pour la France, lorsque le temps sera venu de le publier.

LE COMTE DE R I G X Y AU PRIXCE DE TALLEYRAND

« Le jeudi 1°' mai 1834.

» Mon prince.

)) Je vous écris quelques mots au milieu des embarras du l^" mai. Goblet est rappelé. La note de M. de Mérode ^ est ferme. Bresson a pris à Berlin le ton un peu haut sur cette afl"aire et il a bien fait. Je crois que la faute du roi Léopold a été de ne pas répondre à une lettre particulière du roi de Prusse avant d'expédier Goblet. J'ai communiqué à lord Granville la teneur de cette lettre.

Le maréchal Maison me donne aujourd'hui des explications sur des préparatifs dans la mer ?S'oire que notre consul à Odessa aurait annoncés et qui n'existent pas. M. Bligh ayant pu transmettre, sur la même foi, de semblables renseigne-

1. Le romte Ft-lix de Mérode, aloi-s ministre des affaires étiantières.

ments à Londres, il sera peut-être bon que lord Palmerston

soit averti de leur exagération.

» La Suisse prend des mesures contre ses réfugiés. Vous avez lu dans les Débats la proclamation de la police de Berne : c'est une idée que j'avais suggérée là-bas. Je pense qu'aujourd'hui les légations étrangères sont bien attrapées d'être reléguées à Zurich.

» iN'os journaux commencent à jaser sur le traité. La diplomatie ne nous en parle pas encore, mais je sais qu'elle est en émoi; le parti carhste, surtout, en trépigne...

» Sauf la défaite de Quesada, les nouvelles de Barcelone, Valence, Murcie. sont très bonnes. Le statut royal y a partout grand succès. La Gazette de Madrid du 23 annonce l'envoi réciproque et la réception de ministres accrédités entre Madrid et Lisbonne : voilà la reconnaissance formelle.

» Don Carlos a encore été serré de près une seconde fois et perdu de nouveau quelques équipages.

» M. Sontag* revient déjà de Bruxelles où se rend M. Périer-... »

LE PRINCE DE TAELEYRAND AU COMTE DE RIGXY

« Londres, le 1" mai 1834. » Monsieur le comte,

» ... J'ai pu voir lord Palmerston hier et lui parler des deux affaires qui faisaient l'objet principal de votre dépêche

Page 1