‹ Mémoires relatifs à l'emprisonnement de l'Honorable D.B. Viger [microforme]Chapitre 11 sur 28 · DES CONCLUSIONS DU TROISIEME RAPPORT · texte numérisé non relu

DES CONCLUSIONS DU TROISIEME RAPPORT

Venant maintenant à la dernière partie du rapport des commissaires, observons d’abord qu'ils insistent sur l’exécution de l'espèce de sentence qu'ils avaient déjà prononcée contre Mr. Viger, dès le commencement de Décembre. Ïls ne paraissent j'as s’être occupés d’avantage cette fois d'examiner la situation dans laquelle il se trouvait, quoique, de leur aveu, ce fût l’objet sur lequel ils étaient chargés d’enquérir. Ils avaient fait deux rapports contre lui, dans la supposition qu'il était détenu pour cau-e d’offense politique. Le troisième renoso encore sur cette supposition qui wélait pas que gratuite, puis qu’elle milite contre l’ordre qui servait de prétexte pour le retenir en prison !

Les Commissaires déclarent n'être pas prêls à dire qu‘il doive subir un procès ; mais conçoivent que le Gouvernement à le droit d'exiger qu'il donne un cautionnement de bonne conduite. On n’u pas besoin de faire observer que ces choses répugnent.

On a déjà vu lestrois raisons sur les quelles ils se fondent en terminant leur rapport. Elles ne renferment pas que des contradictions.

La première de ces raisons, c’est que Mr. Viger es! d‘un rang 6 élevé, qu'il jouit d'une haute considéralion dans l‘estime de ses conci- “étoyens, tant pur ses grands biens que par une longue carrière au l'ar: “recu.”

Lo rang, les biens, la longueur d’uno carrière au barreau ne peuvent d'eux-mêmes procurer l'estime. Ces idées n’ont pas de liaison. Ces choses elles-mêmes, bien loin d’être principes et conséquences, s'excluont souvent. Les Commissaires peuvent se tromper dans {eur opinion sur sa fortune : il est vrai de dire qu'il jouit de l’estime de ses concitoyens. C’est quelque chose de nouveau que la possession de semblables avantages dût devenir pour ceux qui gouvernent un justo motif de le retenir à leur gré dans la captivité, -

La seconde est que Mr. Viger ‘* ayant une telle influence, il l'a “exercée par des sacrifices pécuniaires pour produire le mécontente- ‘€ ment, sinon de l'éloignement pour le gouvernement de Sa Majesté.” La singularité de ce langage est trop frappante pour qu'il soit nécessairo d’en faire l’obiet d’une remarque. Pour cette influence, à quoi peut sa rapporter ce qu'en disent les commissaires ? Quant nu reste, on a déjà vu qu'en dépit des recherches fuites à leur demande, leurs imputations contre Mr. Viger sont restées sans preuves, qu’elles n’ont pas même de prétexte. Que dic en songeant que ve langage est celui d'hommes qui ne voient pas de motif de lui faire rendre compte de sa conduite devant les tribunaux ? C'’et bien là quelque chose de plus que des contradictions.

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