et 19 juin
3. L'archiduc Charles (1771-1847), était le fils de l'empereur Léopold. Feld-maréchal de l'empire en 1796, ministre de la guerre (1802). Généralissime des armées de TAutriche en 1805 et 1809, l'archiduc fut un des premiers généraux de son temps et le plus redoutable adversaire de Napoléon.
Masséna la victoire de Zuricli', qu'où exalta d'autant plus à Paris, qu'elle était plus nécessaire au salut de la France.
Il était arrivé au directoire ce qui arrive toujours aux despotes. Tant que rien ne résista aux armées dont il disposait, on le haïssait, mais on le craignait. Dès que ses armées furent battues, on le méprisa. On l'attaqua dans les journaux, dans les pamphlets, partout enfin. On n'épargna pas naturellement ses ministres; cela me procura la facilité que j'attendais de quitter mon poste. J'avais bien reconnu qu'il ne m'était possible d'y empêcher que trop peu de mal, et que ce ne serait que plus tard qu'il y aurait du bien réel à y faire.
Le projet que j'avais depuis longtemps de me retirer, m'avait fait prendre une précaution. J'avais confié mes dispositions au général Bonaparte avant son départ pour l'Egypte ; il avait approuvé les motifs de ma retraite, et s'était prêté avec plaisir à demander pour moi au directoire l'ambassade de Constantinople , s'il y avait moyen de traiter avec la Turquie, ou l'autorisation d'aller le rejoindre au Caire, où l'on pouvait supposer qu'il y aurait des négociations à suivre avec les agents de la Porte ottomane ^.
1. Masséna était alors général en chef de l'armée d'Helvélie. La bataille de Zurich, où l'armée russe fut détruite, est du 26 août 1799.
2. Sur cette question des rapports de Talieyrand et de Bonaparte avant le départ pour l'Egypte, voici ce que Napoléon en a dit plus tard : « Il avait été convenu avec le directoire et avec Talieyrand, qu'aussitôt après le départ de l'expédition d'Egypte, des négociations seraient ouvertes sur son objet avec la Porte. Talieyrand devait même être le négociateur et partir pour Constantinople vingt-quatre heures après que Vexpédition d'Egypte aurait quitté le pari de Toulon. Cet engagement, formellement exigé et positivement consenti, avait été mis en oubli ; non seulement Talieyrand était resté à Paris, mais aucune négociation n'avait eu lieu. » {Mémoires de Napoléon dictés à Saint-Hcléne au général Gourgaïul, 1. 1", p. 62.)
Muni de cette autorisation, après avoir donné ma démission, je me retirai à la campagne, près de Paris, attendant les événements * .
Les grands démagogues , qui depuis quelque temps avaient relevé la tête, s'agitaient et menaçaient d'un nouveau règne de la terreur. Mais ce n'était pas de leurs clubs qu'ils avaient rouverts, et que Fouclié ^ ferma dès qu'il le voulut, que devait venir le renversement du directoire; c'était du directoire même.
Siéyès en avait été nommé membre pendant qu'il remplissait à Berlin les fonctions d'envoyé extraordinaire et de ministre plénipotentiaire de la république. Le temps qui lui était indispensable pour prendre congé, se mettre en route et arriver à Paris, avait paru au directoire d'une insupportable longueur, tant on l'attendait avec impatience. On ne doutait pas qu'il n'eût pour les maux du dedans et du dehors, des remèdes tout prêts et infaillibles. Il est à peine descendu de voiture qu'on les lui demande. Les membres les plus influents des deux conseils assurent qu'il n'a qu'à parler, et que, dans tout ce qui exigera leur concours, ils le seconderont avec ardeur. Avant de rien proposer, Siéyès veut voir par ses propres yeux, examiner, réfléchir. Le résultat de ses réflexions est, qu'avec les collègues qu'il a, rien n'est faisable. Aussitôt on le débarrasse de trois d'entre eux. Des successeurs qu'on leur donne, deux sont des hommes nuls, et le troisième lui est