‹ Mémoires. Publiés avec une préface et des notes par le duc de Broglie (volume 2)Chapitre 50 sur 159 · MADAME ADÉLAÏDE D 'ORLÉANS AU PRINCE DE TA LLE YR AN D · texte numérisé non relu

MADAME ADÉLAÏDE D 'ORLÉANS AU PRINCE DE TA LLE YR AN D

<c Tuileries, le 12 juin 1834.

» P. -S. — Mon frère vient de meparler de l'idée qu'on avait eue à Madrid de faire une déclaration nouvelle sur le traité de la quadruple alliance. Selon lui. pour lui conserver sa force et son effet, il ne faut en rien dire surtout daus le moment où son efficacité vient d'être rendue aussi évidente, et il faut s'abstenir de toute déclaration confirmative ou explicative parce que tout acte de ce genre infirmerait au lieu de confirmer, et que, de plus, on pourrait l'attribuer soit au regret que l'affaire se soit arrangée sans qu'on ait eu besoin des troupes ou armées françaises, soit au désir de se préparer des prétextes pour les faire marcher plus tard.

)) 11 me charge de vous dire qu'il en a causé hier avec lord Granville qui a paru très satisfait des dispositions que notre

cher roi lui a manifestées, ce qui était d'autant plus à propos. m'a dit le roi, qu'à Madrid l'affaire a pris un faux pli et qu'il devenait plus difficile à chaque délai de parvenir à l'effacer... »

LE PRINCE DE TALLEYRAND AU COMTE DE RIGNY

a Londres, le 13 juin 1834.

» Monsieur le comte ,

>) J'ai eu Ihonneur de vous expédier une dépêche télégraphique en même temps que celle-ci : elle vous annonce l'arrivée de don Carlos à Portsmouth, sur laquelle je n'ai pas jusqu'à présent d'autres détails à vous transmettre.

» J'ai reçu ce matin la dépêche que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 11, et je me suis empressé de voir lord Palmerston et lord Grey pour conférer avec eux sur les points qui y étaient traités. Ils avaient reçu des lettres de M. Villiers qui sont parfaitement d'accord avec la dépêche de M. de Rayneval dont vous aviez bien voulu m'envoyer une copie. Les deux ministres étaient donc au courant des désirs et des prétentions du gouvernement espagnol, quand je suis venu m'en entretenir avec eux.

» Nous avons examiné ensemble tout ce qu'il était possible de faire dans cette circonstance et j 'ai pu reconnaître bientôt que vos prévisions s'étaient réalisées et que le gouvernement anglais ne voulait pas aller au delà des stipulations du traité du 22 avril. Lord Palmerston m'a positivement dit que quand les nouvelles ratifications portugaises de ce traité auraient été échangées, il considérerait le traité comme complété dans son exécution aussi bien que dans sa forme et qu'il ne croyait pas que l'action de l'Angleterre dût s'étendre plus loin que

les engagements contractés par l'acte du 22 avril. Il a ajouté qu'il avait l'intention de répondre k la note de >I. de Miraflorès et aux demandes adressées à M, Villiers par M. Martinez de la Rosa en déclarant que le gouvernement anglais ne pouvait intervenir dans les questions qui lui avaient été soumises et que si le gouvernement espagnol croyait avoir quelques arrangements à négocier avec l'infant don Carlos, c'était un négociateur espagnol qu'il devait charger de traiter directement avec ce prince.

» D'après les instructions que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, je n'ai pas cru devoir insister près des deux ministres anglais en faveur des demandes de lEspagne, et je me suis borné à leur dire que je vous rendrais compte de ma conversation avec eux.

» Mon opinion que vous avez pu déjà pressentir par ma dépêche d'hier, monsieur le comte, s'accorde, je l'avoue, avec celle de lord Grey et de lord Palmerston. et si je regrette avec vous qu'on n'ait pas imposé quelques conditions plus positives à l'infant don Carlos, je n'en reste pas moins persuadé qu'aujourd'hui on ne peut plus traiter avec ce prince que de gré à gré. »

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