‹ Mémoires. Publiés avec une préface et des notes par le duc de Broglie (volume 2)Chapitre 47 sur 159 · Second secrétaire d'ambassade à Londres · texte numérisé non relu

Second secrétaire d'ambassade à Londres

2. Auguste-Casimir- Victor-Laurent Périer, 111s de M. Périer, alors secrétaire de légation à Bruxelles.

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numéro 33. 11 adopte en loiit point votre opinion sur la conduite du gouvernement prussien envers le général Goblet et il a écrit à Berlin pour charger lord Minto de faire des représentations...

» Il y a eu tant et de si diverses propositions mises en avant dans ces derniers temps au sujet du Luxembourg, que lord Palmerston pense qu'il ne nous convient pas de nous montrer trop préoccupés de cette alfaire, et que nous devons attendre qu'on nous soumette quelque projet positif que la France et l'Angleterre seront toujours libres d'accepter ou de rejeter.

» Lord Palmerston m'a communiqué ensuite des dépêches qu'il avait reçues de Vienne et dans lesquelles sir Frédéric Lamb lui rendait compte de plusieurs conversations qu'il avait eues avec le prince de Metternich, sur la reprise des conférences de Londres pour terminer Falfaire hollando-belge. Toutes ces conversations n'ont été qu'une longue série de raisonnements de la part du chancelier d'État pour prouver la nécessité de réunir la conférence, et quoique, en définitive, ils ne présentent rien de bien nouveau, lord Palmerston se propose de charger sir Frédéric Lamb d'y répondre et d'annoncer l'intention du gouvernement anglais de se rendre aux désirs du cabinet autrichien, lorsqu'on aura la certitude que le roi des Pays-Bas consent à signer les sept premiers articles du traite du lo novembre, sur lesquels les gouvernements d'Autriche, de Prusse et de Russie n'ont jamais élevé la moindre contestation. Il pense, comme moi, que le refus ou l'acceptation du roi des Pays-Bas ferait connaître péremptoirement s'il veut ou ne veut pas finir.

» La dépêche de lord Palmerston sera transmise à Vienne

par Paris, et lord Granville doit vous en donner communication . . .

LE COMTE DE RIGXY AU PRINCE UE TALLEYRAND

- Paris, ce 3 mai 1834.

» Mon prince,

» ... Tout est bien embrouillé sur la frontière du nord en Espagne, et cependant je ne vois pas Madrid s'impressionner beaucoup. Rayneval n'en souftle mot.

» Pozzo a dû avoir ic matin un rendez- vous avec le roi. J'ai fort prémuni le roi ; je l'ai surtout fort engagé à ne pas donner d'excuses à Pozzo; bien moins encore de lui dire que c'était pour ne pas laisser les Anglais tout seuls agir dans la péninsule et avoir occasion de les surveiller.

» Il était, je crois, disposé à tenir ce langage, mais j'y ai mis tout ce que j'ai |»li de savoir-faire pour qu'il s'en abstînt... »

LE PRINCE DE TALLEYRAND AU COMTE DE RIGNY

Londres, le 9 mai 1834.

» Monsieur le comte,

»... Je crois qu'il serait utile de m'envoyer aussitôt que possible les ratifications du traité du 22 avril. Celles de Portugal pourraient arriver d'un instant à l'autre, et comme nous pouvons compter sur celles de Madrid, on fera probablement un premier échange avec le ministre de Portugal, si toutefois le gouvernement de dom Pedro ne refuse pas de ratifier le traité, comme quelques personnes ici paraissent le craindre,

UÉVOLI'TIO.X l)K 1S30 ( 1 .s;}:{-is:î'i ). :!U«.I

ce (|iii, je l'avoue, sérail un plus grand acte d(^ folie de la part de ce gouverneuicnl (|ue tous ceux qu'on a rus jusqu'ici à lui reprocher,

» J'engagerai lord Palniei'ston à ne pas retarder davantage l'envoi à Copenhague des instructions nécessaires ])our la conclusion du traité relatif à la traite des noirs'.

» Vous aurez remarqué dans les journaux anglais l'annonce de l'arrivée à f.ondres du comte de Montfort (M. Jérôme Bonaparte). Cette nouvelle est vraie; M.M. Lucien et Joseph Bonaparte continuent aussi à séjourner ici.

■ Londres, le 15 mai 183't.

» M. Feuillet m'a remis les ratifications du traité du 22 avril.

» ... Les deux pièces doni je joins ici des copies vous prouveront que le gouvernement de dom Pedro s'est décidé à ratifier le traité signé à Londres par s()n plénipotentiaire. On ignore encore le jour oii les ratifications portugaises arriveront ici, mais cela est moins important maintenant que nous savons à quoi nous en tenir sur les intentions du légent du Portugal à l'égard de ce traité. Je pense cependant que tout sera complété dans trois ou quatre jours, à moins que les ratitications portugaise et espagnole ne soient pas parfaitement en règle, ce qui est à craindre d'après la

1. Des ne'gociations étaient alors engagées entre la France et TAngleterre, d'une part, et le Danemark, de l'autre, à l'effet d'obtenir du cabinet de Copenhague son accession au traité conclu le 30 novembre 1831 entre les cabinets de Paris et de Londres (et complété par la convention du 22 mars 1833) pour la répression de la traite des noirs. Le Danemark v adhéra le '2t> juillet 1834.

400 MÉMOIRES DU l'IUNCE DE TALLEYR A.ND.

hâte avec laquelle elles ont dû être réexpédiées à Madrid et à

Lisbonne.

» Je n'ai pu voir lord Palmerston aujourd'hui; je ne manquerai pas dans notre prochaine entrevue de lui exprimer votre désir au sujet des afîaires de la Suisse... »

« Londres, le 18 mai 1834.

» En réfléchissant attentivement au projet de déclaration dont il est question à l'article V du traité du 22 avril ^ et que M. ]\Iartinez de la Rosa voudrait qui fût faite par un acte collectif signé des quatre plénipotentiaires, j'y ai reconnu plusieurs inconvénients que je dois vous indiquer comme je les ai déjà fait pressentir à lord Palmerston. J'y vois d'abord le fait d'une intervention directe dans les affaires purement intérieures de la péninsule, et nous nous engageons, ce me semble dès le premier pas, plus avant que ne nous y oblige le traité lui-même. Car, dans cet acte, j'ai tenu à ce que nous ne fussions que les garants des conditions de l'article \, mais que nous ne fussions point chargés de leur exécution. Si, par les conséquences inévitables d'une guerre telle que celle qui se fait dans la péninsule, il arrivait que dans les villes ou places successivement occupées par les deux partis, la déclaration des quatre cours subît toutes les mauvaises chances d'un acte rédigé au nom d'une des deux parties combattantes, la dignité de la France et de la Grande-Bretagne ne se trou-

1. Art. V. — « 11 est convenu entre les hautes parties contractantes que par suite des stipulations contenues dans les articles précédents, une déclaration sera immédiatement publiée annonçant à la nation portugaise les principes et le but des engagements de ce traité. »

ltK> OLITIU.N Dl' 1830 (1833-1834). '.01

verail-elle pas compromise par des insultes qui lombcraienl directement sur une déclaration émanée d'elles ?

» Je ne reconnais pas, d'ailleurs, la nécessité de la démarche réclamée par le cabinet de Madrid dans cette circonstance. Il me parait quil devrait lui sutTire qu'à la suite de la publication du traité, le gouvernement portuj^ais fît la déclaration mentionnée et garantie par l'article V.

» Telles sont les observations dont j"ai fait part à lord Palmerston et sur lesquelles j'appelle votre attention, monsieur le comte. Vous aurez le temps de me faire connaître votre opinion définitive à ce sujet, car on ne pourra s'occuper de la forme de la déclaration qu'après l'échange des ratifications qui ne se fera que dans quelques jours...

» Lord Palmerston m'a dit qu'il allait positivement envoyer à Copenhague les instructions nécessaires pour terminer la négociation relative à la traite des noirs...

» Vous aurez déjà api)ris, quand cette lettre sera entre vos mains, que le cabinet anglais avait prévenu vos désirs relativement aux atTaires de Francforts Lord Granville a dû vous communiquer la dépêche que lord Palmerston a écrite au ministre d'Angleterre dans cette ville, pour le charger d"y faire des représentations sur les derniers événements qui s'y

1 . A la suite de l'émeute du 5 avril 1833, la diète avait ordonné l'occupation de Francfort par une garnison moitié autrichienne moitié prussienne, ce qui avait été la source de rixes et de conflits journaliers avec les milices de la ville. A l'occasion de troubles sérieux qui survinrent de nouveau le 2 mai, la diète prit une seconde décision qui concentrait la police et tous les pouvoirs militaires entre les mains du commandant autrichien. Le Sénat de Francfort protesta vivement contre cette mesure, qui ne laissait presque rien subsister de Tindépendancc de la République. C'est également cet abus de pouvoir de la part de la Confédération qui avait provoqué l'intervention des puissances.

'i02 MKMOIRES DU PRINCE DE TALLEYRAND.

sonl passés et sur les projets qu'on attribue à la diète. J'ai trouvé la lettre de lord Palmerston rédigée dans des termes un peu trop vifs, et je crains qu'elle ne dépasse le but. Je voudrais qu'elle vous eût produit la même impression qu'à moi, et que le gouvernement du roi, restant dans les idées sages que vous exprimez si bien par votre dépêche numéro 42, se bornât à faire des réserves sur un ton assez modéré pour ne pas causer d'irritation.

» Nous devons autant que possible ménager la susceptibilité des petits gouvernements d'Allemagne, et témoigner do notre force par notre modération même envers eux. Vous n'ignorez pas que, dans ces derniers temps, le ton quelquefois provocant des agents anglais en Allemagne n'y a pas utilement servi nos intérêts... »

Le comtk de kig.w al prince de talleyiiand<

« Paris, le 19 mai 1834.

» Mon prince,

» Roussin vient de refuser' : on va le remplacer par l'ami lal Jacob, je crois. J'ai laissé le conseil parfaitement libre de nommer un ministre des affaires étrangères ou un ministre de la marine.

» Nous avons lieaucoup de lettres de Constantinople et de Vienne. Roussin mande que les préparatifs maritimes russes sont immenses et pressés : on annonce un voyage de l'empereur en Crimée. Méhémet-Ali s'agite sur son divan et se croit menacé, mais il est assez embarrassé en Syrie et à

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