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Les dépositions que l’on vient de voir sout celles que les eomm'ssaires quelifient d'importantes! De ce que des locataires de Mr. Viger avaient imprimé des gazettes dans les quelles ils ont vu des arficles séditieux, qu'il s’est fait adjuger des presses et de ces caractères de ses locataires, vendus par encan public, et avec les quels un nouveau locataire avaitimprimé des journaux, que ce locataire avait dit que Mr. Viger les achetait pour qu’il imprimât son journal, comment les Commissaires ont-ils pu tirer des inductions pour l’incriminer ?
Serait-il donc possible qu’exerçant des fonctions qu’ils paraissent avoir, à juste titre, eux-mêmes regardées comine d’une nature judici= aire, ils uient cru pouvoir se reposer sur des conjectures ou sur des convictions personnelles, même en leur supposant des motifs plausibles.
Ils avaient dans leur rapport précédent déclaré qu’ils avaient été mis cn possession de preuves d'après les quelles ils s'élaient assurés qu'il avait la direclion de papiers sédilieux el qu'il leur accordail une puissante prolection. Il wapparaît pas cependant d’ure seule
(1) Remarques sur l’ordresrelatif à l’incarcéralion de Mr. Viger dans l’appendix, à la fin de ces mémoires.
déposition de date antérieure à celle du second rapport. Sur quoi donc s’étuient-ils jusqu'alors appuyés ?
Pour le. dernier rapport, en dépit des recherches qu’ils ont fai faire par Mr. Leclerc et de la facilité de se procurer des preuves comme celles qu’ils requéraient, dans ces temps d’efflervescenco et de désordres politiques, (1) il ne s’en trouve nullement que Mr. Viser se soit mêlé de la direction des feuilles indiquées, pas même qu’il ait corrigé aas épreuves, chose dont personne au reste ne pourrait lui faire reproche, si les articles eux-mêmes n'étaiert pas dignes de censure.
Mr. Vigor, dans ses lettres à Sir Joïn Colborne, avait pour ainsi dire d'avance victorieusement repoussé les imputations dont il est l’objet dans ces rapports ; on doit ajouter que, depuis près de trente ans, la surveillance d’un journal n’eût pas même été pour lui quelque chose de possible. S'il a donné par fois des conseils à des éditeurs, c'etait de ceux qui tenaient aux principes de modération dont 1l a fait constamment profession, de respecter les lois d’une manière invariable et entre autres de n’attaquer jamais les personnes lorqu’on pouvait se trouver forcé par devoir de discuter leur conduite publique.
Ilignore sur quoi l’assertion des Commissaires relative aux épreu-
« peut être fondée. S’ilen a parfois corrigé, ce n'etait que dans des asions très rares et pour de ses propres écrits, qu’il a d’ailleurs toujours abandonnés sans réserve aux Editeurs. S'il se trouvait quelque épreuve corrigée de sa main, les articles eux-mêmes sont au dessus de toute censure.
On a déjà pu voir daus ses lettres à Sir John Colborne qu’il se trouvait parmi Les papiers saisis dans sa maison des coupons de gazettes qu'il conservait pour son usage et par rapport aux quels il fesait pour cette raison des correttions. Ces coupons ne se seraient pas trouvés chez lui, s’ils n’eussent été que des épreuves, c’est dans les bureaux des imprimeurs, en supposant qu’elles n’eusseni pas été détruites et mises au rebut, comme la chose arrive toujours.
Il se trouve de ces coupons de gazettes parmi les papiers qu’on a refusé de remettre à Mr. Viger, d’abord sous le prétexte qu’on les avait trouvés d’une lendance séditieuse, plus tard sous celui que les officiers de la couronne les aviaent considérés comme sujets à objection. (2) N’aurait-on pas pu prendre ces coupons corrigés pour des épreuves !
Outre qu’elles n'auraient pu se trouver que chez les imprimeurs, il eût .été facile de se préserver d’erreur à cet égard, en jetant les yeux sur les feuilles répandues dans le pub'ic, dans les quelles on aurait vu que les fautes étaient restées.
Il ne se trouve pas plus de preuve d’avarces faites à ces imprimeurs par Mr. Viger, ni de la publication fuite de ses propres écrits dans les feuilies indiquées par les Commissaires. En supposant ces
(1) Voir, dans la première partie, pages 11 et 12, la note dont la lettre du 23 février à Sir John Colborne est accompagnée.
(2) Voir dans la première partie, les lettres du Seérétaire Civil du 6 février
et du 25 mai 1838, pages 10 in Pr. ct 15.11 n'est question des officiers de la couronne que dans la dernière.
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faits constatés, pouvaient-ils en conclure qu'il était responsable de ce qu'ils pouvaient trouver de blâmable dans ces feuilles, à moias que ce ne fût dans ses proorcs éciits? Quelle prétention que celle de le pun'r des fautes des imprimeurs ou des éditeurs sous le prétex tequ'ils étaient dans ses maisons comme locataires,"ou parce qu’au même titre ils tenaient de lui des presses ou des caractères d’imprimerie !
Que penseraient les Commissaires eux-mêmes d’un raisonnement de cette nature, #1 était question de feuilles anglaises dans les quelles on a si souvent vu des exhortations pressantes à des actes de la plus brutale violence et des articles beaucoup plus que séditieux ? Que di-
raient ceux qui pourraient avoir fait quelque chose de semblable pour ces journaux, s'ils se voyaient dénoncer comme responsables de tous leurs articles qui mériteraient la censure, si l’on s’emparait des presses et des caractères q'''ils auraient loués, s’1ls se voyaient traînés dans les prisons, renfermés pendant des mois, des années sous ces prétextus ?
Ne regarderaient-ils pas même comme la plus cruelle des insultes de se voir attribuer quelque-uns des sentimens qui respirent par fois dans ces journaux? Tel éditeur a laissé bien loin derrière lui l”/mi du Peuple qui sous le règne de la terreur en France demandait deux cent mile victimes sur viost cinq millions d’habitans. Le journaliste de Montréal qui n'a cessé comme lui d’applaudir aux pillages, aux exils, aux confiscations qui dévouaient tant de milliers de familles à la misér”, au danger de périr, comme au désespoir, a fait retentir la province des expre:sions de lalégrese lorsqu'il voyait immoler des victines. Il en a demandé chaque fois de nouvelles ; encore du sang, du sang toujours ; enfin pour le peuple du pays la mort politique. Il aurait d'avance été diffi:ile d'imaginer qu’on pât pousser plus loin la fureur, Ce n’était pas assez pour étancher sa soif de haine ; ii a prêché la nécessité d'employer le fer et le feu, pour tout exterminer comme pour tout dét'uire.
Qu'’aurait pensé l’un des commissaires, qui passe pour avoir écrit par fois dans les journaux, s’il s'était vu lui-même, sous ce prétexte, non pas jeté dans une prison, mais seulement dénoncé comme atteint de cette manie de f.rocité qu’on doit sans doute regarder non comme le fruit d’un système, mais d’une imagination délirante.
On ne saurait laisser ce sujet sans faire observer d’abord que, comme on le voit par les dépositions de Mr. Dalisle, il a paraphé les huit numéres du Temps qu’il a saisis dans le bureau de l’imprimeur. Il ne paraît pas qu’on ait pris des précautions de cette nature pour les papiers saisis chez Mr. Viger, dont les demandes réitérées de lui faire connaître ceux qu’on “avait enlevés de sa maison, d’abord, et depuis ceux qn’on refusait de lut remettre, ont été beaucoup plus qu'inutiles. Partie da ses lettres relatives à cet objet sont même restées sans réponse.
On croit devoir en passant observer que Î Mr. Delisle dépase aussi qu'il avait élé aulorisé à satsir les presses el les caractères d’imprimerre ; ÿ Vqu’ils sont en sa possession ; muis qu’il n'indique ni la nature ni la sour-
co decette autorisation. De ces presses et de ces caractères n’appartensient pas même aux imprimeurs ob'ets de ses recherchez. Au reste, quels pouvaient être les prétextes de les saisir, de les enlever et de les garder en sa possussion ?