D'UNE DEPECHE DE SIR JOHN COLBORNE
Malheur à ceux qui se laissent entraîner dans le labyrinthe de l'arbitraire. La justice pourrait servir de fil pour en retrouver Tiisue. La
(1> Voir cette lettre dans In première partie, page 9.
passion le brise au tnom:nt même où l'on s'engage dans ces rout^* if ■ nébrtusep.
Ce n'était pas assez pour les auteurs de l'incarcérntion de Mr. Yigar de s'être assuré la coopération du Gouverneur, ils oi t cru devoir tenter de justifier leur conduite auprès du Gouvernement d'Angleterre. Delà sans doute la dépèche du 6 mai 1839, espèce de répétition du rapport des Commissaires, renfoicé de quelques traits nouveaux pour essayer de lui donner du relief.
Sir John Colborne exhume le conte j» té dans le public, ver* I© temps des mouvemens de mil huit cent tivnte sept, parlant comme d'une chose sérieuse du passage extrait d'une h tire de Mr. LaFor.tainr, écrite en Février 1837(1) trouvée, disait-on, l'automne suivant, oans Us papiers de Mr. Girouard, annonçant le projet d'une avance de \ii<£t mijle louis par Messieurs Papineau et Vigrr pour armer les bon.net» bleus du nord !
On s'etuit bien gardé de donner suite a cette découverte quoiqu'on 1 eût fait sonner d'abord dans des journaux. Le ton comme la date do la lettre devait, dit on, suffire pour faire voir ce que l'on devait penser d'une phrase qui n'avait paru qu'un badinage même au Surintendant de Police, au quel on ne reprochera pas .-ans doute d'avoir manqué do zèle pour faire valoir le fruit de recherches de cette nature. L'importance mise d'abord en apparence à cette lettre avait provoqué des railleries piquantes aux qu'elles on n'avait rien oppose. De son côté, Mr. La. fontaine avait interpellé vainemeut ceux qui l'invoquaient delà produire. Knfin Mr. Viger n'était pour rien dans celte plaisanterie, qui n'est venue que par la voix des papiers publics à sa connaissance. Il a dû la regarder du même œil que l'assertion subséquente d'un journaliste, pendant sa détention qu'il avait contribué de la somme de cinq louis ! pour faire la guerre h l'empiie !!!
On ne voit pas, même dans l'extrait publié, si c'était M. D. 13. Vigerque le passage de cette leitre pouvait regarder. iJans cette dépêche on donne aussi Mr. D. B. Yiger comme ayant été dans le mois do novembre arrêté sous soupçon de haute-trahison. Comment s'expliquer que, pendant ces six mois de détention, personne n'eût cru devoir informer le gouverneur qu'il n'était pas même question de ce soupçon dans l'ordre relatif à l'incarcération de Mr. Viger ?
Dans le rapport des commissaires, on plaçait parmi les premiers griefs articulés contre Mr. Viger l'estime publique dont il jouissait : dans la dépêche il s'en trouve un autre qui n'est pas moins bizarre. C'est qu'il a des talens distingués, tandis qu'on le dénonce en même temps comme ayant la direction d'upe feuille dont In conduite n'exigeait sûrement pas des talens d'un ordre supéiieur. Avec ceux que la dépêche lui suppose aurait-il pu ne pas se mettre en garde contre les fautes qui s'y trouvaient ? D'un autre côté, ce petit journal ayant servi si souvent de véhicule à l'injure, comment supposer qu'il fût Pou-
(l) C'est sans doute par erreur qiif ^ans le recueil de pièecs publiées par ordre de la Chambre des Communes, elle est datée de 1833.
viMge d'un homme nu quel on n'a jamais pu faire îe reprocho d'avoir eu recours à cette arme contre personne.
Queilci considérations qiie cel'c-5 que l'on vient de signaler pour ètte mise* sons lès yeux des ministres ; pour rendre raison de la captivité d'un homme qu'alors on tenait déjà depuis plus de six mois renfermé dans la prison de Montréal et pour ainsi dire sous le* yeux du Gouverneur dont le nom se trouve au bas de cette dépêche, puisque celte ville était le lieu de sa résidence !
Entre autres traits dont le contenu de ces documens rappelle le souvenir, il en est un qui mérite une place dans ce mémoire quoiqu'il n'en soit nullement question dans cette dépêche. Avant l'emprisonnement de Mr. Viger, son nom se trouvait dans les commissions de ia paix comme celui de tous les membres du conseil législatif. On l'a fuit successivement disparaître de celles de trois districts renouvelées pendant sa détention. Reste à savoir sur quel motif cette radiation s'est faite, puisqu'il n'était pas même l'objet d'une accusation.
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