C. P. THOMSON
D'abord bien loin que Sir John Colborne eût offert aux individus arrêtés avec Mr. Vi^er de les mettre en liberté moyennant ce cautionnementde bonne conduite et qu'ils eussent tous accepté cette offre, lui seul excepté, tous les détenus de Montréal dont les noms se trouvaient dans le même mandat, comme, beaucoup d'autres, étaient sortis de prison sans qu'on leur eût fait des offres de cette nature, sans donner de cautions sans même qu'on leur eût proposé de condition* d'aucune espèce. (1)
Du reste l'acceptation de cette condition par tons les autres détenus n'aurait pas plu» justifié la prétention de le forcer de donner ce cautionnement que la prolongation de sa captivité, parce qu'il refusait de s'y soumettre.
Mais s'il est difficile de s'expliquer qu'on ait mis qnelque importance à l'acceptation prétendue de cette condition, même en supposant le fait constant, ne l'est-il pas beaucoup d'avantage qu\me assertion comme celle que l'on vient de signalei se trouve dans un document de cettejmpoilance 1
L'assertion qui suit dans la dépêche: que "Mr. Viger evait re- " J usé de donner un cautionnement quelconque et que c'était en conséu quenec qu'il avait été retenu jusqu'à l'arrivée du Gouverneur aci* tuel" ne repose pas sur dis fondemens plus solides. On n'a jamais fait à Mr, Viger d'autres propositions que do donner des cautions de bonne conduite. Sans parler du défaut d'accusation, pouvait-on le requérir d'en donner de comparaître en cour pour rendre compte de sa conduite, lorsqu'on refusait de lui faire paît des causée de sa détention ; lorsqu'on ne pouvait pas même dire qu'on dût lui faire subir UQ JVO^ ces ? C'est un ridicule dont nu moins les Commissaires et le Procu-
(1) 0:i a vu les réclamations de Mr. LaFontainc et do Mr. Mofldclet, dam plu sieurs joururaux. Leurs dénégation» font restées sans réponse».
tciU-rrénéial avaient su se garantir. Comment s'expliquer qu'on n'ait pa^ mis le Gouverneur en garde centre le danger de tomber dans cette erreur ?
Comment ne pas voir aussi d'un coup tout re qui se trouve d'étrange dans le motif de libérer Mr. Viî?er,' tiré delà tranquillilê publi- <tmc, en se rappelant qu'il avait 'suffi d'une semaine pour comprimer sans retour les mouvtmens de mil huit cent tiente hui*. dans Ie< premi( r ■• jours de novembre, tnndisque les portes de la prison ne se sont ouvertes pour lui que le seize de mai, mil huit crut quarante ! D'ailleurs en considérant l'a chose sous ce rapport, était-il donc possible de ne promettre quelque avantage d'une incarcération d'abord et depuis de la prolongation d'une captivité comme celle qu'on lui fesatt subir ? La confiance dan? la justice de ceux qui sort revêtus du pouvoir est la base la plus solide du repos des sociétés, Des mesures de cette nature purent-elles jàmfais faire naître ou développer ce sentiment dans le cœur des citoyens ?
D'un autre côté, quels conseils que ceux d'après les quels le Gouverneur s'est exprimé comme s'il avait cre, dans tes circonstances, n'iiccorder qu'une faveur h êéWi nui n'avait c^ssô de réclamer sa libération comme un droit; sur le cpj I <1 ne pouvait transiger, qu'il n'a pas non plus comprorr:is !
C'ebt assez d'ajouter que tel est devenu, pour l'exécutif de la province, le résultat de dix-huit mois de eon*ul'aîiens, ce rapports, de démarches pour se procurer des avis , pour obtenir des renseignemens sur la situation d'un détenu !
QO&OC
DE LA PARTIE DU « CALENDRIER DE LA PRISON" RE- LATIVE A Ma. TIGER PENDANT